Cinéma : les femmes raflent tout à Saint-Sébastien, la Roumaine Alina Grigore triomphe

La réalisatrice roumaine Alina Grigore reçoit le prix "Concha de Oro" (Coquillage d'or) du meilleur film pour "Lune bleue" (Crai nou) lors de la cérémonie de clôture du 69e Festival du film de San Sebastian en Espagne le 25 septembre  2021. (Photo, AFP)
La réalisatrice roumaine Alina Grigore reçoit le prix "Concha de Oro" (Coquillage d'or) du meilleur film pour "Lune bleue" (Crai nou) lors de la cérémonie de clôture du 69e Festival du film de San Sebastian en Espagne le 25 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 26 septembre 2021

Cinéma : les femmes raflent tout à Saint-Sébastien, la Roumaine Alina Grigore triomphe

  • Le jury de cette 69e édition a remis le prix de la meilleure réalisation à la Danoise Tea Lindeburg pour «As In Heaven»
  • Plus de 170 films ont été projetés pendant les huit jours du Festival

SAINT-SEBASTIEN, ESPAGNE : Après Cannes et la Mostra, le festival de cinéma de Saint-Sébastien a décerné à son tour samedi sa plus haute récompense à une réalisatrice, la Roumaine Alina Grigore, sacrée pour son premier long-métrage à l'issue d'une 69e édition au cours de laquelle les femmes ont tout raflé.


"Je ne m'y attendais pas du tout", a déclaré très émue la jeune réalisatrice et actrice de 36 ans, en recevant la Coquille d'or pour "Blue Moon". Elle a remercié "toutes les femmes et tous les hommes qui ont permis d'emmener notre message si loin".


Son film, qui retrace le parcours d'une jeune femme qui tente d'échapper à la violence de sa famille, faisait partie des 17 films en compétition cette année, aux côtés notamment de "Maixabel" d'Iciar Bollain, inspiré d'une histoire vraie entre la veuve d'un homme politique assassiné par l'ETA et deux de ses assassins, et d'"Arthur Rambo" du réalisateur français Laurent Cantet et de "Benediction" du Britannique Terence Davies.


Le jury de cette 69e édition, présidé par la réalisatrice géorgienne Dea Kouloumbegachvili, a remis le prix de la meilleure réalisation (la Coquille d'argent) à la Danoise Tea Lindeburg pour "As In Heaven", un film qui dépeint la vie au Danemark au XIXe siècle à travers le regard de trois femmes : Lise, âgée de 14 ans, sa tante et sa grand-mère.


L'actrice principale de ce long-métrage, la Danoise Flora Ofelia Hofmann Lindahl, a quant à elle obtenu le prix de la "meilleure interprétation", ex-aequo avec l'actrice américaine Jessica Chastain. 

Récompense mixte

Cette récompense était pour la première fois cette année mixte, pour ne pas faire de différences entre hommes et femmes, à l'instar de la Berlinale, le premier grand festival de cinéma à décerner cette année un prix d'interprétation "non-genré".


"J'adore ce que je fais et j'espère continuer pendant très longtemps", a dit l'actrice de 25 ans en recevant son prix, tenant la main de Jessica Chastain.


De son côté, l'Américaine Jessica Chastain, deux fois nommée aux Oscars, a été récompensée pour le film "Dans les yeux de Tammy Faye". Elle y incarne la télé-évangéliste Tammy Faye Bakker, une personnalité américaine contestée qui a souvent été parodiée dans des émissions de télévision aux Etats-Unis.


L'actrice de 44 ans a décidé de faire ce film il y a sept ans après avoir vu un documentaire montrant une autre facette de cette femme.


"J'espère que ce film nous apprendra à dépasser nos premières impressions", a-t-elle déclaré au moment de la remise du prix.


Considéré comme un tremplin pour le cinéma latino-américain en Europe, le festival a distingué une réalisatrice mexicano-salvadorienne Tatiana Huezo pour "Noche de fuego".


Le film, déjà remarqué à Cannes en juillet dans la section Un certain regard et récompensé d'une mention spéciale, se déroule dans une zone rurale du sud du Mexique où les femmes, mères et filles, vivent dans la peur des enlèvements. Au total, dix films étaient en compétition dans la section "Horizons latinos".


Plus de 170 films ont été projetés pendant les huit jours du Festival, dont "Une seconde" du Chinois Zhang Yimou ("Epouses et concubines") présenté à la cérémonie d'ouverture.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com