Allemagne: duel en terre royale pour deux aspirants chanceliers

Le social-démocrate (SPD) Olaf Scholz et la candidate des Verts Annalena Baerbock auraient pu choisir de se faire élire députés au Bundestag en tant que chefs de file de leurs partis respectifs. Une option sans risque. (AFP)
Le social-démocrate (SPD) Olaf Scholz et la candidate des Verts Annalena Baerbock auraient pu choisir de se faire élire députés au Bundestag en tant que chefs de file de leurs partis respectifs. Une option sans risque. (AFP)
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Publié le Lundi 13 septembre 2021

Allemagne: duel en terre royale pour deux aspirants chanceliers

  • Municipalité d'ex-Allemagne de l'est, Potsdam n'a pas le même profil que nombre de villes d'ancienne RDA, entraînées dans une longue décennie de déclin économique et démographique après la réunification
  • Les deux candidats à la succession d'Angela Merkel s'affrontent donc pour remporter un mandat direct à Potsdam, la capitale du Land du Brandebourg

POTSDAM: Des rois de Prusse à l'actrice Marlène Dietrich, la cité allemande de Potsdam a vu défiler bien des célébrités. A quinze jours des élections législatives, deux des possibles successeurs d'Angela Merkel s'y livrent un duel inédit.


Le social-démocrate (SPD) Olaf Scholz et la candidate des Verts Annalena Baerbock auraient pu choisir de se faire élire députés au Bundestag en tant que chefs de file de leurs partis respectifs. Une option sans risque.


Mais les électeurs allemands, appelés aux urnes le 26 septembre, disposent de deux voix: en plus de celle allant aux listes des partis, ils désignent des représentants dans chaque circonscription géographique. La composition de la chambre basse panache scrutin de liste et mandats directs.


Les deux candidats à la succession d'Angela Merkel s'affrontent donc pour remporter un mandat direct à Potsdam, la capitale du Land du Brandebourg, à une trentaine de kilomètres de Berlin.


Les députés élus par mandat direct "ont une légitimité particulière au Bundestag", explique à l'AFP Karl-Rudolf Korte, professeur de science politique à l'université de Duisburg-Essen.


Cet affrontement local inédit entre deux candidats à la chancellerie est "plus que symbolique", selon lui.

Châteaux et jardins 
Municipalité d'ex-Allemagne de l'est, Potsdam n'a pas le même profil que nombre de villes d'ancienne RDA, entraînées dans une longue décennie de déclin économique et démographique après la réunification.


Ancienne cité des rois de Prusse qui y ont bâti de fastueux palais d'inspiration baroque, la commune est rapidement devenue une banlieue résidentielle et verdoyante prisée des Berlinois.


Elle abrite aussi les mythiques studios de Babelsberg, incarnation de l'âge d'or du cinéma allemand quand Marlène Dietrich triomphait dans l'Ange bleu.


Elle a accueilli Truman, Churchill et Staline pour la célèbre conférence de Potsdam en 1945.

Longtemps maire de Hambourg (nord), Olaf Scholz s'y est installé en 2018 lorsqu'il est devenu ministre des Finances d'Angela Merkel au sein de la grande coalition au pouvoir.

Annalena Baerbock y vit avec sa famille depuis dix ans, mais a échoué à deux reprises, en 2013 et 2017, à y remporter le convoité mandat direct.

Cette fois-ci encore, elle n'est pas favorite. La circonscription est aux mains du SPD depuis les dernières législatives et Olaf Scholz bien placé dans les sondages pour en être le nouveau représentant.

"Membre du Bundestag est la plus haute fonction à laquelle on peut être élu dans la démocratie allemande, et pour moi cela signifie un lien très direct avec les électeurs", a expliqué à l'AFP le social-démocrate de 63 ans, lors d'une visite dans un centre de formation professionnelle à la périphérie de la ville.

Prix des carottes 
Si les deux candidats font régulièrement campagne dans leur circonscription, c'est bien vers Berlin et la chancellerie que sont tournées leurs ambitions : les sondages donnent depuis quelques semaines une nette avance à Olaf Scholz face au conservateur Armin Laschet, chef du parti d'Angela Merkel.

Au niveau national, les Verts arrivent en troisième position. 

Voir Olaf Scholz devenir chancelier et former une coalition avec des ministres écologistes, dont Annalena Baerbock, est donc l'un des scénarios possibles.

Aujourd'hui rivaux, demain peut-être alliés, la situation ne perturbe pas la campagne de terrain à Potsdam.

"À certains égards, Potsdam est un miroir de l'Allemagne en miniature", assurait récemment Annalena Baerbock, lors d'un rassemblement dans la commune. 


Le marché hebdomadaire est une étape incontournable pour les deux candidats : "M. Scholz est un de nos clients. Il fait ses courses lui-même", assure Annelie Cierzynski, 69 ans, qui donne un coup de main sur le stand de fruits et légumes d'un ami. 

"Je trouve ça drôle quand les gens disent qu'il ne sait pas ce que coûte un litre d'essence. Il sait ce que coûtent les carottes et les pommes de terre, alors moi, ça me va !", plaisante-elle.

Le ministre des Finances avait essuyé des railleries en juin pour avoir séché sur la question du prix de l'essence.

Habitante de la circonscription, Dorothea Gunkel, une infirmière de 50 ans "penche plutôt pour Baerbock" car "la protection du climat est très importante".

Pour Anna Emmendörffer, étudiante et candidate des Verts au parlement régional, Potsdam est "certainement la circonscription la plus excitante d'Allemagne".


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.