Un regard sur le passé de l’Arabie, à travers une collection de livres rares

La bibliothèque publique du roi Abdel Aziz à Riyad a acquis une nouvelle collection de livres rares, qui viennent éclairer l’histoire de la péninsule Arabique. (APS)
La bibliothèque publique du roi Abdel Aziz à Riyad a acquis une nouvelle collection de livres rares, qui viennent éclairer l’histoire de la péninsule Arabique. (APS)
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Publié le Jeudi 10 septembre 2020

Un regard sur le passé de l’Arabie, à travers une collection de livres rares

  • La bibliothèque publique du roi Abdel Aziz à Riyad a acquis une nouvelle collection de livres rares qui vient éclairer l'histoire de la péninsule Arabique
  • Les régions du nord-ouest du Royaume ont toujours été une destination pour les explorateurs occidentaux, les missions étrangères et les orientalistes, passionnés et assoiffés de connaissance

DJEDDAH: Les livres et les bibliothèques jouent un rôle prépondérant dans la construction de la nation. Pour que les nations prospèrent, il est nécessaire de fouiller profondément dans le passé afin de bâtir un avenir plus solide.

L'Arabie saoudite est bien engagée pour conserver les vestiges de son riche passé – sous la forme de sites historiques et de collections de manuscrits rares sur le passé de la région.

Dans ce contexte, une nouvelle collection de livres rares que la bibliothèque publique du roi Abdel Aziz à Riyad a acquise, vient éclairer l'histoire de la péninsule Arabique. Elle est riche en informations archéologiques et linguistiques sur les civilisations qui ont autrefois prospéré dans le nord-ouest du Royaume.

Le Dr Abdelrahman al-Orabi est professeur d'histoire moderne et de relations internationales à l'université du Roi Abdel Aziz. Selon lui « beaucoup de ces livres rares sont écrits par des voyageurs de différentes nationalités: des Anglais, des Français et des Allemands. De nombreuses découvertes ont été réalisées grâce à leurs explorations ».

Sean Foley, professeur d'histoire de l’islam et du Moyen-Orient à l'université d’État du Tennessee, a confié à Arab News que « la nouvelle collection aidera les universitaires du monde entier à mieux comprendre le Royaume ».

Il ajoute: « Les universitaires comme moi, qui se concentrent sur leurs études sur l’Arabie saoudite, le Moyen-Orient et l'histoire du monde, apprécieront énormément cette collection. C’est à travers elle que l’on remarque clairement que l'histoire du Royaume a été, pendant longtemps, un sujet d'intérêt – vu par le monde entier comme une terre mystérieuse et lointaine. »

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Les régions du nord-ouest du Royaume ont toujours été une destination pour les explorateurs occidentaux, les missions étrangères et les orientalistes, passionnés et assoiffés de connaissance. Les écrits des voyageurs musulmans sur l'histoire et la géographie de cette région sont également nombreux. Malheureusement, leurs ouvrages n'ont jamais été traduits en latin, autrefois la lingua franca de l'Europe, avec pour résultat un manque de connaissances qui a motivé les Occidentaux à explorer cette partie du monde.

Travels in Arabia Deserta (Voyages dans l’Arabie déserte) est l'un de ces ouvrages. L’auteur, Charles M. Doughty, qui avait visité le nord de la péninsule entre 1875 et 1877, a écrit sur les trésors archéologiques de Madain Saleh.

À la même époque, un voyage scientifique mène l’explorateur français Charles Huber en Arabie. Il est accompagné de M. Euting, un expert en inscriptions sémitiques. En 1891, dans leur livre intitulé Journal of a Journey to Arabia (Journal d’un voyage en Arabi, tous les deux décrivent en détail les inscriptions sémitiques de la région.

Pour achever ce que Doughty, Huber et Euting avaient commencé, Jaussen et Savignac sont envoyés en Arabie en 1907 et 1914. Leur étude détaillée, Mission en Arabie comprend trois volumes.

Dans l’ouvrage, la description des inscriptions et des antiquités découvertes dans la région montrent la ressemblance du site avec Pétra. Certaines inscriptions mentionnent même le nom du sculpteur.

« Leurs écrits portent sur les transcriptions et les civilisations des régions de Tayma, Tabuk et Madain Saleh. Depuis plusieurs générations, leurs ouvrages sont officiellement archivés et conservés », a déclaré M. Al-Orabi à Arab News.

C’est au xixe siècle et dans la première moitié du xxe siècle que la région a été le théâtre d’expéditions des explorateurs occidentaux. Ils la visitaient à des fins personnelles, religieuses, politiques, scientifiques ou historiques.

« Le Royaume a connu, ces dernières années, de nombreuses recherches scientifiques portant sur son histoire. La nouvelle collection aidera sans aucun doute les chercheurs à mieux comprendre le Royaume ainsi que son importance dans l'histoire du Moyen-Orient et du monde », a déclaré M. Foley.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur ArabNews.com


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com