En Irak, les réformes gouvernementales sont entravées par les attaques de groupes armés

Des groupuscules irakiens dans les rus de Bagdad. (Photo AFP).
Des groupuscules irakiens dans les rus de Bagdad. (Photo AFP).
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Publié le Jeudi 10 septembre 2020

En Irak, les réformes gouvernementales sont entravées par les attaques de groupes armés

  • « A chaque fois que ces groupes (présumés proches de l'Iran) voient que l'on se rapproche de leurs intérêts économiques et militaires, ils lancent des roquettes ou mènent des campagnes de propagande pour détourner notre attention »
  • Le gouvernement ne cherche pas une confrontation directe avec ces groupes, assure Ahmad Mulla, porte-parole du Premier ministre

BAGDAD: Les espoirs du gouvernement irakien de réformer le pays et de revitaliser son économie sont entravés par une nouvelle vague de violences dans le pays, marquée par l'apparition de groupes armés jusque-là inconnus et présumés proches de l'Iran.

Le Premier ministre Moustafa al-Kazimi a promis depuis son arrivée au pouvoir en mai de lutter contre les milices armées, de combattre la corruption et de mener les réformes longtemps attendues. Mais plus la concrétisation de ces promesses se dessine, plus les groupes armés --ayant des liens présumés avec l'Iran-- deviennent violents, affirment des responsables irakiens.

« A chaque fois que ces groupes voient que l'on se rapproche de leurs intérêts économiques et militaires, ils lancent des roquettes ou mènent des campagnes de propagande pour détourner notre attention », explique à l'AFP un haut responsable gouvernemental. Un autre responsable irakien renchérit: « Nous sommes constamment en train de combattre des incendies et donc nous ne pouvons pas nous concentrer correctement sur la stratégie globale ».

Le surcroît de violences était déjà palpable avant la visite de M. Kazimi mi-août à Washington mais elles ont encore enflé depuis.

Une attaque le 3 septembre a visé, pour la première fois, le siège de la société de sécurité G4S à Bagdad. Un responsable du renseignement a précisé à l'AFP qu'un drone avait lâché une petite charge explosive.

Aucune faction ne l'a revendiquée mais des groupes soutenus par Téhéran ont accusé l'entreprise américano-britannique de complicité dans l'élimination en janvier en Irak par les Américains du général iranien Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods, l'unité d'élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de Téhéran. Quelques jours avant l'attaque contre G4S, un employé des Nations unies a été blessé dans l'explosion d'un engin artisanal au passage d'un convoi du Programme alimentaire mondial à Mossoul (nord).

Un groupe affirmant faire partie de la « Résistance islamique » --expression désignant les groupes pro-Iran-- a assumé la responsabilité de l'attaque, accusant l'ONU d'utiliser ses convois pour acheminer des agents du renseignement américain. « Vos véhicules brûleront dans les rues d'Irak », a menacé le groupe dans un communiqué publié sur internet.

Une demi-dizaine de milices jusque-là inconnues ont lancé des menaces similaires ces derniers mois, sous la bannière de la « Résistance islamique ». « Cinq groupes, dont Kataëb Hezbollah (Hezbollah irakien, NDLR), Asaïb Ahl al-Haq, et d'autres, sont derrière l'instabilité récente », a affirmé un responsable irakien du renseignement. Ces groupes conservateurs sont membres du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires intégrée à l'Etat irakien mais alliée de l'Iran réclamant au Parlement l'expulsion des troupes américaines.

Quand M. Kazimi est devenu chef du gouvernement, ces groupes étaient furieux. Kataëb Hezbollah a accusé M. Kazimi d'avoir comploté contre Soleimani lorsqu'il dirigeait encore le renseignement irakien. Et pour ce groupe comme pour d'autres, la promesse de M. Kazimi de lutter contre les groupes armés a été prise comme une tentative de leur couper les ailes, ont expliqué des responsables et experts irakiens.

Outre leurs attaques armées, ils ont aussi intensifié la pression via des médias non conventionnels comme la messagerie Telegram, diffusant avec un sentiment d'impunité des menaces d'attaques de convois militaires avant qu'elles ne soient perpétrées. Des médias irakiens critiques de Téhéran ont aussi été menacés, comme la chaîne de télévision Dijlah, incendiée la semaine dernière après des menaces sur Telegram.

Le gouvernement ne cherche pas une confrontation directe avec ces groupes, assure Ahmad Mulla, porte-parole du Premier ministre. « Nous cherchons plutôt à assécher leurs sources de financements en ciblant les passages à la frontière », dans la lutte anticorruption notamment. Une pratique risquée.

« Ils vont faire chanter les responsables, menacer leurs familles, mobiliser les tribus et peut-être même commettre des assassinats », a estimé en juillet à l'AFP un haut responsable. Selon un autre responsable, le ministre des Finances Ali Allawi n'a pu respecter la date butoir du 24 août pour soumettre au parlement son « Livre blanc » sur les réformes économiques, en raison des attaques. M. Kazimi a mis en place la semaine dernière un conseil anticorruption, autorisant les unités d'élite du service de contre-terrorisme à arrêter des hauts responsables jusque-là intouchables. Elles ont également mené des opérations à Bassora et à Bagdad pour saisir les armes non déclarées, avec peu de réussite.

Pour l'expert irakien en sécurité Fadel Abou Raghif, la situation est « dangereuse »: « En fin de compte, Kazimi devrait engager un vrai dialogue avec les chefs spirituels de ces groupes pour éviter une confrontation. »


Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
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  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
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  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.