Au cœur de l'Europe centrale, le pape tend la main aux juifs slovaques

Le pape François est accueilli par la présidente slovaque Zuzana Caputova à son arrivée à l'aéroport international Milan Rastislav Stefanik à Bratislava, en Slovaquie, le 12 septembre 2021. (Photo, AFP)
Le pape François est accueilli par la présidente slovaque Zuzana Caputova à son arrivée à l'aéroport international Milan Rastislav Stefanik à Bratislava, en Slovaquie, le 12 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 13 septembre 2021

Au cœur de l'Europe centrale, le pape tend la main aux juifs slovaques

  • Trois jours avant l'arrivée du pape, Bratislava a présenté ses excuses officielles pour l'héritage sombre de l'époque du président Jozef Tiso, un prêtre catholique qui accepta d'envoyer des dizaines de milliers de juifs dans les camps de la mort allemands
  • Quelque 600 000 juifs hongrois ont péri dans les camps nazis, déportés en quelques mois, grâce aussi au zèle de l'administration et de la police hongroises

BRATISLAVA : Le pape François, attentif à corriger des siècles d'antijudaïsme catholique, rencontre lundi en Slovaquie la minuscule communauté juive d'un pays où l'antisémitisme reste présent.

Au deuxième jour de son voyage au coeur de l'Europe centrale - commencé dimanche à Budapest où il a conversé à huis clos avec le dirigeant souverainiste Viktor Orban - le pape argentin s'adressera lundi après-midi à la communauté juive slovaque et écoutera le témoignage d'un survivant de l'Holocauste.

Sa visite d'Etat commencera toutefois par une classique rencontre avec la présidente de la République, Zuzana Caputova, puis une allocution devant les autorités politiques et civiles du pays.

Un nouveau gouvernement dirigé par Eduard Heger a prêté serment en avril, clôturant une crise politique déclenchée par la décision de l'ancien Premier ministre d'acheter des vaccins russes Spoutnik V dans un pays sévèrement frappé par la pandémie.

Trois jours avant l'arrivée du pape, Bratislava a présenté ses excuses officielles pour l'héritage sombre de l'époque du président Jozef Tiso, un prêtre catholique qui accepta d'envoyer des dizaines de milliers de juifs dans les camps de la mort allemands. 

Après la création en 1939 de la première République slovaque, un pays totalitaire satellite de l'Allemagne nazie, plusieurs lois antijuives avaient servi de base aux déportations de dizaines de milliers de juifs slovaques. Aujourd'hui la communauté ne compte plus qu'environ 2 000 personnes.

Le pape la saluera en plein air sur la place Rybne, dans un quartier traditionnel juif de Bratislava, où se trouvait autrefois une synagogue, démolie en 1969 par le gouvernement communiste pour construire un pont.

Un mémorial érigé sur cette place en 1996 commémore les 105 000 victimes de l'Holocauste en Slovaquie. 

Moins de 300 survivants restèrent dans le pays à l'issue de la guerre. 

Richard Duda, président de l'Union centrale des communautés juives de Slovaquie, espère que la présence du pape François contribuera à améliorer les relations entre catholiques et juifs.

Car une étude publiée l'an dernier par Globsec, un groupe de réflexion slovaque, a révélé que 51% des Slovaques estiment que "les Juifs ont trop de pouvoir et contrôlent secrètement les gouvernements et les institutions du monde entier". 

Citations bibliques: François, épinglé

La rencontre arrive également à point nommé pour le pape François, plutôt perçu comme l'ami des juifs, mais épinglé en août pour ses commentaires sur un passage biblique évoquant trop négativement la loi juive (Torah), de l'avis de responsables juifs en Israël ou en Italie. Ses propos, sans grande nuance, ont été discrètement rectifiés.

Dans le passé, le pape a aussi été critiqué par des érudits juifs pour ses citations bibliques non contextualisées sur les "hypocrites" pharisiens,un stéréotype négatif qui a alimenté l'antijudaïsme.

Malgré ces maladresses, François a multiplié durant son pontificat les déclarations sur "la proximité entre judaïsme et christianisme". 

Les relations entre catholiques et cuifs ont pris un nouveau départ grâce à un document du Concile Vatican II, "Nostra Aetate", qui en 1965 a enfin prôné le respect du judaïsme.

Pendant des siècles, l'origine juive de Jésus avait été occultée et les Juifs présentés comme un peuple déicide dans les sermons d'Eglise.

Appel à combattre l'antisémitisme

A Budapest, lors d'une rencontre dimanche avec les représentants de confessions chrétiennes et de communautés juives hongroises, Jorge Bergoglio a évoqué "la menace de l'antisémitisme qui circule encore en Europe et ailleurs", estimant qu'il s’agissait d'"une mèche qui doit être éteinte". 

Le Premier ministre souverainiste Viktor Orban, qui se voit comme le rempart numéro un en Europe contre "l'invasion musulmane", présente la Hongrie comme un lieu sûr pour ses quelque 100 000 juifs, plus grande communauté d'Europe centrale. 

Le gouvernement fait valoir ses investissements pour la rénovation et l'entretien de nombreuses synagogues et cimetières.

Quelque 600 000 juifs hongrois ont péri dans les camps nazis, déportés en quelques mois, grâce aussi au zèle de l'administration et de la police hongroises. Dès 1920, le pays s'était doté de la première législation antisémite de l'entre-deux-guerres en Europe.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".