Quand la Chine pénètre l'université française

Le président chinois Xi Jinping (à droite) arrive avec le Premier ministre Li Keqiang (à gauche) et des membres du Comité permanent du Politburo pour une réception au Grand Palais du Peuple à Pékin à la veille de la fête nationale du pays, le 30 septembre 2021. (Photo, AFP)
Le président chinois Xi Jinping (à droite) arrive avec le Premier ministre Li Keqiang (à gauche) et des membres du Comité permanent du Politburo pour une réception au Grand Palais du Peuple à Pékin à la veille de la fête nationale du pays, le 30 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 05 octobre 2021

Quand la Chine pénètre l'université française

  • D'autres pays, comme la Russie, la Turquie et certains États du Golfe Persique, sont également concernés
  • Plusieurs pays occidentaux se sont déjà inquiétés publiquement de la stratégie d'influence chinoise dans leurs universités

PARIS: Des chercheurs sous pression, une autocensure croissante, des institutions sous dépendance financière : le monde universitaire et académique français est soumis à de multiples ingérences, Chine en tête, selon un rapport parlementaire publié mardi. 

Les tensions géopolitiques mondiales ne sont plus à démontrer, mais les travaux de la mission d'information du Sénat décrivent combien elles touchent aussi un secteur traditionnellement ouvert et libre, celui de l'université et de la recherche.

Le rapport, présidé par Etienne Blanc (LR, droite), décrit la "place prépondérante, mais non exclusive, de la Chine en matière d’influence". D'autres pays, comme la Russie, la Turquie et certains États du Golfe Persique, sont également concernés.

"Mais aucun ne peut se targuer des moyens et de l'ampleur de la stratégie chinoise, qui joue sur de multiples tableaux et ne dissimule plus sa volonté d'occuper une position centrale dans les relations internationales", ajoute-t-il.

Plusieurs pays occidentaux se sont déjà inquiétés publiquement de la stratégie d'influence chinoise dans leurs universités. "Il est important que les pays concernés se coordonnent", a estimé le rapporteur, André Gattolin, se réjouissant en particulier de "l'intérêt" de la commission européenne sur le sujet.

"Arrêtons la cécité", a-t-il ajouté, dénonçant des "écosystèmes d'influence" au niveau local ou régional qui échappent à la vigilance de l'Etat.  

Le document sénatorial de 240 pages décrit des "tentatives d'influence" qui ne se limitent "plus aux questions d'intelligence économique, mais s'étendent aux libertés académiques et à l'intégrité scientifique". 

La mission se penche sur un double processus. D'une part, "le façonnage de l'image ou de la réputation d'un État, ou la promotion d'un 'narratif' officiel, par l'instrumentalisation des sciences humaines et sociales". D'autre part "l'intrusion et la captation de données scientifiques sensibles (...) afin d'obtenir un avantage stratégique, économique ou militaire".

"La Chine apparait à ce jour comme l'État le plus en mesure de conduire une stratégie d'influence globale et systémique", ajoutent les auteurs.

Parmi ses outils figurent en particulier les Instituts Confucius (IC), présents partout dans le monde. Comme leurs équivalents français, allemands ou espagnols, ils entendent faire rayonner la culture chinoise. Mais leurs contempteurs les accusent d'être des instruments de propagande, de menacer la liberté académique de leurs partenaires, voire d'abriter des espions.

Le rapport considère à cet égard que le "seuil de vigilance" du monde académique français est trop élevé, inadapté aux nouvelles menaces et affaibli par un manque global de moyens. 

Sécurité et transparence

Il recommande notamment "d'élever le sujet des interférences étrangères au rang de priorité politique" et regrette qu'il soit "désormais devenu banal de parler des 'fermes à trolls' russes ou de cyberattaques venant de la Russie et de la Chine". 

Les auteurs insistent sur le dilemme auquel est confrontée l'université, par nature ouverte intellectuellement, mais qui doit désormais adopter une vigilance constante, notamment à l'égard de ses étudiants étrangers. 

Le rapport préconise, entre autres, une stratégie à l'échelle de l'Union européenne, la réalisation d'un audit sur la sécurité des systèmes informatiques des universités, ainsi que la création d'un "régime de transparence sur l'origine des financements extra-européens des projets". 

Le sujet a fait l'objet d'une étude de l'Institut de recherche stratégique de l'école militaire (IRSEM), dont les auteurs ont été auditionnés. "Pékin assume de plus en plus d’infiltrer et de contraindre", écrivent-ils. "Le Parti-État semble désormais estimer que, comme l’écrivait Machiavel dans Le Prince, 'il est plus sûr d’être craint que d’être aimé'". 

Pékin fait feu de tout bois, jusqu'à faire surveiller et intimider étudiants chinois, mais aussi enseignants et administrateurs "pour faire modifier le contenu des cours, le matériel pédagogique ou la programmation d’événements", constatent les chercheurs de l'IRSEM, Paul Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.  

"Le Parti-État utilise également les universités pour acquérir des connaissances et des technologies, par des moyens légaux (...) ou (...) illégaux et dissimulés comme le vol et l'espionnage". Dans un "contexte de fusion civilo-militaire", cette ingérence contribue à permettre à Pékin "de construire des armes de destruction massive ou développer des technologies de surveillance", insistent-ils.


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.