Des lettres redonnent espoir aux élèves de Syrie

Lancée en 2016, l’initiative Letters of Hope («Lettres d'espoir») cherche à contredire les allégations du régime du président syrien Bachar al-Assad selon lesquelles la communauté internationale aurait abandonné le peuple syrien. (Photo Arab News)
Lancée en 2016, l’initiative Letters of Hope («Lettres d'espoir») cherche à contredire les allégations du régime du président syrien Bachar al-Assad selon lesquelles la communauté internationale aurait abandonné le peuple syrien. (Photo Arab News)
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Publié le Mercredi 29 septembre 2021

Des lettres redonnent espoir aux élèves de Syrie

  • Les enfants subissent de plein fouet les affres de la guerre. Les observateurs onusiens affirment que le régime cible les civils de manière aléatoire
  • La campagne Letters of Hope cherche à contredire les allégations du régime de Bachar al-Assad selon lesquelles la communauté internationale aurait abandonné le peuple syrien

WASHINGTON, D.C.: «Gardez espoir, ne perdez pas courage; quelque part dans le monde, on vous aime»: ce sont les mots que des écoliers américains ont écrits à la main sur du papier coloré. Ils les ont envoyés aux garçons et aux filles qui vivent si loin d’eux, à des milliers de kilomètres, dans les régions de Syrie assiégées par les rebelles.

L'espoir semble s'estomper en Syrie. Toutefois, des messages de solidarité et de réconfort y ont été acheminés grâce à un groupe de militants dévoués des États-Unis et à leurs partenaires humanitaires qui habitent la Syrie.

La Syrian Emergency Task Force («Groupe de travail sur les situations d'urgence en Syrie») est une ONG américaine créée en 2011. Elle fait le lien entre les États-Unis et les communautés de Syrie grâce à l'assistance humanitaire vitale qu'elle apporte aux enfants défavorisés de ce pays.

Lancée en 2016, l’initiative Letters of HopeLettres d'espoir») cherche à contredire les allégations du régime du président syrien Bachar al-Assad et de ses défenseurs internationaux selon lesquelles la communauté internationale aurait abandonné le peuple syrien. 

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Une photo de famille à la main, un garçon se tient à côté des décombres, conséquence des bombardements menés par les forces gouvernementales de Syrie sur la ville de Balshun, dans la région de Jabal al-Zawiya, située au sud de la région d'Idlib, contrôlée par les rebelles. (AFP)

Cette initiative a pour objectif de recueillir des lettres de solidarité écrites par des jeunes du monde entier et de les envoyer directement aux réfugiés syriens pour leur apporter du réconfort et leur faire savoir qu'ils ne sont pas abandonnés.

«Participer à la campagne Letters of Hope est bien plus qu’un message de solidarité. C'est un véritable engagement», affirme à Arab News Abby Straessle, directrice de développement de la Syrian Emergency Task Force (SETF).

Parmi les enfants qui reçoivent ces lettres, beaucoup sont victimes des frappes du régime. Ces derniers temps, les attaques ont redoublé d’intensité dans le nord-ouest de la Syrie, cette région déjà dévastée par l'offensive russe et iranienne menée au mois de mars de l'année dernière.

Ce sont les enfants qui souffrent le plus dans ce conflit qui remonte à plus de dix ans, époque à laquelle les manifestations contre le gouvernement ont été réprimées avec violence, ce qui a déclenché une guerre civile particulièrement meurtrière.

 

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Un lot de cartes décorées à la main a été récemment envoyé par la classe de maternelle de Holy Souls à Little Rock, Arkansas, aux États-Unis. (Photo Arab News)

Selon la Syrian Civil Defense («Défense civile syrienne»), une ONG connue sous le nom de «Casques blancs», le régime syrien et les avions à réaction russes ont délibérément visé des écoles et privé les enfants d'éducation. De son côté, le gouvernement russe a fermement nié sa responsabilité dans ces frappes aériennes.

La Commission d'enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne, qui relève des Nations unies, affirme dans un rapport publié récemment que des secteurs résidentiels, des marchés et des établissements médicaux sont eux aussi pris pour cibles de manière délibérée et souvent aléatoire.

Il arrive que des enfants syriens soient tués lors d'attaques contre des infrastructures civiles. Au mois de juillet, des obus d'artillerie guidés de type Krasnopol et de fabrication russe ont percuté un établissement médical dans la campagne sud d'Idlib. Six enfants ont été tués.

Selon l'Unicef, cinq cent douze enfants auraient été tués dans des attaques similaires au cours de l'année dernière, principalement dans le nord-ouest de la Syrie. Par ailleurs, 1,7 million de jeunes vivent dans des conditions précaires dans les zones contrôlées par les rebelles; la plupart d'entre eux ont été déplacés plus d'une fois en raison des offensives successives du régime.

La guerre psychologique semble figurer en bonne place dans l’éventail stratégique de ce régime. Des brochures sont souvent lancées par avion sur les zones tenues par les rebelles pour avertir les habitants: ils doivent partir ou mourir. 

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Un homme qui porte une jeune fille blessée par un bombardement aérien sur un camp de fortune pour Syriens déplacés emprunte les escaliers d'un hôpital de la ville de Maaret Misrin, dans le nord de la province d'Idlib, contrôlée par les rebelles. (AFP)

 «Tout le monde vous a abandonnés», peut-on lire sur l'un de ces tracts qui fait allusion à la communauté internationale. «Ils vous ont laissés à votre sort.»

La campagne Letters of Hope a été initiée dans l’objectif de contester expressément ce message et de rappeler aux enfants syriens qu'on ne les oublie pas.

«Letters of Hope est un moyen de dire aux Syriens que, même si les gouvernements du monde entier ferment les yeux sur leur détresse et même si l'administration américaine prend ses distances par rapport aux atrocités commises en Syrie, le peuple des États-Unis et du monde entier est solidaire des civils qui réclament la liberté dans ce pays ravagé par la guerre», explique Mouaz Moustafa, directeur de la SETF, à Arab News.

Bien entendu, les lettres à elles seules ne peuvent offrir une éducation aux enfants syriens, ni les mettre à l'abri des bombardements, ni calmer leur faim. La SETF a donc mis en place un programme complémentaire dans le nord de la Syrie: Wisdom House, ou «Maison de la sagesse», propose des classes maternelles et un centre pour femmes baptisé «Tomorrow's Dawn» («L'Aube de demain»).

Ce centre propose à plusieurs centaines de femmes une formation professionnelle et des certificats en esthétique, en soins infirmiers, en artisanat et en informatique.

en CHIFFRES

- 13,4 millions de Syriens dépendent de l'aide humanitaire, ce qui correspond au chiffre le plus élevé depuis 2017.

- 4,2 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro): c’est la somme nécessaire au financement du Syrian Humanitarian Response Plan («Plan de réponse humanitaire pour la Syrie»), dont 27% seulement sont provisionnés.

(Source: Nations unies)

«Vos mots, si beaux et si émouvants, nous réchauffent le cœur et nous donnent de l'espoir.» C’est en ces termes que Moumena, professeure d'anglais et directrice de la Maison de la sagesse, a répondu aux lettres.

«Je suis touchée par ces messages, tout comme les autres enseignants qui s'occupent des enfants. En lisant les lettres envoyées par les enseignants, les élèves et ceux qui se soucient de nous, nous nous sentons protégés. Nous allons certainement sortir vainqueurs de cette épreuve.»

«Ces lettres nous insufflent force, espoir et amour. Les personnes qui nous les envoient ont toutes un cœur d'or, elles sont tendres et loyales. Je tiens à remercier du fond du cœur tous ceux qui nous apportent leur soutien et nous envoient ces mots magnifiques.»

La première lettre que j'ai reçue disait: «“Soyez forts, vous n'êtes pas seuls.” Ces mots sont très précieux pour moi», confie-t-elle à Arab News.

À ce jour, les élèves des écoles syriennes ont reçu plus de deux mille lettres en provenance de dix-sept États américains. Elles ont été rassemblées par les bénévoles de la SETF avant d'être acheminées par la frontière turque vers la partie de la Syrie contrôlée par les rebelles. 

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Aux yeux de beaucoup de gens, le conflit syrien et les personnes prises dans le feu des combats et de la répression paraissent vraiment éloignés. Grâce à la touche personnelle que ces lettres véhiculent, les enfants nés dans des conditions tout à fait différentes parviennent à créer un lien. (Photo Arab News)

Des cartes décorées à la main ont été envoyées récemment par les élèves de la classe de maternelle de Holy Souls à Little Rock, dans l’Arkansas. La Wisdom House y a répondu en publiant une photo de ses salles de classe décorées de lettres et de ses élèves qui brandissent avec fierté une bannière où sont écrits ces mots: «L'Arkansas soutient le peuple syrien.»

Ce geste simple mais puissant rappelle aux enfants syriens qu'ils ne sont pas abandonnés à leur sort.

En effet, aux yeux de beaucoup de gens, le conflit syrien et les personnes prises dans le feu des combats et de la répression paraissent vraiment éloignés. Grâce à la touche personnelle que ces lettres véhiculent, les enfants nés dans des conditions tout à fait différentes parviennent à créer un lien.

«Les écoles ont subi plusieurs déplacements forcés au fil des années et leurs communautés ont été contraintes de quitter leurs maisons à Idlib au début de l’année 2020», explique Natalie Larrison, directrice de Wisdom House, à Arab News.

«En dépit de ces obstacles, la résilience des enseignants et de leurs communautés ainsi que le dévouement exceptionnel des personnes qui soutiennent la Wisdom House ont permis à l'école maternelle et au centre pour femmes de réussir et de prospérer.»

«Nous espérons que les sourires des enfants suffiront à dire aux dirigeants du monde à quel point il est important de les protéger et de leur permettre de vivre dans la liberté et le bonheur.»

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Une jeune fille, blessée lors d'un bombardement aérien sur un camp de fortune pour déplacés syriens, est soignée dans le service d'urgence d'un hôpital de la ville de Maaret Misrin, dans le nord de la province d'Idlib, contrôlée par les rebelles, le 7 septembre 2021. (AFP)

Les journaux internationaux ne s'intéressent plus aux combats ni aux atteintes aux droits de l'homme en Syrie. Selon les analystes, cette indifférence, conjuguée à la passivité du Conseil de sécurité des nations unies, a encouragé le régime syrien à poursuivre ses offensives.

Au début de ce mois, le président russe, Vladimir Poutine, a accueilli Al-Assad dans la station balnéaire de Sotchi, située sur la mer Noire. Le Kremlin espère convaincre les dirigeants du monde d'accueillir à nouveau le président syrien dans le giron international et de le reconnaître en tant que dirigeant légitime de la Syrie, en dépit des crimes de guerre qu'il a commis.

En outre, le gouvernement russe exerce une pression sur les pays européens pour qu'ils déclarent la Syrie «pays sûr». Ainsi, les réfugiés pourraient retourner dans les zones contrôlées par le régime.

L'expérience vécue par les Syriens expulsés par le conflit relate une tout autre histoire. Omar al-Shogre est un conférencier suédois et un militant des droits de l'homme qui a collaboré étroitement avec la Syrian Emergency Task Force. Il a passé des années dans l’une des plus tristement célèbres prisons du régime.

«Ce que les Syriens craignent le plus, bien plus que de mourir sous les bombes, c'est d'être détenus par les services de renseignement», explique-t-il à Arab News.

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Cette initiative a pour objectif de recueillir des lettres de solidarité écrites par des jeunes du monde entier et de les envoyer directement aux réfugiés syriens pour leur apporter du réconfort et leur faire savoir qu'ils ne sont pas abandonnés à leur sort.
(Photos Arab News)

«Cela concerne principalement les tortures physiques, sexuelles et psychologiques que vous subirez tant que vous resterez en vie dans le centre de détention. Les Syriens refusent de retourner en Syrie parce qu'on les attend là-bas. De fait, les services de renseignement les attendent.»

Seul le lobbying incessant de groupes comme la SETF peut faire en sorte de ne pas oublier totalement les enfants qui vivent dans cette partie de la Syrie contrôlée par les rebelles.

«Nous envisageons de continuer à fournir une éducation de qualité à un plus grand nombre de Syriens encore, de sorte que chaque enfant puisse suivre une formation dans une école comme la Wisdom House», affirme Mme Larrison.

«En dépit de l’incertitude qui plane sur l'avenir de la Syrie, nous espérons que le monde comprendra à quel point il est important de protéger les enfants et les communautés formidables de Syrie. Nous y parviendrons en racontant leurs histoires», conclut-elle.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

Twitter: @OS26


L’engouement des Marocains face à la CAN féminine 2022

La sélection féminine marocaine de football est actuellement l’une des premières qualifiées aux phases finales avec les Lionnes de la Téranga du Sénégal.(Photo, Twitter/@CAFwomen)
La sélection féminine marocaine de football est actuellement l’une des premières qualifiées aux phases finales avec les Lionnes de la Téranga du Sénégal.(Photo, Twitter/@CAFwomen)
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  • La sélection féminine marocaine de football est actuellement l’une des premières qualifiées aux phases finales
  • Sur les réseaux sociaux, les Marocains semblent de plus en plus intéressés par cette édition de la CAN

CASABLANCA: La quatorzième édition de la CAN féminine de football, qui se déroule au Maroc a déjà toute sa place dans l’histoire du football marocain. Un niveau de jeu de qualité, une médiatisation sans précédent, un engouement manifeste chez les supporters contribuent à renforcer la visibilité du football féminin au sein du continent africain.

Au Maroc, la passion pour le football est notamment présente du côté des équipes masculines ; mais avec cette édition de la CAN et surtout les bons résultats décrochés par les Lionnes de l’Atlas, les Marocaines et surtout les Marocains découvrent le football sous un nouvel angle.

«Je n’ai presque jamais regardé un match de la sélection féminine de football» raconte à Arab news en français Yacine, un jeune Marocain qui ne rate plus aucune rencontre de la CAN féminine 2022. «Le hasard a voulu que je suive la cérémonie d’inauguration de cette édition ainsi que le premier match des Lionnes de l’Atlas face à la sélection du Burkina Faso», explique-t-il, avant d’avouer: «J'étais surpris de voir un tel niveau de jeu, j’ai éprouvé des émotions aussi intenses que celles je ressens que quand je regarde un match de la sélection masculine». Le jeune trentenaire raconte que, depuis ce premier match, il suit quand il le peut toutes les rencontres de la CAN féminine 2022. 

«Le football est le sport le plus populaire du monde, mais on ne s'intéresse presque jamais au football féminin. Cela s’explique par différentes raisons, entre autres la culture, le fait que l’on a toujours cru que le football était réservé aux hommes – le football masculin s’étant imposé depuis longtemps – et l’idée que les femmes ne manieront jamais le ballon mieux que les hommes», pense un autre néo-supporter des Lionnes de l’Atlas, Othmane.

«Si on prenait le temps de ne regarder qu’une dizaine de minutes d’un match des Lionnes de l’Atlas, beaucoup de certitudes tomberaient à l'eau et seul un sentiment prendrait le dessus: la fierté», poursuit Othmane.

La sélection féminine marocaine de football est actuellement l’une des premières qualifiées aux phases finales avec les Lionnes de la Téranga du Sénégal. Avec deux victoires au compteur, les deux sélections affichent un sans-faute.

Sur les réseaux sociaux, les Marocains semblent de plus en plus intéressés par cette édition de la CAN. À chaque nouveau but ou nouvelle victoire, des pages aux millions d'abonnés relayent l’information, avec un engagement comparable à celui réservé à la sélection masculine.

D’ailleurs, de plus en plus de femmes s'intéressent au football grâce à cette CAN féminine 2022. C’est le cas d’Abir, 25 ans, qui ne s’est jamais trop intéressée au football auparavant. Pourtant, elle fait aujourd’hui partie d’un groupe de femmes qui ont créé une page Instagram pour soutenir et encourager les Lionnes de l’Atlas.

«En tant que femme, je suis fière du niveau qu’a atteint la sélection féminine», dit-elle à Arab news en français. «Dans les pays arabes et africains, les femmes ont du mal à se faire entendre, surtout lorsqu’il s’agit de sport, et vu que cette CAN se déroule au Maroc, c’est justement l’occasion pour nous les femmes d’exprimer tout notre soutien envers les Lionnes de l’Atlas, l’objectif étant, entre autres, de faire avancer le football et le sport féminin en général».

Pour se faire entendre et exprimer leur soutien, Abir et une dizaine d’autres Marocaines se sont mobilisées afin de créer une page Instagram à travers laquelle elles présentent les différentes joueuses de la sélection et communiquent les résultats de la sélection féminine.

«Je n’ai jamais eu de passion particulière pour le football, mais avec cette CAN organisée au Maroc, je me sens de plus en plus impliquée, je comprends mieux le football et, plus précisément, le sacrifice que ces femmes ont dû faire pour se dévouer à leur passion», indique Abir. «Les femmes marocaines, africaines et arabes doivent déployer de multiples efforts pour pouvoir exceller et se faire connaître. Nous sommes là pour elles», conclut-elle, d’un ton enthousiaste.

La CAN féminine de football se déroule du 2 au 23 juillet 2022. La sélection marocaine a remporté hier deuxième match des phases de groupe face à l'Ouganda. Le prochain match l'opposera à la sélection sénégalaise, dans une rencontre dont le seul enjeu sera de savoir qui occupera la première place du groupe A


Le Conseil d'association Royaume-Uni-Égypte inauguré à Londres

Les deux parties ont publié une déclaration conjointe à la suite de son inauguration. (Shutterstock)
Les deux parties ont publié une déclaration conjointe à la suite de son inauguration. (Shutterstock)
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  • La nouvelle plate-forme vise à promouvoir les ambitions exprimées dans l'accord entre le Royaume-Uni et l'Égypte signé en décembre 2020
  • Les ministres des Affaires étrangères ont discuté de leurs domaines de coopération, notamment les investissements et la lutte contre le changement climatique

LE CAIRE: Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, et la ministre britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement, Liz Truss, ont inauguré à Londres le Conseil d'association Royaume-Uni-Égypte.

Les deux parties ont publié une déclaration commune à la suite de l’inauguration, soulignant que l’association créait une nouvelle plate-forme pour promouvoir les ambitions exprimées dans l'accord entre le Royaume-Uni et l'Égypte, signé en décembre 2020.

La déclaration a indiqué que les deux ministres s’étaient entretenus sur le développement du partenariat stratégique entre leurs pays, et se sont félicités de plusieurs succès commerciaux, dont le projet de fabrication de trains linéaires de monorail dans la ville anglaise de Derby, avec le soutien de la British Export Finance Corp.

Ce partenariat vient s'ajouter à la vente à l'Égypte de deux unités de ravitaillement maritime ayant appartenu à la Royal Navy, ainsi que de contrats de renouvellement et de développement.

Le communiqué ajoute que la coopération comprend l'ouverture d'un nouveau champ d'énergie solaire d'une capacité de 66 mégawatts par Globeleq, avec un investissement de 80 millions de dollars (un dollar = 0,97 euros); le lancement des opérations commerciales par Lekela Wind Energy, avec un investissement de 325 millions de dollars et l'approbation d'un investissement de 100 millions de dollars par British International Investment pour acquérir Alpha Medical Group.

Les deux ministres ont également discuté des perspectives de renforcement de la coopération économique entre le Royaume-Uni et l'Égypte, et sont convenus de travailler activement au développement du commerce et des investissements bilatéraux, notamment en trouvant des solutions aux obstacles au niveau du commerce et en améliorant l'accès au marché dans les secteurs de l'agriculture, de la santé, de l'énergie et de la finance, via la création d'un sous-comité du commerce.

Les gouvernements égyptien et britannique ont également confirmé leur engagement à renforcer la coopération bilatérale et les investissements dans les soins de santé et l'éducation, et se sont félicités de l'approfondissement de leur coopération technique, qui soutiendra le travail conjoint pour surmonter les obstacles à l'accès au marché dans les secteurs prioritaires.

La coopération future comprend la signature d'une déclaration d'intention entre l’Agence égyptienne de réglementation des services publics d'électricité et de protection des consommateurs et l’Autorité britannique des marchés du gaz et de l'électricité, pour aider à la réforme de la législation égyptienne sur les énergies renouvelables.

Les deux ministres se sont réjouis du renforcement de la coopération en Afrique et de la découverte d'opportunités de coopération tripartite avec les pays africains dans divers domaines, notamment les infrastructures.

Le Royaume-Uni a salué les préparatifs de l'Égypte pour accueillir la COP27 à Charm el-Cheikh en novembre, soulignant sa volonté de s'appuyer sur la Charte climatique de Glasgow et les précédents objectifs de l'ONU en matière de changement climatique.

L'Égypte et le Royaume-Uni ont tous deux souligné l'importance d'aider les peuples en développement à parvenir à une transition équitable vers des modèles de développement durable respectueux de l'environnement et compatibles avec les efforts de lutte contre le changement climatique, notamment la transition vers l'énergie durable et l'hydrogène vert. Concernant l’adaptation aux effets du changement climatique, ils ont évoqué la gestion durable et intégrée des ressources naturelles, le renforcement de la résilience et l’établissement des capacités techniques et technologiques.

Les deux ministres ont également abordé un grand nombre de questions bilatérales, régionales et mondiales d'intérêt commun, dont les droits humains, évoquant leur volonté de tenir régulièrement des réunions du Conseil d'association pour continuer à renforcer la coopération entre Londres et Le Caire.

Le Royaume-Uni a congratulé l'Égypte pour son leadership et ses efforts dans le domaine de la production d'énergie renouvelable et pour avoir offert des opportunités aux investisseurs et entreprises britanniques dans le secteur de l'énergie.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Soudan: Burhane limoge les civils, les anti-putsch restent dans la rue

Le principal bloc civil du Soudan rejette la proposition du général putschiste Abdel Fattah al-Burhane de laisser la place à un gouvernement civil, dénonçant un « discours est vague, chargé de double sens » destiné à maintenir l'influence de l'armée dans le pays. (Photo, AFP)
Le principal bloc civil du Soudan rejette la proposition du général putschiste Abdel Fattah al-Burhane de laisser la place à un gouvernement civil, dénonçant un « discours est vague, chargé de double sens » destiné à maintenir l'influence de l'armée dans le pays. (Photo, AFP)
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  • Le général Burhane a commencé par limoger mercredi, dans un communiqué officiel, les cinq membres civils du Conseil souverain qu'il préside
  • Depuis son coup d'Etat, 114 manifestants ont été tués et des milliers blessés dans la répression des rassemblements pro-démocratie, selon des médecins

KHARTOUM: Le général putschiste Abdel Fattah al-Burhane a limogé mercredi les membres civils du pouvoir soudanais, au septième jour d'une nouvelle vague de mobilisation dans la rue des pro-démocratie, qui entendent durcir leur bras de fer avec une armée quasiment toujours au pouvoir depuis l'indépendance.

Mardi, le principal bloc civil avait rejeté la proposition du leader de facto du Soudan de laisser la place à un gouvernement civil en remplaçant le Conseil souverain, actuellement la plus haute autorité du pays, par un Conseil suprême des forces armées. 

Si les civils ne veulent pas former de gouvernement tant que le général Burhane ne s'est pas retiré, ce dernier semble mettre en place les premières étapes du plan qu'il a proposé à la surprise générale lundi soir. 

Il a commencé par limoger mercredi, dans un communiqué officiel, les cinq membres civils du Conseil souverain qu'il préside. Certains d'entre eux avaient affirmé la veille à la presse locale n'avoir reçu aucune notification officielle, découvrant, surpris, ne plus avoir leurs véhicules de fonction. 

« Une trahison » 

Le général Burhane avait choisi ces cinq personnalités apolitiques et peu connues du public peu après son coup d'Etat. Elles passaient pour ne jouer qu'un rôle mineur au sein du Conseil souverain. 

Lors de son putsch le 25 octobre 2021, il avait confisqué le pouvoir aux civils, en limogeant l'ensemble des civils du gouvernement et du Conseil souverain, mettant fin à la transition initiée après la chute du dictateur Omar el-Béchir en 2019. 

Depuis son coup d'Etat, 114 manifestants ont été tués et des milliers blessés dans la répression des rassemblements pro-démocratie, selon des médecins. 

Aujourd'hui, les Forces pour la liberté et le changement (FLC), colonne vertébrale du gouvernement civil limogé lors du putsch, appellent à « maintenir la pression populaire », dénonçant la proposition de Burhane comme une « trahison » et une « tactique » pour maintenir la mainmise de l'armée sur la politique et l'économie. 

Malgré la mort il y a une semaine de neuf personnes dans des défilés anti-putsch, les manifestants restent mobilisés pour la septième journée d'affilée, maintenant barricades et campements dans Khartoum et ses banlieues. 

Ils ont même déclaré mardi un nouveau sit-in illimité à Wad Madani, à 200km au sud de Khartoum. Et mercredi après-midi, ils appellent à un « défilé des femmes » à Khartoum alors que ces dernières ont joué un rôle majeur en 2019. 

Lors de la « révolution » qui a renversé le général Béchir, les manifestants avaient maintenu leurs sit-in huit mois. Ils avaient alors obtenu que l'armée partage le pouvoir avec les civils pour mener le pays vers ses premières élections démocratiques. 

« Nous ne partirons pas d'ici avant d'obtenir un gouvernement civil », déclarait mardi un des manifestants depuis Wad Madani, Mahmoud Mirghani. 

« Loup déguisé en mouton »  

« On a lancé ce sit-in en réponse au discours de Burhane le putschiste, on veut la liberté, la paix, la justice et un gouvernement civil », renchérissait une autre manifestante, Safa Abderrahim. 

L'ONU a dit mardi espérer que l'annonce du général Burhane « crée une opportunité pour obtenir un accord ». 

Les Etats-Unis ont pour leur part jugé qu'il était « trop tôt » pour en évaluer l'impact, appelant toutes les parties à chercher un accord vers « un gouvernement dirigé par des civils » avec des « élections libres ». 

Mais pour Yasser Arman, cadre des FLC, »le discours de Burhane s'adresse surtout à la communauté internationale dont certains membres veulent des solutions rapides (...) privilégiant la stabilité à la démocratie ». 

Pour ce dirigeant civil, Burhane veut « choisir un Premier ministre qui sera un loup déguisé en mouton et prendra ses ordres auprès du Conseil suprême des forces armées, ainsi l'armée gardera les pouvoirs souverains et exécutifs sous prétexte d'une solution politique ». 

Pour la rue aussi, le nerf de la guerre se trouve dans les caisses vides de l'Etat, alors que le pays est privé de  son aide internationale depuis le putsch et pris entre dévaluation exponentielle et inflation à plus de 200%. 

« Tout le peuple soudanais a vu l'économie s'écrouler depuis le coup d'Etat », lançait mardi un manifestant à Khartoum alors qu'aujourd'hui encore 80% des ressources échappent au contrôle du ministère des Finances. 

On ignore quelle est la part des militaires dans l'économie, mais ils tiennent de nombreuses entreprises allant de l'élevage de volailles au BTP. 

« Burhane doit remettre à la justice tous ceux qui ont tué (des manifestants) et il est le premier d'entre eux », affirmait mardi un manifestant à Khartoum sous couvert d'anonymat.