L'Iran ne laissera pas s'installer l'EI à sa frontière afghane, selon le président

«Un gouvernement appartenant à un seul groupe ethnique ou politique ne peut pas résoudre les problèmes de l'Afghanistan». (Photo, Présidence iranienne via AFP)
«Un gouvernement appartenant à un seul groupe ethnique ou politique ne peut pas résoudre les problèmes de l'Afghanistan». (Photo, Présidence iranienne via AFP)
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Publié le Samedi 18 septembre 2021

L'Iran ne laissera pas s'installer l'EI à sa frontière afghane, selon le président

  • «La présence de l'EI en Afghanistan est dangereuse non seulement pour l'Afghanistan mais aussi pour la région», a affirmé Ebrahim Raïssi
  • L'Iran partage une frontière de plus de 900 km avec l'Afghanistan et a entretenu des relations conflictuelles avec les talibans

TÉHÉRAN: L'Iran ne permettra pas au groupe jihadiste Etat islamique (EI) de s'installer à sa frontière avec l'Afghanistan, a prévenu samedi le président iranien Ebrahim Raïssi. 

"Nous ne tolèrerons pas que des organisations terroristes et l'EI s'installent près de notre frontière", a-t-il déclaré lors d'une allocution retransmise par la télévision officielle iranienne.

"La présence de l'EI en Afghanistan est dangereuse non seulement pour l'Afghanistan mais aussi pour la région", a ajouté M. Raïssi, qui achevait une visite officielle au Tadjikistan, où ont eu lieu des rencontres entre les pays alliés de la Russie et la Chine, pour discuter du retour au pouvoir des talibans qui suscite l'inquiétude en Asie centrale.

Les talibans ont pris le pouvoir à Kaboul le 15 août après une campagne militaire expéditive, profitant du vide laissé par le retrait des troupes américaines et l'effondrement de l'armée afghane.

La République islamique d'Iran partage une frontière de plus de 900 km avec l'Afghanistan et a entretenu des relations conflictuelles avec les talibans pendant leur règne sur un Emirat islamique d'Afghanistan (1996-2001), que Téhéran n'a jamais reconnu.

L'Iran, chiite, a néanmoins semblé esquisser un rapprochement avec le groupe islamiste sunnite depuis plusieurs mois au nom du pragmatisme, estimant que les talibans devaient faire "partie de la future solution" en Afghanistan.

Ces derniers ont formé un gouvernement composé uniquement de talibans et appartenant presque tous à l'ethnie pachtoune.

"Un gouvernement appartenant à un seul groupe ethnique ou politique ne peut pas résoudre les problèmes de l'Afghanistan", a estimé M. Raïssi samedi, appelant à la mise en place d'un gouvernement inclusif avec la participation de tous les Afghans.


Macron aux Émirats arabes unis: importants contrats en perspective

Président Français Emmanuel Macron. (AFP)
Président Français Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Emmanuel Macron sera accompagné des ministres Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Bruno Le Maire (Économie), Florence Parly (Armées) et Roselyne Bachelot (Culture)
  • Un contrat qui porte sur «une trentaine, voire une soixantaine» d'avions Rafale de Dassault Aviation pourrait être signé

ABU DHABI: Le président français, Emmanuel Macron, entame une tournée diplomatique dans le golfe Arabique ce vendredi 3 décembre.

Ce déplacement sera rapide, puisque le chef de l'État arrivera à Dubaï vendredi, avant se rendre au Qatar dans la soirée. Il terminera sa visite samedi à Djeddah, la grande ville portuaire d'Arabie saoudite. Aux Émirats arabes unis (EAU), ce déplacement devrait être notamment marqué par la signature d’importants contrats avec la France.

Emmanuel Macron sera accompagné des ministres Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Bruno Le Maire (Économie), Florence Parly (Armées) et Roselyne Bachelot (Culture). Seront également avec lui des femmes et des hommes d’affaires, quelques parlementaires, des patrons de grands groupes comme Airbus, Thales, Safran, Air Liquide, Engie ou EDF, des représentants des ETI (entreprises de taille intermédiaire, NDLR), ainsi que des personnalités du monde de la culture.

Sur le plan économique, un contrat qui porte sur «une trentaine, voire une soixantaine» d'avions Rafale de Dassault Aviation pourrait être signé, selon les informations publiées le 19 novembre par Challenges.

Un représentant de l'Élysée qui s’exprimait devant des journalistes a refusé de confirmer ou d’infirmer la signature d'un contrat portant sur des avions Rafale.

Côté émirien, le conseiller diplomatique du président des EAU, Anouar Gargach, a également choisi d’éluder la question: «Je ne veux pas dévoiler le cadeau de Noël», a-t-il ainsi répondu à l’agence Reuters.

Ce déplacement sera l'occasion pour le président Macron de promouvoir les entreprises françaises.

«Il s'agit d'une excellente relation et plusieurs accords seront signés. Après la visite du président, les rapports seront renforcés dans différents domaines», déclare Anouar Gargach, qui évoque le secteur des technologies et celui de la santé.

Lors de sa dernière visite aux EAU, les 21 et 22 novembre, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, avait annoncé une nouvelle ère de coopération économique avec le pays.

La France souhaite notamment initier de nouvelles collaborations dans les domaines de l'hydrogène, de l’espace (avec la création de lanceurs réutilisables), ainsi que dans les infrastructures et les ports, avait fait savoir le ministre.


Les candidats indépendants, la petite surprise des élections locales en Algérie

Une femme vote lors des élections locales algériennes dans un bureau de vote de la capitale Alger le 27 novembre 2021. RYAD KRAMDI / AFP
Une femme vote lors des élections locales algériennes dans un bureau de vote de la capitale Alger le 27 novembre 2021. RYAD KRAMDI / AFP
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  • Les résultats des candidats indépendants confirment la percée réalisée lors des législatives anticipées de juin où ils sont arrivés deuxième, derrière le FLN
  • Les indépendants matérialisent un désir de changement voulu par une partie de la population algérienne

ALGER: Les candidats indépendants ont créé la surprise en arrivant en troisième position lors des élections locales qui se sont déroulées le 27 novembre dernier en Algérie. Les citoyens ont placé ces candidats – jeunes diplômés, médecins, écrivains, professeurs, travailleurs sociaux, notables, etc., issus de la société civile – en haut des suffrages.

Selon les résultats préliminaires annoncés mardi dernier par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), Mohamed Charfi, le Front de Libération Nationale (FLN), était le grand gagnant de ce scrutin. L’ex-parti unique, classé premier, a obtenu 5 978 sièges au niveau national et la majorité absolue dans 124 communes sur les 1 541 que compte le pays.

Suivi par le Rassemblement national démocratique (RND), qui a acquis 4 584 sièges, et qui obtient la majorité absolue dans 58 Assemblées populaires communales (APC) et la majorité relative dans 331 communes.

Les candidats indépendants arrivent certes en troisième position avec 4 430 sièges et une majorité absolue dans 91 APC, mais ces résultats confirment ainsi la percée réalisée lors des législatives anticipées de juin où ils sont arrivés deuxième, derrière le FLN.

Le Dr Abdelkader Soufi, politologue, explique dans un entretien accordé à Arab News en français, que l’avancée des listes indépendantes confirme le nouveau schéma politique en Algérie d’une classe politique «jeune et compétente» qui est bien, selon lui, déterminée à s’imposer et à participer à l’édification d’un État de droit.

L’intervenant souligne en outre la nécessité de réviser les Codes communaux et des wilayas car «ces élus jouissent d’une indépendance relative et limitée, puisqu’ils sont soumis au contrôle des instances administratives centrales».

Le Dr Soufi appelle, dans ce contexte, à élargir les prérogatives des assemblées élues en leur accordant plus de liberté dans la prise de décision et à les délivrer des restrictions administratives. «Ces élus se retrouvent souvent balancés entre l'administration centrale et les procédures bureaucratiques d'une part, et le citoyen et ses diverses préoccupations d'autre part», précise le Dr Soufi.

Vraisemblablement, les indépendants matérialisent un désir de changement voulu par une partie de la population algérienne. Plusieurs mairies étaient bloquées car les maires issus des partis politiques étaient emprisonnés à cause de leur affiliation à la mafia locale ou à des hautes sphères du pouvoir. Une mafia politico-financière que la population a surnommé «El-Issaba», et dont elle voulait se débarrasser ainsi que de ses représentants à la tête des mairies. C’est ce qui explique cette percée d’indépendants symbolisant dans l'esprit des électeurs un certain espoir de changement.

Nouveau schéma politique…

Il faut dire que c’est la première fois que dans l’Histoire des rendez-vous électoraux qu’un nombre aussi élevé de candidats indépendants se mesurent aux dinosaures de la politique algérienne à l’instar du FLN, première force politique au Parlement algérien.

Par ailleurs, les indépendants issus pour leur majorité des organisations de la société civile espèrent assumer leurs missions à la tête des APC dans un cadre de légitimité politique basée sur la transparence, et la pratique démocratique, après avoir acquis les notions politiques de base. Cela a pu être constaté par la nature de la campagne électorale qu'ils ont menée, et qui a été caractérisée par un investissement dans un marketing politique de dimension techno-communicationnelle.

… Mais pas de réel bouleversement

Bien que l’historique FLN ait remporté la première place lors de ces échéances, cette victoire a été qualifié d’«étriquée» par la presse. Le FLN a ainsi perdu la majorité absolue dans 479 des 603 communes qu’il contrôlait lors du mandat précédent.

Il conserve toutefois une confortable majorité relative dans 552 communes, qu’il ne pourra administrer qu’avec le soutien de ses alliés du courant nationaliste, notamment le RND arrivé en deuxième position.

Pour le Dr Abdelkader Soufi, la cartographie politique n'a pas connu un bouleversement notable puisque l'ex-parti unique a encore confirmé son statut de première force politique en Algérie. Il explique que le FLN a opté cette fois encore sur la compétence et la bonne conduite comme critère de choix de ses candidats, pour participer à ces élections en proposant des listes formées de jeunes compétents en vue d’assurer une représentativité qualitative au sein des APC et des wilayas.

Le taux de participation à ces élections, pour lesquelles quelque 24 millions d’Algériens étaient appelés à voter, a plafonné autour des 35 %. Il est néanmoins en nette hausse par rapport aux taux de participation enregistré lors des législatives anticipées de juin, quand seuls 23 % des inscrits avaient voté.

Avec ces élections locales, les Algériens ont bouclé le cycle des échéances électorales sous le mandat du président, Abdelmadjid Tebboune. À noter qu'après l'élection présidentielle du 12 décembre 2019, le référendum sur la Constitution du 1er novembre 2020 et les législatives du 12 juin dernier, il ne restait plus que les élections locales pour mettre en place toutes les instances élues.

 


L’ONU avertit que sa crédibilité sur la question palestinienne est en jeu

Abdallah Shahid appelle les États membres à unir leurs forces pour résoudre le conflit, conformément aux lois humanitaires, aux droits humains internationaux et à la charte des Nations unies. (AFP)
Abdallah Shahid appelle les États membres à unir leurs forces pour résoudre le conflit, conformément aux lois humanitaires, aux droits humains internationaux et à la charte des Nations unies. (AFP)
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  • Le président de l’Assemblée générale des nations unies, Abdallah Shahid, qualifie de «décourageante» l’absence de progrès sur une question qui est à l’ordre du jour de l’ONU depuis les premières années de sa création
  • La séance plénière se tient quelques jours après le soixante-quatorzième anniversaire de la résolution 181, qui recommande le partage de la Palestine en deux États, arabe et juif

NEW YORK: Dans le conflit israélo-palestinien, l’enjeu est bien plus grand que la paix et la sécurité au Moyen-Orient, affirme Abdallah Shahid, président de l’Assemblée générale des nations unies.

La réputation de la communauté internationale, ainsi que sa capacité à faire preuve de solidarité pour résoudre les différends internationaux, conformément à la vision fondatrice de l’Organisation des nations unies (ONU), sont également en jeu, avertit-il.

«C'est pour cela que nous ne pouvons perdre espoir», soutient M. Shahid, en appelant les États membres à unir leurs forces pour résoudre le conflit, conformément aux lois humanitaires, aux droits humains internationaux et à la charte des Nations unies.

«Nous devons préserver la crédibilité de cette grande institution et promouvoir un dialogue et un engagement positifs entre les parties concernées.»

S’exprimant mercredi lors d’une séance plénière de l’Assemblée générale consacrée aux enjeux palestiniens et à la situation du Moyen-Orient, M. Shahid a qualifié de «décourageante» l’absence de progrès sur une question qui est à l’ordre du jour de l’ONU depuis les premières années de sa création.

Les situations en Palestine et dans la région au sens large sont «étroitement liées», précise-t-il.

«Nous avons vu à maintes reprises comment les répercussions du conflit israélo-palestinien compromettent la stabilité de la région dans son ensemble», poursuit-il.

«Tant que le peuple palestinien sera privé d’État, tant que des colonies illégales continueront d’être construites sur des terres auxquelles les Palestiniens ont droit à juste titre, tant que les familles palestiniennes seront obligées de fuir la violence et les injustices dont elles sont victimes et qu’elles ne pourront pas rentrer chez elles, la colère et le ressentiment ne feront que s’attiser.»

«Cela contribuera à un cycle de violence qui dure depuis bien trop longtemps.»

La séance plénière se tient quelques jours après le soixante-quatorzième anniversaire de la résolution 181, adoptée par l’Assemblée générale le 29 novembre 1947. Elle recommande le partage de la Palestine en deux États, arabe et juif, tandis que la ville de Jérusalem serait placée sous contrôle international.

Adopter une solution à deux États sur la base des frontières d’avant 1967 est ce que le monde peut faire de «plus important» pour aider à résoudre le conflit, affirme M. Shahid, qui appelle à une accélération du processus politique multilatéral pour trouver un règlement juste et pacifique.

Évoquant les défis majeurs auxquels font face les Palestiniens, il souligne qu’il est temps pour la communauté internationale de traduire ses paroles en actes en matière d’aide humanitaire, de soutien aux efforts de résolution du conflit et de respect de la dignité des Palestiniens.

«D’année en année, nous parlons de la crise humanitaire abominable en Palestine, en particulier dans la bande de Gaza. Mais les mots sont insuffisants. Les mots ne peuvent pallier le manque d’eau courante, d’électricité, d’assainissement adéquat et de conditions de vie décentes qui touche des millions de Palestiniens», explique-t-il.

«Les mots peuvent exprimer comment ces défis ont été exacerbés par la pandémie de Covid-19, sans pour autant pouvoir les résoudre. Les mots ne peuvent sauver le peuple palestinien des décennies d’occupation, des arrestations arbitraires et du recours excessif à la force. Les mots ne peuvent restaurer leurs maisons démolies ou mettre fin à la prolifération des colonies illégales sur leurs terres.»

«Plus de la moitié des cinq millions de Palestiniens des territoires occupés dépendent de l’aide humanitaire pour survivre. Ce nombre atteint 80 % à Gaza, où les habitants réclament l’accès aux services et équipements de base», indique M. Shahid.

Les nombreux réfugiés palestiniens à travers le Moyen-Orient sont également en danger, ajoute-t-il, soulignant l’important déficit de financement de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient. Il appelle la communauté internationale à fournir un soutien financier suffisant pour maintenir le travail salvateur de l’organisme en question.

«Il est temps de nous rassembler en tant que communauté internationale et de réitérer notre engagement à protéger les droits du peuple palestinien», souligne M. Shahid.

«Accordons-leur ce qu'ils réclament à juste titre depuis si longtemps: dignité, indépendance et respect.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com