Donner une valeur économique à la nature pour mieux la protéger ?

Manifestation d’écologistes en marge du forum économique de Davos, en 2020 (Photo, AFP).
Manifestation d’écologistes en marge du forum économique de Davos, en 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 31 août 2021

Donner une valeur économique à la nature pour mieux la protéger ?

  • L'enjeu est crucial. «Nous avons augmenté la croissance économique au détriment de la nature»
  • Des économistes plaident pour donner une valeur aux services rendus par les écosystèmes - eau potable, air de bonne qualité, pollinisation, absorption du CO2 par les forêts et les océans, diversité génétique

PARIS: Face aux ravages causés par les activités humaines sur la nature, comment mieux la protéger? Des économistes, des institutions et des ONG défendent l'idée de donner une valeur économique aux services qu'elle nous rend, mais l'exercice est compliqué et ne fait pas l'unanimité.

A partir de vendredi, jusqu'au 11 septembre, se tient le congrès de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille. Parmi les nombreux sujets sur la table, la modification des pratiques économiques actuelles.

L'enjeu est crucial. "Nous avons augmenté la croissance économique au détriment de la nature", rappelle à l'AFP Nathalie Girouard, responsable à la division environnement de l'OCDE. Agriculture intensive, surpêche, industries, chasse, pollutions ou encore changement climatique pèsent sur les écosystèmes.

Des conservateurs de la nature et des économistes plaident pour donner une valeur aux services rendus par les écosystèmes - eau potable, air de bonne qualité, pollinisation, absorption du CO2 par les forêts et les océans, diversité génétique -, partant du principe que des ressources gratuites et vues comme renouvelables à l'infini sont mal protégées.

"Au cours des dernières années, nous avons constaté une vraie reconnaissance de l'idée d'estimer la nature. Les gens commencent à comprendre le risque à ne pas agir", constate Gavin Edwards, coordinateur au Fonds mondial pour la nature (WWF International).

Mais comment définir la valeur de ce "capital naturel"? C'est le travail de Mary Ruckelshaus, directrice générale du Natural capital project, dépendant de l'université de Stanford.

"Il y une distinction importante entre prix et valeur: le prix implique une mesure économique, monétaire que nous attachons à la nature. Cela peut-être utile, mais dans de nombreux cas, c'est très difficile (à fixer) et aussi insuffisant", explique-t-elle en préambule. 

Elle prend en exemple le travail fait à Belize pour assurer un développement économique, tout en protégeant les mangroves, des écosystèmes essentiels. Il est possible de donner "une valeur monétaire aux dégâts qu'elles évitent en protégeant les côtes de la hausse du niveau des mer ou des ouragans", mais cette valeur peut aussi se traduire en emplois dans le tourisme ou la pêche, explique-t-elle. L'attachement d'une communauté locale à cette mangrove restera en revanche "inestimable", poursuit Mary Ruckelshaus.

Comment faire pour que différents acteurs s'entendent sur la valeur à donner à la protection d'un espace naturel? L'approche du Natural capital project consiste à cartographier la zone concernée et à voir où différentes activités peuvent être mises en place. "Souvent, vous n'avez pas tant de compromis à faire", assure Mary Ruckelshaus.

Réglementer

A une échelle plus large, des institutions internationales s'emparent de la question. En 2020, le forum économique mondial chiffrait à 44.000 milliards de dollars les activités économiques dépendantes de la nature, soit plus de la moitié du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

L'OCDE, avec d'autres organismes, s'efforce de mieux intégrer ce capital naturel dans le calcul actuel de la richesse d'un pays, le PIB, mais un long travail reste à effectuer.

C'est "un premier pas pour intégrer la biodiversité dans les stratégies nationales et d'apporter un vrai changement grâce à des indicateurs et des objectifs clairs" et "la seule voie pour parler le même langage que les décideurs politiques", estime Nathalie Girouard.

Ce concept ne fait pourtant pas l'unanimité. Il réduit "les questions environnementales à des fonctions utiles uniquement à l'être humain, avec une vision très partielle, sans comprendre les interaction beaucoup plus larges", critique Aurore Lalucq, députée européenne, coauteure du livre "Faut-il donner un prix à la nature".

Fixer un prix ou une valeur "ne garantit pas que tout le monde prenne des décisions pour la protéger", reconnait Mary Ruckelshaus, qui comme les autres personnes interrogées prône des régulations publiques.

"Il faut réglementer les limites d'exploitation des ressources naturelles", propose ainsi Nathalie Girouard de l'OCDE, prônant "des changements de comportements" et la sobriété.

Pour Aurore Lalucq, "il faut réglementer, que des choses soient interdites, et investir dans des infrastructures vertes et la biodiversité".

"Nous n'avons pas besoin de donner un prix aux abeilles, il faut interdire les pesticides qui tuent les abeilles", résume-t-elle.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.