Rassemblement d'Afghanes voilées dans une université de Kaboul en soutien aux talibans

Dans l'amphithéâtre de l’université Shaheed Rabbani, les oratrices qui se sont succédé sur l'estrade ont tancé les femmes descendues dans les rues ces derniers jours dans le pays pour réclamer le respect de leurs droits. (Photo, AFP)
Dans l'amphithéâtre de l’université Shaheed Rabbani, les oratrices qui se sont succédé sur l'estrade ont tancé les femmes descendues dans les rues ces derniers jours dans le pays pour réclamer le respect de leurs droits. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 12 septembre 2021

Rassemblement d'Afghanes voilées dans une université de Kaboul en soutien aux talibans

  • Ces quelque 300 femmes, dont la majorité portait des niqabs noirs couvrant la totalité de leur visage à l'exception des yeux, ont brandi les drapeaux des nouveaux maîtres de l'Afghanistan
  • Les talibans, qui sont revenus au pouvoir le 15 août dernier vingt ans après en avoir été chassé, sont attendus au tournant, notamment sur la question des droits des femmes

KABOUL: Plusieurs centaines d'Afghanes entièrement voilées se sont réunies samedi dans l'amphithéâtre d'une université de Kaboul pour exprimer leur soutien au nouveau régime taliban dont la politique à l'égard des femmes suscite l'inquiétude dans le pays comme à l'étranger.

Ces quelque 300 femmes, dont la majorité portait des niqabs noirs couvrant la totalité de leur visage à l'exception des yeux, ont brandi les drapeaux des nouveaux maîtres de l'Afghanistan en écoutant les oratrices venues défendre les mesures du nouveau régime.

Une poignée d'entre elles avaient revêtu la burqa, un voile intégral doté d'une grille au niveau des yeux dont le port était obligatoire sous le premier régime taliban (1996-2001) et de nombreuses femmes portaient des gants noirs, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les talibans, qui sont revenus au pouvoir le 15 août dernier vingt ans après en avoir été chassé, sont attendus au tournant, notamment sur la question des droits des femmes.

La population et la communauté internationale gardent en mémoire l'application stricte de la charia, la loi islamique, lors de leur premier passage au pouvoir. Les femmes n'étaient alors autorisées ni à étudier ni à travailler.

Depuis le 15 août, le mouvement islamiste a promis que leurs droits seraient respectés et annoncé qu'elles pourraient étudier à l'université, à condition qu'elles portent une abaya et un niqab et que les cours soient non-mixtes - ou alors séparés des étudiants par un rideau.

Dans l'amphithéâtre de l’université Shaheed Rabbani samedi, les oratrices qui se sont succédé sur l'estrade ont tancé les femmes descendues dans les rues ces derniers jours dans le pays pour réclamer le respect de leurs droits. 

Elles ont également défendu le nouvel exécutif qui a interdit les manifestations - sauf autorisation donnée par le ministère de la Justice.

Une autorisation demandée et obtenue par les manifestantes de l'université, selon Daud Haqqani, chargé des relations extérieures au ministère de l'Éducation. 

"Satisfaites"

"Nous sommes contre ces femmes qui manifestent dans les rues en prétendant qu'elles sont représentatives des femmes" afghanes, a dénoncé la première intervenante. 

"Est-ce que la liberté c'est d'aimer l'ancien gouvernement? Non, ce n'est pas ça la liberté", a-t-elle ajouté. "Le gouvernement sortant abusait des femmes. Les femmes étaient recrutées uniquement pour leur beauté".

Une autre étudiante, Shabana Omari, a affirmé être d'accord avec la politique des talibans selon laquelle les femmes devraient toutes porter un voile. 

"Celles qui ne portent pas le hijab nous font du mal, à nous toutes", a-t-elle estimé, en référence au voile islamique. 

Pour une autre oratrice, Somaiya, les choses ont changé, en bien, depuis le retour des talibans.

"Nous ne verrons plus de +bihijabi+ (personnes ne portant pas de foulard)", a-t-elle déclaré. "Les femmes seront en sécurité. Nous soutenons de toutes nos forces notre gouvernement". 

A l'issue des discours, les manifestantes ont défilé dans la rue en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire "les femmes qui ont quitté l'Afghanistan ne peuvent pas nous représenter" ou encore "nous sommes satisfaites de l'attitude et du comportement des moudjahidines (talibans)". 

Plus de trois semaines après avoir pris le pouvoir, les talibans ont dévoilé cette semaine la composition de leur gouvernement provisoire mais leur politique comporte encore de nombreuses zones d'ombre.

Le nouveau régime a indiqué que les femmes seraient autorisées à travailler "conformément aux principes de l'islam", sans donner plus de précisions.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.