Le Hezbollah menace le juge chargé de l’enquête sur l’explosion du port

Une vue du silo à grain qui a été endommagé lors de l’explosion du port de Beyrouth l’année dernière, pendant le coucher du soleil à Beyrouth, au Liban, le 29 juillet 2021. (Photo, Reuters)
Une vue du silo à grain qui a été endommagé lors de l’explosion du port de Beyrouth l’année dernière, pendant le coucher du soleil à Beyrouth, au Liban, le 29 juillet 2021. (Photo, Reuters)
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Publié le Mercredi 22 septembre 2021

Le Hezbollah menace le juge chargé de l’enquête sur l’explosion du port

  • «S’il dévie de sa trajectoire, nous le démettrons de ses fonctions», menace le chef de l’unité de liaison et de coordination du Hezbollah
  • Le juge Tarek Bitar continue à interroger et à convoquer d’anciens ministres et des députés actuels au sujet de l’explosion meurtrière du 4 août 2020

BEYROUTH: Le juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu en août 2020, a reçu une menace de la part du groupe militant Hezbollah, selon les médias libanais.

Arab News a appris que le chef de l’unité de liaison et de coordination du Hezbollah, Wafic Safa, s’était entretenu lundi avec le procureur général, le juge Ghassan Oueidate, et le président du Conseil supérieur de la magistrature, le juge Souheil Abboud.

Les raisons de ces rencontres sont inconnues, mais M. Safa aurait déclaré: «Les performances de M. Bitar ont suscité l’ire (du Hezbollah) et nous surveillerons de près son travail jusqu’à la fin. S’il dévie de sa trajectoire, nous le démettrons de ses fonctions.»

En réaction à cette menace, M. Bitar a répondu: «Ce n’est pas grave, je ne me soucie pas de la façon dont ils vont me démettre de mes fonctions», a rapporté le journaliste Edmond Sassine de la Lebanese Broadcasting Corporation.

M. Bitar, qui a émis plusieurs mandats d’arrêt au cours des dernières semaines dans le cadre de son enquête, a fixé des dates d’audience pour interroger les anciens ministres et les députés actuels Ali Hassan Khalil, Ghazi Zeaiter et Nohad al-Machnouk sur leur connaissance des circonstances de l’explosion mortelle du port de Beyrouth.

Le juge a convoqué M. Khalil pour un interrogatoire le 30 septembre et MM. Zeaiter et Machnouk le 1er octobre. Il a profité de l’expiration du mandat extraordinaire du Parlement après que le gouvernement de Najib Mikati a obtenu le vote de confiance lundi lors d’une séance, et de la levée automatique des immunités parlementaires, en attendant le début du mandat régulier à la mi-octobre.

L’explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020, a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés lorsque des milliers de tonnes de nitrate d’ammonium ont explosé en même temps que des quantités d’explosifs saisis. L’explosion meurtrière a détruit le front de mer de Beyrouth ainsi que les quartiers environnants.

M. Bitar a accusé les ex-ministres d’«intention présumée d’homicide» et de «négligence» car ils étaient au courant de la présence du nitrate d’ammonium et «n’ont pris aucune mesure pour éviter l’explosion».

Le Parlement avait précédemment refusé la demande du juge Bitar d’interroger les députés actuels et le Premier ministre Hassan Diab, sous prétexte que cela ne relève pas de sa compétence mais de celle du Conseil suprême pour le jugement des présidents et des ministres.

En août, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a interpellé M. Bitar, qui avait convoqué des responsables politiques et de sécurité pour un interrogatoire: «Où sont les preuves? Sur quelle base les accuse-t-il? Pourquoi le pouvoir judiciaire n’a-t-il pas publié les résultats de l’enquête technique?», a demandé M. Nasrallah.

Ce dernier a également accusé M. Bitar de «jouer un jeu politique», déclarant que s’il ne s’en tient pas à une enquête claire et technique, le pouvoir judiciaire devra trouver un autre juge.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.


L’Arabie saoudite et le Pakistan discutent de mesures pour mettre fin aux attaques iraniennes

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  • Les responsables de la défense de l’Arabie saoudite et du Pakistan ont discuté des attaques iraniennes et des mesures pour les stopper dans le cadre de leur accord de défense mutuelle
  • Riyad affirme avoir abattu des drones visant le champ pétrolier de Shayba, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec l’escalade du conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, et le chef des forces de défense du Pakistan, le général Asim Munir, ont discuté des attaques de l’Iran contre le Royaume, alors que le conflit militaire s’intensifie au Moyen-Orient.

« Nous avons discuté des attaques iraniennes contre le Royaume et des mesures nécessaires pour y mettre fin dans le cadre de notre accord stratégique conjoint de défense », a écrit le prince Khalid sur les réseaux sociaux tôt samedi.

« Nous avons souligné que de telles actions sapent la sécurité et la stabilité régionales et exprimé l’espoir que la partie iranienne fera preuve de sagesse et évitera toute erreur de calcul. »

Les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne militaire contre l’Iran le 28 février. Depuis, l’Iran a attaqué plusieurs sites à travers le Golfe.

Téhéran a également ciblé des actifs militaires américains et israéliens à mesure que la guerre s’intensifiait, affectant la vie dans la paisible péninsule du Golfe arabe et risquant d’ébranler l’économie mondiale, alors que l’Iran continue de restreindre le transport énergétique à travers le détroit d’Ormuz.

Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que plusieurs drones visant le champ pétrolier de Shayba dans le Rub al‑Khali (le Quart Vide) ont été abattus samedi.

Un drone a également attaqué l’ambassade des États-Unis à Riyad mardi, provoquant un incendie mineur, sans faire de blessés.

L’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé en septembre un « Accord stratégique de défense mutuelle », stipulant que toute agression contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux.

Par ailleurs, le ministre saoudien de l’Intérieur, le prince Abdulaziz ben Saud ben Naif, a reçu un appel de son homologue pakistanais Raza Naqvi, qui a condamné les attaques flagrantes visant le Royaume et a réaffirmé la solidarité de son pays face à toute menace contre la sécurité et la stabilité saoudiennes, selon l’agence de presse saoudienne. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com