Les chefs du Pentagone s'engagent à «tirer les leçons» de la guerre en Afghanistan

Le ministre de la Défense Lloyd Austin (à gauche), s'exprimait publiquement pour la première fois depuis la fin de l'évacuation de Kaboul, accompagné du chef d'état-major, le général Mark Milley. Les deux hommes avaient combattu en Afghanistan. (Photo, AFP)
Le ministre de la Défense Lloyd Austin (à gauche), s'exprimait publiquement pour la première fois depuis la fin de l'évacuation de Kaboul, accompagné du chef d'état-major, le général Mark Milley. Les deux hommes avaient combattu en Afghanistan. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 02 septembre 2021

Les chefs du Pentagone s'engagent à «tirer les leçons» de la guerre en Afghanistan

  • «Aucune opération n'est jamais parfaite», a reconnu le ministre de la Défense Lloyd Austin, un ancien général ayant combattu en Afghanistan
  • «Nous sommes tous tiraillés entre douleur, colère et chagrin d'un côté, et fierté et résilience de l'autre», a déclaré le chef d'état-major, le général Mark Milley

WASHINGTON : Les plus hauts responsables du Pentagone se sont engagés mercredi à "tirer les leçons" de la guerre en Afghanistan, reconnaissant ressentir "douleur et colère" après avoir remis le pays aux mains des talibans, leurs ennemis de 20 ans.

"Aucune opération n'est jamais parfaite", a reconnu le ministre de la Défense Lloyd Austin, qui s'exprimait publiquement pour la première fois depuis la fin de l'évacuation chaotique de 124000 civils de Kaboul, dans la nuit de lundi à mardi.

"Nous voulons tirer toutes les leçons possibles de cette expérience", a ajouté M. Austin, un ancien général ayant combattu en Afghanistan, après avoir rendu un hommage solennel et sombre aux 800000 soldats américains qui se sont succédé depuis 2001 sur le sol afghan, au cours d'une guerre qui a coûté la vie à 2461 militaires américains, dont 13 dans les dernières heures du retrait.

Le chef d'état-major, le général Mark Milley, qui a lui aussi combattu en Afghanistan, a reconnu que ces derniers jours avaient été "extrêmement difficiles émotionnellement".

"Nous sommes tous tiraillés entre douleur, colère, chagrin et tristesse d'un côté, et fierté et résilience de l'autre", a-t-il ajouté.

"Nous apprendrons de cette expérience", a-t-il dit. "Et ce qui nous a fait en arriver là sera étudié pendant des années", a-t-il ajouté. "Nous, les militaires, aborderons ça avec humilité, transparence et franchise. Il y a beaucoup de leçons tactiques, opérationnelles et stratégiques à tirer".

M. Austin a reconnu que la fin d'une guerre entamée en 2001 pour chasser les talibans du pouvoir pouvait être difficile à accepter pour les soldats ayant perdu des frères d'armes en Afghanistan, ainsi que pour les familles de ceux qui y ont laissé leur vie.

"Je sais que ces derniers jours ont été difficiles pour beaucoup d'entre nous", a-t-il dit. "Il ne faut pas attendre des anciens combattants d'Afghanistan plus que des autres Américains. J'ai entendu des opinions très tranchées ces derniers jours. C'est très important. C'est la démocratie."

Le général Milley a par ailleurs jugé "possible" une éventuelle coopération avec les talibans pour lutter contre le groupe Etat islamique au Khorasan (EI-K), qui a revendiqué l'attentat ayant fait plus d'une centaine de morts, dont 13 Américains, le 26 août à l'aéroport de Kaboul.

La guerre a été lancée fin 2001 après les attentats du 11-Septembre, qui ont fait 2.977 morts en une seule journée. Ils avaient été menés par les jihadistes d'Al-Qaeda, basés en Afghanistan et protégés par les talibans.

Mais ce qui devait se limiter à une opération de représailles a évolué en une vaste entreprise de reconstruction du pays pour éviter un retour des talibans au pouvoir, ce qui s'est produit le 15 août.

M. Austin a annoncé qu'il se rendrait la semaine prochaine dans la région du Golfe, où les alliés des Etats-Unis ont facilité l'évacuation de réfugiés afghans.

 

Pour Poutine, la présence américaine en Afghanistan a été «une tragédie»

MOSCOU : Les vingt années de guerre et de présence américaine en Afghanistan ont constitué une "tragédie" pour ce pays, a estimé mercredi le président russe Vladimir Poutine, au lendemain du retrait des Etats-Unis.

"Durant 20 ans les soldats américains étaient présents sur ce territoire, 20 ans à tenter de (...) +civiliser+ les gens qui y vivent, d'y implanter leurs normes et standards de vie", a commenté M. Poutine lors d'une rencontre avec des jeunes retransmise à la télévision.

"Le résultat est une tragédie, des pertes pour ceux qui ont fait ça, les Etats-Unis, et plus encore pour les gens vivant sur le territoire de l'Afghanistan", a-t-il ajouté, lors d'un déplacement dans l'Extrême Orient russe.

Quant à l'avenir du pays après le retrait des Américains et de leurs alliés, Vladimir Poutine a jugé "impossible d'imposer quoi que ce soit depuis l'étranger".

"La situation doit mûrir, et si l'on veut qu'elle mûrisse plus vite et mieux il faudra aider les gens", a dit le président russe.

Les autorités russes ont adopté une attitude assez conciliante à l'égard des talibans, reconnaissant leur victoire tout en les appelant à un "dialogue national" pour former un gouvernement représentatif.

Moscou considère cependant toujours les talibans comme un groupe "terroriste", même si la Russie dialogue depuis des années avec eux, et n'a l'intention de reconnaître son autorité en Afghanistan que s'ils donnent des gages suffisants.

La Russie s'inquiète en particulier pour la sécurité des ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, limitrophes de l'Afghanistan, et d'y voir émerger de nouveaux des groupes jihadistes inspirés des talibans ou soutenu par eux. Moscou veut également éviter un afflux régional de réfugiés ainsi qu'un nouvel essor du trafic d'opium et d'héroïne.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

Short Url
  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

Short Url
  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"