Le Vietnam et l'Afghanistan: récit de deux retraits de l'armée américaine

Ces photos présentent la chute de Saigon en 1975 par le photographe néerlandais Hugh van Es (à gauche) et une scène de chaos à l'aéroport de Kaboul, le 19 août 2021. (Wikimedia Commons et AFP)
Ces photos présentent la chute de Saigon en 1975 par le photographe néerlandais Hugh van Es (à gauche) et une scène de chaos à l'aéroport de Kaboul, le 19 août 2021. (Wikimedia Commons et AFP)
Des Afghans tentent de s'embarquer dans un avion de transport de l'US Air Force à l'aéroport de Kaboul après la prise de la capitale par les talibans le mois dernier. (Fichier AFP)
Des Afghans tentent de s'embarquer dans un avion de transport de l'US Air Force à l'aéroport de Kaboul après la prise de la capitale par les talibans le mois dernier. (Fichier AFP)
Des Afghans désespérés courent après avoir tenté sans succès de monter à bord d'un avion de transport de l'US Air Force à l'aéroport de Kaboul, après la prise de la capitale par les talibans le mois dernier. (Fichier AFP)
Des Afghans désespérés courent après avoir tenté sans succès de monter à bord d'un avion de transport de l'US Air Force à l'aéroport de Kaboul, après la prise de la capitale par les talibans le mois dernier. (Fichier AFP)
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Publié le Lundi 06 septembre 2021

Le Vietnam et l'Afghanistan: récit de deux retraits de l'armée américaine

  • Reste à voir si les talibans qui gouvernent l'Afghanistan et les États-Unis parviendront à enterrer la haine qui les oppose
  • Les images du chaos qui a entouré les derniers jours de la présence américaine en Afghanistan rappellent celles des dernières évacuations de la ville de Saigon, en 1975

WASHINGTON: Les images du chaos qui a entouré les derniers jours de la présence américaine en Afghanistan rappellent celles des dernières évacuations de la ville de Saigon, en 1975; l'armée nord-vietnamienne, victorieuse, entrait alors dans la capitale du Sud-Vietnam.

Entre les photos emblématiques de Vietnamiens qui escaladent avec désespoir les murs de l'ambassade américaine et celles de ces civils qui s'efforcent de franchir les portes de l'aéroport de Kaboul le mois dernier, espérant embarquer à bord de l'un des derniers vols en partance du pays, la ressemblance est saisissante.

Rétrospectivement, il est impossible d’occulter les nombreuses similitudes entre l'expérience américaine au Vietnam et celle qui vient d’être vécue en Afghanistan. À l'instar du retrait accéléré de l'armée américaine du Vietnam au lendemain de la signature des accords de paix de Paris avec le Nord-Vietnam en 1973, l'accord de Doha – conclu au mois de février 2020 entre les États-Unis et les Talibans – a ouvert la voie à une sortie précipitée des États-Unis de l'Afghanistan.

En 1975, seuls les Marines sont restés dans le Sud-Vietnam. Leur mission consistait à assurer la garde de l'ambassade américaine à Saigon et d'un petit contingent dans une base aérienne voisine. Cette année-là, à la fin du mois d'avril, la ville qui fut rebaptisée Ho Chi Minh-Ville est tombée aux mains de l'armée nord-vietnamienne (ANV).

 

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Des troupes de communistes en liesse se dirigent à bord de chars vers le centre de la ville de Saigon, passée sous leur contrôle le 30 avril 1975. (Photo de l'agence de presse vietnamienne via l'AFP)

À travers cet accord de paix, les États-Unis espéraient «vietnamiser» le conflit en confiant les combats et la sécurité de l'armée américaine à l'Armée de la république du Vietnam (ARVN).

Cependant, le même scénario s'est produit. L'armée afghane, qui a reçu une formation et des équipements à hauteur de plusieurs milliards de dollars (1 dollar = 0,84 euro) de la part des États-Unis, n'est pas parvenue à assurer la sécurité du pays par elle-même. Il s’est produit la même chose avec l'ARVN, qui s’était effondrée en l’absence d’un soutien d'unités de combat terrestres et de conseillers de terrain américains.

Après la guerre humiliante du Vietnam, les États-Unis ont longtemps souffert, semble-t-il, d’un manque de confiance. Ils ont ainsi été amenés à douter de leur force, du rayonnement de leurs principes mais, surtout, de leur rôle sur la scène internationale.

«C'est le dernier message envoyé depuis la station de Saigon», écrit Thomas Polgar, le dernier commandant de station de la CIA à Saigon, avant son évacuation. «Nous avons mené un combat long et rude et nous l'avons perdu. Cette expérience inédite dans l'histoire des États-Unis ne signifie pas nécessairement que les États-Unis cesseront de jouer leur rôle de puissance mondiale.»

Il ajoute: «Ceux qui ne parviennent pas à tirer des leçons de l'histoire sont condamnés à la vivre une nouvelle fois. Espérons que nous ne revivrons pas une nouvelle expérience du Vietnam et que nous saurons tirer la leçon de cette histoire. La station de Saigon clôt ses activités.»

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Des Afghans se regroupent sur le tarmac de l'aéroport de Kaboul, le 16 août 2021, pour fuir un Afghanistan désormais contrôlé par les talibans. (Fichier AFP)

À juste titre, les historiens militaires américains diraient que les leçons apprises au Vietnam sont parties en fumée au moment où les États-Unis se sont lancés dans une autre guerre à durée indéterminée, ses objectifs initiaux et précis ayant été éclipsés par la volonté de construire une nation.

À l'instar de Saigon à la fin des années 1960 et au début des années 1970, le gouvernement de Kaboul, soutenu par l'armée américaine, ne possédait pas les compétences ni la légitimité nécessaires pour affronter seul une insurrection.

En 1969, Henry Kissinger, qui était à l’époque conseiller américain pour la sécurité nationale, a fait part de sa profonde inquiétude au sujet d’une victoire militaire qu’il jugeait improbable. Ces craintes ont été relayées au président Richard Nixon dans un mémo de 1969 désormais déclassifié.

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Des soldats américains rattrapent un bébé à travers une barrière à l'aéroport de Kaboul, alors que la foule, le mois dernier, tentait de prendre l'avion pour fuir l'assaut des talibans. (Fichier AFP)

«Je ne pense pas que l'armée sud-vietnamienne soit capable d'assumer un fardeau plus grand que celui qu’elle assume actuellement», écrit-il, avant d'ajouter que «la stratégie adoptée par le gouvernement de Hanoï consiste à nous faire attendre; elle découle de sa philosophie en matière de guerre révolutionnaire, mais aussi de ses prédictions, qui prévoient que les États-Unis affronteront des problèmes de plus en plus importants.»

Au Vietnam comme en Afghanistan, le temps et le manque de patience stratégique sont apparus comme les grands points faibles de l'Amérique face à une insurrection obstinée. Les quatre administrations qui ont piloté la politique étrangère des États-Unis depuis le début de la guerre en Afghanistan n'ont pas évalué les chances de succès de manière aussi rationnelle et impartiale que l'avait fait Kissinger dans son mémo de 1969.

Certes, la mission en Afghanistan n'a pas engendré les troubles civils et l'agitation politique observés lors de la guerre du Vietnam. Cependant, les politiciens américains s'accordaient, depuis un certain temps déjà, pour juger peu judicieuse cette implication militaire indéterminée dans un pays d'Asie centrale dont la culture est radicalement différente.

À l'heure où la saga de l'Afghanistan touche à sa fin, certains constatent que la période qui a suivi l'année 1975 a donné lieu à un rapprochement lent mais frappant entre les États-Unis et le Vietnam.

En vingt ans, les nations autrefois belligérantes ont su forger une relation qui se traduit aujourd'hui par un réel partenariat stratégique, comme en témoigne le partenariat global de 2013 conclu entre les États-Unis et le Vietnam.

Ainsi, vingt-cinq ans après le lancement, en 1995, des relations bilatérales entre les États-Unis et le Vietnam, ces deux pays sont liés par une amitié nourrie de respect mutuel et de méfiance envers les motivations géopolitiques de la Chine.

Ce partenariat s'étend désormais aux relations politiques, économiques, sécuritaires et humaines. Des dizaines de milliers de Vietnamiens qui étudient aux États-Unis injectent près d'un milliard de dollars dans l'économie américaine.

«Il ne faut pas oublier que les répercussions immédiates de la guerre du Vietnam ont été effroyables. De nombreux Sud-Vietnamiens ont été placés dans des camps puis assassinés, ce qui constitue une violation flagrante des droits de l'homme», confie à Arab News James Carafano, membre de l'Heritage Foundation (laboratoire d’idées et lobby américain situé à Washington, NDLR). «Le Vietnam d'aujourd'hui est un pays tout à fait différent. Les Vietnamiens sont terrifiés par la Chine et ils ont besoin des États-Unis pour les défendre.»

C’est un Vietnam puissant, prospère et indépendant qui sert les intérêts de Washington. En revanche, Hanoï et Pékin ne parviennent pas à résoudre leurs différends relatifs aux revendications territoriales en mer de Chine méridionale.

En effet, le commerce bilatéral entre les États-Unis et le Vietnam est passé de 451 millions de dollars en 1995 à plus de 90 milliards de dollars en 2020. La même année, les exportations de produits américains vers le Vietnam représentaient plus de 10 milliards de dollars alors que les importations s'élevaient à 79,6 milliards de dollars. En 2019, les investissements américains au Vietnam se sont chiffrés à 2,6 milliards de dollars.

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Sur cette photo prise le 31 mai 2017, les forces de sécurité afghanes se tiennent sur les lieux d'une explosion meurtrière attribuée au réseau Haqqani. (Fichier AP)

 À l'heure où la guerre en Afghanistan s'achève et où les talibans poursuivent leurs discussions avec les pays de la région pour normaliser les relations diplomatiques, on peut tirer des enseignements de l'évolution des relations américano-vietnamiennes, qui sont passées de l'inimitié à un partenariat florissant.

Il convient de se demander si l'effet de levier économique associé aux intérêts communs en matière de sécurité et à une diplomatie avisée ne permettrait pas de réaliser en Afghanistan ce que n'ont pas suffi à accomplir les milliards de dollars dépensés pour bâtir une force de défense calquée sur le modèle des armées occidentales.

En outre, les talibans n'ont pas hésité à signaler qu'ils étaient disposés à nouer des relations diplomatiques avec les puissances régionales, notamment la Chine, les pays arabes du Golfe, la Turquie ou encore l'Inde.

L'objectif immédiat des États-Unis en termes de sécurité consiste à empêcher Al-Qaïda et Daech d'établir une base d'opérations d'où ils pourraient mener des attaques terroristes de portée internationale. Pour y parvenir, il incombe aux États-Unis de faire appel à tous les moyens dont ils disposent: le soft power, la diplomatie et les incitations économiques.

Lors de la défaite des Américains, en 1975, on craignait par-dessus tout que la victoire des communistes ne provoque au Sud-Vietnam un «effet domino» entraînant sur son passage la chute des gouvernements des pays d'Asie du Sud-Est alliés aux États-Unis. Mais ce scénario est resté sans suite.

Le tournant spectaculaire qu'ont pris les relations américano-vietnamiennes laisse entrevoir une lueur d'espoir pour l'Afghanistan, non sans faire naître quelques réticences.

«Les États-Unis sont restés en Afghanistan pour deux raisons: tout d'abord pour empêcher que le terrorisme transnational ne trouve un nouveau terrain d'action; en second lieu, pour prévenir une déstabilisation en Asie du Sud. Ces deux motifs étaient des intérêts américains légitimes», explique James Carafano.

«Nous ne possédons à l'heure actuelle aucune présence, aucune idée quant au statut des terroristes et aucune force de dissuasion contre les acteurs impliqués dans la région. Nos alliés ne nous font plus confiance.»

Au sujet de l'avenir, Carafano estime que «les talibans sont loin de traverser l'évolution qu'a connue l'Allemagne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il est illusoire de supposer qu’ils vont devenir une entité normalisée et former un gouvernement. Les membres de Daech sont des idiots utiles et incapables de menacer quiconque. Ils ne posent pas une menace pour nous, mais pour les talibans».

«Les talibans vont-ils se dissocier du réseau Haqqani et d'Al-Qaïda? Certainement pas. Les talibans ne prévoient pas de perpétrer de nouveaux attentats comme ceux du 11-Septembre, mais Al-Qaïda et Haqqani le feront certainement.»

Force est de constater que le partenariat tribal qui unit depuis longtemps le réseau Haqqani (partie intégrante des Talibans) et Al-Qaïda gênera considérablement la capacité ou la volonté des talibans à freiner le retour en force du groupe terroriste international.

À l'heure actuelle, les talibans font passer un grand nombre de messages positifs. Leurs dirigeants ont affirmé qu’ils entendaient privilégier une vision nationaliste plutôt que transnationale.

Il faudra toutefois attendre pour savoir si ce groupe parviendra à privilégier les intérêts de l'État, qui requièrent un financement extérieur et une expertise technique considérables, au détriment d’une vision «révolutionnaire» délirante qui entraînerait l’horreur.

«La défaite militaire des États-Unis au Vietnam ne s'est pas soldée par une défaite stratégique des États-Unis et du bloc anticommuniste dans le monde», explique James Carafano à Arab News.

«Les administrations républicaines et démocrates ont toutes deux adopté une série de mesures qui visent à raffermir l'engagement de Washington en faveur d'un partenariat en matière de sécurité avec le Vietnam. Fait autrefois impensable, les porte-avions de la marine américaine accostent aujourd’hui dans les ports vietnamiens.»

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La vice-présidente américaine, Kamala Harris, s'entretient avec le Premier ministre vietnamien, Pham Minh Chinh, à Hanoï, le 25 août 2021. (Reuters/Evelyn Hockstein/Pool)

«Reste à savoir si les États-Unis et l'Afghanistan tenu par les talibans parviendront à mettre en place un dispositif de sécurité qui repose sur une perception commune des menaces», ajoute-t-il.

«La Chine et la Russie nous montrent déjà qu'elles sont désireuses de jouer un rôle plus actif en Afghanistan dans le sillage du retrait des troupes américaines. Toutefois, ces deux pays s'engageront probablement avec prudence dans ce pays. Les deux puissances ont tout intérêt à remporter la victoire en Afghanistan sans devoir livrer bataille; mais elles prendront tout leur temps.»

Que ce soit au Vietnam ou en Afghanistan, le temps est le facteur décisif qui a provoqué la défaite militaire de l'Amérique face aux insurgés. Cependant, c'est le temps qui s'est écoulé depuis la guerre du Vietnam qui a fait des adversaires d'hier les amis d'aujourd'hui; ce qui les unit, ce sont les menaces et les intérêts communs.

La question est de savoir si les décideurs américains ont tiré des enseignements de ces deux retraits honteux pour éviter de subir une troisième humiliation. Dans le cas du Vietnam, les États-Unis sont parvenus à tirer une certaine victoire diplomatique de la défaite militaire qu'ils ont essuyée. En Afghanistan, tout dépendra de la capacité et de la volonté des dirigeants talibans de rompre définitivement avec le passé.

 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Afghanistan: des présentatrices télé défient l'ordre des talibans de se couvrir le visage

Mohammad Sadeq Akif Mohajir, porte-parole du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, a prévenu que ces femmes violaient la directive des talibans. (Photo, AP)
Mohammad Sadeq Akif Mohajir, porte-parole du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, a prévenu que ces femmes violaient la directive des talibans. (Photo, AP)
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  • Les journalistes femmes des chaînes TOLOnews, Shamshad TV et 1TV sont toutes passées à l'antenne, en direct, sans dissimuler leur visage
  • Au début du mois, le chef suprême des talibans a émis un ordre selon lequel les femmes devaient se couvrir entièrement en public, y compris le visage, idéalement avec la burqa traditionnelle

KABOUL : Les présentatrices des principales chaînes de télévision afghanes sont passées à l'antenne samedi sans se couvrir le visage, défiant l'ordre des talibans de dissimuler leur apparence et ainsi se soumettre à la vision austère de l'islam du groupe.

Depuis leur retour au pouvoir l'année dernière, les talibans ont imposé une série de restrictions insidieuses à la société civile, dont une grande partie visent à limiter les droits des femmes.

Au début du mois, le chef suprême des talibans a émis un ordre selon lequel les femmes devaient se couvrir entièrement en public, y compris le visage, idéalement avec la burqa traditionnelle.

Auparavant, seul un foulard couvrant les cheveux suffisait.

Le redouté ministère afghan de la Promotion de la vertu et de la prévention du vice avait ordonné aux présentatrices de télévision de s'y conformer d'ici samedi.

Mais les journalistes femmes des chaînes TOLOnews, Shamshad TV et 1TV sont toutes passées à l'antenne, en direct, sans dissimuler leur visage.

"Nos consoeurs craignent que si elles se couvrent le visage, la prochaine chose qu'on leur dira sera d'arrêter de travailler", a expliqué Abid Ehsas, chef des informations de Shamshad TV.

"C'est la raison pour laquelle elles n'ont pas respecté l'ordre jusqu'à présent", a-t-il dit à l'AFP.

Mohammad Sadeq Akif Mohajir, porte-parole du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, a prévenu que ces femmes violaient la directive des talibans. 

"Si elles ne s'y conforment pas, nous parlerons aux responsables", a-t-il déclaré à l'AFP. 

"Toute personne qui vit sous un système et un gouvernement particulier doit obéir aux lois et aux ordres de ce système, donc elles doivent appliquer l'ordre", a-t-il asséné. 

Les talibans ont ordonné que les femmes travaillant au sein du gouvernement soient licenciées si elles ne respectent pas le nouveau code vestimentaire. 

Les employés risquent également d'être suspendus si leurs épouses ou leurs filles ne s'y conforment pas.

Les talibans ont repris le pouvoir en août 2021 en annonçant un régime plus souple que lors de leur premier règne rigoriste.

Mais ils ont ces derniers mois recommencé à réprimer les oppositions et à éroder les libertés, notamment pour les femmes dans l'éducation, le travail et la vie quotidienne.

Ils ont commencé par exiger que les femmes portent au minimum un hijab, un foulard couvrant la tête mais laissant apparaître le visage. Puis, début mai, ils leur ont imposé le port en public d'un voile intégral, de préférence la burqa, déjà obligatoire lorsqu'ils étaient au pouvoir de 1996 à 2001.


La Russie assure avoir détruit un « important» envoi d'armes occidentales à l'Ukraine

L'Occident a intensifié les livraisons d'armes à l'Ukraine depuis l'invasion russe du 24 février et l'armée russe tente de les intercepter et de les détruire. (Photo, AFP)
L'Occident a intensifié les livraisons d'armes à l'Ukraine depuis l'invasion russe du 24 février et l'armée russe tente de les intercepter et de les détruire. (Photo, AFP)
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  • Selon le ministère russe de la Défense, ces armes étaient destinées aux forces ukrainiennes dans la région orientale du Donbass
  • Les pays occidentaux ont fourni à l'Ukraine des armes, y compris de l'artillerie, des missiles anti-aériens ou des armes anti-chars, et Kiev demande un soutien supplémentaire de ses alliés

MOSCOU : Le ministère russe de la Défense a affirmé samedi que ses forces avaient détruit dans le nord-ouest de l'Ukraine un important envoi d'armes fournies par l'Occident.

"Des missiles Kalibr à longue portée de haute précision, lancés depuis la mer, ont détruit un important envoi d'armes et d'équipements militaires fournis par les Etats-Unis et des pays européens, près de la gare de Malin, dans la région de Jytomyr", a indiqué le ministère.

Selon le ministère, ces armes étaient destinées aux forces ukrainiennes dans la région orientale du Donbass. Cette région, majoritairement russophone et partiellement contrôlée par des séparatistes pro-russes depuis 2014, est actuellement le théâtre de certains des plus intenses affrontements en Ukraine.

L'Ukraine fait face depuis le 24 février à une offensive russe visant, selon Moscou, à "dénazifier" ce pays, l'accusant d'un prétendu génocide des populations russophones.

Les pays occidentaux ont fourni à l'Ukraine des armes, y compris de l'artillerie, des missiles anti-aériens ou des armes anti-chars, et Kiev demande un soutien supplémentaire de ses alliés.


Biden et Yoon veulent renforcer leur coopération militaire face à la «menace» de Pyongyang

Le président américain Joe Biden et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel de Séoul le 21 mai 2022 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel de Séoul le 21 mai 2022 (Photo, AFP).
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  • M. Biden avait déclaré que l'alliance américano-sud-coréenne était «un pilier de la paix, de la stabilité et de la prospérité»
  • M. Biden a salué la décision de Samsung de construire une nouvelle usine de semi-conducteurs au Texas, qui ouvrira en 2024

SÉOUL: Les Etats-Unis et la Corée du Sud veulent renforcer leur coopération militaire afin de contrer la "menace" croissante de la Corée du Nord, ont affirmé samedi à Séoul les présidents des deux pays, Joe Biden et Yoon Suk-yeol.

Les deux dirigeants, qui se sont rencontrés à l'occasion du premier déplacement de M. Biden en Asie en tant que président, ont néanmoins tendu la main à la Corée du Nord pour l'aider à faire face à la pandémie de Covid-19. Et ce alors que Pyongyang a accéléré son programme militaire et semble préparer un essai nucléaire.

"Compte tenu de l'évolution de la menace posée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, le sigle officiel de la Corée du Nord, NDLR), les deux dirigeants conviennent d'entamer des discussions en vue d'élargir la portée et l'ampleur des exercices et des entraînements militaires conjoints dans et aux alentours de la péninsule coréenne", selon un communiqué conjoint publié à l'issue du sommet.

Cette déclaration intervient alors que les services de renseignement sud-coréens ont averti que la Corée du Nord avait terminé des préparatifs pour réaliser un essai nucléaire, qui serait le septième de son histoire et le premier depuis cinq ans.

Washington n'a pas exclu une "provocation" de Pyongyang pendant ou juste après la tournée de M. Biden en Asie.

Ajoutant aux incertitudes, la Corée du Nord, dont la population n'est pas vaccinée contre le Covid-19, fait actuellement face à une flambée épidémique, avec près de 2,6 millions de cas et 66 morts, selon les derniers chiffres officiels publiés samedi.

MM. Yoon et Biden ont exprimé "leur préoccupation concernant la récente épidémie de Covid-19" en Corée du Nord, et "sont prêts à travailler avec la communauté internationale pour fournir une assistance", ont-ils fait savoir dans leur communiqué conjoint.

Décision déterminante

M. Biden a indiqué que Washington avait proposé des vaccins à Pyongyang mais n'avaient "pas obtenu de réponse".

La manière dont cette crise sanitaire va influer sur les décisions militaires du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un est la grande inconnue qu'Américains et Sud-Coréens essayent de tirer au clair.

Quoi qu'il en soit, la décision de procéder ou non à un essai nucléaire sera déterminante pour fixer le cap des relations américano-sud-coréennes pendant les cinq ans de mandat du président Yoon, explique à l'AFP l'ancienne analyste de la CIA Soo Kim.

"Si Kim procède à un essai pendant la visite de Biden, il aidera effectivement les deux pays à trouver une plus grande justification pour travailler ensemble sur la question de la Corée du Nord", dit-elle.

La Corée du Nord a accéléré ses essais d'armes depuis le début de l'année. Les pourparlers en vue de son désarmement sont au point mort depuis l'échec d'un sommet en 2019 entre Kim Jong Un et le président américain de l'époque Donald Trump.

Samedi, M. Biden a déclaré qu'il n'accepterait une éventuelle rencontre avec le dirigeant nord-coréen que si ce dernier était "sincère".

Si les tensions avec la Corée du Nord figuraient en tête des sujets de conversation, le principal objectif de M. Biden lors du sommet de samedi était d'établir "une relation personnelle forte" avec M. Yoon, arrivé au pouvoir le 10 mai, a déclaré un responsable américain avant la rencontre.