Les Russes aux urnes pour les législatives, les consignes de vote de Navalny bloquées

Les gens votent lors du dernier jour des élections législatives et locales de trois jours à Saint-Pétersbourg le 19 septembre 2021 (Photo, AFP)
Les gens votent lors du dernier jour des élections législatives et locales de trois jours à Saint-Pétersbourg le 19 septembre 2021 (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 19 septembre 2021

Les Russes aux urnes pour les législatives, les consignes de vote de Navalny bloquées

Les gens votent lors du dernier jour des élections législatives et locales de trois jours à Saint-Pétersbourg le 19 septembre 2021 (Photo, AFP)
  • Le scrutin devrait être remporté par le parti au pouvoir, Russie Unie - malgré son impopularité - après des mois de répression qui ont durement affaibli les détracteurs du président Vladimir Poutine
  • Google a également suspendu l'accès à deux listes contenant ces consignes et publiées sur Google Docs, son service de traitement de texte, et à deux vidéos publiées sur Youtube - dont Google est propriétaire

MOSCOU: Les Russes votaient dimanche lors de l'ultime jour d'élections législatives et locales, scrutins duquels le mouvement de l'opposant Alexeï Navalny a été écarté et ses consignes de vote bloquées par des géants du numérique sous la pression des autorités. 
Le scrutin devrait être remporté par le parti au pouvoir, Russie Unie - malgré son impopularité - après des mois de répression qui ont durement affaibli les détracteurs du président Vladimir Poutine. 
Militant anticorruption et principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, 45 ans, a été emprisonné en janvier pour une affaire de fraude qu'il juge politique. Ses organisations ont, elles, été interdites pour  »extrémisme » avant le scrutin et nombre de ses cadres ont fui le pays par crainte de poursuites. 
Le vote tenu sur trois jours, de vendredi à dimanche, vise à renouveler les 450 mandats de députés de la Douma, la chambre basse du Parlement actuellement dominée par Russie Unie. Des élections locales et régionales ont également lieu. 
« Imitation d'élections »  
« C'est une imitation d'élections et c'est triste », lâche Andreï, un informaticien de 33 ans votant dimanche à Moscou. Interviewé, il dit avoir suivi les consignes de l'équipe de M. Navalny mais refuse de donner son nom par peur de représailles. 
Comme presque aucun candidat anti-Poutine n'a été autorisé à se présenter, les partisans de M. Navalny ont élaboré une stratégie dite du « vote intelligent » destinée à soutenir les candidats -- souvent communiste -- le mieux placé pour gêner celui du pouvoir. 
L'opposant, emprisonné à une centaine de kilomètres de Moscou, a une nouvelle fois appelé dimanche à voter suivre ces consignes. « Votre voix a vraiment de l'importance », a-t-il écrit dans un message publié dimanche sur les réseaux sociaux.  
« Votez et persuadez d'autres de le faire. Ne soyez pas paresseux, s'il vous plaît. » 
Les autorités russes ont toutefois exercé une pression d'une force inédite contre les entreprises numériques diffusant ces recommandations et réussi à faire plier Google et Apple.  
Les deux géants ont accepté vendredi de supprimer de leur boutique l'application mobile du « vote intelligent », les partisans d'Alexeï Navalny reconnaissant aussitôt une « victoire énorme » du Kremlin et accusant les deux firmes américaines de  »céder au chantage ». 
Google a également suspendu l'accès à deux listes contenant ces consignes et publiées sur Google Docs, son service de traitement de texte, et à deux vidéos publiées sur Youtube - dont Google est propriétaire. 
L'équipe de M. Navalny a réagi en donnant sur Twitter des instructions pour télécharger un réseau privé virtuel (VPN) pour éviter les blocages. 
Selon des sources proches interrogées, Google et Apple ont obéi aux autorités russes par crainte d'arrestations de leurs employés en Russie. 
La messagerie Telegram, très populaire en Russie, a aussi supprimé ces consignes de vote sur sa plateforme. 
Plus de 3600 fraudes potentielles 
Quelque 108 millions de Russes sont appelés aux urnes jusqu'à 20H00 locales dimanche à travers les onze fuseaux horaires du pays, les premières estimations étant attendues en fin de soirée.  
A 07H00 GMT dimanche, la participation aux législatives atteignait 35,69% selon la Commission électorale. La cheffe de cette dernière, Ella Pamfilova, a signalé dimanche « huit cas de bourrages d'urnes » à travers le pays. 
Mais d'après une liste de l'ONG spécialisée Golos, ce sont plus de 3 600 possibles irrégularités qui ont été reportées depuis le début du vote, dont des bourrages d'urnes et des pressions pour aller voter. 
Kirill Sergeiénko, un électeur 43 ans, a dit être venu voter spécialement dimanche à Saint-Pétersbourg, en espérant qu'il y ait « moins de possibilités de fraudes » au dernier jour du scrutin.  
L'essentiel de l'opposition ayant été bannie, Russie Unie devrait s'imposer, faute de concurrence réelle et malgré une cote de popularité à moins de 30%, selon le centre de sondage étatique VTsIOM.  
Les autres partis représentés à la Douma -- communistes, nationalistes et centristes -- sont dans l'ensemble dans la ligne du président Poutine, qui reste lui populaire. 
« Nous croyons tout simplement en lui », a affirmé dimanche Anna Kartachova, 50 ans, une employée d'une entreprise pharmaceutique venue voter à Moscou. Elle indique avoir donné sa voix au parti du président car elle dit « ne voir personne d'autre à l'horizon » à part M. Poutine. 


Suni Williams, l'astronaute bloquée neuf mois dans l'ISS, prend sa retraite

 L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
Short Url
  • Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité
  • La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk

WASHINGTON: L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa.

L'astronaute était devenue célèbre avec son collègue Butch Wilmore quand leur voyage aller-retour vers la Station spatiale internationale (ISS), qui devait durer huit jours en juin 2024, s'était prolongé au-delà de neuf mois, bien plus longtemps que les rotations classiques d'environ six mois.

Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité.

La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk.

Les deux astronautes avaient pu finalement revenir sur Terre en mars 2025 après 286 jours dans l'espace.

Leur périple avait pris une tournure politique avec le retour au pouvoir du président républicain Donald Trump, ce dernier accusant son prédécesseur démocrate Joe Biden d'avoir volontairement "abandonné" les deux infortunés.

Suni Williams, 60 ans, avait rejoint la Nasa en 1998. Elle a été "une pionnière des vols spatiaux habités, façonnant l'avenir de l'exploration grâce à son leadership à bord de la station spatiale", a déclaré Jared Isaacman, directeur de la Nasa, dans un communiqué.

Suni Williams a participé à trois missions à bord de l'ISS, la première ayant eu lieu en 2006.

Au cours de sa carrière, Suni Williams a passé 608 jours dans l'espace, ce qui représente le deuxième plus long temps cumulé passé dans l'espace dans l'histoire de la Nasa, a indiqué l'agence spatiale.

Elle a également enregistré le plus long temps de sortie extravéhiculaire de toutes les femmes astronautes, soit 62 heures et 6 minutes, ce qui représente le quatrième plus long temps de tous les astronautes de la Nasa.


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Short Url
  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Short Url
  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.