Mali: la Cédéao «préoccupée» quant à la tenue d'élections dans les délais

Un homme regarde les gros titres à Bamako le 11 juin 2021. (Photo, AFP)
Un homme regarde les gros titres à Bamako le 11 juin 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 septembre 2021

Mali: la Cédéao «préoccupée» quant à la tenue d'élections dans les délais

  • La Cédéao « reste préoccupée par l'insuffisance d'actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral », selon un communiqué lu devant la presse
  • Le Mali a été le théâtre de deux coups d'Etat militaires en août 2020 et mai 2021

BAMAKO : La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'est dite "préoccupée" mardi quant à la tenue, comme prévu en février 2022, d'élections présidentielle et législatives censées ramener les civils au pouvoir au Mali après deux coups d'Etat militaires en un an.

La mission conduite pendant trois jours au Mali par l'émissaire de la Cédéao, l'ex-président nigérian Goodluck Jonathan, "reste préoccupée par l'insuffisance d'actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral", selon un communiqué lu devant la presse.

Le Mali, plongé dans une profonde crise sécuritaire et politique depuis le déclenchement d'insurrections indépendantistes et djihadistes dans le Nord du pays en 2012, a été le théâtre de deux coups d'Etat militaires en août 2020 et mai 2021. Les militaires au pouvoir se sont engagés sous la pression de la communauté internationale et de la Cédéao à rendre le pouvoir aux civils et à organiser des élections nationales en février 2022 à l'issue d'une "transition" limitée à 18 mois.

Le doute va cependant grandissant quant au respect du calendrier par les colonels au pouvoir.

La mission de la Cédéao "a rappelé l'importance du respect de la date des élections annoncées afin de montrer la crédibilité du processus de transition".

Elle "a encouragé le gouvernement de transition à présenter rapidement un chronogramme", ou échéancier, pour la tenue de ces élections.


Grèce: le pape clôture sa visite axée sur les migrants

Arrivé samedi en Grèce après un voyage en Chypre, François a été reçu deux fois par le chef de l'Eglise orthodoxe grecque. (Photo, AFP)
Arrivé samedi en Grèce après un voyage en Chypre, François a été reçu deux fois par le chef de l'Eglise orthodoxe grecque. (Photo, AFP)
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  • Après une dernière rencontre avec des jeunes dans une école catholique, le pape devrait quitter Athènes pour rentrer à Rome en fin de matinée
  • Le pape a alors prononcé un discours vibrant, prévenant que la Méditerranée «est en train de devenir un cimetière froid sans pierres tombales»

ATHÈNES : Le pape François devrait quitter la Grèce lundi, clôturant une visite historique de trois jours notamment sur l'île de Lesbos, marquée par ses appels en faveur d'une meilleure intégration des migrants en Europe, leitmotiv de son pontificat.

Après une dernière rencontre avec des jeunes dans une école catholique, le pape devrait quitter Athènes pour rentrer à Rome en fin de matinée. 

Arrivé samedi en Grèce après un voyage en Chypre, François a été reçu deux fois par le chef de l'Eglise orthodoxe grecque, et a visité dimanche le camp de migrants de Mavrovouni, sur l'île de Lesbos, où il a appelé à mettre fin à un "naufrage de civilisation". Il s'est ensuite rendu à Athènes pour célébrer une messe devant quelque 2 000 fidèles où il a prêché pour "la petitesse et l'humilité".

En avril 2016, François avait déjà visité un camp de migrants à Lesbos, celui de Moria, quand l'île était la principale porte d'entrée de migrants en Europe, et avait créé la surprise en ramenant avec lui 12 réfugiés syriens.

«Naufrage de civilisation»

Cette fois-ci, la visite du pape au camp de Mavrovouni a été plus courte qu'en 2016, mais il a tout de même été chaleureusement accueilli par une foule de migrants massés derrière des barrières dressées entre les conteneurs du camp qui abrite près de 2 200 demandeurs d'asile. 

Le camp de Mavrovouni a été érigé à la hâte il y a un an, sur un ancien champ de tir de l'armée de l'île égéenne, lorsque la structure de Moria, alors la plus grande d'Europe, a été détruite par les flammes.

Le pape a alors prononcé un discours vibrant, prévenant que la Méditerranée "est en train de devenir un cimetière froid sans pierres tombales". "Je vous en prie, arrêtons ce naufrage de civilisation!", a-t-il lancé. 

Le pontife a aussi longuement salué et béni des familles, parmi lesquelles de nombreux enfants dont certains l'ont enlacé. "Welcome!" (bienvenue), "We love you" (nous vous aimons), "Merci", pouvait-on entendre.

Sous une tente, il a ensuite écouté, visiblement ému, les chants joyeux d'une chorale d'exilés, avant de déplorer que la Méditerranée, "berceau de tant de civilisations" soit "désormais comme un miroir de la mort", rappelant "les images crues des petits corps gisant sur les plages".

«Mare mortuum»

"Ne permettons pas que la mare nostrum se transforme en une désolante mare mortuum, que ce lieu de rencontre devienne le théâtre de conflits! Ne laissons pas cette mer des souvenirs devenir la mer de l'oubli", a-t-il exhorté devant la présidente grecque Katerina Sakellaropoulou, le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas et le ministre grec des Migrations Notis Mitarachi.

Une quarantaine de demandeurs d'asile, en majorité catholiques originaires du Cameroun et de République démocratique du Congo, ont participé à la prière de l'Angelus dite par le pape.

"C'est une bénédiction cette venue. Le pape est notre chef spirituel et il peut influencer les gens pour qu'ils voient différemment les réfugiés", a déclaré la Congolaise Rosette Leo, avant l'arrivée du pape. 

"On souffre ici, il fait froid, il n'y a pas de chauffage", a rapporté sa compatriote Angèle, une demandeuse d'asile, emmitouflée sous un bonnet et une écharpe de laine, espérant le "soutien" du pape.

"Nous voulons plus que des mots, nous voulons de l'aide", a commenté la Syrienne Menal Albilal, après le départ du pape. Car "les conditions ici sont mauvaises", s'est désolée cette mère d'un bébé de deux mois, dont l'asile a été rejeté et qui craint d'être expulsée en Turquie.

Leitmotiv de son pontificat, la cause des réfugiés est resté cette fois encore la pierre angulaire de son 35e voyage en Grèce et auparavant à Chypre, d'où 50 migrants seront transférés à Rome. 

Jorge Bergoglio, 84 ans, lui-même issu d'une famille de migrants italiens installés en Argentine, n'a de cesse de prôner l'accueil des milliers de "frères et soeurs", sans distinguer la religion, ni le statut de réfugié ou d'exilé économique.


À Kaboul, les bus bibliothèques sont de retour, pour la joie des enfants

Des enfants lisent dans une bibliothèque mobile qui a ouvert ses portes pour la première fois depuis le retour au pouvoir des talibans, à Kaboul le 5 décembre 2021. (Photo, AFP)
Des enfants lisent dans une bibliothèque mobile qui a ouvert ses portes pour la première fois depuis le retour au pouvoir des talibans, à Kaboul le 5 décembre 2021. (Photo, AFP)
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  • Cinq de ces bus circulent ainsi à Kaboul, loués et équipés par une ONG locale, Charmaghz, dirigée par Freshta Karim
  • L'ONG Charmaghz a juste assez d'argent pour faire circuler les bus pendant un mois environ

KABOUL : Devant un orphelinat de Kaboul, les sourires des enfants sont de retour : dimanche, le bus bibliothèque est à nouveau là, pour la première fois depuis que les talibans ont repris le pouvoir mi-août.

"Je me sens vraiment heureux. Je peux à nouveau étudier sur les livres que j'aime", dit Arezo Azizi, une fille de 11 ans, montrant son ouvrage favori : un livre de calcul où plus un chat sait compter, plus il gagne de morceaux de fromage.   

Elle est assise dans ce véhicule où les rangées de sièges ont été enlevées et remplacées par des tables, des chaises et des étagères remplies de livres pour enfants et de coloriages.

"La bibliothèque n'était pas venue depuis trois mois", explique-t-elle au milieu du brouhaha créé par les enfants.

Cinq de ces bus circulent ainsi à Kaboul, loués et équipés par une ONG locale, Charmaghz, dirigée par Freshta Karim, une Afghane diplômée de l'université d'Oxford (Royaume-Uni).

Des centaines de petits Afghans ont profité ces dernières années de bibliothèques mobiles qui sillonnent la capitale, rendant visite aux écoles et aux orphelinats parfois très démunis.

Mais après la prise du pouvoir par les talibans à la mi-août, "nous avons perdu presque tous nos parraineurs", rappelle Ahmad Fahim Barakati, le directeur adjoint de l'ONG.

Le ministère de l’Éducation taliban a donné l'autorisation de circuler aux bibliothèques mobiles il y a quelques semaines. Mais il a fallu ensuite obtenir, ces derniers jours, un accord du ministère des Transports, propriétaire de ces véhicules, explique M. Barakati.

La libraire, Ramzia Abdi Khail, 22 ans, portant une tunique et un voile noirs, est toute aussi ravie que les enfants d'être de retour. "C'est un sentiment délicieux. D'autant qu'en ce moment, les écoles n'ont pas toutes rouvert", souligne-t-elle. 

L'éducation des filles a particulièrement souffert du retour au pouvoir des talibans, les collèges et les lycées n'ayant notamment toujours pas été autorisés à reprendre leurs activités.

"Nous accueillons aussi des enfants de la rue et j'adore m'occuper d'eux car, d'ordinaire, ils ne vont pas à l'école. Comme ça, je peux leur rendre service", souligne la libraire, qui a avec elle "des livres islamiques", "des livres d'histoire en anglais et en dari" (le persan afghan), "des livres de coloriage", "des jeux".

L'ONG Charmaghz a juste assez d'argent pour faire circuler les bus pendant un mois environ, souligne M. Barakati. "Nous collectons de l'argent sur internet à travers le monde et j'espère qu'on va avoir assez de sponsors et de donateurs" pour continuer, dit-il.


Ouest du Niger: 12 militaires et «des dizaines de terroristes» tués samedi

Outre les attaques des groupes djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, le Niger doit également faire face à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, proche du Nigeria. (Photo, AFP)
Outre les attaques des groupes djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, le Niger doit également faire face à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, proche du Nigeria. (Photo, AFP)
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  • Les «accrochages» ont eu lieu «à cinq kilomètres» de la localité de Fantio, entre les militaires nigériens et «des centaines de terroristes armés»
  • «Plusieurs motos» des assaillants ont été «détruites» et «des moyens de communication récupérés»

NIAMEY : Au moins 12 militaires nigériens et "des dizaines de terroristes" ont été tués samedi dans d'intenses combats dans l'ouest du Niger, à l'intérieur de la zone dite des "trois frontières", a annoncé dimanche le ministère nigérien de la Défense.

Les "accrochages" ont eu lieu "à cinq kilomètres" de la localité de Fantio, entre les militaires nigériens et "des centaines de terroristes armés : 12 éléments tombés sur le champ d'honneur, huit blessés. Côté ennemi, des dizaines de terroristes neutralisés (tués)", selon un communiqué.

"Plusieurs motos" des assaillants ont été "détruites" et "des moyens de communication récupérés", souligne-t-il. Dans un premier temps, les militaires nigériens se sont "farouchement défendus et ont occasionné des dizaines de morts à l'ennemi, avant d'être submergés par leur nombre", explique le ministère.

Mais des "renforts venus" des villes "de Wanzarbé et de Téra", ainsi que "le soutien aérien (...) contribuèrent à mettre l'ennemi en déroute qui a abandonné des dizaines de morts et du matériel", relève-t-il. 

Fantio est une commune rurale du département de Téra dans la région de Tillabéri, qui est régulièrement frappée par des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique.

En mai, cinq villageois avaient été tués à Fantio "par une hordes de terroristes venus à moto", au moment où le pays célébrait la fête de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan musulman. L'attaque avait fait également deux blessés graves et l'église été incendiée.

Fin juin, deux civils, un directeur d’école et  un inspecteur de la police à la retraite, y avaient été assassinés et du bétail emporté. 

Outre les attaques des groupes djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, le Niger doit également faire face à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, proche du Nigeria.