Macron passe à l'offensive sur l'autonomie européenne

Le président français Emmanuel Macron et la Première ministre estonienne Kaja Kallas (à droite) se saluent derrière la Première ministre finlandaise Sanna Marin lors du sommet UE-Balkans occidentaux au centre des congrès de Brdo, en Slovénie, le 6 octobre 2021. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron et la Première ministre estonienne Kaja Kallas (à droite) se saluent derrière la Première ministre finlandaise Sanna Marin lors du sommet UE-Balkans occidentaux au centre des congrès de Brdo, en Slovénie, le 6 octobre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 07 octobre 2021

Macron passe à l'offensive sur l'autonomie européenne

  • Déçu par Washington, le président défend plus que jamais une défense commune et porte le débat au sommet informel de l’UE en Slovénie
  • L’indépendance militaire face aux USA, une ambition qui s’impose pour Paris, mais qui inquiète d’autres pays de l'Union qui restent attachés à l’Otan
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Le président Macron arrivant au château de Brdo sous une pluie battante. Emmanuel Macron a fait de la construction d'une véritable défense européenne une priorité des six derniers mois de son mandat et compte pour cela sur la présidence de l'UE qu'assurera la France à partir du 1er janvier. Avec la volonté de s'entendre sur des avancées concrètes au sommet consacré à la défense en mars. Ce projet de défense commune peine à grandir près de 30 ans après son lancement par le traité de Maastricht de 1992. (Photo, AFP)

 

CHATEAU DE BRDO, SLOVENIE : Le débat est bien lancé, mais le président français Emmanuel Macron va devoir batailler dans les prochains mois pour que l'Europe décide de renforcer son autonomie militaire face aux Etats-Unis, une ambition qui inquiète toujours certains pays de l'Union.

Une première étape a été franchie mardi soir lorsque les 27 ont consacré une bonne partie du dîner de leur sommet informel en Slovénie à débattre de la place de l'Europe dans un "contexte géopolitique de plus en plus bouleversé".

Le débat, qui s'est étiré au-delà de minuit, a été "long" et "utile", ont témoigné plusieurs dirigeants.

"Il nous a aidés à progresser vers une unité plus forte sur le plan international", s'est félicité le président du Conseil européen Charles Michel, tandis que le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune saluait "une large convergence" des 27 sur cette nécessité.

La discussion est cependant restée générale et n'a pas abordé les questions très complexes liées à la construction d'une véritable défense européenne, un projet qui peine à grandir près de 30 ans après son lancement par le traité de Maastricht de 1992.

Emmanuel Macron en a fait une priorité des six derniers mois de son mandat et compte pour cela sur la présidence de l'UE qu'assurera la France à partir du 1er janvier. Avec la volonté de s'entendre sur des avancées concrètes au sommet consacré à la défense en mars.

Au cours du dîner, il a appelé ses homologues à "tirer les leçons des récentes crises", à savoir le départ chaotique des troupes américains d'Afghanistan et l'accord stratégique AUKUS conclu entre les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni dans la région indo-Pacifique, qui a entraîné la perte d'un méga-contrat de sous-marins pour la France.

"Tous se sont accordés pour dire qu'il ne fallait pas faire comme si rien ne s'était passé", a souligné l'Elysée à l'issue du débat.

"Il y a eu beaucoup de marques de sympathie autour de la table pour la France", a relaté le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, en jugeant "quelque peu maladroite" la gestion du dossier par les Etats-Unis.

A l'instar d'autres dirigeants, M. Rutte s'est dit rassuré que la crise entre Paris et Washington, qui avait surpris et inquiété certains Européens par son escalade, se soit "apaisée" depuis l'entretien entre Emmanuel Macron et Joe Biden.

Mais le président français a appelé les Européens à rester "lucides" et à "sortir de la naïveté" face aux nouveaux choix stratégiques des Etats-Unis, tournés vers leur rivalité avec la Chine.

Ce ton offensif fait tousser certains pays européens, notamment nordiques et baltes, qui ne veulent surtout pas envoyer des signaux négatifs à Washington afin de préserver la relation transatlantique et l'Otan, essentiels selon eux, notamment face à la Russie.

"Nous avons longuement parlé de la façon dont l'UE pouvait renforcer son autonomie stratégique, mais peut être que chaque pays l'envisage d'une manière un peu différente", a reconnu le Premier ministre letton Arturs Krisjanis Kariņs, en termes diplomatiques.

"L'UE ne peut pas se refermer sur elle-même", a renchéri son homologue suédois Stefan Löfven, souhaitant "développer la coopération à la fois avec la Chine et les Etats-Unis".

Sur une ligne proche de celle d'Emmanuel Macron, Charles Michel a assuré qu'il ne s'agissait pas de choisir "entre une défense européenne et l'Otan", mais de combiner "les deux".

"Il faut dépasser ces oppositions", a ajouté Clément Beaune, en citant comme exemple les avancées réalisées dans la cybersécurité ces dernières années.

Deuxième puissance de l'UE, la France reste en outre soupçonnée dans certaines capitales de promouvoir la défense européenne pour ses propres intérêts politiques et industriels.

Comme en témoignent les réactions mitigées suscitées par la récente décision de la Grèce d'acquérir trois frégates construites par Naval Group, un accord présenté à Paris comme symbolique de "la volonté d'une souveraineté européenne forte".

Pour Mark Rutte, l'Europe a "potentiellement une forte position" internationale à défendre, mais celle-ci est parfois sous-utilisée parce que "les Français, les Allemands et les Italiens ne sont pas toujours enclins à mener leur politique étrangère au niveau européen".


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.