À Marseille, les trafics de stupéfiants dominés par «la loi de la violence»

Il y a plus d'une quarantaine de cités sensibles à Marseille. (Photo, AFP)
Il y a plus d'une quarantaine de cités sensibles à Marseille. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 26 août 2021

À Marseille, les trafics de stupéfiants dominés par «la loi de la violence»

  • «Le marché des stupéfiants à Marseille, cela reste un oligopole, avec quatre-cinq grandes têtes de réseaux qui contrôlent la majorité des points de deal»
  • «Ces réseaux sont de plus en plus professionnels, et dans cette période de recomposition, un clan va avoir tendance à s'armer pour se protéger du clan adverse»

MARSEILLE: À Marseille, les réseaux qui se partagent le trafic de stupéfiants sont dominés par "la loi de la violence", avec des clans de plus en plus "professionnels" et lourdement armés, explique la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Frédérique Camilleri.

Et les victimes sont de plus en plus jeunes, avec des guetteurs parfois à peine adolescents présents sur ces points de deal directement visés par des fusillades. 

Question - Comment expliquez-vous la flambée de règlements de comptes cet été à Marseille ?

Réponse - "Le marché des stupéfiants à Marseille, cela reste un oligopole, avec quatre-cinq grandes têtes de réseaux qui contrôlent la majorité des points de deal. Mais il y a une recomposition, certains clans historiques n'existent plus ou se sont décomposés, sous le coup des procédures judiciaires, des entrées en prison, des assassinats. On n'est pas du tout dans un émiettement, où chaque cité va essayer d'être indépendante. C'est plus une recomposition, des alliances entre personnes, et ces alliances peuvent évoluer. Quant au rajeunissement des victimes, il s'explique par une autre évolution. Pendant longtemps, les assassinats entre clans rivaux visaient les gros bonnets, plus haut dans la hiérarchie. Aujourd'hui, ce sont des tentatives physiques de reprendre des points de deal. Et qui se trouve sur les points de deal ? Les plus jeunes, les guetteurs ou les charbonneurs (NDLR: les vendeurs), les premiers maillons du réseau."

Q - La violence semble aussi avoir augmenté, comment l'analysez-vous ?

R - "Le niveau de violence dans les réseaux à Marseille, entre eux et au sein même d'un clan, cela n'a rien à voir avec la région parisienne. Ici, c'est la loi de la violence qui règne, avec du travail gratuit, forcé, des coups, des intimidations, du chantage, voire des tortures. C'est très bien organisé, très hiérarchisé. Les jeunes qui rentrent là-dedans ne se rendent pas compte dans quoi ils se mettent, avec cette tendance nouvelle qui est de recruter de la main d'œuvre à l'extérieur, dans la banlieue stéphanoise, la région parisienne. Car le turn-over est important. La réponse pénale aussi est plus importante que par le passé, y compris pour les guetteurs, qui ne sont que le bas de la chaîne des réseaux. Pour certains jeunes, cette réponse pénale, c'est parfois un moyen de les sortir de l'emprise du clan, de les faire sortir d'un engrenage de violence dont ils sous-estimaient l'importance. 

Ces réseaux sont de plus en plus professionnels, et dans cette période de recomposition, un clan va avoir tendance à s'armer pour se protéger du clan adverse, ou pour faire une offensive. Cette tendance à l'armement est la conséquence de la manne financière que représentent ces trafics de stupéfiants et des convoitises qu'ils suscitent. La spécificité marseillaise, c'est que des réseaux plus modestes vont aussi s'armer pour tenter de préserver leurs points de deal."

Q - Sur le terrain, comment avez-vous adapté votre stratégie ?

R - "Il y a plus d'une quarantaine de cités sensibles à Marseille. Le choix est de tourner dans ces cités qui posent problème, même s'il y a des cités où on va faire des opérations quasiment tous les jours. Avec les deux compagnies de CRS désormais en permanence à Marseille, soit 120 policiers, nous menons 4 à 6 opérations anti-stups par jour, en soutien des brigades spécialisées de terrain. Deux à trois heures par opération, pour sécuriser la cité, fouiller les parties communes, chercher les armes. Et les résultats sont là, avec une augmentation de 57% des affaires de stupéfiants depuis le début de l'année, de 37% pour les saisies d'armes, et 800 interpellations (+59%). Quant aux procédures pour consommation, elles ont augmenté de 418% depuis début 2021. Car il faut aussi s'attaquer aux consommateurs. Ceux qui consomment en soirée, dans un cadre festif, ne se rendent pas compte qu'ils sont le maillon au début d'une chaîne qui se termine par des conséquences pour les habitants des cités, jusqu'au règlement de comptes." 


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).