États-Unis: Le scénario catastrophe qui se joue derrière le plafond de la dette

Le Congrès américain, à Washington (Photo, AFP).
Le Congrès américain, à Washington (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 octobre 2021

États-Unis: Le scénario catastrophe qui se joue derrière le plafond de la dette

  • Les États-Unis auront de nouveau absolument besoin d'emprunter le 18 octobre alors que le risque d'une récession et d'une panique des marchés plane
  • Le plafond de la dette est actuellement fixé un peu au-dessus de 28 000 milliards de dollars et le Trésor estime qu'il sera atteint le 18 octobre

WASHINGTON: Les États-Unis ont évité in extremis la paralysie des services fédéraux. Mais dans les psychodrames qui se jouent au Congrès autour des projets de réformes de Joe Biden, la question du relèvement du plafond de la dette devrait être le prochain épisode de sourdes batailles parlementaires. 

Avec le risque d'une récession et d'une panique des marchés à l'horizon du 18 octobre, date à laquelle les États-Unis auront de nouveau absolument besoin d'emprunter. D'un sujet parlementaire technique au spectre d'une crise majeure, voici ce qu'il faut savoir sur le plafond de la dette américaine.

Le «plafond de la dette», qu'est-ce que c'est?

C'est le seuil maximum légal accordé par le Congrès américain au gouvernement en matière d'emprunt.

Le plafond de la dette est actuellement fixé un peu au-dessus de 28.000 milliards de dollars et le Trésor estime qu'il sera atteint le 18 octobre. 

Les législateurs l'ont relevé ou suspendu 78 fois depuis 1960.

L'argent obtenu grâce à ces emprunts sert à payer toutes les factures du gouvernement: des pensions des anciens combattants en passant par les aides sociales et les créances du pays vis-à-vis de l'étranger, dont la Chine et le Japon. 

Quelles mesures le gouvernement devra-t-il prendre si le plafond est atteint?

"L'arithmétique macroéconomique est assez simple", a expliqué à l'AFP Gregory Daco, chef économiste d'Oxford Economics. "Si le gouvernement ne peut plus émettre de nouvelle dette, il doit équilibrer son budget", explique-t-il. 

En d'autres termes, il doit réduire drastiquement ses dépenses, de l'ordre de 50%, pour que celles-ci n'excèdent pas le montant des revenus qui entrent dans les caisses de l’État. 

Ces réductions représentent "au moins 7% du PIB", soit la taille de l'actuel déficit budgétaire, précise M. Daco.

Quelles conséquences pour l'économie américaine et mondiale ?

Réduire les dépenses à une telle échelle, du jour au lendemain, plongerait l'économie américaine dans une récession puisque la croissance est actuellement de l'ordre de 4% à 5%.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a prévenu que l'économie pourrait perdre des millions d'emplois, les économistes évoquant, eux, plus de 5 millions. Le taux de chômage pourrait grimper jusqu'à 8% contre 5,2% en août.

Quelles conséquences pour les ménages américains?

"Ce serait catastrophique non seulement pour l'économie, mais encore pour les familles individuellement", a martelé Janet Yellen lors d'une audition devant la Chambre des représentants jeudi.

Selon elle, "près de 50 millions de personnes âgées pourraient cesser de recevoir leurs paiements de sécurité sociale ou les recevoir en retard". 

Le paiement des salaires des militaires pourrait être aussi retardé à une date indéterminée.

Elle a également évoqué les 30 millions de familles dépendant des crédits d'impôt mensuels pour frais de garde d'enfants qui devraient faire sans. 

Quel impact sur les marchés financiers?

C'est difficile à prédire dans la mesure où tous les acteurs s'attendent à ce qu'un accord soit trouvé à la dernière minute.

Mais un effet de panique n'est pas exclu. 

Pour l'éviter, le Trésor donnera la priorité aux paiements de ses obligations pour éviter un défaut de paiement pur et simple.

Pour autant, cela "n'empêcherait pas une forte chute de confiance des consommateurs, des entreprises et de graves turbulences sur les marchés financiers, accentuant alors le ralentissement de l'activité économique", poursuit Gregory Daco.

Qu'est-ce qui se joue au Congrès ?

Les démocrates contrôlent les deux chambres du Congrès, mais à une courte majorité. 

Ils ont besoin de dix voix républicaines pour surmonter une obstruction au Sénat, et l'opposition a clairement signalé son opposition au relèvement du plafond de la dette.

La bataille survient dans le contexte des négociations sur deux projets de loi de dépenses totalisant des milliers de milliards de dollars que Biden souhaite voir promulgués par le Congrès. 

Les républicains refusent pour l'heure d'augmenter le plafond d'endettement, arguant qu'ils serviront à financer ces plans.

Mais le seuil doit être de toute façon relevée pour payer les dépenses autorisées sous les précédentes administrations républicaine et démocrate. 

Les républicains arguent que les démocrates peuvent approuver unilatéralement une augmentation en ayant recours au dispositif dit de "réconciliation" qui permet d'approuver un texte avec les seules voix démocrates, mais cela prendrait des semaines. 

Les dirigeants démocrates essaient donc d'obtenir l'aval des républicains en agitant l'épouvantail du défaut de paiement.


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
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  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.