Les «fake news» auraient proliféré sur Facebook pendant la présidentielle US de 2020

L'expression "fake news" a pris forme mi-2016 pendant la course à la présidence de Trump et s'est essentiellement transformée en une virulente insulte politique pendant le premier mandat de l’ex-président américaine. (Shutterstock/File Photos)
L'expression "fake news" a pris forme mi-2016 pendant la course à la présidence de Trump et s'est essentiellement transformée en une virulente insulte politique pendant le premier mandat de l’ex-président américaine. (Shutterstock/File Photos)
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Publié le Mardi 07 septembre 2021

Les «fake news» auraient proliféré sur Facebook pendant la présidentielle US de 2020

  • Des publications contenant de fausses informations sur les réseaux sociaux ont été consultées six fois plus souvent que les sources d'information traditionnelles
  • L'étude a été menée par l'Université de New York et l'Université Grenoble Alpes en France et porte sur le comportement des utilisateurs de Facebook

LONDRES : Selon une étude, les messages diffusés sur les réseaux sociaux qui véhiculent des informations erronées, des manipulations, des mensonges et des tromperies - autrement appelés "fake news" - ont généré six fois plus de clics, de likes, de partages et d'interactions sur Facebook par comparaison aux sources d'information traditionnelles entre août 2020 et janvier 2021.

L'étude à paraître, qui a été évaluée par des pairs, a été menée conjointement par l'Université de New York et l'Université Grenoble Alpes en France. Elle a porté sur le comportement des utilisateurs de Facebook lors de l'élection présidentielle américaine de 2020.

L'expression "fake news" a pris forme mi-2016 pendant la course à la présidence de Donald Trump et s'est essentiellement transformée en une virulente insulte politique pendant le premier mandat de Trump et sa campagne de réélection infructueuse quatre ans plus tard.

Facebook n'est certainement pas la seule plateforme de réseaux sociaux à profiter de l'exploration des "fake news", l'expression étant très vite entrée dans le lexique américain.

"Ce rapport examine surtout la façon dont les personnes interagissent avec le contenu, ce qui ne doit pas être confondu avec le nombre de personnes qui le voient réellement sur Facebook", a déclaré Joe Osborne, porte-parole de la société.

"Lorsque vous regardez le contenu qui obtient la plus grande portée sur Facebook, il ne correspond pas du tout à ce que cette étude suggère."

Cependant, le nombre de personnes qui consultent réellement une certaine publication, connu sous le nom d'impressions, n'est pas disponible pour les chercheurs ou le public.

Selon Osborne, Facebook dispose de vérificateurs de faits qui limitent les publications contenant des informations erronées.

Début août, Facebook aurait désactivé les comptes personnels des chercheurs de l'Université de New York impliqués dans l'étude, arguant que le groupe publiait des études académiques sur la plateforme "aux dépens de la vie privée des personnes".

Toutefois, selon les experts, cette étude valide la critique selon laquelle les algorithmes de Facebook alimentent la diffusion de désinformation et de "fake news" au détriment d'informations plus fiables.

Facebook et d'autres sociétés de médias sociaux ont récemment tenté de renforcer la surveillance des informations erronées et de la désinformation partagées sur leurs plateformes. En août, Facebook a annoncé qu'il avait démantelé 53 comptes et 51 pages diffusant des informations erronées sur son site.

La société multinationale, basée à Menlo Park, en Californie, a été fondée en 2004 par Mark Zuckerberg et quatre autres étudiants de Harvard College. Aujourd'hui, Mark Zuckerberg est le PDG, président et actionnaire majoritaire de Facebook.

"Il est clair maintenant que nous n'avons pas fait assez pour empêcher que ces outils soient également utilisés pour nuire", a déclaré Mark Zuckerberg lors de son témoignage devant une commission conjointe du Sénat américain, près de deux ans avant l'élection présidentielle de 2020.

"Cela vaut pour les fake news, l'ingérence étrangère dans les élections et les discours de haine, ainsi que pour les développeurs et la confidentialité des données. Nous n'avons pas eu une vision suffisamment large de notre responsabilité, et c'était une grave erreur. C'était mon erreur, et je suis désolé. J'ai créé Facebook, je le dirige, et je suis responsable de ce qui se passe ici."

 


Meta supprime des faux comptes iraniens ciblant des utilisateurs d’Instagram en Écosse

Meta Platforms, la société mère de Facebook, a supprimé un réseau de faux comptes originaires d’Iran et ciblant des utilisateurs d’Instagram en Écosse avec du contenu promouvant l’indépendance de ce pays. (Photo, Reuters)
Meta Platforms, la société mère de Facebook, a supprimé un réseau de faux comptes originaires d’Iran et ciblant des utilisateurs d’Instagram en Écosse avec du contenu promouvant l’indépendance de ce pays. (Photo, Reuters)
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  • Le réseau pointé du doigt a utilisé des faux comptes pour se faire passer pour des habitants d’Angleterre et d’Écosse
  • Les comptes ont publié des commentaires sur l’indépendance de l’Écosse et articulé leur contenu autour de mots-dièse communs promouvant la cause

DUBAÏ: Meta Platforms, la société mère de Facebook, a supprimé un réseau de faux comptes originaires d’Iran et ciblant des utilisateurs d’Instagram en Écosse avec du contenu soutenant l’indépendance du pays, ont indiqué jeudi les enquêteurs de la société.

Le réseau incriminé a utilisé des faux comptes pour se faire passer pour des habitants d’Angleterre et d’Écosse, postant des photos et des mèmes sur l’actualité et critiquant le gouvernement du Royaume-Uni, selon Meta.

Les comptes ont publié des commentaires sur l’indépendance de l’Écosse et articulé leur contenu autour de mots-dièse communs promouvant la cause, bien qu’ils les aient parfois mal orthographiés, précise l'entreprise. Les comptes ont également publié du contenu sur le football et les villes britanniques, probablement pour rendre les personnages fictifs plus authentiques.

Le réseau a utilisé des photos de personnalités médiatiques et de célébrités britanniques et iraniennes, ainsi que des photos de profil probablement créées par le biais de techniques d’intelligence artificielle, indique Meta. Dans un référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014, 55 % des Écossais avaient voté pour rester dans le Royaume-Uni, alors que 45 % ont voté pour en sortir. Toutefois, le Brexit et la gestion de la pandémie de Covid-19 par le gouvernement britannique ont renforcé le soutien à la cause indépendantiste écossaise et multiplié les appels à la tenue d’un second vote.

Meta affirme que son enquête a révélé des liens avec des individus en Irak, notamment des personnes ayant une expérience dans l’enseignement de l’anglais comme langue étrangère.
La société explique que l’opération avait des liens avec un petit réseau basé en Iran qu’elle avait supprimé en décembre 2020, qui ciblait principalement des publics arabophones, francophones et anglophones à l’aide de faux comptes. Elle n’a pas donné plus de détails sur les personnes qui se cachent derrière cette activité.

«Nous avons constaté toute une série d’opérations menées depuis l’Iran au cours des dernières années», a expliqué Ben Nimmo, responsable du renseignement sur les menaces mondiales de Meta pour les opérations d’influence, lors d’une conférence de presse. «Ce n’est pas un environnement monolithique.»

La société de réseaux sociaux précise avoir supprimé, en décembre, huit comptes Facebook et 126 comptes Instagram faisant partie de ce réseau, qui ont violé ses règles contre les comportements inauthentiques coordonnés.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Le Forum de Davos en présentiel du 22 au 26 mai

Le fondateur et président exécutif du Forum économique mondial, Klaus Schwab (à gauche), s'adresse au chancelier allemand Olaf Scholz, avant le discours du chancelier pour l'Agenda 2022 de Davos, à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le 19 janvier 2022.(AFP)
Le fondateur et président exécutif du Forum économique mondial, Klaus Schwab (à gauche), s'adresse au chancelier allemand Olaf Scholz, avant le discours du chancelier pour l'Agenda 2022 de Davos, à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le 19 janvier 2022.(AFP)
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  • Le Forum reviendra pour la première fois depuis deux ans dans cette station de ski où les grands décideurs du monde l'économie, de la politique et de la diplomatie ont l'habitude de se rencontrer
  • La propagation foudroyante du variant Omicron a de nouveau forcé les organisateurs à déplacer à nouveau l'édition qui devait se tenir cette semaine à Davos

GENEVE: Le Forum économique mondial (WEF) se tiendra en présentiel dans la station de ski chic de Davos en Suisse du 22 au 26 mai, annoncent vendredi ses organisateurs, alors que des réunions en ligne se sont tenues cette semaine.  

Le Forum reviendra pour la première fois depuis deux ans dans cette station de ski où les grands décideurs du monde l'économie, de la politique et de la diplomatie ont l'habitude de se rencontrer, précisent les organisateurs qui ont dû repousser l'événement face à la propagation rapide du variant Omicron.

Le thème choisi pour cette édition est "Travailler ensemble, Restaurer la confiance", précisent les organisateurs dans le communiqué, avec au programme des discussions notamment sur la reprise après la pandémie, le changement climatique, l'évolution du travail ou les changements technologiques avec la quatrième révolution industrielle.

"Après toutes les réunions virtuelles qui se sont tenues au cours des deux dernières années, les leaders de la politique, des affaires et de la société civiles doivent enfin se réunir à nouveau en personne", a déclaré Klaus Schwab, son fondateur et président exécutif, cité dans le communiqué, pour "relever les multiples défis auxquels nous faisons face", a-t-il ajouté. 

Depuis le début de la pandémie, toutes les rencontres prévues pour cette événement ont été repoussées compte tenu des restrictions sanitaires et de voyages qui ont compliqué l'organisation de grands événements. 

L'an passé, les organisateurs avaient d'abord reporté l'événement au mois de mai, le déplaçant au Bürgenstock, non loin de Lucerne, en Suisse centrale, avant de décider de la repousser au mois d'août à Singapour avant que la rencontre ne soit simplement annulée.

La propagation foudroyante du variant Omicron a de nouveau forcé les organisateurs à déplacer à nouveau l'édition qui devait se tenir cette semaine à Davos. Ils ont cependant mis en place une série de sessions virtuelles avec pour ambition de faire le point sur l'état du monde.  

 


Vague de démissions chez les soignants britanniques, épuisés par la pandémie

Un agent des services de santé prépare une dose de vaccin Covid-19 au centre de vaccination du NHS (National Health Service) dans le nord-ouest de l'Angleterre le 17 janvier 2022, alors que la variante du coronavirus Omicron se propage dans le pays.(AFP)
Un agent des services de santé prépare une dose de vaccin Covid-19 au centre de vaccination du NHS (National Health Service) dans le nord-ouest de l'Angleterre le 17 janvier 2022, alors que la variante du coronavirus Omicron se propage dans le pays.(AFP)
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  • Akshay Akulwar n'a pas encore démissionné de son poste de chirurgien dans l'est de l'Angleterre mais il se pose la question de partir travailler ailleurs: Nouvelle-Zélande, Australie, où les salaires sont meilleurs, voire son pays d'origine, l'Inde
  • Face au manque de bras aggravé par le variant Omicron, plusieurs centaines de militaires ont été déployés en renfort dans les hôpitaux et services ambulanciers

CHESTERFIELD : "Dès la fin de la deuxième vague, j'avais des cauchemars, des attaques de panique, des insomnies, des mouvements d'humeur. Ma vie personnelle s'effondrait. J'ai eu des pensées suicidaires", raconte Joan Pons Laplana, ex-infirmer du NHS, le système de santé britannique.

Ce Catalan de 46 ans qui vit depuis deux décennies près de Sheffield, au nord de l'Angleterre, avait déjà fait un burn-out avant la pandémie. L'intense pression du travail pendant les vagues de Covid-19 l'a poussé, comme des milliers d'autres employés du NHS, à démissionner pour protéger sa santé mentale.

Quelque 33.000 employés médicaux du NHS ont démissionné entre juillet et septembre 2021, dont près de 7.000 en quête d'un meilleur équilibre de vie, selon des statistiques officielles. C'est près du double du dernier trimestre 2019, juste avant la pandémie.

Les longues gardes, l'équipement étouffant, le risque d'attraper le virus et de contaminer sa femme ou ses enfants, ont épuisé l'ex-infirmier.

"J'ai vu un patient de mon âge dire au revoir sur une tablette électronique à sa fille qui avait le même âge que la mienne. Quelques instants après il était mort. J'ai commencé à rêver des yeux du patient la nuit. Mon thérapeute m'a diagnostiqué un syndrome post-traumatique", se souvient-il.

Joan est parti un jour en pleine réunion de service et n'est jamais revenu. Il travaille désormais pour un programme d'accès à l'emploi de jeunes personnes handicapées ou défavorisées.

Accumulation de gardes

Akshay Akulwar n'a pas encore démissionné de son poste de chirurgien dans l'est de l'Angleterre mais il se pose la question de partir travailler ailleurs: Nouvelle-Zélande, Australie, où les salaires sont meilleurs, voire son pays d'origine, l'Inde.

Il dénonce l'accumulation de longues gardes. "Lentement, cela a un impact sur votre bien-être, votre disponibilité pour votre famille. On commence à sentir le burn-out, à travailler moins efficacement", sans savoir jusqu'à quand il faudra tenir, explique celui qui est aussi porte-parole de l'Association des Médecins du Royaume-Uni.

Selon une enquête du syndicat Unison, plus de deux tiers des travailleurs médicaux a subi un burn-out pendant la pandémie et plus de la moitié a travaillé au-delà de ses heures contractuelles. Résultat: plus de la moitié des employés du secteur cherche un nouvel emploi.

"Le NHS manquait déjà d'environ 100.000 personnes avant le coronavirus", après une décennie d'austérité. "La pandémie a renforcé la pression sur les employés médicaux et beaucoup en ont assez", insiste Sara Gorton, une responsable d'Unison.

Face au manque de bras aggravé par le variant Omicron, plusieurs centaines de militaires ont été déployés en renfort dans les hôpitaux et services ambulanciers.

Bill Palmer, du centre de réflexion Nuffield Trust, relève une tendance à la démission en augmentation depuis 2016, mais qui s'est interrompue pendant la première année de la pandémie: "les gens se sentaient obligés de tenir et c'était plus difficile de trouver un travail ailleurs".

Comme un numéro

Il note que depuis six mois les démissions repartent à la hausse. Certains partent à cause de l'obligation vaccinale dans les maisons de retraite ou certains établissements de soins spécialisés, mais beaucoup mettent en avant la pression dans des services en sous-effectif permanent ou un sentiment de ne pas être valorisés.

Alex, infirmier psychiatrique - il ne veut pas donner son nom complet - a vu sa charge de travail augmenter de 25% pendant la pandémie.

"Je me sentais traité comme un numéro. J'ai commencé à me sentir déprimé", raconte-t-il à l'AFP.

Il a décidé de se reconvertir et travaille désormais pour une organisation qui aide les victimes d'esclavage moderne et de violences domestiques.

"Je touche une rémunération équivalente mais je subis moins de stress et mon travail est apprécié", confie-t-il.

Chez les professions médicales moins qualifiées, la maigre paye ajoute à l'incitation au départ, alors que d'autres secteurs qui manquent de bras, tels que la distribution, augmentent les salaires.

Le Brexit complique la donne, car les démissionnaires au sein du NHS, où travaillent de nombreux étrangers, sont plus difficilement remplacés à cause de procédures migratoires plus complexes et coûteuses. 

Quelle que soit leur raison, ces démissions aggravent les retards de soins accumulés par le système de santé: ils atteignent des records et pèsent sur les chances de survie lors d'accidents ou de maladies graves.