La dirigeante de Huawei de retour en Chine qui libère deux Canadiens

La directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, le 24 septembre 2021 au Canada. (Photo, Reuters)
La directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, le 24 septembre 2021 au Canada. (Photo, Reuters)
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Publié le Dimanche 26 septembre 2021

La dirigeante de Huawei de retour en Chine qui libère deux Canadiens

  • Le tapis rouge était déployé sur le tarmac et des employés de Huawei l'attendaient agitant des drapeaux chinois, selon des images de la télévision chinoise CCTV
  • Meng avait été arrêtée à l'aéroport de Vancouver en décembre 2018 à la demande des Etats-Unis.

PEKIN : La directrice financière du géant des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, est rentrée samedi en Chine, quelques heures après le retour à Calgary de deux Canadiens détenus en Chine, marquant le dénouement de trois ans de crise diplomatique.


Mme Meng, l'ancien diplomate Michael Kovrig et l'homme d'affaires Michael Spavor ont été libérés après trois ans de détention dans ce qui a été appelé la "diplomatie des otages".


A son arrivée à l'aéroport de Shenzhen, en provenance de Vancouver, Mme Meng, 49 ans, surnommée la "princesse" de Huawei et fille du patron du groupe, a été accueillie avec les honneurs.


Le tapis rouge était déployé sur le tarmac et des employés de Huawei l'attendaient agitant des drapeaux chinois, selon des images de la télévision chinoise CCTV.


"Je ne suis qu'une citoyenne ordinaire et je n'aurais jamais pu être libérée sans le soutien de mon pays bien-aimé, et l'amour du peuple chinois", a remercié la dirigeante, avant d'entonner un chant patriotique avec la foule.


Dans le hall des arrivées, des centaines de personnes étaient massées avec une banderole de bienvenue,  chantant "En avant Huawei" et l'hymne national, les médias chinois présentant son retour comme une victoire et le fruit des "efforts inlassables du gouvernement chinois" pour sa libération.  


La n°2 de Huawei a recouvert la liberté après trois ans d'assignation à résidence à Vancouver, échappant à une extradition vers les Etats-Unis qui voulaient la juger pour fraude bancaire, en application des sanctions imposées à l'Iran.


Elle avait été arrêtée à l'aéroport de Vancouver en décembre 2018 à la demande des Etats-Unis.


Les deux Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor avaient été arrêtés quelques jours après en Chine, sur la base d'accusation d'espionnage considérées comme "inventées de toutes pièces" par Ottawa, et détenus depuis lors.


Les "Deux Michael" sont arrivés au Canada samedi matin, chaleureusement accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Calgary (ouest) par le Premier ministre Justin Trudeau, qui les a enlacés.


"C'est merveilleux, c'est fantastique d'être de retour au Canada et je suis énormément reconnaissant envers tous ceux qui ont travaillé si fort pour nous ramener à la maison", a déclaré Michael Kovrig.

«Une épine de moins»

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a rapidement salué la décision des autorités chinoises de libérer les deux Canadiens après leur détention "arbitraire".


Le fait que la libération de MM. Kovrig et Spavor coïncide avec celle de Mme Meng "confirme bien qu'il s'agissait d'une diplomatie des otages", a commenté l'ancien ambassadeur canadien en Chine, Guy Saint-Jacques. 


Selon lui, si les liens entre le Canada et la Chine "ne reviendront probablement pas à ce qu'ils étaient auparavant", la résolution de cette affaire est "une épine de moins" dans les relations bilatérales. 


Pékin, de son côté, considérait également les accusations portées contre Meng Wanzhou comme une "persécution politique". "La soi-disant allégation de +fraude+ contre Meng Wangzhou est totalement inventée", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par la chaîne d'État CCTV.


Le départ de Mme Meng pour la Chine est la concrétisation d'un accord spectaculaire rendu public vendredi par un tribunal de New York entre le ministère de la Justice et le mastodonte chinois des télécoms.


Lors d'une audience publique du tribunal fédéral de Brooklyn, le représentant du ministère de la Justice David Kessler avait proposé de "reporter" jusqu'au 1er décembre 2022 les "poursuites" engagées depuis fin 2018 contre Meng Wanzhou, notamment pour "complot" en vue de commettre une "fraude bancaire".


L'accord, dévoilé par le Wall Street Journal, prévoyait que Washington recommande à Ottawa de faire "libérer" Mme Meng et abandonne de facto toute demande d'extradition.


«Fausses déclarations»

La justice américaine accusait la numéro 2 du géant chinois des télécoms d'avoir menti à un cadre de la banque HSBC lors d'une rencontre à Hong Kong en 2013, à propos des liens entre le groupe chinois et une filiale nommée Skycom qui vendait des équipements à l'Iran, exposant l'établissement à des sanctions américaines.


Selon le ministère de la Justice, Mme Meng a reconnu qu'elle avait fait à l'époque "de fausses déclarations" et "dissimulé la vérité" au cadre de HSBC sur les "activités de Huawei en Iran".


Si l'accord en justice n'est pas contesté ou rompu d'ici le 1er décembre 2022, les poursuites seront définitivement abandonnées, selon Washington. 


En Chine, le fait que Mme Meng a reconnu les faits a été effacé d'internet. Elle a toujours nié les faits et plaidé "non coupable" vendredi.


Huawei a déclaré samedi dans un communiqué qu'il "continuera à se défendre" contre les allégations de la justice américaine selon lesquelles il aurait contourné les sanctions contre l'Iran.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.