L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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Publié le Dimanche 01 février 2026

L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.

Profil

Ibrahim Abdulmalik Olabi a été nommé représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies le 19 août dernier. Auparavant, il occupait depuis février 2025 le poste de conseiller spécial pour les affaires juridiques internationales au ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés. Il est titulaire d'un master en politique publique de l'université d'Oxford, d'un LLM en sécurité et droit international, et d'un LLB de l'université de Manchester.

En ce qui concerne le règlement des différends, Olabi a clairement indiqué que tous les différends seraient traités en interne, par le biais d'un dialogue entre les factions syriennes, le processus restant entièrement sous le contrôle du pays.

« Tout différend éventuel devra être résolu ensemble. La porte a toujours été ouverte. Nous n’avons jamais voulu recourir à des solutions militaires. Il n’y a ni juge ni jury extérieur : ce sont des composantes syriennes qui se réunissent pour construire la Syrie qu’elles souhaitent. »

Cet accord fait suite à plusieurs mois d'affrontements intenses entre les forces gouvernementales syriennes et les groupes armés kurdes dans les quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyah à Alep, en décembre 2025 et janvier 2026. Les combats ont fait des dizaines de morts dans les deux camps et contraint des milliers de civils à fuir leurs maisons. Plusieurs accords de cessez-le-feu ont échoué avant ce dernier accord, soulignant la fragilité de la confiance et les risques d'une nouvelle escalade.

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Des détenus se rassemblent au camp d'al-Hol à Hassaké, en Syrie, le 21 janvier 2026, après que le gouvernement syrien en a pris le contrôle à la suite du retrait des Forces démocratiques syriennes. (REUTERS)

Olabi a expliqué que l’accord actuel se distinguait des précédents en ce qu’il transformait ces ententes initiales en un accord plus détaillé, assorti de calendriers précis et de paramètres techniques clairement définis, façonné par de nouvelles réalités politiques et militaires et renforcé par le soutien international et onusien.

« Nous estimons que cet accord constitue l’étape suivante par rapport à l’accord initial. Il comporte davantage de détails techniques, des échéanciers plus précis et une approche plus nuancée que l’accord-cadre signé il y a quelques jours. Les puissances internationales et l’ONU l’ont accueilli favorablement, et les nouvelles réalités politiques et militaires contribuent toutes à son succès », a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite a salué l’accord de cessez-le-feu et d’intégration, le qualifiant d’étape vers la paix, l’unité nationale et la stabilité. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères a réaffirmé le soutien du Royaume à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie. Il a souligné que l’accord pourrait contribuer à renforcer la sécurité et la stabilité, à atténuer les souffrances humanitaires et à créer des conditions favorables à la reconstruction et au retour des Syriens déplacés, tout en insistant sur l’importance d’un processus politique dirigé par les Syriens.

Olabi a décrit le soutien saoudien comme conforme à l’appui de longue date du Royaume en faveur d’une Syrie souveraine et unifiée.

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Deux femmes marchent entre des tentes au camp de Roj, l’un des centres de détention abritant des milliers de membres du groupe Daech et leurs familles, dans la région d’Al-Malikiyah, au nord-est de la Syrie, le 29 janvier 2026. (AP)

« Le Royaume d’Arabie saoudite a été un partenaire clé et un allié essentiel du peuple syrien depuis de très nombreuses années, ainsi que du nouveau gouvernement syrien et de la nouvelle direction syrienne. Nous l’avons constaté dès le premier jour. Nous l’avons vu lorsque le président Trump a rencontré le président Ahmad Al-Sharaa ; c’était la première fois que cela se produisait à Riyad », a-t-il déclaré.

« Nous avons vu leur soutien en faveur de la levée des sanctions, ainsi que l’appui institutionnel qu’ils nous apportent en travaillant avec nous au renforcement de nos capacités afin d’assurer une Syrie stable. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a été un allié majeur, et le fait qu’ils accueillent favorablement une telle déclaration s’inscrit dans la continuité de leurs politiques de soutien à une Syrie unie, forte et stable », a-t-il ajouté.

Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, a salué l’accord dans un message publié vendredi sur X. Il l’a qualifié de « jalon profond et historique dans le parcours de la Syrie vers la réconciliation nationale, l’unité et une stabilité durable », ajoutant qu’il confirmait « le principe selon lequel la force de la Syrie réside dans l’acceptation de la diversité et la prise en compte des aspirations légitimes de l’ensemble de son peuple ».

Olabi a indiqué que l’administration américaine reconnaissait les bénéfices mutuels d’une Syrie stable et unifiée.

« Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump et avec son envoyé pour la Syrie, l’ambassadeur Tom Barrack, ont compris qu’il était dans l’intérêt américain d’avoir une Syrie stable et unifiée. Ils ont également reconnu que la meilleure protection et la meilleure réussite à long terme des FDS se trouvent au sein de l’État syrien », a-t-il déclaré.

Barrack a souligné que ce moment revêtait une « importance particulière » pour le peuple kurde, dont les « sacrifices extraordinaires » et la « résilience inébranlable » ont été essentiels à la défense de la Syrie et à la protection des populations vulnérables.

Le récent décret présidentiel n° 13 constitue une « avancée transformatrice » vers l’égalité, rétablissant la citoyenneté, reconnaissant le kurde comme « langue nationale » et corrigeant des « injustices de longue date » afin d’affirmer la place des Kurdes dans une Syrie sûre et inclusive.

Plus tôt ce mois-ci, le président Al-Sharaa a promulgué un décret reconnaissant et protégeant officiellement les droits culturels et civils des Kurdes, notamment en matière de langue et de représentation, dans le cadre d’efforts plus larges visant à remédier à des griefs anciens. Cette décision a été présentée par le gouvernement syrien comme une décision souveraine de l’État, indépendante des négociations en cours avec des groupes armés.

Olabi a déclaré : « Cette question doit être dissociée des droits des Kurdes, car pour nous, les Kurdes constituent une composante essentielle présente dans toute la Syrie — à Damas, à Alep, à Afrine, à Idlib et ailleurs. Comme vous le savez, le décret accordant des droits aux Kurdes a été publié indépendamment des négociations. Il n’en était pas le résultat et n’a pas été adopté pendant celles-ci. »

Israël a poursuivi ses opérations militaires en Syrie au cours de l’année écoulée, après l’éviction de Bachar Al-Assad du pouvoir, menant des frappes aériennes répétées et des incursions terrestres que le gouvernement d’Al-Sharaa affirme constituer des violations de la souveraineté syrienne et avoir causé la mort de civils, tout en affichant parallèlement une ouverture au dialogue diplomatique.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, font la queue pour régulariser leur situation auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a fait référence à un message publié en décembre 2025 par le président Trump à la suite d’une incursion israélienne ayant coûté la vie à 13 Syriens. « Le gouvernement syrien a déclaré dès le premier jour qu’il respecterait l’accord de 1974 entre la Syrie et Israël, un accord qui a résisté à l’épreuve du temps pendant plus de cinquante ans. Nous avons même engagé un dialogue public et ouvert avec Israël par l’intermédiaire d’une médiation américaine », a-t-il déclaré.

« Mais les actions d’Israël ont été contraires aux intérêts syriens. La Syrie ne constituera une menace pour personne. Nous sommes toujours ouverts à la diplomatie et à un engagement constructif. S’il existe des préoccupations légitimes en matière de sécurité, nous pouvons les traiter. En revanche, les accaparements de terres et la déstabilisation sont inacceptables. Aucun gouvernement syrien ne peut céder les droits de la Syrie. »

S’agissant de la reconstruction de la confiance après des années de combats entre factions, Olabi a souligné la distinction entre les FDS en tant que faction armée et la population kurde syrienne dans son ensemble, qui a subi des décennies de discrimination. « Les Kurdes ont constaté notre discipline dans les opérations, le décret protégeant leurs droits et notre volonté d’engagement. C’est pourquoi beaucoup ont choisi de se déplacer d’Alep vers Afrine », a-t-il déclaré.

Vendredi, le gouvernement syrien a déclaré les camps d’Al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie, qui abritent des familles liées à d’anciens combattants de Daech, comme zones de sécurité officielles. La sécurité s’y est effondrée après le retrait des FDS, dans un contexte de combats intenses, avec des informations faisant état de l’évasion possible d’environ 1 500 personnes liées à Daech.

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Un garçon mange du pain alors que des Syriens déplacés trouvent refuge dans une mosquée après des affrontements entre les Forces démocratiques syriennes et l’armée syrienne à Qamichli, en Syrie, le 29 janvier 2026. (REUTERS)

L’aide humanitaire est désormais bloquée. Le camp abrite environ 24 000 personnes — principalement des femmes et des enfants — dont près de 14 500 Syriens, 3 000 Irakiens et 6 500 ressortissants étrangers.

« Le gouvernement syrien a hérité d’une situation extrêmement complexe à Al-Hol, avec de nombreuses familles d’anciens combattants de Daech. Nous avons assumé la responsabilité à la fois de la sécurité et de la gestion humanitaire. Nous appelons également les États dont les ressortissants y sont détenus à assumer leurs responsabilités. Le HCR et d’autres agences de l’ONU sont mobilisés, et nous espérons traiter cette situation de manière humaine, juste et sécurisée dans les semaines à venir », a-t-il déclaré.

Alors que la Syrie et les FDS entament cette phase d’intégration, des analystes mettent en garde : si le cessez-le-feu offre un cadre, la méfiance persistante, les griefs non résolus et les pressions extérieures pourraient fragiliser les avancées.

Olabi a toutefois affirmé que l’accent restait mis sur l’autonomie syrienne et la responsabilité de l’État de protéger tous les citoyens. « Les gens ont vu que nous n’avons aucun intérêt pour les représailles. Nous voulons avancer », a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.