Mélenchon-Zemmour: un débat à grands renforts d'anathèmes

Le leader de La France Insoumise et candidat présidentiel Jean-Luc Melenchon (g) et le journaliste polémiste d'extrême droite Eric Zemmour (d), posent avec des journalistes et animateurs de télévision français Aurélie Casse et Maxime Switek avant de participer à un débat télévisé dans les studios de la chaîne d'information française BFMTV à Paris le 23 septembre 2021. (Photo, POOL/AFP)
Le leader de La France Insoumise et candidat présidentiel Jean-Luc Melenchon (g) et le journaliste polémiste d'extrême droite Eric Zemmour (d), posent avec des journalistes et animateurs de télévision français Aurélie Casse et Maxime Switek avant de participer à un débat télévisé dans les studios de la chaîne d'information française BFMTV à Paris le 23 septembre 2021. (Photo, POOL/AFP)
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Publié le Vendredi 24 septembre 2021

Mélenchon-Zemmour: un débat à grands renforts d'anathèmes

  • Le polémiste a accusé les «élites françaises d'avoir fait la folie criminelle de laisser venir des millions d'immigrés venus de la civilisation arabo-musulmane»
  • «Vous avez une vision rabougrie de la France» a répliqué Mélenchon, «nous serons nombreux à ne pas vous laisser faire, vous ne chasserez pas les musulmans»

PARIS : "Vous avez une vision rabougrie de la France", "dans votre camp on guillotine": sur l'immigration et l'insécurité mais aussi sur le social et l'économique, Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour se sont opposés à grands renforts d'anathèmes, jeudi soir lors d'un débat sur BFMTV.


Le polémiste d'extrême droite a annoncé la couleur dès l'introduction, en souhaitant que "s'entrechoquent les idées, même choquantes".


En face, le leader de la France insoumise a espéré que "ce soir ce ne soit pas une guerre de coqs (...) mais un moment de responsabilité" au moment où "la France entre dans sa plus terrible crise sociale et financière".


Mais le candidat Insoumis à la présidentielle a dû patienter une heure avant d'aborder ce sujet économique et social, et le duel s'est d'abord enflammé sur l'immigration et l'insécurité.


Interrogé pour savoir si la France intégrait ses immigrés, M. Zemmour, qui veut inscrire dans la loi l'obligation de donner à son enfant un prénom dit "français", a répondu qu'il était "contre l'intégration et pour l'assimilation".


Le polémiste, qui ne cache plus son intention de se présenter pour 2022, a accusé les "élites françaises" d'avoir "fait la folie criminelle de laisser venir des millions et des millions d'immigrés venus de la civilisation arabo-musulmane". "Les Français se sentent colonisés" et ont une "peur existentielle de disparaître", a-t-il dit.


"Vous êtes un danger pour notre pays. Vous avez une vision rabougrie de la France, vous êtes raciste et vous avez été condamné pour ça", a répliqué Jean-Luc Mélenchon. "Nous serons nombreux à ne pas vous laisser faire, vous ne chasserez pas les musulmans", a ajouté M. Mélenchon à l'encontre de son adversaire, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale. 

«Disque rayé»

Pour Eric Zemmour,  la délinquance en France "c'est un jihad, c'est une guerre civile, une guerre de pillage, de vol, de viol". "Vous avez pas honte ?" lui a demandé M. Mélenchon. "Non pas honte du tout", a répondu M. Zemmour.


Eric Zemmour a craint que la France devienne "un Liban en grand" avec un "peuple français petit à petit remplacé par un autre peuple". 


"La réalité est cauchemardesque", a-t-il dit. "Je vais vous réveiller de votre cauchemar", a répliqué M. Mélenchon qui a accusé le polémiste d'être "l'Iran à l'envers" par sa volonté de contraindre les femmes musulmanes à tomber le voile.


Sur l'économie et le social, Jean-Luc Mélenchon a déroulé son programme, plaidant notamment pour l'augmentation du smic. Sur le plan climatique, il a jugé le "défi immense" et "si on ne fait rien, en 2050, la Camargue, le marais poitevin, Dunkerque et Bordeaux seront sous l'eau".


M. Zemmour, pro-nucléaire et anti-éoliennes, s'est voulu "plus modeste": "lui veut sauver la planète, moi je veux simplement sauver la France", a-t-il dit.


Il a reconnu l'existence du réchauffement climatique, tout en glissant: "Je ne suis pas spécialiste, je sais qu'il y a débat".


Le polémiste a dû sortir du bois sur des thèmes qu'il aborde peu souvent. S'attaquant à un "Etat-providence obèse", il a estimé qu'il "faut réduire ces charges sociales, supprimer les impôts de production", et "il faut que la solidarité soit à nouveau nationale, que nous ne donnions plus le RSA ou les allocations familiales aux étrangers". 


"L'immigration touche à tous les sujets et ça hante les Français", a-t-il ajouté devant l'expression atterrée de son interlocuteur, qui a répliqué en se moquant: "Votre disque est rayé, on part de n'importe quel endroit de la chanson" pour finir sur l'immigration.


Au cours du débat, les longues tirades argumentatives ont succédé à des séquences hachées où les noms d'oiseaux ont volé. "Je vous ai écouté, petit bonhomme", a ainsi lancé Jean-Luc Mélenchon. "Oui grand timonier", a répondu Eric Zemmour, taxé plus tôt de "Woody Wood pecker" qui interromprait sans cesse son adversaire. 


Le spécialiste en communication politique Philippe Moreau-Chevrolet, professeur à Sciences Po, a estimé sur Twitter que "Mélenchon est relancé à gauche avec ce débat", "jamais en difficulté". Tandis qu'Eric Zemmour, "malgré une nervosité palpable, a bénéficié d'une émission tournée entièrement vers ses thématiques" et ne "s'est pas effondré".


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.