Chez les pompiers de Brooklyn, le souvenir toujours vif des «frères» morts le 11 septembre 2001

Autour du drapeau américain, collègues à la retraite et des familles se sont retrouvés samedi, comme chaque 11 septembre, pour un moment plus intime que la cérémonie officielle organisée en grande pompe à Manhattan, au mémorial du 11-Septembre, autour du président américain Joe Biden (Photo, AFP)
Autour du drapeau américain, collègues à la retraite et des familles se sont retrouvés samedi, comme chaque 11 septembre, pour un moment plus intime que la cérémonie officielle organisée en grande pompe à Manhattan, au mémorial du 11-Septembre, autour du président américain Joe Biden (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 12 septembre 2021

Chez les pompiers de Brooklyn, le souvenir toujours vif des «frères» morts le 11 septembre 2001

Autour du drapeau américain, collègues à la retraite et des familles se sont retrouvés samedi, comme chaque 11 septembre, pour un moment plus intime que la cérémonie officielle organisée en grande pompe à Manhattan, au mémorial du 11-Septembre, autour du président américain Joe Biden (Photo, AFP)
  • Depuis deux décennies, Paul Stallone, arrivé «le 12 septembre 1976» à Brooklyn, avec sa famille émigrant du sud de l'Italie, vit avec «la culpabilité de la survie»
  • «Mon frère me manque tellement, même vingt ans après. On apprend à vivre avec mais on ne s'en remet pas»

NEW YORK: Dans une caserne de pompiers de Brooklyn, il ne reste plus qu’un soldat du feu présent le 11 septembre 2001 toujours en exercice, mais le souvenir des 12 « frères » morts dans les décombres du World Trade Center est toujours vif et a été célébré dans l’émotion samedi.  

« Nous ne les oublierons jamais »: sur le fronton en pierre sculptée de cette compagnie appelée « Squad One », dans le quartier coquet de Park Slope à New York, les noms des 12 hommes disparus sont inscrits en permanence, à la vue des passants.  

Autour du drapeau américain, collègues à la retraite et des familles se sont retrouvés samedi, comme chaque 11 septembre, pour un moment plus intime que la cérémonie officielle organisée en grande pompe à Manhattan, au mémorial du 11-Septembre, autour du président américain Joe Biden.  

« Je suis le dernier (de la compagnie) parmi ceux qui travaillaient avec eux. Ce matin, la souffrance revient, mais je suis heureux aussi de voir des familles, de voir comment ils vont », souffle sur le trottoir Paul Stallone, 54 ans, avant la minute de silence à 08H46 (12H46 GMT), l'heure précise à laquelle la tour Nord a été percutée par le premier avion détourné par les djihadistes d'Al-Qaïda.  

Depuis deux décennies, Paul Stallone, arrivé « le 12 septembre 1976 » à Brooklyn, avec sa famille émigrant du sud de l'Italie, vit avec « la culpabilité de la survie ». Si son nom n'apparaît pas sur le fronton ou sur l'un des camions de la « Squad 1 », ou sur les tee-shirts portés samedi, c'est parce qu'il avait « terminé (son) tour la nuit précédente ».  

« On ne s'en remet pas »   

« Quand les tours ont été touchées, j'étais chez moi et je suis revenu à la caserne. C'est ce qui m'a sauvé la vie parce que le temps que j'arrive en ville, les tours étaient tombées. Les gars qui ont pris leur tour cette nuit-là, ou ce matin-là, ne sont jamais rentrés chez eux », raconte-t-il, bouleversé.   

Parmi ses 12 « frères », il y avait Stephen Siller. Ce père de cinq enfants de 34 ans venait de terminer son service, quand le premier avion a frappé le World Trade Center.  

Son matériel sur le dos, il avait traversé à pied un tunnel reliant Brooklyn à Manhattan pour participer aux secours, mais n'est jamais revenu vivant.  

Son frère, Frank Siller, a symboliquement emprunté samedi le même tunnel pour achever un parcours de plus de 800 km commencé cet été depuis Washington, afin de recueillir des fonds pour son association d'aide aux familles, « Tunnel 2 Towers ».  

« Mon frère me manque tellement, même vingt ans après. On apprend à vivre avec mais on ne s'en remet pas », confie-t-il.  

343 pompiers morts  

Au matin du 11 septembre 2001, un très grand nombre d'unités ont été mobilisées et 343 pompiers, provenant de 78 compagnies situées jusque dans le Queens et le Bronx ont perdu la vie.   

A la « Squad 1 », au-delà de la cérémonie, suivie d'une messe dans une église du quartier, c'est aussi un moment de retrouvailles entre familles, l'occasion de prendre des nouvelles et de discuter, au milieu des crépitements des talkie-walkie.  

Mais Theresa Johnson, la cousine de Matthew Garvey, disparu à 37 ans, ressent toujours de « l'anxiété ».  

« J'ai mal au coeur », dit cette femme de 50 ans, vêtue de noir. « Vingt ans plus tard, nous avons encore des attaques terroristes en Afghanistan (...) C'est toujours là. J'ai l'impression que je ne surmonterai jamais ça », ajoute-t-elle, sous le même ciel bleu que le matin du mardi 11 septembre 2001.  

Frank Siller, lui, ne veut pas évoquer le retrait américain d'Afghanistan. Il veut qu'« on se souvienne » de ceux qui sont morts et il reste optimiste.  

« Ce n'est pas aussi fort pour ceux qui n'étaient pas nés, parce qu'ils n'ont pas vu les tours tomber. Mais l'Amérique n'a jamais oublié Pearl Harbor. Et elle n'oubliera jamais le 11-Septembre », assure-t-il. 


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.