L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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Publié le Dimanche 01 février 2026

L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.

Profil

Ibrahim Abdulmalik Olabi a été nommé représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies le 19 août dernier. Auparavant, il occupait depuis février 2025 le poste de conseiller spécial pour les affaires juridiques internationales au ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés. Il est titulaire d'un master en politique publique de l'université d'Oxford, d'un LLM en sécurité et droit international, et d'un LLB de l'université de Manchester.

En ce qui concerne le règlement des différends, Olabi a clairement indiqué que tous les différends seraient traités en interne, par le biais d'un dialogue entre les factions syriennes, le processus restant entièrement sous le contrôle du pays.

« Tout différend éventuel devra être résolu ensemble. La porte a toujours été ouverte. Nous n’avons jamais voulu recourir à des solutions militaires. Il n’y a ni juge ni jury extérieur : ce sont des composantes syriennes qui se réunissent pour construire la Syrie qu’elles souhaitent. »

Cet accord fait suite à plusieurs mois d'affrontements intenses entre les forces gouvernementales syriennes et les groupes armés kurdes dans les quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyah à Alep, en décembre 2025 et janvier 2026. Les combats ont fait des dizaines de morts dans les deux camps et contraint des milliers de civils à fuir leurs maisons. Plusieurs accords de cessez-le-feu ont échoué avant ce dernier accord, soulignant la fragilité de la confiance et les risques d'une nouvelle escalade.

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Des détenus se rassemblent au camp d'al-Hol à Hassaké, en Syrie, le 21 janvier 2026, après que le gouvernement syrien en a pris le contrôle à la suite du retrait des Forces démocratiques syriennes. (REUTERS)

Olabi a expliqué que l’accord actuel se distinguait des précédents en ce qu’il transformait ces ententes initiales en un accord plus détaillé, assorti de calendriers précis et de paramètres techniques clairement définis, façonné par de nouvelles réalités politiques et militaires et renforcé par le soutien international et onusien.

« Nous estimons que cet accord constitue l’étape suivante par rapport à l’accord initial. Il comporte davantage de détails techniques, des échéanciers plus précis et une approche plus nuancée que l’accord-cadre signé il y a quelques jours. Les puissances internationales et l’ONU l’ont accueilli favorablement, et les nouvelles réalités politiques et militaires contribuent toutes à son succès », a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite a salué l’accord de cessez-le-feu et d’intégration, le qualifiant d’étape vers la paix, l’unité nationale et la stabilité. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères a réaffirmé le soutien du Royaume à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie. Il a souligné que l’accord pourrait contribuer à renforcer la sécurité et la stabilité, à atténuer les souffrances humanitaires et à créer des conditions favorables à la reconstruction et au retour des Syriens déplacés, tout en insistant sur l’importance d’un processus politique dirigé par les Syriens.

Olabi a décrit le soutien saoudien comme conforme à l’appui de longue date du Royaume en faveur d’une Syrie souveraine et unifiée.

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Deux femmes marchent entre des tentes au camp de Roj, l’un des centres de détention abritant des milliers de membres du groupe Daech et leurs familles, dans la région d’Al-Malikiyah, au nord-est de la Syrie, le 29 janvier 2026. (AP)

« Le Royaume d’Arabie saoudite a été un partenaire clé et un allié essentiel du peuple syrien depuis de très nombreuses années, ainsi que du nouveau gouvernement syrien et de la nouvelle direction syrienne. Nous l’avons constaté dès le premier jour. Nous l’avons vu lorsque le président Trump a rencontré le président Ahmad Al-Sharaa ; c’était la première fois que cela se produisait à Riyad », a-t-il déclaré.

« Nous avons vu leur soutien en faveur de la levée des sanctions, ainsi que l’appui institutionnel qu’ils nous apportent en travaillant avec nous au renforcement de nos capacités afin d’assurer une Syrie stable. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a été un allié majeur, et le fait qu’ils accueillent favorablement une telle déclaration s’inscrit dans la continuité de leurs politiques de soutien à une Syrie unie, forte et stable », a-t-il ajouté.

Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, a salué l’accord dans un message publié vendredi sur X. Il l’a qualifié de « jalon profond et historique dans le parcours de la Syrie vers la réconciliation nationale, l’unité et une stabilité durable », ajoutant qu’il confirmait « le principe selon lequel la force de la Syrie réside dans l’acceptation de la diversité et la prise en compte des aspirations légitimes de l’ensemble de son peuple ».

Olabi a indiqué que l’administration américaine reconnaissait les bénéfices mutuels d’une Syrie stable et unifiée.

« Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump et avec son envoyé pour la Syrie, l’ambassadeur Tom Barrack, ont compris qu’il était dans l’intérêt américain d’avoir une Syrie stable et unifiée. Ils ont également reconnu que la meilleure protection et la meilleure réussite à long terme des FDS se trouvent au sein de l’État syrien », a-t-il déclaré.

Barrack a souligné que ce moment revêtait une « importance particulière » pour le peuple kurde, dont les « sacrifices extraordinaires » et la « résilience inébranlable » ont été essentiels à la défense de la Syrie et à la protection des populations vulnérables.

Le récent décret présidentiel n° 13 constitue une « avancée transformatrice » vers l’égalité, rétablissant la citoyenneté, reconnaissant le kurde comme « langue nationale » et corrigeant des « injustices de longue date » afin d’affirmer la place des Kurdes dans une Syrie sûre et inclusive.

Plus tôt ce mois-ci, le président Al-Sharaa a promulgué un décret reconnaissant et protégeant officiellement les droits culturels et civils des Kurdes, notamment en matière de langue et de représentation, dans le cadre d’efforts plus larges visant à remédier à des griefs anciens. Cette décision a été présentée par le gouvernement syrien comme une décision souveraine de l’État, indépendante des négociations en cours avec des groupes armés.

Olabi a déclaré : « Cette question doit être dissociée des droits des Kurdes, car pour nous, les Kurdes constituent une composante essentielle présente dans toute la Syrie — à Damas, à Alep, à Afrine, à Idlib et ailleurs. Comme vous le savez, le décret accordant des droits aux Kurdes a été publié indépendamment des négociations. Il n’en était pas le résultat et n’a pas été adopté pendant celles-ci. »

Israël a poursuivi ses opérations militaires en Syrie au cours de l’année écoulée, après l’éviction de Bachar Al-Assad du pouvoir, menant des frappes aériennes répétées et des incursions terrestres que le gouvernement d’Al-Sharaa affirme constituer des violations de la souveraineté syrienne et avoir causé la mort de civils, tout en affichant parallèlement une ouverture au dialogue diplomatique.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, font la queue pour régulariser leur situation auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a fait référence à un message publié en décembre 2025 par le président Trump à la suite d’une incursion israélienne ayant coûté la vie à 13 Syriens. « Le gouvernement syrien a déclaré dès le premier jour qu’il respecterait l’accord de 1974 entre la Syrie et Israël, un accord qui a résisté à l’épreuve du temps pendant plus de cinquante ans. Nous avons même engagé un dialogue public et ouvert avec Israël par l’intermédiaire d’une médiation américaine », a-t-il déclaré.

« Mais les actions d’Israël ont été contraires aux intérêts syriens. La Syrie ne constituera une menace pour personne. Nous sommes toujours ouverts à la diplomatie et à un engagement constructif. S’il existe des préoccupations légitimes en matière de sécurité, nous pouvons les traiter. En revanche, les accaparements de terres et la déstabilisation sont inacceptables. Aucun gouvernement syrien ne peut céder les droits de la Syrie. »

S’agissant de la reconstruction de la confiance après des années de combats entre factions, Olabi a souligné la distinction entre les FDS en tant que faction armée et la population kurde syrienne dans son ensemble, qui a subi des décennies de discrimination. « Les Kurdes ont constaté notre discipline dans les opérations, le décret protégeant leurs droits et notre volonté d’engagement. C’est pourquoi beaucoup ont choisi de se déplacer d’Alep vers Afrine », a-t-il déclaré.

Vendredi, le gouvernement syrien a déclaré les camps d’Al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie, qui abritent des familles liées à d’anciens combattants de Daech, comme zones de sécurité officielles. La sécurité s’y est effondrée après le retrait des FDS, dans un contexte de combats intenses, avec des informations faisant état de l’évasion possible d’environ 1 500 personnes liées à Daech.

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Un garçon mange du pain alors que des Syriens déplacés trouvent refuge dans une mosquée après des affrontements entre les Forces démocratiques syriennes et l’armée syrienne à Qamichli, en Syrie, le 29 janvier 2026. (REUTERS)

L’aide humanitaire est désormais bloquée. Le camp abrite environ 24 000 personnes — principalement des femmes et des enfants — dont près de 14 500 Syriens, 3 000 Irakiens et 6 500 ressortissants étrangers.

« Le gouvernement syrien a hérité d’une situation extrêmement complexe à Al-Hol, avec de nombreuses familles d’anciens combattants de Daech. Nous avons assumé la responsabilité à la fois de la sécurité et de la gestion humanitaire. Nous appelons également les États dont les ressortissants y sont détenus à assumer leurs responsabilités. Le HCR et d’autres agences de l’ONU sont mobilisés, et nous espérons traiter cette situation de manière humaine, juste et sécurisée dans les semaines à venir », a-t-il déclaré.

Alors que la Syrie et les FDS entament cette phase d’intégration, des analystes mettent en garde : si le cessez-le-feu offre un cadre, la méfiance persistante, les griefs non résolus et les pressions extérieures pourraient fragiliser les avancées.

Olabi a toutefois affirmé que l’accent restait mis sur l’autonomie syrienne et la responsabilité de l’État de protéger tous les citoyens. « Les gens ont vu que nous n’avons aucun intérêt pour les représailles. Nous voulons avancer », a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.


"J'aurais voulu passer le bac": déception après l'annulation des examens au Moyen-Orient et au Mali

Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • Le ministère français de l’Éducation a annulé les épreuves du brevet et du baccalauréat dans plusieurs pays du Moyen-Orient et au Mali en raison de la situation sécuritaire, remplaçant les examens par les moyennes annuelles des élèves
  • De nombreux élèves et enseignants au Liban expriment leur déception, estimant que le bac représentait une récompense symbolique pour leurs années de travail et craignant une perte du prestige du diplôme français

BEYROUTH: "J'aurais voulu passer le bac comme une récompense de mon travail": des élèves et professeurs expriment leur déception après la récente annonce de l'annulation des épreuves écrites et orales du brevet et du bac dans les établissements français de pays du Moyen-Orient et au Mali.

Cette année, les candidats scolarisés dans les établissements français homologués du Bahreïn, des Émirats arabes unis, d'Irak, d'Iran, d'Israël, du Koweït, du Liban, du Qatar et du Mali, ainsi que ceux inscrits en classes réglementées auprès du Centre national d'enseignement à distance (Cned), "se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés", a indiqué mardi le ministère français de l'Education nationale.

Cette mesure, liée à la guerre au Moyen-Orient et à la situation sécuritaire critique au Mali, concerne les épreuves écrites du diplôme national du brevet, les épreuves anticipées de français, à l'écrit comme à l'oral, et de mathématiques du baccalauréat général et technologique, ainsi que les épreuves de spécialité et de philosophie et le grand oral en classe de Terminale.

"Les candidats se présentant sous statut individuel pourront se présenter à la session de remplacement prévue en septembre 2026", tant pour le brevet que pour le baccalauréat, a précisé le ministère.

"J'aurais voulu faire le bac honnêtement, donc j'étais un peu triste d'apprendre qu'ils vont l'annuler", a réagi Yana Abdallah, 18 ans, élève du Collège des Saints-Coeurs Kfarhbab, au Liban.

Pour cette élève, qui affiche entre 16 et 17/20 de moyenne, se confronter à l'examen aurait marqué symboliquement la fin d'un cycle: "Nous avons travaillé pour le bac depuis notre entrée à l'école", rappelle-t-elle. Le passer aurait été comme une "récompense pour toute la fatigue que m'a valu mon travail".

Son école, qui se basera sur les notes du contrôle continu, n'a pas exclu la possibilité d'organiser un second bac blanc pour ne pas léser les élèves.

Les examens organisés "étaient jusqu'à présent comme une préparation mais sans que les élèves n'y mettent toute leur concentration", souligne Yana Abdallah, jugeant que son établissement essaye de les aider "autant que possible".

- "Suite désastreuse" -

Selon les chiffres de l'ambassade de France, le Liban compte en Terminale 3.166 élèves dans des établissements officiellement reconnus par les autorités et 402 élèves en candidats libres.

"Je suis contre l'annulation de ce diplôme, chaque fois que le bac a été annulé, la suite a été désastreuse", a témoigné auprès de l'AFP Hyam Merheb, 73 ans, à la retraite, ancienne enseignante de français pendant 45 ans au Liban.

"Le bac français a gardé son prestige malgré tous les événements par lesquels on est passé", juge-t-elle. "C'est la seule image encore positive que l'on peut avoir de notre pays et de l'enseignement tel qu'il était auparavant".

La décision du gouvernement est "incompréhensible", "tout le monde était prêt" pour faire passer les épreuves, avec des aménagements (moins de textes à préparer pour l'oral de français, par exemple), a aussi réagi auprès de l'AFP une enseignante et représentante syndicale du Grand lycée franco-libanais de Beyrouth, qui souhaite rester anonyme.

"Personne ne s'attendait à cette décision, les élèves de terminale avaient reçu leur convocation ce (mardi) matin", a-t-elle rapporté, déplorant avoir appris la nouvelle par la presse.

A Bamako au Mali, l’école française "Liberté" comptait à la rentrée de septembre 1.380 élèves, dont 600 en classe d'examens. "Mais, nous en avons perdu 80 en cours d'année, partis à cause de l’insécurité", a appris l'AFP auprès de membres de l’association des parents d’élèves de l’établissement.

"Notre combat est de faire en sorte que le lycée puisse ouvrir à la rentrée de septembre prochain", poursuit-on de même source.

En raison de la situation sécuritaire critique, les cours sont désormais assurés uniquement en ligne.

Selon le ministère, des mesures d'aménagement pourront également être décidées dans d'autres pays, jusqu'à 15 jours avant le début des épreuves, si les conditions locales ne permettent pas leur organisation.

Le coup d'envoi du baccalauréat sera donné le 11 juin avec l'épreuve écrite anticipée de français pour les élèves de Première.


Le Liban et Israël prolongent leur cessez-le-feu de 45 jours

Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
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  • Le Liban et Israël ont accepté de prolonger leur cessez-le-feu de 45 jours après des discussions jugées « positives » à Washington
  • Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril, les frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban ont continué, causant des centaines de morts selon les autorités libanaises

WASHINGTON: Israël et le Liban ont donné leur accord à une prolongation d'un mois et demi du cessez-le-feu pendant de nouvelles négociations entre les deux pays à Washington, même si de nouvelles frappes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit avoir "reçu des messages" de Washington en faveur de la reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ajoutant être ouvert à une aide de Pékin.

Le cessez-le-feu israélo-libanais, qui arrivait à expiration dimanche, "va être prolongé de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès", a annoncé la diplomatie américaine après une nouvelle session de négociations directes entre des représentants d'Israël et du Liban jeudi et vendredi.

Le département d'Etat américain a précisé qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin. D'ici là, le Pentagone réunira des délégations militaires des deux pays le 29 mai.

L'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, a déclaré à l'issue des pourparlers qu'il serait essentiel de garantir la sécurité de son pays.

"Il y aura des hauts et des bas, mais les chances de réussite sont grandes ", a-t-il écrit sur le réseau X.

La délégation libanaise a salué de son côté une prolongation qui ouvre la voie "à une stabilité durable", mais insisté sur la nécessité d'un "processus par étapes et vérifiable", soutenu par Washington.

- "Irresponsable" -

S'exprimant depuis le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé le Hezbollah pro-iranien d'avoir entraîné le pays dans une nouvelle guerre "irresponsable".

"Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers", a-t-il lancé, appelant au soutien des pays arabes, et plus largement de la communauté internationale, dans les négociations avec Israël.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël poursuit ses frappes au Liban, disant viser le Hezbollah, et le mouvement chiite continue de tirer des roquettes sur des positions israéliennes.

Le Liban a annoncé la mort de six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, dans un bombardement israélien dans le sud du pays.

Plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Au moment des discussions à Washington vendredi, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour une dizaine de secteurs dans le sud du Liban et annoncé "mener des frappes contre l'infrastructure du Hezbollah dans la région de Tyr".

- "Des femmes et enfants" -

"Il n'y a ici que des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette frappe cause de nouveaux déplacements de personnes", a déclaré à l'AFP Hafez Ramadan, qui vit près de l'immeuble visé par la frappe, qui abritait selon lui surtout des déplacés.

Les frappes à Tyr ont fait 37 blessés, dont six membres du personnel médical de l'hôpital, quatre enfants et neuf femmes, selon le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a revendiqué des attaques de drones contre des casernes dans le nord d'Israël, ainsi que d'autres contre les forces israéliennes positionnées dans plusieurs localités libanaises frontalières. L'armée israélienne est déployée dans cette zone pour pouvoir, selon elle, protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

Israël, comme les Etats-Unis, appelle Beyrouth à désarmer le Hezbollah.

"Le Liban négocie pour un avenir dans lequel ses frontières seront respectées (et) sa souveraineté assurée seulement" par son armée,  a souligné aussi la délégation libanaise à Washington.

Un des hauts responsables du mouvement pro-iranien, Mahmoud Qomati, a qualifié les négociations avec Israël "d'humiliantes" et dénoncé "un complot contre le pays".

- "Bonnes intentions" -

Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, en visite en Inde, s'est dit ouvert à une aide de la Chine pour mettre fin au conflit, au lendemain de propos à Pékin de Donald Trump, selon qui son homologue chinois Xi Jinping a proposé d'aider à rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue", a déclaré M. Araghchi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de passer par le détroit, quasi paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre, a affirmé la télévision publique.

La veille, la chaîne avait fait état de plus de 30 navires autorisés à transiter par le détroit, qui voit passer d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

De son côté, le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte sont arrivés "sur zone" au large de la péninsule arabique où ils sont prépositionnés en cas de déclenchement d'une mission "neutre" pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.