Le Dakota du Sud, un paradis fiscal au milieu des troupeaux de bisons

Un drapeau américain est suspendu dans une rue le 23 avril 2020 à Rapid City, dans le Dakota du Sud. (Photo, AFP)
Un drapeau américain est suspendu dans une rue le 23 avril 2020 à Rapid City, dans le Dakota du Sud. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 05 octobre 2021

Le Dakota du Sud, un paradis fiscal au milieu des troupeaux de bisons

  • «Au cours de la dernière décennie, le Dakota du Sud, le Nevada et plus d'une dizaine d'autres États américains sont devenus des champions dans le domaine du secret financier», a ainsi mis en lumière la vaste enquête des Pandora Papers
  • Secret fiscal, régimes permettant aux entreprises d'échapper à l'impôt ou de ne rien payer lors d'une succession... ces États se livrent une rude concurrence pour attirer les fonds, américains comme étrangers

WASHINGTON: Loin des montagnes suisses ou des plages des Bahamas, le Dakota du Sud, aux États-Unis, est devenu la figure de proue des États américains ruraux devenus des paradis fiscaux en assouplissant leurs législations fiscales pour attirer les riches investisseurs. 

"Au cours de la dernière décennie, le Dakota du Sud, le Nevada et plus d'une dizaine d'autres États américains sont devenus des champions dans le domaine du secret financier", a ainsi mis en lumière la vaste enquête des Pandora Papers.

Secret fiscal, régimes permettant aux entreprises d'échapper à l'impôt ou de ne rien payer lors d'une succession... ces États se livrent une rude concurrence pour attirer les fonds, américains comme étrangers.

"Environ la moitié des États [américains] sont dans la course", a indiqué Chuck Collins, de l'Institute for Policy Studies, et l'un des experts chargés des Pandora Papers, citant, entre autres, "l'Alaska, le Wyoming, le Nevada".

Ce sont surtout "de petits États, dans lesquels une industrie de services plus tournée vers la finance aura un grand pouvoir", souligne-t-il.

Sioux Falls

Besoin de créer une société écran regroupant vos activités internationales pour ne pas payer d'impôt? Le Delaware, État dont Joe Biden a été sénateur pendant 36 ans, "est en quelque sorte le premier paradis fiscal si vous souhaitez créer une société anonyme à responsabilité limitée".

"Et si vous voulez créer un trust, des États comme le Dakota du Sud ont modifié leurs lois", détaille Chuck Collins. En offrant à ces sociétés financières une durée de vie de cent ans, voire ad vitam aeternam, les avoirs qui y sont inclus peuvent se transmettre de génération en génération, sans devoir en verser une partie aux impôts lors de la succession.

Le Dakota du Sud, État rural du centre-nord des États-Unis, connu pour abriter le Mont Rushmore, ces visages de présidents américains gravés dans la roche, et de nombreux bisons, fait figure de précurseur en la matière, attiré au tournant des années 1970 et 1980 par la manne financière alors que son économie était au plus mal.

L’État a ainsi commencé, en 1981, par autoriser les prêts à n'importe quel taux d'intérêt, afin d'attirer l'activité de cartes bancaires de la banque Citibank, et les emplois qui allaient avec.

Puis, "année après année, (...) les législateurs ont approuvé une législation rédigée par des initiés du secteur des trusts", détaillent ainsi les Pandora Papers.

Les cabinets d'avocats fiscalistes installés à Sioux Falls vantent aujourd'hui, sur leurs sites internet, les mérites de ces lois, la discrétion, le peu d'impôts, le régime lié aux trusts.

"Les actifs des clients dans les trusts du Dakota du Sud ont plus que quadruplé au cours de la dernière décennie pour atteindre 360 milliards de dollars", indique encore l'enquête des Pandora Papers.

Opacité financière

Des dizaines d'autres États lui ont ensuite, à des degrés divers, emboîté le pas. Et, "en 2020, 17 des 20 juridictions les moins restrictives au monde pour les trusts étaient des États américains, selon une étude de l'universitaire israélien Adam Hofri-Winogradow", citée par cette enquête.

Les États américains ont aussi bénéficié du report de certains investissements, après une loi entrée en vigueur fin 2018 aux Bahamas qui oblige à déclarer la véritable identité des propriétaires de certaines entreprises et trusts.

Les États-Unis arrivent ainsi 25e du classement 2020 des paradis fiscaux de l'ONG Tax Justice Network. 

En matière d'opacité financière uniquement, la première puissance économique s'offre même une place sur le podium, avec la médaille d'argent, juste derrière les Iles Caïman.

Les États-Unis accueillent près d'un quart (21,37%) du marché mondial des services financiers destinés aux non-résidents, souligne aussi l'ONG.

L'administration Biden, elle, mène le front des grandes puissances pour une harmonisation fiscale entre les pays.

Le président américain "est déterminé à apporter plus de transparence (...) pour les systèmes financiers américain et international", a réagi lundi la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki, lors de la conférence de presse.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.