L'Iran crie victoire après sa difficile adhésion à l'alliance russo-chinoise

Un Iranien lit un exemplaire du quotidien «Etalaat» titré «L'Iran est un nouveau membre de l'Organisation de coopération de Shanghai», dans un kiosque de la capitale Téhéran, le 18 septembre 2021. (Photo, AFP)
Un Iranien lit un exemplaire du quotidien «Etalaat» titré «L'Iran est un nouveau membre de l'Organisation de coopération de Shanghai», dans un kiosque de la capitale Téhéran, le 18 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 septembre 2021

L'Iran crie victoire après sa difficile adhésion à l'alliance russo-chinoise

  • C'est à l'unisson que les journaux conservateurs et réformateurs iraniens se sont félicités des résultats du sommet de l'OCS
  • L'OCS, qui regroupe l'Inde, la Chine, la Russie et plusieurs pays d'Asie centrale, se veut un pendant à l'influence américaine

TÉHÉRAN: Bien décidé à se tourner vers l'Est pour contrer "l'unilatéralisme" de l'Occident, l'Iran a crié victoire samedi au lendemain de sa difficile adhésion à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), menée par la Russie et la Chine.

Fait rare, c'est à l'unisson que les journaux conservateurs et réformateurs iraniens se sont félicités des résultats du sommet de l'OCS, qui s'est tenu vendredi à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan, à l'issue duquel la future adhésion de Téhéran à cette alliance a été approuvée.

L'OCS, qui regroupe l'Inde, la Chine, la Russie et plusieurs pays d'Asie centrale, se veut un pendant à l'influence américaine.

«Une ère post-américaine»

"L’Iran intègre le plus grand marché de l'Est", titre le journal ultraconservateur Javan, estimant que l'OCS, "l'un des principaux symboles de la coopération des puissances non-occidentales, ouvrait "la voie à une ère post-américaine".

"Détourner les sanctions occidentales", proclame de son côté en une, et en gros caractères, Kayhan, un autre journal à tendance ultraconservatrice. "L'Iran peut désormais mettre en œuvre sa politique de multilatéralisme, abandonner progressivement une vision exclusivement basée sur l'Occident, et atténuer les sanctions occidentales", explique le journal.

Même satisfaction chez les quotidiens réformateurs. Pour Etemad, "cette adhésion permet au pays de se connecter aux marchés représentant 65% de la population mondiale".

L’Iran peinait depuis 2008 à obtenir son adhésion à l'alliance car plusieurs pays membres ne souhaitaient pas avoir dans leurs rangs un pays sanctionné par les Etats-Unis et les Nations unies en raison de son programme nucléaire. L'Iran est soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran a toujours démenti. 

Simple observateur depuis 2005, Téhéran avait échoué en 2020 à se faire admettre comme membre à part entière en raison du refus à l'époque du Tadjikistan.

Vendredi, c'est avec les bras grands ouverts que l'alliance russo-chinoise a accueilli l'Iran.

Adhésion difficile

Pour l'expert iranien en relations internationales Fayaz Zahed, "Moscou et Pékin ont avalisé l'adhésion de Téhéran car ils supposent que la question de l'accord sur le nucléaire sera résolue".

"Les pays de l'OCS estiment que l'Iran va se conformer aux accords internationaux car les sanctions ont été jusqu'à présent le principal obstacle à l'adhésion de l'Iran" à l'alliance, a-t-il dit.

Selon lui, les Russes, les Chinois ou les Indiens attendent la levée des sanctions pour pouvoir investir en Iran.

L'OCS a été instituée en 2001 par la Chine, la Russie et quatre Etats d'Asie centrale, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan. Elle s'est élargie à l'Inde et au Pakistan en 2017.

Elle représente 60% du continent eurasiatique, 50% de la population mondiale et plus de 20% du PIB mondial. Un immense marché potentiel pour Téhéran.

Dans son discours lors du sommet de l'OCS, le président iranien Ebrahim Raïssi a qualifié les sanctions de "terrorisme économique", affirmant qu'elles représentaient "l'outil le plus important des pays hégémoniques pour imposer leur volonté aux autres".

Selon Téhéran, les échanges commerciaux entre l'Iran et les pays membres de l'OCS ont atteint 28 milliards de dollars (près de 24 milliards d'euros) lors de l'année iranienne écoulée (mars 2020 à mars 2021), la Chine étant le principal bénéficiaire avec 18,9 milliards de dollars (plus de 16 milliards d'euros).

Avantage politique

Outre les avantages économiques, l'Iran, dirigé depuis août par un gouvernement ultraconservateur, voit aussi un avantage politique.

"Le monde est entré dans une nouvelle ère. L’hégémonie et l'unilatéralisme ont échoué", a dit M. Raïssi vendredi. Et d'ajouter: "La balance internationale penche désormais vers le multilatéralisme et la redistribution des pouvoirs vers des pays indépendants. Les sanctions unilatérales ne visent pas uniquement un pays. Il est devenu évident que ces dernières années elles touchent plus les pays indépendants, spécialement les pays membres de l'OCS".

L'Iran est asphyxié financièrement par des sanctions américaines, renforcées après le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.

L'accord offre à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique et d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l'ONU.

Les négociations entre l'Iran et les cinq autres Etats encore parties à l'accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour tenter de permettre le retour des Etats-Unis, en échange d'une levée d'une partie des sanctions américaines, sont au point mort depuis juin.


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
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  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
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  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.