Merkel en campagne pour tenter de sauver son camp de la débâcle

La chancelière allemande Angela Merkel. (Photo, AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 septembre 2021

Merkel en campagne pour tenter de sauver son camp de la débâcle

  • Angela Merkel est longtemps restée en retrait de cette campagne électorale alors qu'elle a décidé de longue date de passer la main à l'issue de son quatrième mandat
  • Passant à l'offensive dans la dernière ligne droite, elle s'efforce de mettre son inaltérable popularité au service d'un Armin Laschet embourbé dans les difficultés

BERLIN : La chancelière allemande Angela Merkel s'est de nouveau jetée dans la campagne électorale mardi en apportant un soutien appuyé au candidat de son camp conservateur Armin Laschet, en pleine tourmente à moins de trois semaines d'un scrutin indécis.

Devant les députés du Bundestag pour la dernière fois réunis en séance plénière, la dirigeante a insisté sur le fait que "la meilleure voie" pour l'Allemagne était "un gouvernement dirigé par Armin Laschet comme chancelier".

"Car son gouvernement sera marqué par la stabilité, la fiabilité et la modération et c'est ce dont l'Allemagne a besoin", a-t-elle justifié au cours d'un discours à forte connotation électorale.

Angela Merkel est longtemps restée en retrait de cette campagne électorale alors qu'elle a décidé de longue date de passer la main à l'issue de son quatrième mandat. 

Sondages désastreux 

Plusieurs figures de son camp conservateur l'appelaient à davantage s'impliquer alors que les sondages désastreux s'enchaînent pour l'Union CDU/CSU qui pourrait subir une gifle historique lors des élections législatives du 26 septembre. 

Passant à l'offensive dans la dernière ligne droite, elle s'efforce de mettre son inaltérable popularité au service d'un Armin Laschet embourbé dans les difficultés.

L'Union chrétienne-démocrate (CDU) et son alliée bavaroise de la CSU sont en chute libre depuis l'été.

Un sondage pour la chaîne RTL, publié mardi, les place même pour la première fois sous la barre des 20%, à 19%, dans les intentions de vote.

Du jamais vu au niveau fédéral pour un parti qui a largement dominé la vie politique d'après-guerre et qui caracolait encore à 30% des intentions de vote en début d'année.

Les conservateurs, qui avaient obtenu 32,9% des suffrages en 2017, sont désormais largement devancés par le Parti social-démocrate (SPD) longtemps à la traîne, mais qui recueille entre 25% et 27% des intentions de vote.

Sa tête de liste, l'actuel ministre des Finances et vice-chancelier, Olaf Scholz, longtemps critiqué pour son manque de charisme, pourrait donc être chargé de former le prochain gouvernement. 

Piètre orateur, Olaf Scholz a su développer une image de compétence aux yeux des plus de 60 millions d'électeurs allemands.

Depuis trois semaines, Angela Merkel a multiplié les interventions en faveur du président de la CDU et candidat peu apprécié des Allemands. 

«Construire des ponts»

L'offensive a débuté lors d'un meeting de campagne de son camp à Berlin le 21 août : la dirigeante se dit "profondément convaincue" qu'Armin Laschet, un homme capable "de construire des ponts entre les gens", lui succèderait à la chancellerie.

Elle s'est également montrée à plusieurs reprises à ses côtés, comme lundi soir lors d'une réunion de son parti consacrée à la numérisation. 

La veille, ils s'étaient rendus ensemble en Rhénanie du Nord-Westphalie, l'une des deux régions sinistrées par les inondations meurtrières et dirigée par Armin Laschet.

Un mois et demi après une catastrophe qui a fait plus de 180 morts et que les experts relient au changement climatique, Angela Merkel a loué son dauphin conservateur, qui "dirige avec beaucoup de succès le plus grand Etat régional d'Allemagne".

Peu apprécié des électeurs après avoir dû lutter pour s'imposer comme le candidat des conservateurs, Armin Laschet a tenté en fin de semaine dernière d'élargir son équipe de campagne en se dotant d'un aréopage d'experts.

Pour les questions de finances et d'économie, il a fait appel à Friedrich Merz, ancien rival pour la tête du parti, et qui représente l'aile libérale quand M. Laschet incarne l'aile centriste.

Mais des experts politiques restent dubitatifs : "On a besoin d'une équipe quand on a un candidat faible, c'est l'un des principes inscrits dans tout manuel électoral", souligne pour l'AFP Peter Matuschek, de l'institut de sondages Forsa. "Mais cela intervient assez tard", selon lui.

Ces dernières semaines, Angela Merkel a également épinglé le candidat social-démocrate, l'accusant de flirter avec la gauche radicale, die Linke, parti avec lequel la CDU a toujours refusé de discuter, en raison notamment de sa volonté de sortir l'Allemagne de l'Otan.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.