Antisémitisme en Europe: «une mèche qui doit être éteinte», prévient le pape à Budapest

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Publié le Dimanche 12 septembre 2021

Antisémitisme en Europe: «une mèche qui doit être éteinte», prévient le pape à Budapest

  • «Le meilleur moyen de la désamorcer, c'est de travailler ensemble de manière positive, c'est de promouvoir la fraternité»
  • Le pape François s'était notamment alarmé en 2019 de la recrudescence d'attaques antisémites dans différents pays

BUDAPEST: Le pape François, qui a entamé dimanche un voyage en Europe centrale par une étape à Budapest, a évoqué "la menace de l'antisémitisme qui circule encore en Europe et ailleurs", estimant qu'il s’agissait d'"une mèche qui doit être éteinte".

"Le meilleur moyen de la désamorcer, c'est de travailler ensemble de manière positive, c'est de promouvoir la fraternité", a ajouté le pape, lors d'une rencontre avec les représentants de confessions chrétiennes et de communautés juives hongroises.

Grand défenseur du dialogue interreligieux, le souverain pontife a rendu hommage à leurs propres efforts dans leur pays pour "abattre les murs de séparation du passé" et opérer "un changement de regard".

"Juifs et chrétiens, vous désirez voir dans l'autre non plus un étranger, mais un ami; non plus un adversaire, mais un frère", a-t-il estimé, en évoquant longuement le destin tragique d'un poète hongrois, Miklos Radnoti, assassiné en 1944 par des miliciens hongrois.

Les relations entre catholiques et juifs ont pris un nouveau départ grâce à un document du concile Vatican II, "Nostra Aetate", qui en 1965 a enfin prôné le respect du judaïsme. Pendant des siècles, l'origine juive de Jésus avait été occultée et les juifs présentés comme un peuple déicide dans les sermons d'Église.

Le pape François s'était notamment alarmé en 2019 de la recrudescence d'attaques antisémites dans différents pays.

La Hongrie, où réside la plus importante communauté juive d'Europe centrale avec quelque 100 000 membres selon des estimations, apparaît relativement épargnée. 

Le Premier ministre souverainiste Viktor Orban, qui se voit comme le rempart numéro un en Europe contre "l'invasion musulmane", présente la Hongrie comme un lieu sûr pour les juifs. 

Le gouvernement a officiellement décrété une politique de "zéro tolérance" envers l'antisémitisme et fait valoir les investissements consentis pour la rénovation et l'entretien de nombreuses synagogues et cimetières juifs.

Mais M. Orban a dans le même temps orchestré contre le financier américain d'origine hongroise George Soros une vaste campagne dont le Congrès juif mondial a dénoncé les accents antisémites.

Par ailleurs, il est accusé de vouloir réhabiliter Miklos Horthy, dirigeant hongrois de l'entre-deux guerres qui avait fait alliance avec le régime nazi. 

L'inauguration en 2014 d'un monument présentant la Hongrie comme une pure victime du nazisme et un controversé musée de l'Holocauste, dont la réouverture est repoussée depuis plusieurs années, ont également alimenté les craintes de révisionnisme historique.

Quelque 600 000 juifs hongrois ont péri dans les camps nazis, déportés en quelques mois grâce aussi au zèle de l'administration et de la police hongroises. Dès 1920, le pays s'était doté de la première législation antisémite de l'entre-deux-guerres en Europe, à l'instigation de Horthy qui devint un allié de Hitler et demeura au pouvoir jusqu'en 1944.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com