Macron reçoit une dernière fois Merkel

Le président et la chancelière feront une déclaration à 19H00, avant un entretien suivi d'un dîner de travail, a indiqué l'Elysée mercredi. (AFP)
Le président et la chancelière feront une déclaration à 19H00, avant un entretien suivi d'un dîner de travail, a indiqué l'Elysée mercredi. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 septembre 2021

Macron reçoit une dernière fois Merkel

  • Au menu, un ensemble studieux de sujets internationaux, «en tout premier lieu l'Afghanistan», avait annoncé Steffen Seibert, le porte-parole de Mme Merkel
  • Le président français s'est longtemps heurté aux réticences allemandes envers la hausse des dépenses de l'UE

PARIS: Emmanuel Macron reçoit jeudi soir à dîner Angela Merkel, l'une des dernières occasions pour les deux dirigeants de mettre en scène la proximité politique franco-allemande, alors que la chancelière s'apprête à faire ses adieux au pouvoir.


Le président et la chancelière feront une déclaration à 19H00, avant un entretien suivi d'un dîner de travail, a indiqué l'Elysée mercredi.


Au menu, un ensemble studieux de sujets internationaux, "en tout premier lieu l'Afghanistan", avait annoncé Steffen Seibert, le porte-parole de Mme Merkel. L'Elysée a évoqué en sus mercredi "l’Iran, la Libye, l’Ukraine, la Biélorussie" mais aussi "les grands défis européens en matière de défense, d’asile et migration, et de transition climatique et numérique".


Les deux dirigeants veulent aussi préparer ensemble le sommet entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, à Ljubljana, le 6 octobre prochain - une date à laquelle il est probable que le successeur d'Angela Merkel ne sera pas nommé -, et la future présidence française de l’Union européenne, au premier semestre de 2022.


Ce dernier rendez-vous est d'autant plus crucial pour Emmanuel Macron qu'il coïncidera - et se mêlera nécessairement pour lui - avec la campagne électorale en France et l'élection présidentielle des 10 et 24 avril, à laquelle il sera candidat, sauf énorme surprise.


Le dossier taliban 
Dans l'immédiat, les conséquences de la victoire des talibans à Kaboul restent l'un des dossiers les plus pressants pour les Européens, et donc pour la relation franco-allemande. 


La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a notamment annoncé mercredi qu'un sommet sur la défense serait organisé par Paris pendant sa présidence de l'UE, alors que le retrait d'Afghanistan a relancé la réflexion sur l'autonomie des Européens.


La création d'une force européenne de réaction rapide de 5.000 militaires est en discussion depuis plusieurs mois et le retrait américain d'Afghanistan a relancé le débat en soulignant les carences militaires du vieux continent.


Au-delà de ces enjeux, l'invitation de Mme Merkel à Paris met une dernière fois en lumière la relation personnelle et de travail entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui a considérablement évolué depuis 2017. 


Au départ, difficile de trouver beaucoup de points communs entre une chancelière de 67 ans, élevée à l'école de la prudence, et un jeune président de 43 ans qui a érigé l'audace et le mouvement en marqueurs politiques. Mais au fil du temps, les deux dirigeants ont réussi, selon de nombreux témoins, à bâtir une solide relation de confiance. 


Le président français s'est longtemps heurté aux réticences allemandes envers la hausse des dépenses de l'UE.


Face au Covid, les deux dirigeants ont su resserrer leur liens pour conclure une alliance aboutissant en mai 2020 à la proposition d'un plan de relance européen de 750 milliards d'euros, largement financé par des emprunts européens mutualisés. Ils ont ensuite œuvré ensemble pour arracher un accord historique sur ce plan.


Emmanuel Macron a reçu ces derniers jours à l'Elysée les deux favoris pour succéder à Angela Merkel à Berlin, le social-démocrate (SPD, centre-gauche) Olaf Scholz et le démocrate-chrétien (CDU, centre-droit) Armin Laschet. 


Du côté d'Olaf Scholz, co-artisan du programme de mutualisation de dettes et de relance européenne post-Covid, Paris peut espérer une moindre orthodoxie budgétaire, surtout si le social-démocrate gouverne avec une majorité bien ancrée à gauche.


Si Armin Laschet l'emporte, Berlin pourrait garder le pied sur le frein des dépenses et de la dette. 

Macron et Mohammed ben Zayed al-Nahyane arborent le bracelet Expo 2020 Dubaï
Par Arab News en français -
Macron et Merkel, l'improbable alliance
Par AFP -

Castex à la rencontre du pape, au milieu d'une tempête pour l'Eglise de France

Jean Castex, premier ministre français, sera reçu par le pape François, avant de rencontrer son homologue italien Mario Draghi
Jean Castex, premier ministre français, sera reçu par le pape François, avant de rencontrer son homologue italien Mario Draghi
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  • François a exprimé sa «honte» et sa «douleur» à la suite du rapport Sauvé et M. Castex assurera qu'il suivra «de très près les décisions que vont prendre les évêques dans les prochaines semaines»
  • Dans l'après-midi, Castex, accompagné de Jean-Yves Le Drian et de Gérald Darmanin, sera attendu au Palazzo Chigi par le chef du gouvernement Mario Draghi

ROME : Avant de rencontrer son homologue italien Mario Draghi, Jean Castex sera reçu lundi matin à Rome par le pape François dans un contexte houleux pour l'Eglise de France, confrontée aux révélations fracassantes sur les abus sexuels et à une polémique autour du "secret de la confession".

La visite de M. Castex, prévue de longue date afin de célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, est bousculée par l'actualité après la publication le 5 octobre des conclusions de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), présidée par le haut fonctionnaire Jean-Marc Sauvé.

Si le Premier ministre, reçu en audience privée par le souverain pontife, devrait selon son entourage évoquer plusieurs sujets sur lesquels France et Vatican convergent (accès aux vaccins pour tous, changement climatique, Liban...), impossible d'occulter l'ampleur des chiffres du rapport: 216 000 mineurs agressés par un prêtre ou un religieux en France depuis les années 1950, 330 000 en comptant les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l'Eglise.

D'autant que depuis son élection en 2013, le pape a fait de la lutte contre les abus sexuels - "instrument de Satan" - une des priorités de son pontificat.

François a d'ailleurs déjà exprimé sa "honte" et sa "douleur" à la suite du rapport Sauvé et M. Castex assurera qu'il suivra "de très près les décisions que vont prendre les évêques dans les prochaines semaines", selon ses conseillers. 

Mais le débat s'est aussi noué autour du secret de la confession, que le président de la Conférence des évêques de France (CEF) Emmanuel de Moulins-Beaufort avait jugé "supérieur aux lois de la République", avant de rétropédaler et d'évoquer une "formulation maladroite".

Sur ce point, M. Castex, qui rencontrera au cours de la matinée à Rome plusieurs dignitaires du Saint-Siège ainsi que des représentants de la communauté ecclésiastique française, devrait circonscrire le débat aux frontières nationales en rappelant que "l'interlocuteur du gouvernement, c'est l'Eglise de France". 

"La pierre est avant tout dans le jardin des évêques" de France, qui devront "dire comment articuler la protection des enfants et le secret de la confession qui, dans le droit français, est un secret professionnel, ni plus ni moins", insistent les services du Premier ministre.

Une façon de ne pas brusquer le Vatican qui lui même marche sur des oeufs: d'un côté, un formulaire de signalement de délit a été mis à disposition de tout ecclésiastique en juillet 2020 ; de l'autre, le Saint-Siège a confirmé la primauté du secret de la confession, le confesseur étant simplement encouragé à "tenter de convaincre le pénitent" d'alerter des personnes en mesure, elles, de saisir la justice.

Immigration au menu avec Draghi

Dans l'après-midi, M. Castex, accompagné du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, sera attendu au Palazzo Chigi par le chef du gouvernement et ancien patron de la Banque centrale européenne Mario Draghi.

L'occasion d'incarner davantage le réchauffement des relations entre France et Italie, marquées par des épisodes de tension, notamment sur la question migratoire quand le leader d'extrême droite Matteo Salvini était ministre de l'Intérieur.

Le sujet s'invitera évidemment de nouveau à la table des discussions alors que la France exercera à partir du 1er janvier prochain la présidence tournante de l'Union européenne. 

Dans ce cadre, Paris compte faire du renforcement des frontières extérieures de l'Europe une de ses priorités, en mettant notamment en place des camps d'enregistrements sécurisés aux principales portes d'entrée sur le continent, dont l'Italie.

L'enjeu est d'amener Rome à mettre en place ce filtrage, qui conditionnera une "politique de solidarité", c'est-à-dire l'attribution de fonds, objet de négociations serrées à Bruxelles depuis un an. 

Enfin, MM. Castex et Draghi devraient affirmer leur volonté de voir aboutir rapidement, peut-être d'ici la fin de l'année, le projet de traité du Quirinal, initié en 2017 et qui est destiné à donner "un cadre plus stable et ambitieux" à la coopération franco-italienne, sur le modèle du traité de l'Elysée entre France et Allemagne.


Une adolescente condamnée à 14 ans de prison pour l'assassinat de sa mère en Guadeloupe

De sources concordantes, l'accusation a souligné que l'adolescente avait "essayé" l'arme chez elle avant les faits et avait appelé la soeur de sa mère pour lui dire que cette dernière avait "des idées suicidaires". (Photo, AFP)
De sources concordantes, l'accusation a souligné que l'adolescente avait "essayé" l'arme chez elle avant les faits et avait appelé la soeur de sa mère pour lui dire que cette dernière avait "des idées suicidaires". (Photo, AFP)
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  • Le 6 juillet 2020, la victime âgée de 48 ans avait été mortellement blessée d'une balle dans le cou dans sa voiture
  • «La décision est excessive dans la mesure où tous les éléments du dossier laissent à croire qu’il s’agit bien d’un accident»

POINTE-A-PITRE : Une adolescente de 16 ans a été condamnée samedi soir à Pointe-à-Pitre à 14 ans de prison pour l’assassinat de sa mère en juillet 2020 à Baie-Mahault, a-t-on appris dimanche du parquet de Pointe-à-Pitre, confirmant une information de médias locaux.


A l’issue d’un procès de quatre jours à huis clos, l’adolescente, âgée de 15 ans au moment des faits, a été condamnée à "14 ans de prison", a confirmé à l’AFP Patrick Desjardins, procureur de la République à Pointe-à-Pitre.


Devant le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle, la vice-procureur Marie-Eve Brunet avait requis 15 ans dans ce "dossier d’une complexité vertigineuse", selon la même source. La défense a plaidé en vain l’acte accidentel.


Le 6 juillet 2020, la victime âgée de 48 ans avait été mortellement blessée d'une balle dans le cou dans sa voiture alors qu’elle venait de se garer sur le parking du centre commercial Destreland à Baie-Mahault, l’un des plus grands centres commerciaux de l’archipel.


Les premiers éléments recueillis sur place avaient laissé penser à une tentative de suicide mais l’enquête s’était rapidement orientée vers la jeune fille qui accompagnait sa mère ce jour-là.


Joint par l’AFP, le bâtonnier Roland Ezelin, avocat du père de la victime, partie civile, s’est dit "surpris" de cette décision. "La qualification aurait pu se transformer en homicide involontaire et la peine en être diminuée", a-t-il dit.


Soulignant le parcours scolaire d'"une jeune fille extrêmement brillante", Me Jenny Morvan, avocate de la défense a annoncé à l'AFP sont intention de faire appel. "La décision est excessive dans la mesure où tous les éléments du dossier laissent à croire qu’il s’agit bien d’un accident", a-t-elle dit.


De sources concordantes, l'accusation a souligné que l'adolescente avait "essayé" l'arme chez elle avant les faits et avait appelé la soeur de sa mère pour lui dire que cette dernière avait "des idées suicidaires".


Incarcérée depuis les faits, l'adolescente reste en détention.


Le Bélarus expulse l'ambassadeur de France

L'Union européenne et les Etats-Unis ont adopté une série de sanctions à l'égard du régime bélarusse après la répression des opposants à Loukachenko. (Photo, AFP)
L'Union européenne et les Etats-Unis ont adopté une série de sanctions à l'égard du régime bélarusse après la répression des opposants à Loukachenko. (Photo, AFP)
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  • D'après les médias bélarusses, l'ambassadeur a été expulsé parce qu'il n'a jamais présenté ses lettres de créances au président Alexandre Loukachenko
  • La France, à l'instar d'autres pays de l'Union européenne, n'a pas reconnu les résultats de la présidentielle d'août dernier, qui ont accordé un sixième mandat à Loukachenko

MOSCOU : L'ambassadeur de France au Bélarus, Nicolas de Bouillane de Lacoste, a quitté le pays après que Minsk lui a demandé de le faire avant lundi, a indiqué dimanche son ambassade.

"L'ambassadeur Nicolas de Lacoste a quitté le Bélarus aujourd'hui", a déclaré une porte-parole de l'ambassade. 

Elle n'a pas expliqué la raison invoquée par le ministère bélarusse des Affaires étrangères pour demander le départ de l'ambassadeur. 

Mais d'après les médias bélarusses, l'ambassadeur a été expulsé parce qu'il n'a jamais présenté ses lettres de créances au président Alexandre Loukachenko.

Dans un message sur son site internet, l'ambassade de France au Bélarus indiquait que le diplomate avait présenté le 8 décembre 2020 "la copie figurée de ses lettres de créance" au ministre des Affaires étrangères Vladimir Makei.

"Le ministère bélarusse des Affaires étrangères a demandé que l'ambassadeur parte avant le 18 octobre", a indiqué la porte-parole. 

"Il a dit au revoir au personnel de l'ambassade et a envoyé un message vidéo adressé au peuple bélarusse, qui apparaîtra demain (lundi) sur le site internet de l'ambassade", a-t-elle encore déclaré.

La France, à l'instar d'autres pays de l'Union européenne, n'a pas reconnu les résultats de la présidentielle d'août dernier, qui ont accordé un sixième mandat à M. Loukachenko et ont suscité durant plusieurs mois des manifestations massives et sans précédent dans cette ex-république soviétique, alliée de la Russie de Vladimir Poutine.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont adopté une série de sanctions à l'égard du régime bélarusse après la répression des opposants à M. Loukachenko.

Mais le dirigeant de 67 ans, qui accuse les gouvernements occidentaux d'avoir instigué les manifestations dans l'espoir de provoquer une révolution, résiste pour l'instant aux sanctions, avec l'appui et les crédits de Moscou.

Le Bélarus a coupé les liens avec d'autres interlocuteurs occidentaux récemment.

En mars, il avait expulsé tout le personnel de l'ambassade de Lettonie, dont l'ambassadeur, parce que les autorités lettones avaient utilisé le drapeau de l'opposition bélarusse lors d'un championnat de hockey sur glace.

Et en août, Minsk avait retiré son accord pour la nomination de l'ambassadrice américaine Julie Fisher, qui avait été confirmée en décembre comme la première envoyée des Etats-Unis dans cette ex-république soviétique depuis 2008.

Depuis, le régime a réussi à mettre un terme aux manifestations, emprisonné des centaines d'opposants et fermé des dizaines de médias et d'ONG. Les leaders de l'opposition ont tous été mis en prison ou contraints à l'exil.

Le mois dernier, un tribunal bélarusse a condamné une des principales figures de l'opposition, Maria Kolesnikova, à 11 ans de prison.

Elle est la seule meneuse des manifestations de l'an dernier - qui ont parfois rassemblé des centaines de milliers de personnes - à encore se trouver dans le pays.

Svetlana Tikhanovskaïa, dont l'opposition et les Occidentaux pensent qu'elle a remporté la présidentielle face à Alexandre Loukachenko, est en exil en Lituanie voisine.

Durant l'année qui a suivi l'élection, elle a mobilisé les grands dirigeants de la planète, appelant la communauté internationale à faire pression pour que se tienne une nouvelle présidentielle au Bélarus.