Mostra de Venise: Yvan Attal s'attaque au consentement et à la "zone grise"

Le réalisateur français Yvan Attal assiste à un photocall pour le film "Les Choses Humaines" (L'Accusation) présenté hors compétition le 9 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
Le réalisateur français Yvan Attal assiste à un photocall pour le film "Les Choses Humaines" (L'Accusation) présenté hors compétition le 9 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
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Publié le Vendredi 10 septembre 2021

Mostra de Venise: Yvan Attal s'attaque au consentement et à la "zone grise"

  • Le film reprend la trame du roman de Karine Tuil: une jeune femme porte plainte contre le fils de la nouvelle compagne de son père, qui l'aurait violée à la fin d'une soirée étudiante
  • Le film ne tranche jamais en faveur de l'un ou de l'autre protagoniste, laissant le spectateur se faire son intime conviction entre les deux versions des mêmes faits

VENISE, Italie : Le cinéaste Yvan Attal s'attaque à la question de l'existence d'une "zone grise" autour du consentement dans "Les choses humaines", adaptation d'un roman à succès présenté jeudi à la Mostra de Venise, dans lequel il enrôle son fils.

Le film, présenté hors compétition et qui sort le 1er décembre en France, reprend la trame du roman de Karine Tuil, prix Goncourt des lycéens et prix Interallié en 2019: une jeune femme porte plainte contre le fils de la nouvelle compagne de son père, qui l'aurait violée à la fin d'une soirée étudiante.

Ce dernier, issu de la haute bourgeoisie intellectuelle et médiatique parisienne, nie tout rapport sexuel contraint, invoquant la "zone grise" du consentement face à une partenaire qui n'aurait pas dit "non", mais va finir par être mis en examen pour viol et jugé.

Le film ne tranche jamais en faveur de l'un ou de l'autre protagoniste, laissant le spectateur se faire son intime conviction entre les deux versions des mêmes faits, qui ne sont jamais montrés à l'écran. "Le but ultime, c'est d'être bringuebalé entre les deux", explique Yvan Attal.

Le réalisateur de "Mon chien stupide" (2018) et "Le Brio" (2017), 56 ans, a fait une nouvelle fois appel à sa compagne, Charlotte Gainsbourg, pour interpréter la mère du jeune accusé, une militante féministe, et a aussi entraîné dans l'aventure leur fils Ben Attal, à qui il offre le premier rôle.

Se mettre dans la peau de ce jeune étudiant brillant de Stanford qui n'arrive pas à prendre conscience qu'il a agressé une jeune femme sur laquelle il a de l'ascendant était "très, très compliqué", explique Ben Attal, 24 ans, à l'AFP.

"J'aimerais aimer ce personnage mais je ne comprends pas comment quelqu'un d'aussi intelligent puisse ne pas comprendre l'émotion de l'autre", ajoute-t-il. "Je ne peux pas cautionner ça".

Face à lui, la victime, Mila, est jouée par un nouvelle venue, Suzanne Jouannet, qui espère que le film puisse permettre "d'ouvrir le dialogue. Sur la +zone grise+, les gens ne sont pas à l'aise, c'est subjectif".

Pourquoi Yvan Attal a-t-il choisi son fils ? "Je voulais un garçon pour lequel on ne ressente pas tout de suite une répulsion, un gentil garçon", a répondu le réalisateur, qui s'intéresse à "ce qui fait qu'il n'a pas pu voir que cette fille ne voulait pas".

Dernier tour de piste à la Mostra avec Ben Affleck et Matt Damon

Toujours à la Mostra, Ben Affleck et Matt Damon s'apprêtent à enflammer le tapis rouge vendredi à Venise pour "Le dernier duel", le nouveau film de Ridley Scott, à la veille de la clôture d'une Mostra marquée par le comeback de Hollywood et une compétition de haut vol.

Après dix jours de célébration du septième art sur le Lido, les organisateurs du plus ancien festival de cinéma du monde s'offrent une nouvelle dose de stars internationales avec ce film en costume à grand spectacle, qui se déroule dans la France du Moyen-Âge, sous le règne de Charles VI.

Les paparazzi ont pu s'en donner à cœur joie dès jeudi, Ben Affleck et sa compagne la chanteuse Jennifer Lopez traversant la lagune, en plein soleil, à bord d'un bateau-taxi.

L'acteur américain Ben Affleck et l'actrice et chanteuse américaine Jennifer Lopez voyagent à bord d'un bateau-taxi vaporetto le 9 septembre 2021 après leur arrivée pour assister au 78e Festival du film de Venise à Venise. Filippo MONTEFORTE / AFP
L'acteur américain Ben Affleck et l'actrice et chanteuse américaine Jennifer Lopez voyagent à bord d'un bateau-taxi vaporetto le 9 septembre 2021 après leur arrivée pour assister au 78e Festival du film de Venise à Venise.
Filippo MONTEFORTE / AFP

Au casting du film, figurent également Adam Driver (Kylo Ren dans "Star Wars") et l'actrice britannique Jodie Comer.

"Le dernier duel" marque le retour à l'écriture d'un duo, Ben Affleck et Matt Damon, qui s'étaient fait connaître il y a un quart de siècle avec "Will Hunting", projet qu'ils avaient déjà co-écrit et que Gus Van Sant avait réalisé.

Projeter sur le Lido cette grosse production, signée Ridley Scott, créateur de "Blade Runner" ou "Gladiator", est un signe supplémentaire de l'influence de la Mostra de Venise, qui a fait son succès ces dernières années en mêlant cinéma d'auteur et films des plus gros studios, et en devenant une rampe de lancement pour les Oscars.

Outre "Le dernier duel", Venise a également accueilli cette année le feu d'artifice "Dune", nouvelle adaptation très attendue du roman phare de la science-fiction, avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac ou encore Javier Bardem.

Cet afflux de stars dans la cité lacustre est aussi une preuve de la volonté de redémarrage de l'industrie mondiale du cinéma, qui a été mise à genoux par la crise sanitaire.

Celle-ci a favorisé un essor sans précédent des plateformes, d'ailleurs présentes en force à Venise cette année, avec plusieurs films produits par Netflix et distribués directement sur la plateforme parmi les plus sérieux candidats au Lion d'or, comme "La part du Chien" de Jane Campion ou "La main de Dieu" de Paolo Sorrentino.

- Kristen Stewart en princesse Diana -

La récompense suprême doit être décernée samedi soir lors de la cérémonie de clôture de cette 78e Mostra.

Le jury, présidé par le cinéaste sud-coréen Bong Joon-Ho, lauréat de la Palme d'Or 2019 à Cannes avec "Parasite" et au sein duquel siègent également la cinéaste sino-américaine Chloé Zhao, oscarisée pour "Nomadland", doit encore voir vendredi le 21e et ultime film de la sélection, "Un autre monde".

L'actrice américaine Kristen Stewart pose à son arrivée pour la projection du film "Spencer" présenté en compétition le 3 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. Filippo MONTEFORTE / AFP
L'actrice américaine Kristen Stewart pose à son arrivée pour la projection du film "Spencer" présenté en compétition le 3 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise.
Filippo MONTEFORTE / AFP

Signé du Français Stéphane Brizé, il s'agit du troisième volet d'une trilogie sociale dont le rôle principal est confié à Vincent Lindon. Après avoir incarné un vigile de supermarché dans "La loi du marché" (2015), puis un leader syndical dans "En guerre", l'acteur se glisse cette fois dans la peau d'un cadre dirigeant.

Pour le Lion d'Or, la compétition semble très ouverte.

Selon les critiques internationales compilées par le quotidien du Festival, Jane Campion, déjà Palme d'or à Cannes pour "La leçon de Piano", le film russe "Capitaine Volkonogov s'est échappé" ou encore les "Mères Parallèles" de Pedro Almodovar sont très bien placés.

Et tout le monde s'accorde à saluer la performance de Kristen Stewart en princesse Diana dans "Spencer", faisant d'elle la plus sérieuse candidate au prix d'interprétation féminine.

 

 

Les 21 films en lice pour le Lion d'or à Venise

Vingt-et-un films sont en lice pour remporter le prestigieux Lion d'or du meilleur film au 78ème festival du cinéma de Venise, qui sera décerné samedi soir. Brève description de chacun d'entre eux:

"Madres paralelas" de Pedro Almodovar (Espagne)

Le cinéaste de 71 ans renoue avec ses sujets de prédilection, la filiation et les figures féminines, pour un film qui ambitionne d'aider l'Espagne à panser les plaies de la Guerre civile. Son actrice fétiche Penelope Cruz incarne Janis, une photographe enceinte d'un ami archéologue et marié, qui lui a promis de l'aider à retrouver la sépulture de son arrière grand-père, disparu lors de la guerre civile. La vie de Janis est bouleversée par sa rencontre avec Ana, une jeune fille qui accouche le même jour dans la même maternité.

"Mona Lisa and the Blood Moon" de Ana Lily Amirpour (Etats-Unis)

"Mona Lisa", une jeune fille coréenne dotée de pouvoirs télépathiques, s'échappe d'une institution psychiatrique en Louisiane et est recueillie à La Nouvelle Orléans chez une strip-teaseuse haute en couleurs incarnée par Kate Hudson, surprenante dans ce rôle à contre-emploi. Mona Lisa ne tarde pas à nouer un lien fort avec Charlie, le petit garçon solitaire de sa logeuse. Ce mix surprenant de conte de fées et de jeu vidéo ponctué de musique techno et métal est signé de l'Américaine d'origine iranienne Ana Lily Amirpour.

"Un Autre Monde" de Stéphane Brizé (France)

Troisième épisode d'une trilogie sur le monde du travail, ce film avec Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain adopte le point de vue d'un patron qui doit prendre des décisions dramatiques.

"La part du chien" de Jane Campion (Australie/Nouvelle-Zélande)

Adapté du roman éponyme de Thomas Savage, ce huis clos étouffant dans un monde de cow-boys entraîne le spectateur dans un ranch du Montana au début du XXe siècle, où la vie du célibataire endurci Phil Burbank (Benedict Cumberbatch) est bouleversée par l'arrivée de la nouvelle femme de son frère, Rose (Kirsten Dunst), et de son fils issu d'un précédent mariage. A petites touches, ce film produit par Netflix dépeint une société corsetée au bord de l'implosion.

"America Latina" de Fabio et Damiano D’Innocenzo (Italie-France)

Les jumeaux italiens ont écrit et mis en scène ce film à mi-chemin entre thriller et histoire d'amour, avec notamment Elio Germano, prix d'interprétation à Cannes en 2010.

"L’Événement" de Audrey Diwan (France)

La réalisatrice franco-libanaise adapte Annie Ernaux pour raconter Anne, une étudiante insouciante dans la France du début des années 1960, où l'avortement n'est pas encore légalisé. Anne découvre qu'elle est enceinte, mais la jeune femme, issue d'un milieu populaire, souhaite continuer ses études de lettres. Médecins, amis, partenaire, professeur: elle ne trouvera personne pour l'aider.

"Competencia Oficial" de Gastόn Duprat et Mariano Cohn (Espagne/Argentine)

Dans cette comédie bourrée d'autodérision sur les travers du cinéma, Penélope Cruz incarne Lola, une célèbre réalisatrice qui doit travailler avec deux acteurs brillants mais que tout oppose: Félix, star hollywoodienne, sexy, charismatique et tellement sûr de lui, évidemment interprété par Antonio Banderas. Et Ivan, un acteur de théâtre renommé, lettré et faussement humble --le rôle a été confié à l'acteur argentin Oscar Martinez. Ce trio doit préparer le tournage et répéter ensemble, pas facile lorsqu'on partage si peu de choses, si ce n'est un égo surdimensionné.

"Il Buco" de Michelangelo Frammartino (Italie/France/Allemagne)

Basé sur une histoire vraie, "Il buco" ("Le trou") suit de jeunes spéléologues qui entreprennent en 1961 d'explorer une profonde grotte dans le sud de l’Italie. Ce film épuré sans dialogues est aussi une allégorie poétique sur la marche aléatoire du progrès dans l'Italie du boom économique.

"Sundown" de Michel Franco (Mexique/France/Suède)

Tim Roth interprète un homme riche qui cherche à s'éloigner de sa vie réglée durant ses vacances. Charlotte Gainsbourg fait partie du casting.

"Illusions perdues" de Xavier Giannoli (France)

Dans cette adaptation du roman de Balzac, Lucien (Benjamin Voisin) est un jeune poète inconnu dans la France du XIXème siècle qui veut se forger un destin. Il quitte sa province natale pour tenter sa chance à Paris, au bras de sa protectrice. Il va aimer, souffrir, mais survivre à ses illusions. Egalement au casting, Cécile de France et Gérard Depardieu.

"The Lost Daughter" de Maggie Gyllenhaal (Etats-Unis/Grèce/GB/Israël)

L'actrice américaine Maggie Gyllenhaal fait ses début derrière la caméra dans cette adaptation d'un roman d'Elena Ferrante, "Poupée volée", avec Olivia Colman dans le rôle d'une femme oscillant entre raison et folie.

"Spencer" de Pablo Larraín (Allemagne/GB)

Drôle, fantasque et fragile: l'actrice américaine Kristen Stewart incarne la princesse Diana, décédée il y a 24 ans. Cette icône, disséquée dans moult documentaires, séries et films, a-t-elle encore quelque chose à dévoiler? En presque deux heures, le cinéaste chilien répond par l'affirmative en universalisant l'intimité de cette femme qui ne réussit plus à respirer, étouffée par le protocole corseté des Windsor mais refusant de renoncer à sa liberté.

"Freaks Out" de Gabriele Mainetti (Italie/Belgique)

A Rome durant la Seconde Guerre mondiale, une troupe de cirque sombre dans le désespoir après la disparition de leur directeur juif. Ce conte de fées bourré d'effets spéciaux se veut un feu d'artifices optimiste sur la résilience et la célébration de la différence.

"Qui rido io" de Mario Martone (Italie/Espagne)

La star italienne Toni Servillo interprète le célèbre comédien napolitain Eduardo Scarpetta (1853-1925) dans ce biopic signé Mario Martone. Eduardo Scarpetta, auteur du chef-d'œuvre "Misère et Noblesse", a aussi donné naissance à une dynastie de comédiens parmi lesquels Eduardo De Filippo, Peppino De Filippo et Titina De Filippo, lesquels marqueront le théâtre et le cinéma napolitains du XXe siècle.

"On the Job: The Missing 8" de Erik Matti (Philippines)

Suite de "On the job" (2013), ce film suit les pas d'un journaliste enquêtant sur la disparition mystérieuse de ses collègues et d'un détenu libéré temporairement pour commettre des assassinats.

"Leave no traces" de Jan P. Matuszyński (Pologne/France/République tchèque)

"Żeby nie było śladów" raconte l'histoire vraie du tabassage d'un jeune militant à Varsovie par la milice sous le régime communiste.

"Le capitaine Volkonogov s'est échappé" de Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov (Russie/Estonie/France)

En 1938, Fiodor Volkonogov, officier modèle des services de sécurité soviétiques, a pour mission de faire avouer à des innocents par tous les moyens, y compris la torture, des crimes qu'ils n'ont pas commis. Avec ou sans aveux, l'issue est toujours la même: la mort. Jusqu'au jour où lui-même fait l'objet de soupçons. Il décide alors de se lancer dans une quête de rédemption pour obtenir le pardon des familles de ses propres victimes.

"The Card Counter" de Paul Schrader (Etats-Unis/GB/Chine)

Un joueur de poker (Oscar Isaac) est hanté par son passé de soldat en Irak, où il a été impliqué dans les violations de droits humains à la prison d'Abou Ghraib.

"La main de Dieu" de Paolo Sorrentino (Italie)

Dans ce film largement autobiographique qui sortira sur Netflix, Paolo Sorrentino raconte l'enfance d'un jeune Napolitain, brisée par la mort accidentelle de ses parents, intoxiqués au monoxyde de carbone. Cette ode à Naples est aussi le prétexte d'une galerie de portraits de personnages hauts en couleurs.

"Reflet" de Valentyn Vasyanovych (Ukraine)

Le protagoniste, chirurgien dans la vie civile, est capturé par les forces russes présentes dans l'est de l'Ukraine, et vit une véritable descente aux enfers: humiliations, violences et torture. Libéré lors d'un échange de prisonniers, il peine à retrouver ses marques.

"La Caja" de Lorenzo Vigas (Mexique/Etats-Unis)

Un adolescent de Mexico prend la direction du nord pour récupérer les cendres de son père, mais il est emporté dans le monde sordide des ateliers textiles à bas coût. Avec ce film coup de poing, le cinéaste vénézuélien, premier latino-américain à avoir décroché un Lion d'or, aborde à la fois l'exploitation de la main d'œuvre, les disparitions au Mexique, la paternité et les violences contre les femmes.

 


Mondial-2026: l'Espagne vient à bout de la Belgique et défiera la France en demie

Le milieu de terrain espagnol n°06, Mikel Merino, célèbre son deuxième but lors du match de quart de finale de la Coupe du monde de football 2026 entre l’Espagne et la Belgique, au Los Angeles Stadium à Inglewood, le 10 juillet 2026. (AFP)
Le milieu de terrain espagnol n°06, Mikel Merino, célèbre son deuxième but lors du match de quart de finale de la Coupe du monde de football 2026 entre l’Espagne et la Belgique, au Los Angeles Stadium à Inglewood, le 10 juillet 2026. (AFP)
  • L’Espagne bat la Belgique 2-1 grâce à un but tardif de Mikel Merino et se qualifie pour les demi-finales du Mondial-2026, où elle affrontera la France
  • Malgré un match disputé et une forte performance de Thibaut Courtois, sorti sur blessure, la Belgique quitte le tournoi après avoir longtemps résisté à la Roja

LOS ANGELES: L'Espagne a souvent buté sur Thibaut Courtois, mais a encore pu compter sur une réalisation tardive de Mikel Merino pour dominer la Belgique (2-1) vendredi à Los Angeles, offrant un choc très attendu en demi-finale du Mondial-2026 contre l'équipe de France.

Annoncées parmi les grandes sélections favorites au titre depuis le début du tournoi, l'Espagne et la France vont s'affronter mardi à Dallas pour une place en finale, lors d'un choc qui fait saliver toute la planète football.

Si les Bleus ont impressionné face au Maroc jeudi (2-0), la Roja a mis du temps à faire la décision contre des Diables Rouges à la hauteur de l'enjeu. Comme au tour précédent face au Portugal (1-0), Mikel Merino a délivré sa formation grâce à un but dans les dernières minutes.

Merino est "un un footballeur très polyvalent, il peut jouer en six, en huit, en dix et en neuf, et il fait tout bien", a salué son sélectionneur Luis de la Fuente. "Il a une compréhension du jeu exceptionnelle, du calme pour lire les matchs", a-t-il ajouté.

Les Espagnols se qualifient ainsi en demies de la Coupe du monde pour la deuxième fois de leur histoire après 2010, l'année de leur titre mondial. Ils avaient participé au groupe final à quatre en 1950.

Les Belges pourront eux regretter la blessure de leur capitaine Youri Tielemans, forfait à la dernière minute, et surtout celle de leur gardien totem Thibaut Courtois, qui a quitté la pelouse blessé à une cuisse à la 71e.

Le portier du Real "voulait continuer" mais a été sorti par son sélectionneur Rudi Garcia parce qu'il ne pouvait plus "jouer long" au pied, même s'il a expliqué "ne pas se sentir gêné", pour plonger.

- L'erreur de Lammens -

Dix-sept minutes plus tard, son remplaçant Senne Lammens a commis l'erreur fatale: un ballon relâché sur une frappe de loin de Pau Cubarsi, dans les pieds de Mikel Merino (88e), une issue cruelle pour le portier de 24 ans, lors de sa troisième sélection seulement, après une belle saison avec Manchester United.

"Pour un gardien ce sont des sensations horribles, c'est un grand gardien, il reviendra plus fort", a compati Courtois.

Encore solide derrière, la Roja a toutefois encaissé son premier but du tournoi, sur la première vraie incursion belge du match: à la réception d'un centre de Timothy Castagne, Charles de Ketelaere a gagné son duel contre Pau Cubarsi pour une tête qui a trompé Unai Simon (41e).

Les Diables Rouges arrachaient là l'égalisation après l'ouverture du score de Fabian Ruiz qui avait bien suivi une parade mal dégagée, cette fois de Courtois (30e). Le milieu du Paris SG mettait ainsi à profit sa première titularisation depuis le premier match de l'Espagne face au Cap-Vert.

Après un début de match prudent, la Roja semblait alors prendre confiance, avec une action collective fantastique mais non conclue (38e).

Lamine Yamal, qui ne compte toujours qu'un seul but lors de la compétition, s'est démené, mais a manqué de précision, tirant trop à gauche (21e), trop à droite (40e et 52e), ou trop près de Courtois (61e) avant d'être frustré par de bonnes interventions défensives.

Les entrées de Romelu Lukaku et Axel Witsel n'ont pas suffit pour la sélection de Rudi Garcia, qui aura fait trembler l'un des favoris du Mondial.

"On aurait pu mieux faire avec le ballon (...) on n'a pas été assez dangereux", a toutefois regretté Castagne.

Avant le choc contre la France, l'Espagne a récupéré l'attaquant Nico Williams, rentré en fin de rencontre pour la première fois depuis sa blessure face à l'Uruguay.

Pour De la Fuente, ce n'est "pas exagéré de parler de finale avant l'heure", le technicien s'attend à "un super match", et la Roja se sent "capable de battre n'importe quelle équipe", a-t-il assuré pour lancer les hostilités.


Mondial-2026: le Maroc a confirmé son nouveau statut et regarde déjà vers 2030

Des supporters marocains réagissent en regardant le quart de finale de la Coupe du monde 2026 opposant leur équipe à la France, disputé aux États-Unis, depuis le stade Prince Moulay Abdellah, transformé en fan zone, à Rabat, au Maroc. (AFP)
Des supporters marocains réagissent en regardant le quart de finale de la Coupe du monde 2026 opposant leur équipe à la France, disputé aux États-Unis, depuis le stade Prince Moulay Abdellah, transformé en fan zone, à Rabat, au Maroc. (AFP)
  • Malgré son élimination face à la France (2-0), le Maroc confirme sa progression parmi les grandes nations du football
  • Les Lions de l'Atlas se projettent déjà vers la CAN 2027 et le Mondial 2030 avec de fortes ambitions

LOS ANGELES: Eliminé en quart de finale par la France (2-0) jeudi, le Maroc a néanmoins confirmé lors du Mondial-2026 son statut de nation forte et, certaine d'être sur la bonne voie, se projette déjà sur "sa" Coupe du monde dans quatre ans.

Comme en 2022, les Lions de l'Atlas ont en effet fini par plier face aux Bleus, sur le même score. Et avec cette fois le sentiment d'avoir été battus par une équipe qui leur a été assez largement supérieure, quand la demi-finale perdue sans démériter au Qatar avait pu à l'époque faire naître quelques regrets.

"Nous avons tout donné face à un adversaire très fort. Mais nous continuerons à construire une équipe capable de lutter pour les titres", s'empressait de déclarer à l'issue du match le sélectionneur Mohamed Ouahbi.

Car pour le Maroc, l'enseignement de cette Coupe du monde dépasse largement l'issue de ce quart de finale: après avoir créé la surprise lors de la précédente édition, il a confirmé qu'il fallait désormais bien compter sur lui sur l'échiquier mondial, dans la foulée d'une Coupe d'Afrique des nations remportée sur tapis vert (le Tribunal arbitral du sport doit encore statuer) à domicile, qui aurait pu jeter un voile sur ses prétentions.

Mohamed Ouahbi, qui a succédé à Walid Regragui, a réussi, en un peu plus de trois mois à peine, à transfigurer le style de jeu des Lions de l'Atlas, devenu plus proactif, offensif, basé sur la possession.

- "Croire en notre projet" -

"Je suis très fier de ce que nous avons réalisé. Je suis agréablement surpris par la vitesse avec laquelle les joueurs ont assimilé ma philosophie de jeu. Ils ont montré une immense envie de progresser", a souligné le technicien.

Son équipe, menée par le capitaine Achraf Hakimi, s'est montrée conquérante lors de ses cinq premiers matches. Elle a d'abord fait plus que jeu égal avec le Brésil (1-1) pour son entrée en lice, puis elle a su faire preuve de grandes ressources mentales pour renverser les Pays-Bas en 16es (1-1, 3-2 t.a.b.) et elle s'est montrée implacable en 8e face au Canada pays coorganisateur (3-0).

Tant et si bien que le Maroc était perçu comme un adversaire de taille pour la France et les paroles de Mohamed Ouahbi prononcées en début de tournoi - "Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde" - ont été prises au sérieux.

A commencer par les Bleus de Kylian Mbappé, qui n'ont pas pris de haut leurs adversaires et ont mis fin à leur aventure plus tôt qu'ils ne l'avaient envisagé.

"Cette défaite ne doit pas briser notre détermination", a déclaré Ouahbi. "Nous devons continuer à croire en notre projet, poursuivre notre travail et rester concentrés sur les fondamentaux."

- "L'avenir sera très beau" -

Un mot d'ordre venu rappeler la double stratégie au long cours mise en place par la Fédération.

La première se repose sur la formation des jeunes, qui a déjà porté ses fruits avec le titre glané au Mondial des moins de 20 ans l'an passé, déjà sous les ordres de Ouahbi à la tête d'une génération talentueuse appelée à jouer chez les A, Gessime Yassine ayant été le seul convoqué pour le tournoi.

La seconde vise à convaincre les binationaux de choisir le Maroc, à l'image d'Ayyoub Bouaddi, né à Senlis il y a 18 ans, passé par les sélections de jeunes en équipe de France et qui s'est décidé juste avant le Mondial à jouer pour le pays de ses parents.

"Nous disposons d’un grand vivier de jeunes joueurs et de toutes les conditions nécessaires pour continuer à progresser", a dit le sélectionneur.

Son homologue Didier Deschamps ne pouvait qu'abonder: "A part Achraf Hakimi, qui compte plus d’une centaine de sélections, beaucoup de joueurs sont encore au début de leur parcours international. Cela laisse penser que le Maroc aura un avenir avec le sourire".

Dans quatre ans, le Maroc coorganisera le prochain Mondial, avec l'Espagne et le Portugal. Et il n'y a aucune raison pour que ses ambitions viennent à baisser.

"Il y aura d'abord une Coupe d’Afrique des Nations (en 2027) avec des éliminatoires à bien préparer et puis une compétition que nous voulons remporter à domicile en 2030", a martelé Mohamed Ouahbi, convaincu que "l'avenir sera très beau si cette équipe continue sur cette voie".


Des photographies de la Coupe du Monde au Qatar exposées à Mexico

Mêlant photographie, installations multimédias et objets emblématiques du sport, l’exposition explore l’impact de la précédente Coupe du Monde bien au-delà du football. (Fourni)
Mêlant photographie, installations multimédias et objets emblématiques du sport, l’exposition explore l’impact de la précédente Coupe du Monde bien au-delà du football. (Fourni)
  • L’exposition « Journeys to Greatness: Qatar 2022 Legacy » à Mexico présente des photographies de Tasweer illustrant l’impact humain et culturel de la Coupe du Monde Qatar 2022
  • Ouverte jusqu’au 9 août au Centro de Cultura Digital, elle met en avant l’héritage du tournoi à travers la photographie, des installations multimédias et des objets sportifs

DUBAÏ : Des photographies mettant en lumière les histoires humaines qui ont marqué la Coupe du Monde de la FIFA Qatar 2022 sont arrivées à Mexico, où elles sont présentées dans le cadre d’une exposition qui établit un lien entre l’héritage du tournoi et la Coupe du Monde actuelle.

Une sélection d’images de « After the Game », l’une des expositions phares de la troisième édition du Tasweer Photo Festival Qatar en 2025, est présentée dans « Journeys to Greatness: Qatar 2022 Legacy ». Organisée par le Musée olympique et sportif 3-2-1 Qatar, en partenariat avec le ministère mexicain de la Culture à travers le Centro de Cultura Digital, l’exposition s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture Qatar-Canada-Mexique 2026.

Associant photographie, installations multimédias et souvenirs sportifs, l’exposition explore les répercussions de la précédente Coupe du Monde au-delà du terrain, en mettant l’accent sur les personnes, les cultures et les communautés réunies par cet événement.

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Les photographies de Tasweer sont présentées dans différentes sections de l’exposition, notamment « Look of the Game », « Matches and Players » et « Unity in Diversity ». (Fourni)

Les photographies de Tasweer sont présentées dans différentes sections de l’exposition, notamment « Look of the Game », « Matches and Players » et « Unity in Diversity ». Plutôt que de documenter l’action sur le terrain, elles mettent en lumière les célébrations des supporters, les échanges culturels et les rencontres du quotidien.

« L’héritage de Qatar 2022 appartient non seulement aux joueurs et aux matchs, mais aussi aux supporters qui ont donné vie à cette compétition », a déclaré Abdulla Al-Mulla, directeur du Musée olympique et sportif 3-2-1 Qatar, soulignant que l’exposition illustre la manière dont le tournoi continue de créer des liens au-delà des frontières.

De son côté, Khalifa Al-Obaidli, directeur du Tasweer Photo Festival, a déclaré : « La photographie possède une capacité unique à préserver les émotions. Les œuvres présentées pour la première fois dans After the Game capturent les expériences, les rencontres et l’humanité partagée qui ont fait de Qatar 2022 une étape marquante et profondément transformatrice. »

L’exposition est présentée au Centro de Cultura Digital de Mexico jusqu’au 9 août. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com