Pour Pompeo, les armes du Hezbollah menacent de torpiller les efforts du président Macron au Liban

Une majorité écrasante des membres du Conseil de Sécurité (13 sur 15), dont les pays cosignataires, ont rejeté en août la validité de la procédure engagée par les États-Unis. (AFP)
Une majorité écrasante des membres du Conseil de Sécurité (13 sur 15), dont les pays cosignataires, ont rejeté en août la validité de la procédure engagée par les États-Unis. (AFP)
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Publié le Mardi 15 septembre 2020

Pour Pompeo, les armes du Hezbollah menacent de torpiller les efforts du président Macron au Liban

  • « Rien n'a été fait jusqu'à présent pour pouvoir étendre cet embargo et donc les États-Unis ont pris leurs responsabilités »
  • « Nous allons agir de sorte, nous allons empêcher l'Iran d'acquérir des chars chinois et des systèmes de défense aériens russes et ensuite de vendre des armes au Hezbollah, torpillant ainsi les efforts du président Macron au Liban »

PARIS: Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a martelé mardi que les États-Unis empêcheraient l'Iran d'acquérir des armes russes et chinoises alors qu'un embargo international sur les armes visant Téhéran arrive à échéance le 18 octobre.

« Rien n'a été fait jusqu'à présent pour pouvoir étendre cet embargo et donc les États-Unis ont pris leurs responsabilités », a-t-il déclaré sur la radio France Inter dans une allusion aux désaccords entre Américains et Européens sur ce sujet. 

« Nous allons agir de sorte, nous allons empêcher l'Iran d'acquérir des chars chinois et des systèmes de défense aériens russes et ensuite de vendre des armes au Hezbollah, torpillant ainsi les efforts du président (français Emmanuel) Macron au Liban », a-t-il ajouté.

Les États-Unis se sont retirés en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien et ont rétabli, dans la foulée, de lourdes sanctions contre l'Iran qu'ils accusent d'expansionnisme au Moyen-Orient via des relais locaux comme la puissante milice chiite du Hezbollah au Liban. 

Ils ont aussi formellement activé le 21 août à l'ONU une procédure controversée - dite de « snapback » - pour réclamer le rétablissement des sanctions internationales contre l'Iran, dont la prolongation de l'embargo sur les armes.

À compter du 20 septembre, terme du délai d'un mois imposé par la procédure, ils devraient donc affirmer que ces sanctions sont de nouveau en place. 

Mais ils se heurtent au refus catégorique de leurs alliés européens - France, Allemagne, Royaume-uni - et des autres grandes puissances, Chine et Russie, cosignataires de l'accord de 2015 censé empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique en échange de la levée des sanctions qui étranglent son économie.

Une majorité écrasante des membres du Conseil de Sécurité (13 sur 15), dont les pays cosignataires, ont rejeté en août la validité de la procédure engagée par les États-Unis.

Selon ces pays, Washington, ne faisant plus partie depuis 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien, n'a pas de base légale pour déclencher à l'ONU un retour de sanctions internationales via ce pacte.  

« Le snapback n'a pas de légitimité politique et de validité juridique », insiste une source diplomatique européenne « Il faut que ce soit clair que les sanctions ne sont pas rétablies », souligne-t-elle à l'approche du 20 septembre.

Si de nombreux alliés de Washington s'inquiètent de la relance des activités iraniennes d'enrichissement d'uranium en riposte aux sanctions américaines, beaucoup dénoncent les arrière-pensées de Donald Trump, soucieux d'afficher des résultats sur ce dossier à quelques semaines de la présidentielle du 3 novembre.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.