Mostra de Venise: Yvan Attal s'attaque au consentement et à la "zone grise"

Le réalisateur français Yvan Attal assiste à un photocall pour le film "Les Choses Humaines" (L'Accusation) présenté hors compétition le 9 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
Le réalisateur français Yvan Attal assiste à un photocall pour le film "Les Choses Humaines" (L'Accusation) présenté hors compétition le 9 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
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Publié le Vendredi 10 septembre 2021

Mostra de Venise: Yvan Attal s'attaque au consentement et à la "zone grise"

  • Le film reprend la trame du roman de Karine Tuil: une jeune femme porte plainte contre le fils de la nouvelle compagne de son père, qui l'aurait violée à la fin d'une soirée étudiante
  • Le film ne tranche jamais en faveur de l'un ou de l'autre protagoniste, laissant le spectateur se faire son intime conviction entre les deux versions des mêmes faits

VENISE, Italie : Le cinéaste Yvan Attal s'attaque à la question de l'existence d'une "zone grise" autour du consentement dans "Les choses humaines", adaptation d'un roman à succès présenté jeudi à la Mostra de Venise, dans lequel il enrôle son fils.

Le film, présenté hors compétition et qui sort le 1er décembre en France, reprend la trame du roman de Karine Tuil, prix Goncourt des lycéens et prix Interallié en 2019: une jeune femme porte plainte contre le fils de la nouvelle compagne de son père, qui l'aurait violée à la fin d'une soirée étudiante.

Ce dernier, issu de la haute bourgeoisie intellectuelle et médiatique parisienne, nie tout rapport sexuel contraint, invoquant la "zone grise" du consentement face à une partenaire qui n'aurait pas dit "non", mais va finir par être mis en examen pour viol et jugé.

Le film ne tranche jamais en faveur de l'un ou de l'autre protagoniste, laissant le spectateur se faire son intime conviction entre les deux versions des mêmes faits, qui ne sont jamais montrés à l'écran. "Le but ultime, c'est d'être bringuebalé entre les deux", explique Yvan Attal.

Le réalisateur de "Mon chien stupide" (2018) et "Le Brio" (2017), 56 ans, a fait une nouvelle fois appel à sa compagne, Charlotte Gainsbourg, pour interpréter la mère du jeune accusé, une militante féministe, et a aussi entraîné dans l'aventure leur fils Ben Attal, à qui il offre le premier rôle.

Se mettre dans la peau de ce jeune étudiant brillant de Stanford qui n'arrive pas à prendre conscience qu'il a agressé une jeune femme sur laquelle il a de l'ascendant était "très, très compliqué", explique Ben Attal, 24 ans, à l'AFP.

"J'aimerais aimer ce personnage mais je ne comprends pas comment quelqu'un d'aussi intelligent puisse ne pas comprendre l'émotion de l'autre", ajoute-t-il. "Je ne peux pas cautionner ça".

Face à lui, la victime, Mila, est jouée par un nouvelle venue, Suzanne Jouannet, qui espère que le film puisse permettre "d'ouvrir le dialogue. Sur la +zone grise+, les gens ne sont pas à l'aise, c'est subjectif".

Pourquoi Yvan Attal a-t-il choisi son fils ? "Je voulais un garçon pour lequel on ne ressente pas tout de suite une répulsion, un gentil garçon", a répondu le réalisateur, qui s'intéresse à "ce qui fait qu'il n'a pas pu voir que cette fille ne voulait pas".

Dernier tour de piste à la Mostra avec Ben Affleck et Matt Damon

Toujours à la Mostra, Ben Affleck et Matt Damon s'apprêtent à enflammer le tapis rouge vendredi à Venise pour "Le dernier duel", le nouveau film de Ridley Scott, à la veille de la clôture d'une Mostra marquée par le comeback de Hollywood et une compétition de haut vol.

Après dix jours de célébration du septième art sur le Lido, les organisateurs du plus ancien festival de cinéma du monde s'offrent une nouvelle dose de stars internationales avec ce film en costume à grand spectacle, qui se déroule dans la France du Moyen-Âge, sous le règne de Charles VI.

Les paparazzi ont pu s'en donner à cœur joie dès jeudi, Ben Affleck et sa compagne la chanteuse Jennifer Lopez traversant la lagune, en plein soleil, à bord d'un bateau-taxi.

L'acteur américain Ben Affleck et l'actrice et chanteuse américaine Jennifer Lopez voyagent à bord d'un bateau-taxi vaporetto le 9 septembre 2021 après leur arrivée pour assister au 78e Festival du film de Venise à Venise. Filippo MONTEFORTE / AFP
L'acteur américain Ben Affleck et l'actrice et chanteuse américaine Jennifer Lopez voyagent à bord d'un bateau-taxi vaporetto le 9 septembre 2021 après leur arrivée pour assister au 78e Festival du film de Venise à Venise.
Filippo MONTEFORTE / AFP

Au casting du film, figurent également Adam Driver (Kylo Ren dans "Star Wars") et l'actrice britannique Jodie Comer.

"Le dernier duel" marque le retour à l'écriture d'un duo, Ben Affleck et Matt Damon, qui s'étaient fait connaître il y a un quart de siècle avec "Will Hunting", projet qu'ils avaient déjà co-écrit et que Gus Van Sant avait réalisé.

Projeter sur le Lido cette grosse production, signée Ridley Scott, créateur de "Blade Runner" ou "Gladiator", est un signe supplémentaire de l'influence de la Mostra de Venise, qui a fait son succès ces dernières années en mêlant cinéma d'auteur et films des plus gros studios, et en devenant une rampe de lancement pour les Oscars.

Outre "Le dernier duel", Venise a également accueilli cette année le feu d'artifice "Dune", nouvelle adaptation très attendue du roman phare de la science-fiction, avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac ou encore Javier Bardem.

Cet afflux de stars dans la cité lacustre est aussi une preuve de la volonté de redémarrage de l'industrie mondiale du cinéma, qui a été mise à genoux par la crise sanitaire.

Celle-ci a favorisé un essor sans précédent des plateformes, d'ailleurs présentes en force à Venise cette année, avec plusieurs films produits par Netflix et distribués directement sur la plateforme parmi les plus sérieux candidats au Lion d'or, comme "La part du Chien" de Jane Campion ou "La main de Dieu" de Paolo Sorrentino.

- Kristen Stewart en princesse Diana -

La récompense suprême doit être décernée samedi soir lors de la cérémonie de clôture de cette 78e Mostra.

Le jury, présidé par le cinéaste sud-coréen Bong Joon-Ho, lauréat de la Palme d'Or 2019 à Cannes avec "Parasite" et au sein duquel siègent également la cinéaste sino-américaine Chloé Zhao, oscarisée pour "Nomadland", doit encore voir vendredi le 21e et ultime film de la sélection, "Un autre monde".

L'actrice américaine Kristen Stewart pose à son arrivée pour la projection du film "Spencer" présenté en compétition le 3 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. Filippo MONTEFORTE / AFP
L'actrice américaine Kristen Stewart pose à son arrivée pour la projection du film "Spencer" présenté en compétition le 3 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise.
Filippo MONTEFORTE / AFP

Signé du Français Stéphane Brizé, il s'agit du troisième volet d'une trilogie sociale dont le rôle principal est confié à Vincent Lindon. Après avoir incarné un vigile de supermarché dans "La loi du marché" (2015), puis un leader syndical dans "En guerre", l'acteur se glisse cette fois dans la peau d'un cadre dirigeant.

Pour le Lion d'Or, la compétition semble très ouverte.

Selon les critiques internationales compilées par le quotidien du Festival, Jane Campion, déjà Palme d'or à Cannes pour "La leçon de Piano", le film russe "Capitaine Volkonogov s'est échappé" ou encore les "Mères Parallèles" de Pedro Almodovar sont très bien placés.

Et tout le monde s'accorde à saluer la performance de Kristen Stewart en princesse Diana dans "Spencer", faisant d'elle la plus sérieuse candidate au prix d'interprétation féminine.

 

 

Les 21 films en lice pour le Lion d'or à Venise

Vingt-et-un films sont en lice pour remporter le prestigieux Lion d'or du meilleur film au 78ème festival du cinéma de Venise, qui sera décerné samedi soir. Brève description de chacun d'entre eux:

"Madres paralelas" de Pedro Almodovar (Espagne)

Le cinéaste de 71 ans renoue avec ses sujets de prédilection, la filiation et les figures féminines, pour un film qui ambitionne d'aider l'Espagne à panser les plaies de la Guerre civile. Son actrice fétiche Penelope Cruz incarne Janis, une photographe enceinte d'un ami archéologue et marié, qui lui a promis de l'aider à retrouver la sépulture de son arrière grand-père, disparu lors de la guerre civile. La vie de Janis est bouleversée par sa rencontre avec Ana, une jeune fille qui accouche le même jour dans la même maternité.

"Mona Lisa and the Blood Moon" de Ana Lily Amirpour (Etats-Unis)

"Mona Lisa", une jeune fille coréenne dotée de pouvoirs télépathiques, s'échappe d'une institution psychiatrique en Louisiane et est recueillie à La Nouvelle Orléans chez une strip-teaseuse haute en couleurs incarnée par Kate Hudson, surprenante dans ce rôle à contre-emploi. Mona Lisa ne tarde pas à nouer un lien fort avec Charlie, le petit garçon solitaire de sa logeuse. Ce mix surprenant de conte de fées et de jeu vidéo ponctué de musique techno et métal est signé de l'Américaine d'origine iranienne Ana Lily Amirpour.

"Un Autre Monde" de Stéphane Brizé (France)

Troisième épisode d'une trilogie sur le monde du travail, ce film avec Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain adopte le point de vue d'un patron qui doit prendre des décisions dramatiques.

"La part du chien" de Jane Campion (Australie/Nouvelle-Zélande)

Adapté du roman éponyme de Thomas Savage, ce huis clos étouffant dans un monde de cow-boys entraîne le spectateur dans un ranch du Montana au début du XXe siècle, où la vie du célibataire endurci Phil Burbank (Benedict Cumberbatch) est bouleversée par l'arrivée de la nouvelle femme de son frère, Rose (Kirsten Dunst), et de son fils issu d'un précédent mariage. A petites touches, ce film produit par Netflix dépeint une société corsetée au bord de l'implosion.

"America Latina" de Fabio et Damiano D’Innocenzo (Italie-France)

Les jumeaux italiens ont écrit et mis en scène ce film à mi-chemin entre thriller et histoire d'amour, avec notamment Elio Germano, prix d'interprétation à Cannes en 2010.

"L’Événement" de Audrey Diwan (France)

La réalisatrice franco-libanaise adapte Annie Ernaux pour raconter Anne, une étudiante insouciante dans la France du début des années 1960, où l'avortement n'est pas encore légalisé. Anne découvre qu'elle est enceinte, mais la jeune femme, issue d'un milieu populaire, souhaite continuer ses études de lettres. Médecins, amis, partenaire, professeur: elle ne trouvera personne pour l'aider.

"Competencia Oficial" de Gastόn Duprat et Mariano Cohn (Espagne/Argentine)

Dans cette comédie bourrée d'autodérision sur les travers du cinéma, Penélope Cruz incarne Lola, une célèbre réalisatrice qui doit travailler avec deux acteurs brillants mais que tout oppose: Félix, star hollywoodienne, sexy, charismatique et tellement sûr de lui, évidemment interprété par Antonio Banderas. Et Ivan, un acteur de théâtre renommé, lettré et faussement humble --le rôle a été confié à l'acteur argentin Oscar Martinez. Ce trio doit préparer le tournage et répéter ensemble, pas facile lorsqu'on partage si peu de choses, si ce n'est un égo surdimensionné.

"Il Buco" de Michelangelo Frammartino (Italie/France/Allemagne)

Basé sur une histoire vraie, "Il buco" ("Le trou") suit de jeunes spéléologues qui entreprennent en 1961 d'explorer une profonde grotte dans le sud de l’Italie. Ce film épuré sans dialogues est aussi une allégorie poétique sur la marche aléatoire du progrès dans l'Italie du boom économique.

"Sundown" de Michel Franco (Mexique/France/Suède)

Tim Roth interprète un homme riche qui cherche à s'éloigner de sa vie réglée durant ses vacances. Charlotte Gainsbourg fait partie du casting.

"Illusions perdues" de Xavier Giannoli (France)

Dans cette adaptation du roman de Balzac, Lucien (Benjamin Voisin) est un jeune poète inconnu dans la France du XIXème siècle qui veut se forger un destin. Il quitte sa province natale pour tenter sa chance à Paris, au bras de sa protectrice. Il va aimer, souffrir, mais survivre à ses illusions. Egalement au casting, Cécile de France et Gérard Depardieu.

"The Lost Daughter" de Maggie Gyllenhaal (Etats-Unis/Grèce/GB/Israël)

L'actrice américaine Maggie Gyllenhaal fait ses début derrière la caméra dans cette adaptation d'un roman d'Elena Ferrante, "Poupée volée", avec Olivia Colman dans le rôle d'une femme oscillant entre raison et folie.

"Spencer" de Pablo Larraín (Allemagne/GB)

Drôle, fantasque et fragile: l'actrice américaine Kristen Stewart incarne la princesse Diana, décédée il y a 24 ans. Cette icône, disséquée dans moult documentaires, séries et films, a-t-elle encore quelque chose à dévoiler? En presque deux heures, le cinéaste chilien répond par l'affirmative en universalisant l'intimité de cette femme qui ne réussit plus à respirer, étouffée par le protocole corseté des Windsor mais refusant de renoncer à sa liberté.

"Freaks Out" de Gabriele Mainetti (Italie/Belgique)

A Rome durant la Seconde Guerre mondiale, une troupe de cirque sombre dans le désespoir après la disparition de leur directeur juif. Ce conte de fées bourré d'effets spéciaux se veut un feu d'artifices optimiste sur la résilience et la célébration de la différence.

"Qui rido io" de Mario Martone (Italie/Espagne)

La star italienne Toni Servillo interprète le célèbre comédien napolitain Eduardo Scarpetta (1853-1925) dans ce biopic signé Mario Martone. Eduardo Scarpetta, auteur du chef-d'œuvre "Misère et Noblesse", a aussi donné naissance à une dynastie de comédiens parmi lesquels Eduardo De Filippo, Peppino De Filippo et Titina De Filippo, lesquels marqueront le théâtre et le cinéma napolitains du XXe siècle.

"On the Job: The Missing 8" de Erik Matti (Philippines)

Suite de "On the job" (2013), ce film suit les pas d'un journaliste enquêtant sur la disparition mystérieuse de ses collègues et d'un détenu libéré temporairement pour commettre des assassinats.

"Leave no traces" de Jan P. Matuszyński (Pologne/France/République tchèque)

"Żeby nie było śladów" raconte l'histoire vraie du tabassage d'un jeune militant à Varsovie par la milice sous le régime communiste.

"Le capitaine Volkonogov s'est échappé" de Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov (Russie/Estonie/France)

En 1938, Fiodor Volkonogov, officier modèle des services de sécurité soviétiques, a pour mission de faire avouer à des innocents par tous les moyens, y compris la torture, des crimes qu'ils n'ont pas commis. Avec ou sans aveux, l'issue est toujours la même: la mort. Jusqu'au jour où lui-même fait l'objet de soupçons. Il décide alors de se lancer dans une quête de rédemption pour obtenir le pardon des familles de ses propres victimes.

"The Card Counter" de Paul Schrader (Etats-Unis/GB/Chine)

Un joueur de poker (Oscar Isaac) est hanté par son passé de soldat en Irak, où il a été impliqué dans les violations de droits humains à la prison d'Abou Ghraib.

"La main de Dieu" de Paolo Sorrentino (Italie)

Dans ce film largement autobiographique qui sortira sur Netflix, Paolo Sorrentino raconte l'enfance d'un jeune Napolitain, brisée par la mort accidentelle de ses parents, intoxiqués au monoxyde de carbone. Cette ode à Naples est aussi le prétexte d'une galerie de portraits de personnages hauts en couleurs.

"Reflet" de Valentyn Vasyanovych (Ukraine)

Le protagoniste, chirurgien dans la vie civile, est capturé par les forces russes présentes dans l'est de l'Ukraine, et vit une véritable descente aux enfers: humiliations, violences et torture. Libéré lors d'un échange de prisonniers, il peine à retrouver ses marques.

"La Caja" de Lorenzo Vigas (Mexique/Etats-Unis)

Un adolescent de Mexico prend la direction du nord pour récupérer les cendres de son père, mais il est emporté dans le monde sordide des ateliers textiles à bas coût. Avec ce film coup de poing, le cinéaste vénézuélien, premier latino-américain à avoir décroché un Lion d'or, aborde à la fois l'exploitation de la main d'œuvre, les disparitions au Mexique, la paternité et les violences contre les femmes.

 


Goodbye Julia, grand gagnant des Prix de la critique pour les films arabes à Cannes

La 8e édition des Prix de la critique pour les films arabes s’est déroulée en marge du Festival de Cannes. (Instagram)
La 8e édition des Prix de la critique pour les films arabes s’est déroulée en marge du Festival de Cannes. (Instagram)
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  • Le documentaire hybride Les Filles d’Olfa, de la réalisatrice tunisienne Kaouther ben Hania, a remporté trois prix
  • Inchallah un fils, d’Amjad al-Rasheed, a remporté le prix de la meilleure actrice pour la star palestinienne Mouna Hawa et celui de la meilleure photographie pour Kanamé Onoyama

DUBAÏ: Goodbye Julia, du réalisateur soudanais Mohamed Kordofani, a remporté les prix du meilleur long métrage et du meilleur scénario lors de la 8e édition des Prix de la critique pour les films arabes, qui s’est déroulée samedi en marge du festival du Festival de Cannes.

Le compositeur franco-tunisien Amin Bouhafa, qui a travaillé sur Hajjan, a remporté le prix de la meilleure musique pour ce film qui se déroule en Arabie saoudite.

Le documentaire hybride Les Filles d’Olfa, de la réalisatrice tunisienne Kaouther ben Hania, qui n’a pas remporté le prix du meilleur documentaire aux Oscars cette année, a remporté trois récompenses: meilleure réalisatrice pour Ben Hania, meilleur documentaire et meilleur montage.

Inchallah un fils, d’Amjad al-Rasheed, a remporté le prix de la meilleure actrice pour la star palestinienne Mouna Hawa et celui de la meilleure photographie pour Kanamé Onoyama.

L’acteur palestinien Saleh Bakri a décroché le prix du meilleur acteur pour son rôle dans The Teacher, tandis que I Promise You Paradise, du cinéaste égyptien Morad Mostafa, est arrivé premier dans la catégorie du meilleur court métrage.

La cérémonie de remise des prix est organisée par le Centre du cinéma arabe (Arab Cinema Center, ACC), situé au Caire. Les vainqueurs sont élus par un jury de 225 critiques venus de plus de 70 pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Paul Kupelian, artiste informel et chroniqueur du côté coloré de la vie

L’art de Paul Kupelian échappe aux catégories et n’obéit qu’à la nécessité de peindre. (fournie)
L’art de Paul Kupelian échappe aux catégories et n’obéit qu’à la nécessité de peindre. (fournie)
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  • A force de peindre son quotidien, ses lieux familiers et le chaos de Beyrouth, il devient le chroniqueur visuel d'événements importants, tout comme de sa propre évolution
  • Sa signature artistique se caractérise par un style vibrant et coloré, joyeux et dynamique, ce qui ne l’empêche pas de trouver, dans les infinies nuances de sa palette lumineuse, une harmonie chromatique qui se révèle au premier coup d’œil

BEYROUTH : Figuratif ? Naïf ? L’art de Paul Kupelian échappe aux catégories et n’obéit qu’à la nécessité de peindre. Né en 1975, cet artiste autodidacte de nationalité libanaise et française dont les racines remontent à l'Arménie, a grandi dans une famille d'artistes. Il n’a que 7 ans quand sa grand-tante l’initie à la technique reine, et donc complexe, de la peinture à l’huile. Dès lors, le reste de son enfance est ébloui par d’innombrables heures passées à dessiner et à peindre tout ce qui l’entoure. Il met toute sa passion à se perfectionner, aborde de nouveaux médiums tels que l'encre de Chine, l'acrylique, le pastel gras, le fusain ou la sanguine. Savait-elle, cette bienveillante aïeule, qu’elle lui offrait à travers l'art l'exutoire thérapeutique suprême, un moyen d'exprimer ses émotions et d'affronter les complexités de la vie ?  A force de peindre son quotidien, ses lieux familiers et le chaos de Beyrouth, il devient le chroniqueur visuel d'événements importants tout comme de sa propre évolution, projetant ses troubles sur la toile et y gagnant en retour paix intérieure et stabilité.

Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)
Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)

Sa signature artistique se caractérise par un style vibrant et coloré, joyeux et dynamique, ce qui ne l’empêche pas de trouver, dans les infinies nuances de sa palette lumineuse, une harmonie chromatique qui se révèle au premier coup d’oeil. Il y a dans ses oeuvres une joie contagieuse que confirme le sourire spontané de tout spectateur qui y est confronté. Ce pouvoir n’échappe pas au regard avisé de la galeriste Nadine Begdache, commissaire de l’espace Janine Rubeiz, à Beyrouth. En 2016, elle lui offre son exposition inaugurale : "Looking at the Bright Side" (Regard sur le côté lumineux de la vie). Une présentation saluée par les critiques d'art et les collectionneurs.

Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)
Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)

Qu’on ne se trompe pas sur la « naïveté » de cet artiste autodidacte. Sa profonde compréhension des proportions, de la perspective et des détails complexes n’échappe pas à un regard averti.  Ses peintures, bien que légères, servent de canal à ses émotions. Dans ses œuvres récentes, Paul Kupelian utilise principalement la peinture acrylique à grande échelle, un médium dont il apprécie la polyvalence et le potentiel expressif.

Chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)
Chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)

Bien qu’il n’ait pas donné d’exposition depuis un certain temps, il confie à Arab News en français qu’il vit à présent à Dubai où il occupe un poste de direction dans le retail.  « Je peins dès que j’en ai le temps, le soir et surtout les weekends » poursuit-il. « La peinture est mon exutoire, je peux y passer des heures sans voir le temps passer. Cela me permet de tout oublier et m’apporte énormément de joie » ajoute Paul Kupelian qui affirme que, comme pour beaucoup d’artistes, son art est sa thérapie. Ajoutez à cette passion celle de l’histoire, la géopolitique, la philosophie, la musique, les voyages, le sport, vous obtenez, dans chaque toile, une nouvelle fenêtre ou un nouveau miroir où chacun peut trouver une réponse à ses propres questionnements.

 


Deuxième jour de la RSFW: défilé historique de maillots de bain et dentelle élégante

La collection d’EAU comprenait des maillots de bain simples – une pièce en V profond, motifs à épaules dénudées, tops bandeau et divers paréos. (Photo fournie)
La collection d’EAU comprenait des maillots de bain simples – une pièce en V profond, motifs à épaules dénudées, tops bandeau et divers paréos. (Photo fournie)
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  • Certains looks élégants étaient associés à des couvre-chefs soyeux et à des sacs à main sophistiqués
  • La collection de Sara Altwaim, comprenait un certain nombre de robes blanches fluides en dentelle et en mousseline

MER ROUGE: La marque marocaine EAU a marqué l’histoire en lançant, vendredi, la deuxième série de défilés de la Red Sea Fashion Week. En effet, c’est la première fois que des maillots de bain font leur entrée sur un podium saoudien.

Avec la piscine scintillante de St. Regis et les palmiers ondulants en arrière-plan, la deuxième RSFW a mis en valeur l’une des pièces incontournables de l’été.

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EAU. (Photo fournie)

La collection comprenait des maillots de bain simples – une pièce en V profond, motifs à épaules dénudées, tops bandeau et divers paréos. Bleu roi, jaune moutarde, vert chasseur et rouge marron dominaient la collection, créant une palette d’automne plutôt singulière, mais bienvenue, pour la saison estivale à venir.

Certains looks élégants étaient associés à des couvre-chefs soyeux et à des sacs à main sophistiqués, notamment des paniers tressés parsemés de strass, des sacs de plage en paille et des pochettes à franges.

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Sarah Altwaim. (Photo fournie)

La mode affluait à mesure que la mer Rouge brillait. La collection de Sara Altwaim comprenait un certain nombre de robes blanches fluides en dentelle et en mousseline. Chacune des pièces est attrayante, grâce à une touche individuelle, de subtiles perles, des coupes superposées ou un mélange de tissus.

Altwaim a présenté un tissu en mousseline d’inspiration sous-marine présentant des croquis de créatures des fonds marins, comme les poissons, les crevettes et les crabes, qui ont fait leur apparition dans une variété d’ensembles.

Les cols de perles très superposés, les jupes en forme de paréo, les résilles ornées de bijoux, les tissus métalliques et les vêtements fluides étaient également inspirés de la vie marine.

La créatrice saoudienne Yasmina Q a introduit les vêtements d’intérieur, clôturant les défilés avec une collection de robes en tricot effet côtelé dans des tons vert menthe, bleu écume de mer, jaune vif, corail et bien plus encore.

Il y avait aussi des manches évasées et une taille ajustée qui se transformait en une forme trapèze. Certaines pièces étaient également sans manches pour un look estival plus décontracté. La collection, composée de lunettes de soleil et de chapeauxestivaux, présentait également une gamme de vêtements d’intérieur, allant des bas côtelés aux hauts ajustés simples, en passant par les chemises côtelées, les hauts kimonos et les pulls amples.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com