Les Etats-Unis évitent le «shutdown», mais ce n'est que partie remise pour Biden

Un marine se tient devant l'entrée de l'aile ouest de la Maison Blanche le 30 septembre 2021 à Washington, DC. Plus tôt dans la soirée, la Chambre a adopté la "Loi sur l'extension du financement du gouvernement et la fourniture d'une aide d'urgence", qui empêche temporairement une fermeture du gouvernement. (Photo, Getty Images/AFP)
Un marine se tient devant l'entrée de l'aile ouest de la Maison Blanche le 30 septembre 2021 à Washington, DC. Plus tôt dans la soirée, la Chambre a adopté la "Loi sur l'extension du financement du gouvernement et la fourniture d'une aide d'urgence", qui empêche temporairement une fermeture du gouvernement. (Photo, Getty Images/AFP)
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Publié le Vendredi 01 octobre 2021

Les Etats-Unis évitent le «shutdown», mais ce n'est que partie remise pour Biden

  • Le président prévoit un plan d'investissements de $3500 milliards, mais les républicains refusent absolument de participer à toute mesure visant à relever le plafond de la dette
  • Les démocrates martèlent que seule une infime partie de cette dette a été créée sous Biden. Il s'agit en fait de payer les «cartes de crédit» de Trump et des précédents présidents

WASHINGTON : Les Etats-Unis ont évité jeudi in extremis la paralysie des services fédéraux mais plusieurs autres fronts menacent toujours la présidence de Joe Biden, qui tente de rassembler les troupes démocrates, embourbées dans une guerre fratricide autour de ses vastes projets d'investissements et de réformes.


Le président démocrate a signé une loi de finances qui prolonge le budget actuel jusqu'au 3 décembre, adoptée plus tôt par la Chambre des représentants et le Sénat avec des majorités confortables.


S'ils ont finalement écarté assez facilement la menace d'une paralysie budgétaire, surnommée "shutdown", les parlementaires sont engagés dans des discussions autrement plus ardues pour éviter que les Etats-Unis ne puissent plus honorer leurs paiements à partir du 18 octobre, ce qui implique pour le Congrès de relever la limite d'endettement du pays.


Un défaut de la première puissance mondiale jetterait la finance internationale en terre inconnue.


Bien conscients du danger, républicains et démocrates ne parviennent pas à se mettre d'accord sur la façon de l'éviter.


Dans un Congrès profondément divisé, le sujet est devenu hautement politique, car l'opposition a sciemment lié la question de la dette à un plan historique de Joe Biden.


Le président prévoit 3500 milliards de dollars pour réformer en profondeur le tissu social des Etats-Unis et investir massivement dans la lutte contre le changement climatique.


Une folie exorbitante, dénoncent les républicains, qui refusent donc absolument de participer de près ou de loin à toute mesure visant à relever le plafond de la dette. 


Or, ils disposent d'une minorité de blocage au Sénat.


Ils exhortent les démocrates à employer une manœuvre parlementaire qui leur permettrait de l'approuver avec leur seule courte majorité.


Bien trop "risqué", jugent les chefs démocrates, car elle requiert trop de temps alors que les parlementaires ont moins de trois semaines pour éviter un défaut.


Ils martèlent que seule une infime partie de cette dette a été accumulée sous le mandat de Joe Biden, arrivé à la Maison Blanche en janvier. Il s'agit en fait de payer les "cartes de crédit" de Donald Trump, assènent les démocrates, et des précédents présidents. 


Ils appellent donc les républicains à coopérer. Aucune issue n'apparaît pour l'instant évidente. 


Doutes sur les infrastructures

En parallèle, une guerre intestine entre l'aile gauche des démocrates et les plus centristes menace le coeur du programme de Joe Biden. 


Fier de sa longue expérience de sénateur, le président multiplie cette semaine les réunions à la Maison Blanche pour tenter de rassembler ses troupes autour de ses deux plans colossaux d'investissements.


D'un côté, le projet historique d'investir 1200 milliards de dollars dans les infrastructures américaines, soutenu aussi par des républicains. 


De l'autre, le volet titanesque sur les réformes sociales voulu par les seuls démocrates. 


Le Sénat avait approuvé dès août le plan d'infrastructures, qui devait être soumis à un vote final à la Chambre ce jeudi.


Mais des dizaines d'élus de l'aile gauche démocrate menacent de faire échouer ce vote, furieux de ne pas avoir reçu plus de garanties que le vaste plan de réformes sociales sera aussi adopté. 


Ils se méfient de deux sénateurs centristes, Joe Manchin et Kyrsten Sinema, qui affirment que son montant est trop élevé. Les majorités démocrates sont si étroites que toute défection pourrait tuer ce plan.


La Maison Blanche s'est pourtant montrée relativement confiante jeudi.


"Nous travaillons pour pouvoir remporter un vote ce soir. Il reste encore plusieurs heures à cette journée", a déclaré sa porte-parole Jen Psaki.


Mais la fronde est si forte qu'il semblait difficile en début de soirée que le plan soit approuvé définitivement, et ce vote pourrait donc bien finir par être déprogrammé.


L'adoption des deux gigantesques projets serait alors remise à plus tard. Et l'administration Biden tentait déjà jeudi de préparer l'opinion publique à cette éventualité.


"Il ne s'agit pas d'un cataclysme majeur s'il n'y a pas de vote aujourd'hui", a déclaré sur CNN la ministre de l'Energie Jennifer Granholm. 


Mais là aussi le temps presse: les démocrates risquent de perdre leurs majorités lors des élections parlementaires de novembre 2022.


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.


Le pétrole baisse après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz

 M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.  Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran. Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
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  • "Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui"
  • Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des EAU

LONDRES: Les cours du pétrole redescendent mercredi après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz, le marché se montrant optimiste quant au "bon progrès" avec la partie iranienne évoqués par le vice-président des Etats-Unis.

Vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,79% à 109,29 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, tombait de 1,64% à 102,44 dollars.

"En ce moment-même, notre navire pétrolier sort du détroit d'Ormuz, en coordination avec l'Iran", a déclaré au Parlement le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun.

Selon le suivi maritime de MarineTraffic, il pourrait s'agir du "Universal Winner". Ce navire "transporte du pétrole du Koweït", affirme Anna Macdonald, analyste chez Hargreaves Lansdown.

La mention d'une coordination avec l'Iran de la Corée du Sud qui possède d'importantes raffineries est perçu par le marché comme un soulagement.

Et "deux navires chinois auraient déjà effectué le voyage", souligne Mme Macdonald, consolidant la tendance baissière mercredi.

"Les déclarations faites hier par le vice-président Vance, qui a affirmé que Trump préfère éviter une guerre avec l'Iran" contribuent également à la baisse des cours, estime auprès de l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il y a beaucoup d'allers-retours" avec la partie iranienne, a aussi déclaré le vice-président des Etats-Unis JD Vance lors d'un point presse lundi à la Maison Blanche, évoquant de "bons progrès."

Donald Trump qui alterne entre apaisement et tonalité agressive a cependant déclaré le même jour à propos de l'Iran : "mais nous pourrions devoir leur donner encore un gros coup. Je ne suis pas sûr pour l'instant".

De leur côté, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont promis d'étendre la guerre "au-delà de la région" du Moyen-Orient, si les Etats-Unis et Israël attaquaient de nouveau le pays.

"Cela suggère que le régime estime que le temps joue en sa faveur tant que les prix de l'essence aux États-Unis restent élevés", affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Or, avec un détroit d'Ormuz qui reste largement paralysé, bloquant une grande partie des exportations pétrolières du Golfe, "il est probable que nous continuerons à observer une baisse continue des réserves de pétrole au cours des prochaines semaines", ce qui ferait grimper les cours, affirme M.Staunovo.