Panique totale à l'aéroport de Kaboul, l'attaque la plus meurtrière depuis 2011: 85 morts

Des Afghans pleurent la mort d'un proche dans la double explosion de l'aéroport de Kaboul. (AFP).
Des Afghans pleurent la mort d'un proche dans la double explosion de l'aéroport de Kaboul. (AFP).
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Publié le Vendredi 27 août 2021

Panique totale à l'aéroport de Kaboul, l'attaque la plus meurtrière depuis 2011: 85 morts

  • La "panique totale" a saisi jeudi les Afghans rassemblés près de l'aéroport de Kaboul, frappé par deux explosions
  • L'attentat qui a tué au moins 13 militaires américains jeudi à proximité de l'aéroport de Kaboul est l'attaque la plus meurtrière contre les forces du Pentagone depuis 2011 en Afghanistan

KABOUL: La "panique totale" a saisi jeudi les Afghans rassemblés près de l'aéroport de Kaboul, frappé par deux explosions meurtrières, ont raconté des témoins, quelques heures après que des pays occidentaux eurent mis en garde contre le fort risque d'attentat.

Le bilan de la double attaque suicide perpétrée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) à l'aéroport de Kaboul est monté vendredi à 85 morts, dont treize soldats américains, dans une atmosphère tendue à quelques jours de la fin prévue des évacuations des étrangers et afghans qui cherchent à fuir le nouveau régime taliban. 160 personnes ont été blessées.


A quelques jours de l'échéance du 31 août fixée par le président américain Joe Biden pour retirer les troupes étrangères d'Afghanistan et achever l'évacuation de ceux qui veulent fuir le pays, désormais aux mains des talibans, des milliers de candidats au départ étaient encore massés jeudi près de l'aéroport.

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Ils avaient ignoré les avertissements occidentaux lancés depuis la veille et faisant état de menaces crédibles d'attentats-suicides autour du complexe, où un gigantesque pont aérien est organisé par les Occidentaux depuis la soudaine reprise du pouvoir par les talibans à la mi-août.


Mais alors que le soleil commençait à se coucher sur la capitale afghane, deux explosions ont retenti. 


Ces attentats ont fait "au moins" 13 à 20 morts et 52 blessés, a indiqué  le principal porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid.


Des photos publiées sur les réseaux sociaux montraient des personnes ensanglantées emmenées sur des brouettes, ou un enfant agrippant le bras d'un homme souffrant d'une blessure à la tête.


D'autres images montraient des corps éparpillés dans l'eau d'un canal de drainage alors que des survivants se relevaient. 


Des appels à l'aide désespérés étaient entendus alors que des personnes recherchaient leurs proches après les explosions. "Il y a des morts étendus ici", criait une personne hors caméra.

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Une fumée épaisse s'élevait dans les airs, alors qu'hommes, femmes et enfants couraient dans tous les sens pour s'éloigner du lieu des explosions. 


Une explosion a eu lieu près d'Abbey Gate, une des portes d'accès de l'aéroport, et l'autre à proximité de l'hôtel Baron, selon le Pentagone.


"C’était une énorme explosion, au milieu de la foule qui attendait devant une des portes de l’aéroport", où étaient notamment passées ces derniers jours des personnes évacuées par les Français et les Britanniques, a déclaré un témoin, Milad.


"Il y a beaucoup de morts et de blessés", dit-il, ajoutant avoir vu "des corps et des fragments humains projetés" aux alentours.


Dans la confusion, il raconte avoir perdu les documents avec lesquels il espérait embarquer sur un vol avec sa femme et ses trois enfants. 


"Je ne veux plus jamais aller (à l'aéroport). Mort à l'Amérique, son évacuation et ses visas", dit-il.


"Quand les gens ont entendu l’explosion, ça a été la panique totale. Les talibans ont alors tiré en l’air pour disperser les gens qui attendaient devant la porte", a indiqué un autre témoin, qui a notamment vu "un homme courir avec un bébé blessé dans les bras".

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Des proches de victimes installent le cercueil d'un mort à l'arrière d'une voiture. (AFP). 

Vie meilleure 

Peu après, un photographe de l'AFP a vu arriver au moins cinq dépouilles de victimes et des dizaines de blessés dans un hôpital proche, géré par l'ONG italienne Emergency.


Akram Lubega, un Ougandais de 26 ans qui travaille à l’aéroport pour une compagnie de restauration, a indiqué avoir entendu une explosion sans savoir de quoi il s’agissait. "Bien sûr qu’on a tous peur. Tout le monde est tendu, et des soldats se déploient tout autour de l’aéroport" par crainte d'autres attaques, a-t-il ajouté.


Les mises en garde occidentales n'avaient pas dissuadé, avant l'explosion, nombre d'Afghans de continuer d'assiéger l'aéroport.
 

Les réactions dans le monde

  • L'Otan, de nombreux pays dans le monde entier et les talibans ont condamné jeudi le double attentat meurtrier à l'aéroport de Kaboul, revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) que Washington a menacé de représailles.
  • Etats-Unis -Selon le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central américain chargé de l'Afghanistan, il s'agit d'attentats-suicides commis par "deux jihadistes considérés comme appartenant à l'EI (...) suivis par des jihadistes de l'EI armés qui ont fait feu sur les civils et les militaires"."Si nous pouvons trouver qui est lié à cela, nous nous lancerons à leur poursuite", a déclaré le général, précisant que douze militaires américains avaient été tués et quinze blessés et que les évacuations se poursuivaient.
  • Cette attaque, qui a fait entre treize et vingt morts selon les talibans, a peu après été revendiquée par l'EI.
  • L'ancien président américain Donald Trump a dénoncé une tragédie qui "n'aurait jamais dû avoir lieu".
  • L'actuel président Joe Biden a estimé jeudi soir qu'il n'y avait pas de preuve d'une "collusion" entre les talibans et le groupe Etat islamique dans l'attaque. Il a promis d'en "pourchasser" les auteurs et de les faire "payer".
  • Talibans -Les talibans ont condamné "fermement" l'attaque, tout en soulignant qu'elle était survenue dans une zone placée sous la responsabilité de l'armée américaine. "L'explosion a eu lieu dans une zone où les forces américaines sont responsables de la sécurité", a souligné leur porte-parole Zabihullah Mujahid.
  • Otan -Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a condamné "fermement cet attentat terroriste horrible", tout en soulignant que la priorité restait "d'évacuer autant de gens que possible vers un environnement sûr, le plus rapidement possible".
  • Union européenne -Le président du Conseil européen Charles Michel a également appelé à continuer les évacuations depuis l'aéroport sécurisé par les Etats-Unis. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a condamné "les attaques lâches et inhumaines à l'aéroport de Kaboul".
  • Canada - "Nous condamnons fermement les attentats terroristes perpétrés à Kaboul. Nous sommes de tout coeur avec le peuple afghan, les proches des victimes, y compris nos alliés. Nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour soutenir les Afghans et accueillir les réfugiés", a tweeté le Premier ministre Justin Trudeau.
  • Allemagne -La chancelière allemande Angela Merkel a dénoncé un attentat "absolument ignoble". "Il s'agit d'une situation très, très tendue pour faire sortir les gens du pays", a-t-elle souligné.
  • Royaume-Uni -Le Premier ministre Boris Johnson a annoncé que les opérations d'évacuation allaient continuer malgré les attentats. "Clairement, ce que montre cette attaque, c'est l'importance de continuer ce travail de la manière la plus rapide et la plus efficace possible dans les heures qui nous restent, et c'est ce que nous allons faire", a-t-il ajouté.
  • "Le Royaume-Uni et les Etats-Unis demeurent résolus dans leur mission pour sortir le plus grand nombre de personnes possible ... Les actes des terroristes ne nous arrêteront pas", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab.
  • Russie - "Il faut que le monde entier fasse pression sur les nouvelles autorités afghanes, peu importe qu’on les reconnaisse ou pas (...) , pour exhorter ces autorités à mettre en place un dialogue inter-afghan. Un dialogue inclusif, en utilisant la terminologie occidentale, et non pas un dialogue exclusif. Les vainqueurs ont gagné la guerre mais ils ont encore à gagner la paix", a indiqué sur Facebook Konstantin Kossatchev, un vice-président du Conseil de la Fédération russe (chambre haute du Parlement).
  • Italie -"Je condamne ce vil et horrible attentat contre des personnes sans défense en quête de liberté", a réagi le Premier ministre italien Mario Draghi.
  • Espagne -Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a condamné les attentats tout en soulignant que l'Espagne oeuvrait "pour évacuer le plus grand nombre possible de personnes" d'Afghanistan.
  • France -Le président Emmanuel Macron a condamné "avec la plus grande fermeté les attaques terroristes". L'état-major des armées a annoncé que Paris poursuivait ses opérations d'évacuation d'Afghans craignant les représailles des talibans.
  • Pays-Bas - Le Premier ministre Mark Rutte a déploré "une terrible tragédie".
  • Norvège -La ministre norvégienne Ine Eriksen Soreide a condamné l'attaque contre "des civils innocents tentant de quitter le pays", un "acte terrible de cruauté".
  • Suède -La ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde a adressé ses condoléances aux familles des militaires américains tués dans les attentats.
  • Turquie -La Turquie a condamné "une attaque haineuse".
  • Israël -Le Premier ministre Naftali Bennett, actuellement en visite aux Etats-Unis, a exprimé le "profond chagrin" de son pays "pour la mort d'Américains à Kaboul".
  • Arabie Saoudite - L'Arabie saoudite "condamne fermement l'attaque terroriste meurtrière". "Cet acte haineux viole toutes les valeurs morales et humanitaires." 
  • Egypte -L'Egypte a condamné "la double attaque terroriste" et renouvelé "sa solidarité dans le combat contre toutes les formes de terrorisme, de violence et d'extrémisme", selon le ministère des Affaires étrangères.
  • Jordanie -La Jordanie a condamné les attentats et dénoncé le "terrorisme qui reste une menace dangereuse".
  • Qatar -Le Qatar a dénoncé l'attaque et rejeté "la violence et le terrorisme quelles que soient les motivations et les causes".
  • Pologne - Le président polonais Andrzej Duda a déclaré: "Je condamne dans les termes les plus forts les attaques haineuses à l'aéroport de Kaboul (...) Mes prières vont aux familles des victimes de cet acte lâche. La Pologne se tient aux côtés de nos amis américains et afghans".

 

Les évacuations s'achèvent « dans quelques heures »

 

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Des Afghans évacués de Kaboul par l'armée française arrivent à la base militaire d'Al-Dhafra près d'Abou Dhabiaux Emirats Arabes Unis. ( AFP PHOTO / ETAT MAJOR DES ARMEES). 

L'Espagne a annoncé vendredi matin avoir terminé ses vols d'évacuation, comme l'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada et l'Australie avant elle. Celles des Britanniques s'achèveront "dans quelques heures", a précisé Londres vendredi matin.

Après les explosions, Paris a annoncé le rapatriement en France pour raisons de sécurité de son ambassadeur en Afghanistan David Martinon, qui se trouvait jusqu'alors à l'aéroport de Kaboul.

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Parmi les candidats à l'exil figurent beaucoup d'Afghans urbains et éduqués, qui craignent que les islamistes n'instaurent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001.


Y figurent aussi ceux qui ont travaillé pour les forces du gouvernement pro-occidental déchu ou pour leurs alliés des forces occidentales, ennemis des talibans pendant 20 ans, ou des sociétés étrangères, qui craignent de violentes représailles des islamistes.


La foule a également été nourrie par l'afflux d'Afghans non invités par les Occidentaux à partir, et qui tentent juste de saisir l'opportunité d'une vie meilleure en Occident.


C'est le cas d'Hamid, venu avec une partie de sa famille. Employé dans un ministère avant l'arrivée au pouvoir des talibans, il admet ne pas faire partie des catégories menacées par les nouveaux maîtres de Kaboul.


"J'ai entendu que si je pouvais rentrer dans l'aéroport, je pourrais aller en Amérique", explique-t-il, disant s'attendre à ce que les talibans lui retirent son emploi pour le donner "à des parents à eux". Dans ce cas, s'interroge-t-il, "comment prendrai-je soin de ma famille?"

 

L'attaque à Kaboul la plus meurtrière pour l'armée américaine en Afghanistan depuis 2011

L'attentat qui a tué au moins 13 militaires américains jeudi à proximité de l'aéroport de Kaboul est l'attaque la plus meurtrière contre les forces du Pentagone depuis 2011 en Afghanistan.


"Deux jihadistes considérés comme appartenant à l'Etat islamique se sont fait sauter à Abbey Gate, suivis par des jihadistes de l'EI armés qui ont fait feu sur les civils et les militaires", a annoncé le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central américain en charge de l'Afghanistan.


Voici quelques unes des attaques les plus meurtrières contre des militaires américains depuis le début de leur intervention en Afghanistan.

Hélicoptères 

La guerre la plus longue de l'histoire des Etats-Unis a coûté la vie à plus de 1.900 militaires américains au combat.


L'attaque la plus meurtrière a eu lieu dans la nuit du 6 août 2011 lorsqu'un hélicoptère Chinook avait été abattu par les talibans dans la province de Wardak, au sud-ouest de Kaboul.


Trente militaires américains, sept soldats afghans et un interprète civil avaient été tués dans l'écrasement de l'appareil. Parmi eux, 22 Navy Seals, le corps d'élite de la Marine américaine.


Avant cela, l'événement le plus meurtrier du conflit pour la coalition remontait au 28 juin 2005, quand 16 militaires américains avaient été tués dans la chute d'un autre Chinook, touché par une roquette tirée par des talibans dans la province orientale de Kunar.

Echanges de tirs 
Neuf soldats américains ont aussi été tués en juillet 2008 dans des échanges de tirs avec des talibans à Wanat, dans la province du Nouristan.


Quinze mois plus tard, 8 Américains sont morts dans des circonstances similaires lors de tirs contre des centaines d'insurgés à Kamdesh, dans la même province.

Alliés présumés 

Plusieurs soldats américains sont aussi morts dans des attaques perpétrées par des auteurs que les Etats-Unis considéraient pourtant comme alliés.


Le 27 avril 2011, huit militaires - dont plusieurs officiers - et un civil, tous américains et chargés de la formation de l'aviation afghane, avaient été abattus sur une base de Kaboul par un ancien pilote de l'armée afghane.


Et le 30 décembre 2009, un "agent triple" que les services de renseignement américains pensaient être de leur côté a tué sept officiers et contractants de la CIA, dans un spectaculaire attentat-suicide sur la une base de l'Otan appelée Camp Chapman, dans l'est du pays.


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.