L'Allemagne tourne la page Merkel dans un scrutin incertain

Le nom du futur chancelier et la composition de sa probable majorité risquent ainsi de pas être connus dès dimanche soir (Photo, AFP).
Le nom du futur chancelier et la composition de sa probable majorité risquent ainsi de pas être connus dès dimanche soir (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 26 septembre 2021

L'Allemagne tourne la page Merkel dans un scrutin incertain

  • Quelque 60,4 millions d'électeurs ont jusqu'à 18H00 (16H00 GMT) pour élire leurs députés et environ 40% se disaient encore indécis à quelques jours de ce vote crucial
  • L'écart est trop ténu entre le centre-gauche et le centre-droit de la chancelière pour oser un pronostic

BERLIN: Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin en Allemagne pour des législatives à suspense où sociaux-démocrates et conservateurs se disputent la succession d'Angela Merkel qui va quitter la chancellerie après seize ans de pouvoir.

Quelque 60,4 millions d'électeurs ont jusqu'à 18H00 (16H00 GMT) pour élire leurs députés et environ 40% se disaient encore indécis à quelques jours de ce vote crucial pour la première économie européenne.

Les sociaux-démocrates de l'actuel ministre des Finances Olaf Scholz devancent légèrement, avec 25%, les conservateurs d'Armin Laschet, crédités de 22 à 23%, un score historiquement bas, selon d'ultimes sondages. 

L'écart est cependant trop ténu entre le centre-gauche et le centre-droit de la chancelière pour oser un pronostic.

Tractations

La publication des premières estimations à la sortie des urnes à 16H00 GMT ne devrait pas forcément permettre d'y voir plus clair: nombre d'électeurs, dont Angela Merkel, ont en effet choisi le vote par correspondance, non pris en compte dans cette première photographie du scrutin.

Le nom du futur chancelier et la composition de sa probable majorité risquent ainsi de pas être connus dès dimanche soir.

De longues tractations seront quoi qu'il arrive nécessaires dans les prochains mois pour former le futur attelage au pouvoir, au risque d'entraîner une paralysie européenne jusqu'au premier trimestre 2022.

Angela Merkel, qui s'apprête à se retirer de la vie politique, pourrait devoir rester aux commandes d'ici la fin de l'année pour expédier les affaires courantes.

Après s'être tenue à l'écart des joutes électorales, la chancelière, qui va égaler avec 16 années à la chancellerie son mentor Helmut Kohl, n'a pas ménagé ses efforts dans la dernière ligne droite.

Lors de son dernier meeting en tant que chancelière, Mme Merkel, 67 ans dont plus de 30 en politique, a appelé samedi à Aix-la-Chapelle à voter pour M. Laschet au nom de "l'avenir" du pays.

L'engagement d'une chancelière dont la popularité reste au zénith suffira-t-il pour empêcher la victoire du SPD? Rien n'est moins sûr.

Longtemps englué à la troisième place des sondages, le SPD a effectué à partir de la mi-août une improbable remontada.

Les erreurs de ses adversaires, conjuguées au quasi sans-faute de son chef de file, de tendance centriste, ont permis de faire mentir les pronostics qui promettaient à l'un des plus vieux partis d'Europe une mort lente.

Goût amer

Ancien maire de Hambourg, son candidat, bien que dénué de charisme, a mené une campagne sans accroc, n'hésitant pas à se poser, jusque dans la gestuelle, en véritable héritier de Mme Merkel.

Longtemps en tête de intentions de vote, les chrétiens-démocrates risquent eux de tomber pour la première fois depuis 1949 sous la barre symbolique des 30%.

Outre l'usure du pouvoir, l'union conservatrice a pâti de la mauvaise campagne de son chef de file, maladroit et impopulaire.

Président de la CDU et de la plus vaste région, la Rhénanie du nord-Westphalie, M. Laschet a la réputation de toujours retomber sur ses pieds et de se défaire des adversaires les plus coriaces.

Mais la marche semble cette fois bien haute pour le candidat conservateur, qui a imposé sa candidature lors d'une terrible guerre des chefs contre le dirigeant bavarois Markus Söder, bien plus populaire que lui.

L'épouvantail d'une coalition de gauche, agité par les conservateurs, pourrait toutefois mobiliser les indécis.

Les Verts devraient se contenter de la troisième place, avec environ 17%.

Ce score serait historique pour des Grünen qui n'ont jusqu'ici dépassé la barre des 10% qu'en 2009. Mais il leur laisserait un goût amer car ils étaient en avril encore en tête des sondages, dans une Allemagne inquiète du changement climatique.

Leur cheffe de file Annalena Baerbock, 40 ans, a multiplié les couacs avant l'été, entre accusations de plagiat et primes non déclarées.

Les Verts souhaitent participer au gouvernement, si possible avec les sociaux-démocrates. Pour la première fois depuis les années 1950, l'appoint d'un troisième parti devrait toutefois être nécessaire.

Les libéraux du FDP apparaissent d'ores et déjà comme un potentiel "faiseur de roi".

La gauche radicale Die Linke semble être prête à participer mais devra d'abord renoncer à ses critiques contre l'Otan. 

L'extrême droite AfD, entrée pour la première fois au Bundestag il y a quatre ans, devrait confirmer son ancrage parlementaire avec environ 10% mais reste exclue de toute coalition éventuelle.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.