La BCE allège légèrement son soutien monétaire exceptionnel

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, avant le début d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 9 septembre 2021. (Photo, AFP)
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, avant le début d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 9 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 09 septembre 2021

La BCE allège légèrement son soutien monétaire exceptionnel

  • La croissance a atteint 2,2% en rythme annuel au deuxième trimestre et devrait avoir gagné en dynamique cet été
  • L'inflation en zone euro a été propulsée à 3% en août, signe du rebond de la consommation après le ralentissement lié à la pandémie

FRANCFORT: La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de ramener son principal soutien face à la pandémie à un rythme de croisière, tout en gardant son cap monétaire accommodant, au moment où l'économie européenne reprend des couleurs et subit un réveil marqué de l'inflation.

Cette baisse de rythme, présenté comme un ralentissement "modéré", va se concrétiser par un plus faible volume de rachats de dette publique et privée sur le marché. Elle était largement attendue par les marchés.

Ces derniers espèrent en revanche des indices, de la part de la présidente Christine Lagarde qui s'exprimera à partir de 12H30 GMT, sur une éventuelle stratégie de normalisation de la politique monétaire alors que la conjoncture économique s'améliore.

Avec la décision prise jeudi, à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, la BCE veut moduler ses interventions mais sans présenter cela comme la première étape d'un retrait de son programme d'urgence PEPP. 

Le terme de cette enveloppe exceptionnelle est toujours fixé à mars 2022 et l'institut de Francfort se garde la possibilité de remettre la vapeur si les conditions de marché l'exigent. 

Les banquiers centraux de la zone euro ont tenu leur deuxième réunion de politique monétaire depuis qu'ils ont, début juillet, dévoilé leur nouvelle cible d'inflation à 2%, un objectif à moyen terme pouvant tolérer des déviations temporaires.

Or l'inflation en zone euro a été propulsée à 3% en août, signe du rebond de la consommation après le ralentissement lié à la pandémie mais aussi de pénuries de composants industriels créant des goulots d'étranglement.

La croissance a atteint 2,2% en rythme annuel au deuxième trimestre et devrait avoir gagné en dynamique cet été.

Gages aux faucons

Soucieuse de ne pas refroidir la conjoncture, la BCE a pour l'essentiel reconduit jeudi sa potion anti-crise faite de taux d'intérêt historiquement bas et d'achats massifs de dettes.

En particulier, le taux négatif de 0,5% va continuer à s'appliquer sur une fraction des liquidités des banques déposées à la BCE au lieu d'être distribuées à l'économie. 

D'environ 80 milliards d'euros, les rachats mensuels devraient, eux, être ramenés entre 60 et 70 milliards d'octobre à décembre, selon les attentes des observateurs.

La BCE va par ailleurs continuer d'acheter 20 milliards d'euros par mois de dette dans le cadre du fameux "QE", l'assouplissement quantitatif datant de 2015, qui avait marqué le début des mesures exceptionnelles de soutien, en complément de taux ultra bas.

Les menus aménagements du jour donnent déjà quelques gages aux "faucons" siégeant à la BCE, soit les banquiers centraux les plus orthodoxes, qui ont donné de la voix ces derniers jours: la poussée d'inflation devait conduire à débattre dès maintenant de la réduction du stimulus monétaire, plaidait ainsi dernièrement Robert Holzmann, gouverneur de la Banque d'Autriche.

Même discours du côté d'un autre partisan de l'orthodoxie, Jens Weidmann, président de la Banque fédérale d'Allemagne.

Prévisions d'inflation

Outre un éventuel calendrier de sevrage des liquidités injectées dans l'économie, l'autre interrogation du jour porte sur la correction que la BCE va apporter jeudi à ses prévisions d'inflation, l'étalon sur lequel elle base sa politique future.

Les dernières prévisions de juin, en tablant sur 1,9% d'inflation en 2021, puis 1,5% en 2022 et 1,4% en 2023, accréditaient la thèse d'une fièvre temporaire d'inflation en cette année de rebond économique.

Or, toute révision "au-delà d'1,5% en 2023" serait interprétée comme le signe d'un regain durable d'inflation et donc d'une "politique monétaire plus ferme" à venir, selon Holger Schmieding, économiste chez Berenberg.

Pas encore "mûrs" pour décider la fin progressive des rachats de dettes via le programme d'urgence contre la pandémie (PEPP), les gardiens de l'euro vont devoir débattre dans les mois à venir des questions "politiquement sensibles" autour du degré de flexibilité dont disposerait le QE, appelé lui à perdurer, selon Gilles Moec, économiste chez Axa.

C'est pourquoi les décisions concrètes sur la future structure des rachats de titres "ne sont pas à attendre avant décembre", estime Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste de la banque publique allemande KfW. 


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.