Polynésie: dans un hôpital saturé, les soignants continuent de lutter

Le personnel médical s'occupe des patients Covid-19 sous assistance respiratoire dans une salle de réveil d'opération transformée en salle de soins intensifs de 24 lits, hébergeant actuellement 16 patients, au Centre Hospitalier de Polynésie Française (CHPF), à Pirae, près de Papeete en septembre 3, 2021. (Suliane Favennec/AFP)
Le personnel médical s'occupe des patients Covid-19 sous assistance respiratoire dans une salle de réveil d'opération transformée en salle de soins intensifs de 24 lits, hébergeant actuellement 16 patients, au Centre Hospitalier de Polynésie Française (CHPF), à Pirae, près de Papeete en septembre 3, 2021. (Suliane Favennec/AFP)
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Publié le Samedi 04 septembre 2021

Polynésie: dans un hôpital saturé, les soignants continuent de lutter

  • Le centre hospitalier a en temps normal 24 lits de réanimation. Avec l'épidémie, l'hôpital a armé 63 lits de réanimation en débordant sur d'autres services
  • Si le nombre d'arrivées semble un peu diminuer depuis quelques jours, ça ne résout pas le problème de l'hospitalisation et surtout de la réanimation puisque les durées moyennes de séjour dans cette pathologie sont assez longues

PAPEETE, France : Sur le parking des urgences du centre hospitalier de Polynésie Française, à Papeete, dans le brouhaha du moteur des ambulances, un brancardier convoie une femme âgée, placée sous oxygène, jusqu'au poste de tri avancé qui l'envoie vers les urgences Covid.

Dans cet archipel frappé de plein fouet par l'épidémie de Covid depuis début août, le Dr Tony Tekuataoa, chef des urgences, explique que «depuis quelques jours les chiffres ont tendance à diminuer un petit peu». Il espère avoir «passé» le sommet de la «vague», après avoir connu «un taux de contamination extraordinaire», et «une explosion de cas».

Il raconte avoir vu les urgences submergées lors d'une «journée assez noire le 18 août, où on a été clairement dépassés».

Mais, si le nombre d'arrivées semble un peu diminuer depuis quelques jours, «ça ne résout pas le problème de l'hospitalisation et surtout de la réanimation puisque les durées moyennes de séjour dans cette pathologie sont assez longues», indique-t-il.

Les malades qui «ont une moyenne d'âge entre 47 et 48 ans», resteront en réanimation de une à trois semaines, selon la gravité de leur état, explique la cheffe du service de réanimation, le Dr Laure Baudouin.

Allongés sur le dos, les patients «sédatés et intubés», une majorité d'hommes, occupent les lits de ce qui est en temps normal la salle de réveil, à côté des blocs opératoires.

Il fait jour mais les patients, sous constante observation, sont allongés sous la lumière crue des néons. Le personnel soignant échange à mots feutrés avec en bruit de fond le ronflement des machines et les bips qui témoignent des constantes des malades.

«On fait des soins en continu, on s'en occupe H24», explique le Dr Baudouin qui raconte que depuis le début de la crise tout le personnel a annulé ses congés, tandis que l'hôpital a reçu l'appui de réservistes.

Cela ne suffit cependant pas, estime-t-elle.

- Frustration des soignants -

«Dans le service, on est frustrés de ne pas pouvoir ouvrir tous les lits à notre disposition parce qu'on manque encore de ressources», témoigne la cheffe de la réanimation, qui évoque la «saturation» de la réanimation.

Le centre hospitalier a en temps normal 24 lits de réanimation. Avec l'épidémie, l'hôpital a armé 63 lits de réanimation en débordant sur d'autres services «mais tout n'est pas ouvert car on n'a pas le personnel pour tous les lits pour l'instant», selon le Dr Baudouin.

Aujourd'hui, «on a 24 infirmières/jour et 24 infirmières/nuit et il nous en faudrait 30 si on voulait s'occuper de tous les lits qu'on a». 

Car un lit de réanimation ce n'est pas seulement un lit physique, du matériel, «mais surtout il faut des ressources humaines, on ne peut pas s'occuper de patients si on a aucune connaissance de la réanimation», assure la médecin.

La conséquence, c'est qu'«on laisse des patients, qui nécessiteraient des soins intensifs, en dehors de la réanimation». Ils n'y accèdent qu'«au dernier moment quand vraiment ils ont besoin d'une place en réanimation».

Du coup, «on priorise, on prend toujours les patients les plus graves et on laisse les autres dans les étages», raconte le Dr Baudouin.

«Ce sont des discussions collégiales avec les réanimateurs sur des critères de comorbidité, d'âge, de poids, mais c'est aussi malheureusement, et ce qu'on a vécu, un problème de place. Nous sommes montés de 24 à 49 places, mais même avec ça on a été saturés», témoigne également le Dr Tekuataoa.

«La réserve (sanitaire) vient nous aider pour nous renforcer, mais aussi pour soulager les équipes parce que derrière la crise sanitaire il y a aura une crise psychologique des soignants», prédit le chef des urgences qui s'attend à voir des cas de stress post traumatiques car «on est là pour sauver des malades, pas pour les voir mourir».

Depuis le début de la crise sanitaire, 480 personnes sont décédés en Polynésie française, selon les données officielles actualisées vendredi.


G7 : Appel « à un arrêt immédiat » des attaques contre les civils en Iran et au Moyen-Orient

Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • Le G7 appelle à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et les infrastructures en Iran et au Moyen-Orient, et insiste sur la coordination de l’aide humanitaire
  • Les ministres réaffirment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et appellent à des partenariats pour atténuer les chocs économiques mondiaux

DUBAÏ : Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni – ainsi que la haute représentante de l’Union européenne, se sont réunis sous présidence française à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en France, les 26 et 27 mars 2026. La rencontre a porté sur la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Dans une déclaration conjointe, les responsables ont insisté sur la nécessité de limiter les conséquences du conflit pour les populations civiles, les partenaires régionaux et les infrastructures critiques, tout en coordonnant les efforts d’aide humanitaire.

« Nous appelons à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques », soulignent-ils.

Les ministres ont également évoqué l’importance de partenariats diversifiés pour atténuer les chocs économiques mondiaux, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui ont des répercussions directes sur (leurs) concitoyens, dans les secteurs économique, énergétique, commercial et des engrais.

Enfin, le G7 a réaffirmé la nécessité de garantir « de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre » dans le détroit d’Ormuz, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations Unies et au droit de la mer.


Villepin retourne dans l'arène, avec 2027 dans le viseur

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
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  • L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour
  • Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027

PARIS: Quand se lancera-t-il? L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin entretient un suspense savamment construit, bien que mince, sur sa candidature à l'élection présidentielle, et remet vendredi un pied dans l'arène avec une conférence sur "l'état de la France".

L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour.

Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027.

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier.

Une bonne cote de popularité aussi, même si, pour l'instant, elle ne se convertit pas en intentions de vote.

Pour changer cela, Dominique de Villepin veut accélérer le mouvement.

Première étape: une conférence à l'université parisienne de La Sorbonne vendredi à 20H, centrée sur la politique nationale. Ces derniers mois, il avait surtout commenté les questions internationales.

"Le but est de poser un constat sur l'état de la France" et du même coup "les jalons d'une ligne politique", dit son entourage à l'AFP. "C'est la pré-campagne présidentielle qui s'ouvre", ajoute-t-on.

Pour la vraie campagne, patience. Son entourage affirme que l'annonce de candidature pourrait arriver "dès avril comme en décembre".

Questionné sur LCP en janvier concernant son calendrier, Dominique de Villepin répond qu'il faut attendre que les Français soient "dans le temps de la présidentielle". Les élections municipales étant passées, la route est dégagée.

Dostoïevski 

Dominique de Villepin joue sa propre temporalité, volontiers à contre-courant.

Sur les réseaux sociaux, où les formats courts et survoltés règnent, ce passionné de poésie publie des vidéos dans lesquelles il analyse en détail les écrivains Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï ou Albert Camus - mais aussi l'Evangile selon Saint Jean.

Héraut d'un droit international piétiné, l'énarque au verbe flamboyant signe des messages fleuves disséquant l'actualité du monde, Iran, Gaza ou Venezuela.

Il s'exprime sur ces sujets avec sa légitimité de diplomate de carrière devenu ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac de 2002 à 2004. Et surtout, en tant que visage du "non" français à la guerre en Irak en 2003, son heure de gloire.

Sa position d'observateur, hors du jeu, lui permet pour l'instant de commenter ce qui lui plaît sans trop se mouiller.

Un retour réussi signerait une revanche de taille pour Dominique de Villepin, effacé par l'accession à l'Elysée de son rival Nicolas Sarkozy en 2007 puis la brumeuse affaire Cleastream, dans laquelle il a finalement été relaxé.

Sa tentative présidentielle, en 2012, s'était arrêtée dans la douleur quand il avait échoué à rassembler les parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater. Il dit en avoir tiré les leçons.

A droite, à gauche 

Mais qui constituerait son électorat? Si sa carrière politique s'est faite à droite, ses récentes prises de position tranchent avec cet héritage.

Il s'élève contre le "désastre humanitaire" à Gaza, critique l'impopulaire réforme des retraites, insiste sur le besoin de justice sociale et veut réinventer le monde du travail.

En février, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard l'a jugé "plus à gauche" que le Parti socialiste quand il a dénoncé la "diabolisation" de LFI dans l'affaire du meurtre de Quentin Deranque.

Dominique de Villepin, acclamé à la Fête de l'Humanité en 2024, chasse même sur les terres des Ecologistes en plaidant pour "mettre fin à l'exploitation aveugle des ressources".

Son créneau un peu à part lui vaut d'être isolé.

Il ne semble pas chercher à se faire des amis dans son ancienne famille politique, dont il dénonce "la course à l'échalote avec l'extrême droite" et la "tentation identitaire".

Pour le Dominique de Villepin version 2026, l'avenir est plutôt vers l'électorat centriste ou de gauche modérée. Mais son profil d'homme fortuné, nourri par ses activités de consultant, et son CV de chiraquien pourraient en irriter une partie.

Sur ce marché, il ne manque aussi pas de concurrents. Rien qu'au centre, deux autres anciens Premiers ministres, Edouard Philippe et Gabriel Attal, se disputent déjà la lumière. A plus d'un an de l'échéance, d'autres encore peuvent éclore.

 

 


Hommage national à Lionel Jospin aux Invalides

Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
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  • La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu
  • De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS

PARIS: Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002.

La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu, des membres du gouvernement, des présidents des deux Chambres et ceux des commissions et groupes parlementaires.

De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS Laurent Fabius, Édith Cresson ou encore Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls.

Mais sans Jean-Luc Mélenchon, qui s'est plaint jeudi de ne pas avoir été invité, ce que démentent l'Élysée et les proches de l'ancien Premier ministre. L'ancien ministre de l'Enseignement professionnel (2000-2002) a ensuite assuré avoir été invité par sms jeudi "matin", un délai trop court pour "être présent à Paris".

Le cercueil fera son entrée à 11H05 dans la cour, sur une marche funèbre, au pas du tambour. Suivront l'éloge funèbre du chef de l'État, la sonnerie "Aux Morts", une minute de silence et la Marseillaise. La garde républicaine doit interpréter la chanson de Jacques Prévert et Vladimir Kosma, "Les Feuilles mortes", que Lionel Jospin avait lui-même interprétée dans une émission télévisée en 1984.

"Le souvenir d'un homme droit, construit, au service des autres (...) un homme comme il y en a peu aujourd'hui", a déclaré aux journalistes Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre des Finances en arrivant aux Invalides.

Les obsèques de Lionel Jospin, décédé à l'âge de 88 ans, se dérouleront à 14H30 au cimetière parisien du Montparnasse.

Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour cet hommage plus personnel ouvert au public, durant lequel François Hollande, à la tête du PS quand Lionel Jospin était à Matignon, Martine Aubry, son emblématique ministre du Travail, Daniel Vaillant, ex-ministre de l'Intérieur ou encore Pierre Moscovici, à l'époque chargé des Affaires européennes, prendront la parole.

A cette occasion, le PS invite chaque militant à apporter une rose et des cahiers d'hommage seront ouverts dans l'ensemble des fédérations.