Gisèle Halimi honorée aux Invalides: les féministes espèrent encore le Panthéon

L'avocate Gisèle Halimi, en compagnie de l'actrice Delphine Seyrig, le 11 octobre 1972 à Bobigny, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, poursuivie pour avoir avorté. (Archives/AFP)
L'avocate Gisèle Halimi, en compagnie de l'actrice Delphine Seyrig, le 11 octobre 1972 à Bobigny, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, poursuivie pour avoir avorté. (Archives/AFP)
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Publié le Vendredi 27 août 2021

Gisèle Halimi honorée aux Invalides: les féministes espèrent encore le Panthéon

  • L'annonce de l'Élysée a d'autant plus surpris qu'elle était presque concomitante avec celle concernant la panthéonisation de Joséphine Baker
  • L’hommage national était prévu pour l’été 2020, mais plusieurs fois repoussée, d'abord à cause de l'explosion de Beyrouth, puis à cause du deuxième confinement

PARIS : Un "hommage national" sera rendu début 2022 aux Invalides à l'avocate Gisèle Halimi: les associations féministes se félicitent de cette décision annoncée par l'Elysée, mais beaucoup auraient préféré une entrée au Panthéon de la militante pour les droits des femmes, décédée en juillet 2020 à 93 ans.

"Sa +farouche liberté+, elle l'utilisa pour libérer les autres. Par ses combats pour l'égalité, Gisèle Halimi changea et change encore la vie de millions de femmes. En accord avec sa famille, la Nation lui rendra hommage début 2022 aux Invalides", a précisé Emmanuel Macron dans un tweet lundi dernier.

"Nous sommes très heureuses de cet hommage national. Cependant, reconnaître que des millions de femmes lui doivent beaucoup et ne pas considérer que c'est une raison valable pour entrer au Panthéon, c'est dommage", a dit à l'AFP Violaine Lucas, présidente de l'association "Choisir la cause des femmes", que Gisèle Halimi cofonda avec Simone de Beauvoir en 1971.

Cette association a lancé il y a plusieurs mois une pétition en ligne - signée à ce jour par plus de 35.000 personnes - pour demander l'entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, qui oeuvra à la criminalisation du viol, et à la légalisation de l'avortement et de l'homosexualité.

"Nous sommes assez déçues. Gisèle Halimi mérite un hommage national, mais elle mérite aussi de reposer au Panthéon, et c'est ce que nous continuerons à demander", a commenté de son côté Widad Hamri, l'une des porte-parole de l'association "Osez le féminisme".

L'annonce de l'Élysée a d'autant plus surpris qu'elle était presque concomitante avec celle concernant Joséphine Baker (1906-1975), artiste franco-américaine et résistante qui, elle, fera son entrée au Panthéon. Certains ont cru y voir un lien: "On accueille une femme noire à l'engagement et au parcours remarquables pour cacher le fait qu'on refuse celle qui a été dans le combat anticolonial", a ainsi fustigé dans Le Monde le député (ex-LREM) Aurélien Taché.

Pas consensuelle

Contacté par l'AFP, Jean-Yves Halimi, l'un des fils de Gisèle, affirme cependant avoir reçu des assurances, de la part des conseillers du chef de l'Etat, que les deux dossiers n'avaient aucun lien. 

"La panthéonisation de Joséphine Baker n'a jamais été pour l'Élysée une solution alternative" (à celle de Gisèle Halimi), a-t-il dit, soulignant n'avoir "pas de raison de remettre en cause" ces assurances.

En outre, selon lui, c'est bien un hommage national, et pas une panthéonisation, qui a toujours été évoquée depuis l'été 2020 dans les échanges entre les conseillers du président et la famille de la défunte. Une date avait même été fixée, au 3 septembre 2020, puis plusieurs fois repoussée, d'abord à cause de l'explosion de Beyrouth en août 2020, puis à cause du deuxième confinement, a-t-il expliqué.

Plus tard, en mai 2021, France Inter avait affirmé que le président Macron allait probablement écarter l'idée de faire entrer Gisèle Halimi au Panthéon, notamment parce que l'engagement de l'avocate contre la guerre d'Algérie et pour l'indépendance de ce pays pouvait "cliver" et que la décision pourrait être considérée comme une "insulte" par certaines associations de pieds-noirs et de harkis.

Selon Jean-Yves Halimi, un tel raisonnement ne serait "pas cohérent", car habituellement les personnalités honorées au Panthéon n'ont pas été "consensuelles au moment de leur action". Cependant l'Élysée n'a jamais évoqué ouvertement cet argument comme pouvant être un obstacle à la panthéonisation, selon lui.

"Ma mère ne se souciait pas de réunir autour d'elle un consensus. Elle avait de très fortes convictions, mais n'était pas du tout consensuelle", a-t-il souligné.

Pour M. Halimi, l'hommage national aux Invalides n'est pas un "lot de consolation", mais n'est pas non plus incompatible avec une éventuelle entrée ultérieure au Panthéon. Celle-ci suppose un processus long, et "je m'y investirai", a-t-il assuré. "Mais si on attend que ma mère fasse consensus, y compris sa défense des militants FLN pendant la guerre d'Algérie, on peut attendre encore longtemps", a-t-il ironisé.

Dans l'immédiat, la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo doit inaugurer mardi une "promenade Gisèle-Halimi", sur une partie des berges de la Seine dans le 7e arrondissement. 


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.

 


Moyen-Orient : la France «s'étonne» des reproches de Trump sur l'interdiction de survol de son territoire

La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
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  • "Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux.
  • "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française

PARIS: La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire".

"Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux. "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française.

"Nous nous étonnons de ce tweet" de Donald Trump, a-t-elle encore affirmé.

Paris n'avait pas annoncé officiellement ou publiquement d'interdiction de survol de son territoire pour les appareils américains impliqués dans le conflit, comme l'a en revanche fait l'Espagne.

La France avait autorisé les Etats-Unis à poser des avions ravitailleurs sur sa base méridionale d'Istres début mars après avoir obtenu la garantie qu'ils ne participaient aux opérations menées en Iran.

"La France n'a pas laissé des avions à destination d'Israël, chargés d'équipement militaire, survoler le territoire français. La France a été TRES PEU COOPERATIVE en ce qui concerne le +boucher iranien+ qui a été éliminé avec succès", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

 


Macron attendu à Tokyo, le conflit au Moyen-Orient en toile de fond

Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient

TOKYO: Emmanuel Macron doit entamer mardi une visite au Japon qui vise a renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil ou l'innovation technologique et spatiale, mais qui est aussi percutée par la guerre au Moyen-Orient.

Le président français est attendu à 17H30 locales (08H30 GMT) à Tokyo, avant une soirée dédiée à la culture populaire nippone et une rencontre prévue avec Kunihiko Moriguchi, peintre réputé de kimonos.

Les échanges économiques et politiques auront lieu mercredi tandis que le couple présidentiel déjeunera avec l'Empereur Naruhito et l'Impératrice jeudi.

S'il s'agit de son quatrième déplacement dans l'archipel, c'est la première fois qu'Emmanuel Macron s'y rend pour une visite pleinement consacrée aux relations avec le Japon. Et ce sera mercredi son "premier entretien à part entière" avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, après un échange en marge du G20 à l'automne, relève un responsable de la diplomatie japonaise.

Ce responsable a évoqué, parmi les attentes, "la poursuite des communications en vue d'un apaisement rapide de la situation en Iran".

"La crise au Moyen-Orient sera au cœur de nos échanges", a confirmé la présidence française avant le voyage. Les deux dirigeants discuteront de la "façon dont on peut essayer de trouver des solutions communes", a-t-elle ajouté, insistant sur une possible coopération autour d'une initiative française pour rallier une coalition de "volontaires" sur le sujet du détroit d'Ormuz.

Le conflit déclenché il y a un mois par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, et la riposte de Téhéran, ont provoqué le blocage de facto de cet étroit passage maritime dans le Golfe par lequel transite, en temps normal, une grande part des importations de pétrole du Japon mais aussi de la Corée du Sud, où Emmanuel Macron doit se rendre ensuite jeudi et vendredi.

- "Attractivité" -

Ces deux pays asiatiques ont signé avec une vingtaine d'autres, dont la France, une déclaration d'Etats se disant "prêts à contribuer aux efforts" pour accompagner la réouverture du détroit, mais quand les armes se seront tues.

Le G7, présidé cette année par la France qui organisera un sommet en juin, et dont est également membre le Japon, multiplie aussi les messages communs, dont une déclaration lundi pour se dire déterminé à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour stabiliser le marché de l'énergie face à la flambée des cours du brut.

Emmanuel Macron, qui a longtemps mis en avant sa capacité à discuter avec son homologue américain Donald Trump avec lequel les relations semblent toutefois s'être tendues dernièrement, pourra échanger à cet égard avec Sanae Takaichi.

La dirigeante japonaise, devenue en octobre la première femme à la tête de l'archipel, s'est imposée avec des positions ultranationalistes et conservatrices et n'a pas ménagé ses efforts pour afficher ses affinités avec le milliardaire républicain.

Au-delà de la crise géopolitique, le président français compte sur cette visite pour mettre l'accent sur "l'attractivité de la France", selon son entourage. Accompagné de nombreux chefs d'entreprises françaises, il doit rencontrer mercredi, en marge d'un forum économique, les dirigeants de Softbank, champion des investissements dans l'intelligence artificielle, de Iwatani, l'entreprise japonaise qui a investi dans la start-up lyonnaise Carester, ou encore du fabricant d'équipements pour la recherche Horiba.

Les deux pays entendent aussi signer une feuille de route en matière de nucléaire civil au Japon, dans la lignée d'une coopération déjà bien établie. Et renforcer les partenariats dans le domaine spatial, la recherche et les "technologies de rupture".

En présence de plusieurs ministres français, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères Catherine Vautrin et Jean-Noël Barrot, un volet consacré à la sécurité est aussi prévu.

Emmanuel Macron arrive à Tokyo en plein pic de floraison des emblématiques cerisiers du Japon, moment fort de l'année. Mais l'instant espéré de "hanami", ou observation des fleurs, pourrait être gâché par la pluie attendue trois jours durant dans la capitale japonaise.