Face à la crise du gaz, le Royaume-Uni fait tourner ses centrales à charbon

Un militant du groupe d'action climatique Extinction Rebellion est assis sur un bord d'herbe alors que des militants locaux bloquent l'entrée du site de la mine de charbon à ciel ouvert Bradley près du village de Leadgate, comté de Durham, au nord-est de l'Angleterre le 26 février 2020. (Paul Ellis/ AFP)
Un militant du groupe d'action climatique Extinction Rebellion est assis sur un bord d'herbe alors que des militants locaux bloquent l'entrée du site de la mine de charbon à ciel ouvert Bradley près du village de Leadgate, comté de Durham, au nord-est de l'Angleterre le 26 février 2020. (Paul Ellis/ AFP)
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Publié le Vendredi 24 septembre 2021

Face à la crise du gaz, le Royaume-Uni fait tourner ses centrales à charbon

  • Les centrales au charbon, particulièrement polluantes, «ont joué un rôle essentiel en maintenant les lumières allumées alors que le système énergétique est soumis à une pression considérable»
  • Drax, qui exploite la plus grosse centrale à charbon du pays, avait prévu à l'origine d'arrêter ce combustible dès 2021 et de le remplacer par de la biomasse

LONDRES, Royaume-Uni : Le Royaume-Uni, confronté à la flambée des prix du gaz, a dû faire tourner ses centrales à charbon ces dernières semaines pour assurer l'approvisionnement du pays en électricité, alors que le pays s'est donné pour objectif de sortir totalement du charbon thermique dès 2024.

«Ces dernières semaines, un certain nombre de centrales au charbon ont dû fonctionner, y compris les unités de la centrale électrique de Drax», a indiqué l'énergéticien britannique Drax dans une déclaration transmise à l'AFP.

Les centrales au charbon, particulièrement polluantes, «ont joué un rôle essentiel en maintenant les lumières allumées alors que le système énergétique est soumis à une pression considérable», a-t-elle ajouté.

Drax, qui exploite la plus grosse centrale à charbon du pays, avait prévu à l'origine d'arrêter ce combustible dès 2021 et de le remplacer par de la biomasse.

Mais l'entreprise a indiqué qu'elle pourrait prolonger l'utilisation du charbon si nécessaire, pour aider à maintenir l'équilibre du réseau électrique, soumis à rude épreuve ces dernières semaines, indique le patron de l'entreprise au Financial Times jeudi.

Cela pourrait compliquer l'engagement du gouvernement britannique de renoncer complètement au charbon d'ici octobre 2024 alors que le pays organise en novembre à Glasgow la COP26, la conférence mondiale sur le climat, et vise la neutralité carbone en 2050.

S'il y a bien eu «une augmentation de l'utilisation de l'électricité issue du charbon ce mois-ci», l'utilisation du combustible reste limitée dans le pays, relativise Tony Syme, expert de l'école de commerce de l'Université de Salford.

Et la part du charbon a déjà diminué: il a ainsi fourni «moins de 2% de l'électricité au Royaume-Uni en 2020, contre 30 % en 2014», précise-t-il, alors qu'il n'y a «que trois centrales au charbon pour le moment et il n'en restera qu'une à la fin de l'année prochaine, selon les plans actuels».

- Faillites -

Mais pour se débarrasser du charbon et atteindre ses objectifs environnementaux, le Royaume-Uni, qui importe selon lui la moitié du gaz qu'il consomme, doit «investir davantage dans les sources alternatives et renouvelables de production d'électricité», faute de quoi «les prix de l'énergie continueront d'augmenter».

La flambée des prix de l'énergie concerne toute l'Europe, mais le Royaume-Uni est particulièrement sous pression à cause de sa forte dépendance au gaz naturel pour générer de l'électricité.

Les prix du gaz ont atteint la semaine dernière un record historique dans le pays, après un incendie ayant drastiquement réduit la capacité de l'interconnexion électrique avec la France.

L'hiver approchant, cette situation fait craindre de fortes hausses de prix pour les consommateurs et a déjà provoqué la faillite de plusieurs petits fournisseurs d'énergie ces dernières semaines.

Dernières en date, Avro Energy et Green Supplier, qui fournissaient 800.000 clients à elles deux, ont annoncé mercredi arrêter leur activité.

La situation sur le marché du gaz est «sans précédent», avait indiqué mercredi le directeur de l'autorité de l'énergie Ofgem, reconnaissant que des «centaines de milliers de consommateurs» au moins pourraient se retrouver avec un fournisseur d'électricité en faillite à l'orée de l'hiver.

L'Ofgem promet toutefois que les opérateurs défaillants seront remplacés sans interruption de service pour leurs clients.

La flambée du gaz avait entraîné il y a quelques jours l'arrêt de deux usines d'engrais appartenant au groupe américain CF Industries, qui produisent 60% du CO2 du Royaume-Uni, faisant craindre au secteur de l'élevage et aux industries agroalimentaires de fortes pénuries.

Un accord avait été finalement conclu mardi avec le gouvernement pour redémarrer sa production de ce gaz, moyennant un soutien financier de «plusieurs millions» de livres du contribuable britannique.

 


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.