La monde de la tech se mobilise pour défendre le droit à l'avortement au Texas

¨Une activiste défendant le droit à l’avortement prononce un discours devant la Cour suprême, le 2 septembre (Photo, AFP).
¨Une activiste défendant le droit à l’avortement prononce un discours devant la Cour suprême, le 2 septembre (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 04 septembre 2021

La monde de la tech se mobilise pour défendre le droit à l'avortement au Texas

  • La loi texane prévoit que des plaignants dénonçant des personnes aidant une femme à se faire avorter après 6 semaines perçoivent au moins 10 000 dollars de «dédommagement» en cas de condamnation
  • Vendredi, un clic sur le bouton «tuyaux» du site web dirigeait l'utilisateur vers une page intitulée «Accès refusé - Pare-feu de GoDaddy»

SAN FRANCISCO: Un site web qui encourage le public à dénoncer des avortements illégaux au Texas s'est vu notifier de son éviction par son hébergeur internet, une des mesures prises par des sociétés de la tech après l'entrée en vigueur d'une loi qui interdit la majorité des interruptions de grossesse dans cet Etat américain, même en cas d'inceste ou de viol.

Le site prolifewhistleblower.com a été mis en place par le groupe texan anti-avortement Right to Life ("droit à la vie") pour récolter des "tuyaux" ou des dénonciations concernant des personnes et organisations qui aideraient une femme à se faire avorter dans cet Etat conservateur (un proche, un chauffeur Uber, un médecin...) après 6 semaines de grossesse.

Depuis mercredi, une loi y prévoit que ces plaignants perçoivent au moins 10.000 dollars de "dédommagement" en cas de condamnation, une "prime à la délation", selon ses détracteurs. 

Mais vendredi, un clic sur le bouton "tuyaux" du site web dirigeait l'utilisateur vers une page intitulée "Accès refusé - Pare-feu de GoDaddy".

Le fournisseur de services en lignes GoDaddy a en effet informé jeudi le site qu'il enfreignait son règlement et qu'il avait "24 heures pour changer d'hébergeur", d'après un porte-parole.

Les règles de GoDaddy stipulent que les utilisateurs ne peuvent pas collecter d'informations sur des personnes sans leur consentement.

"Nous ne serons pas réduits au silence", a assuré Kimberlyn Schwartz, directrice de la communication de Right to Life, sollicitée par l'AFP.

"Personne ne peut nous empêcher de sauver des vies. Nous n'avons pas peur. Nous ne reculerons pas. Notre équipe de techniciens a déjà entrepris le transfert vers un autre service et le site sera de nouveau opérationnel dans les 24-48 heures", a-t-elle précisé.

Des internautes, encouragés par des organisations de défense des droits humains, ont par ailleurs inondé le site web de fausses dénonciations. Sur les réseaux sociaux, comme TikTok et Instagram, des activistes font part de leurs efforts pour créer des robots qui bombardent le site de cette façon.

"En tant que femme au Texas"

Uber et Lyft, les deux leaders américains des réservations de voitures avec chauffeur, ont de leur côté annoncé vendredi qu'ils couvriraient les frais légaux des conducteurs, en cas de dénonciation contre eux dans le cadre de la nouvelle loi.

Bumble et Match group (Tinder, OkCupid..), dont les sièges se trouvent au Texas, vont créer des fonds de soutien. L'application de rencontres en ligne Bumble veut ainsi "soutenir les droits et des femmes et personnes qui veulent avorter au Texas", a tweeté mercredi l'entreprise fondée et dirigée par des femmes.

"Notre société ne prend d'ordinaire pas parti politiquement, à moins que cela ne concerne nos affaires. Mais dans ce cas, moi, personnellement, en tant que femme au Texas, je ne pouvais pas rester silencieuse", a écrit Shar Dubey, la patronne de Match, dans un mémo interne relayé sur Twitter.

"Tout le monde doit bien voir le danger posé par une loi aussi punitive et injuste que celle-ci, qui ne fait même pas d'exception pour les victimes de viol ou d'inceste. Je détesterais que notre Etat fasse un tel pas en arrière dans les droits des femmes", a-t-elle ajouté.

La loi entrée en vigueur mercredi interdit d'avorter dès que les battements de cœur de l'embryon sont détectés, soit à environ six semaines de grossesse, quand la plupart des femmes ignorent être enceintes. Seule l'urgence médicale justifie une exception.

Jusqu'à présent, les textes similaires d'autres Etats américains avaient été invalidés en justice, mais cette fois-ci la Cour suprême fédérale a refusé de bloquer la loi.

Selon la législation texane, il ne revient pas aux autorités de faire respecter la mesure, mais aux citoyens, encouragés à porter plainte au civil.

"La chose la plus pernicieuse (...) est que cela crée une sorte de système de justiciers autoproclamés, avec des gens qui perçoivent des récompenses", a déploré le président américain Joe Biden à la presse à la Maison Blanche vendredi.

"Cela semble ridicule, presque anti-Américain", a-t-il continué.


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.