Prix de l'énergie: l'UE divisée, entre appels aux réformes et attentisme

Le gaz qui vient du froid: le tiers du gaz consommé en Europe provient de Russie, où Poutine est aux commande des robinets. (Photo, AFP)
Le gaz qui vient du froid: le tiers du gaz consommé en Europe provient de Russie, où Poutine est aux commande des robinets. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 07 octobre 2021

Prix de l'énergie: l'UE divisée, entre appels aux réformes et attentisme

  • Le sujet brûlant s'est invité au château de Brdo, en marge du sommet consacré à l'élargissement aux Balkans occidentaux
  • Bruxelles proposera le 13 octobre un arsenal de mesures temporaires, mais les adaptations à plus long terme attendront le sommet européen du 21 octobre

CHATEAU DE BRDO, SLOVENIE : Les dirigeants de l'Union européenne, réunis mercredi en Slovénie, ont affiché leurs divisions quant à la réponse à apporter à la flambée des prix de l'énergie, France et Espagne appelant à une réforme en profondeur tandis que d'autres prônent la patience.

Bruxelles proposera le 13 octobre un arsenal de mesures temporaires mais il faudra attendra le prochain sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE les 21 et 22 octobre, pour discuter des adaptations à plus long terme.

En attendant, le sujet s'est invité au château de Brdo, en marge du sommet consacré à l'élargissement aux Balkans occidentaux, alors que le cours du gaz naturel a atteint de nouveaux records historiques sur les marchés européens en raison d'une forte demande à l'approche de l'hiver.

"Nous avons demandé à la Commission", l'exécutif européen, "d'être audacieuse dans sa réponse", a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, à son arrivée au château de Brdo. "Nous sommes confrontés à une crise sans précédent qui requiert des mesures exceptionnelles, innovantes et énergiques", a-t-il insisté.

L'Espagne fait partie des cinq pays de l'UE qui réclament une "approche commune", aux côtés de la France, de la République tchèque, de la Grèce et de la Roumanie.

Paris souhaite une révision importante du marché de l'électricité, notamment de la fixation des prix jugé trop dépendante des cours des énergies fossiles, tandis que Madrid propose des "achats groupés" de gaz, sur le modèle de l'approvisionnement européen en vaccins anti-Covid-19.

Mais d'autres pays, comme l'Allemagne et les Pays-Bas, ont mis en garde contre des "mesures extrêmes", arguant qu'il s'agissait d'une situation temporaire liée aux limites de l'offre, contrecoup de la crise sanitaire et sur fond de reprise économique.

"La question est: doit-on changer fondamentalement le marché en réaction aux prix élevés de l'énergie, ou cela relève-t-il des États membres?", s'est interrogé le Premier ministre néerlandais sortant Mark Rutte.

Le dirigeant souverainiste hongrois Viktor Orban en a profité pour blâmer une nouvelle fois la politique de l'UE qui vise à réduire de 55% ses émissions carbone d'ici 2030, et le marché du carbone où les fournisseurs d'énergie doivent s'acquitter de "droits à polluer" fortement renchéris.

"La flambée actuelle des prix, c'est la faute de la Commission", a-t-il asséné, appelant à "modifier certaines régulations".

Depuis le Luxembourg, où se tenait une réunion des ministres européens de l'Environnement, le ministre grec Kostas Skrekas a lui lancé un avertissement contre de telles tentations "populistes".

De même, pour le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, il faut accélérer la transition énergétique pour "protéger les citoyens contre les hausses de prix".

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a jugé mercredi l'Europe responsable de la crise du gaz, car elle n'a pas conclu suffisamment de contrats de livraison à long terme avec Moscou, favorisant ainsi l'envolée des prix.

Certains en Europe comme aux États-Unis accusent Moscou de ne pas ouvrir suffisamment les robinets afin d'obtenir la mise en service au plus vite de son gazoduc controversé vers l'Allemagne, Nord Stream 2, achevé et dont le remplissage a commencé.

Mais la chancelière allemande Angela Merkel a dit ne pas avoir de preuves de commandes européennes non honorées par Moscou.

"La Russie ne peut livrer que sur la base d'engagements contractuels. Et pas juste comme cela. La question est donc de savoir : y a-t-il assez de commandes?", a-t-elle souligné.

"Tout cela doit être analysé d'ici au sommet" de mi-octobre à Bruxelles, a jugé Mme Merkel.


CMA CGM va entrer au capital d'Air France-KLM, partenariat annoncé dans le fret aérien

Le directeur général du groupe CMA CGM Rodolphe Saade pose lors de l'inauguration du porte-conteneurs "Antoine de Saint Exupéry" exploité par la compagnie maritime française CMA CGM au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 6 septembre 2018. (AFP).
Le directeur général du groupe CMA CGM Rodolphe Saade pose lors de l'inauguration du porte-conteneurs "Antoine de Saint Exupéry" exploité par la compagnie maritime française CMA CGM au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 6 septembre 2018. (AFP).
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  • CMA CGM, qui a multiplié les acquisitions ces derniers mois dans la logistique au-delà du transport maritime, pourrait à terme contrôler jusqu'à 9% du capital du groupe aérien franco-néerlandais
  • «Cet investissement pourrait intervenir à l'occasion de l'augmentation de capital d'Air France-KLM telle qu'envisagée dans l'annonce faite le 17 février», ont précisé les deux sociétés dans un communiqué commun

PARIS : L'armateur CMA CGM va entrer au capital d'Air France-KLM dans le cadre d'un "partenariat stratégique" qui verra les deux entreprises exploiter en commun leurs capacités de fret aérien, un secteur en pleine expansion, ont-elles annoncé mercredi.

CMA CGM, qui a multiplié les acquisitions ces derniers mois dans la logistique au-delà du transport maritime, son cœur de métier initial, pourrait à terme contrôler jusqu'à 9% du capital du groupe aérien franco-néerlandais.

"Cet investissement pourrait intervenir à l'occasion de l'augmentation de capital d'Air France-KLM telle qu'envisagée dans l'annonce faite le 17 février", ont précisé les deux sociétés dans un communiqué commun.

Sorti très endetté de la pandémie de Covid-19 qui lui a fait perdre 11 milliards d'euros depuis début 2020, Air France-KLM avait indiqué, lors de ses résultats annuels voici trois mois, être prêt à lancer une nouvelle opération de recapitalisation, la seconde après celle d'avril 2021, et pouvant atteindre elle aussi jusqu'à 4 milliards d'euros.

Parmi les pistes envisagées figurait une augmentation de capital pour laquelle seraient prioritaires les actionnaires actuels, dont l'Etat français qui détient actuellement 28,6% des parts après être venu à la rescousse du groupe.

Aucun détail supplémentaire n'a été fourni mercredi sur l'échéance de cette nouvelle opération, ni sur le montant de l'investissement prévu de CMA CGM.

"Les principaux actionnaires d'Air France-KLM soutiendront une résolution pour la nomination d'un représentant de CMA CGM au conseil d'administration" du groupe aérien, lors de son assemblée générale des actionnaires prévue mardi prochain, ont souligné les entreprises.

"Cette nomination, si elle est approuvée par l'assemblée générale, serait soumise à la réalisation de l'investissement de CMA CGM", selon la même source.

Cet accord va permettre "d'accélérer significativement le développement de notre division aérienne, CMA CGM Air Cargo, créée il y a à peine plus d'un an, et de positionner nos deux entreprises parmi les principaux acteurs mondiaux du fret aérien", s'est félicité le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, cité dans le communiqué.

De son côté, le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, a salué la décision des dirigeants de CMA CGM d'investir dans son entreprise, "témoignant ainsi de leur confiance dans le succès futur de notre groupe".


Rencontre entre le Pakistan et le FMI pour une nouvelle aide économique

Une vue extérieure du bâtiment du Fonds monétaire international (FMI), avec le logo IMG, est vue le 27 mars 2020 à Washington, DC. (AFP).
Une vue extérieure du bâtiment du Fonds monétaire international (FMI), avec le logo IMG, est vue le 27 mars 2020 à Washington, DC. (AFP).
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  • Le Pakistan a eu à plusieurs reprises recours aux programmes du FMI pour soutenir son économie plombée par la dette, une inflation galopante et une dévaluation de sa monnaie, la roupie
  • Les discussions entre représentants du fonds et responsables pakistanais doivent s'ouvrir à Doha au Qatar, et se prolongeront la semaine prochaine, a précisé le ministère pakistanais des Finances

ISLAMABAD : Le Fonds monétaire international (FMI) doit entamer mercredi des discussions avec le Pakistan autour d'une nouvelle aide économique, sur fond d'inquiétudes sur le rythme des réformes dans ce pays d'Asie du sud.

Le Pakistan a eu à plusieurs reprises recours aux programmes du FMI pour soutenir son économie plombée par la dette, une inflation galopante et une dévaluation de sa monnaie, la roupie.

Les discussions entre représentants du fonds et responsables pakistanais doivent s'ouvrir  à Doha au Qatar, et se prolongeront la semaine prochaine, a précisé le ministère pakistanais des Finances.

Le principal point de friction porte sur le montant des subventions pakistanaises au secteur de l'énergie, essence et électricité, sur lequel le ministre des Finances Miftah Ismail dit vouloir que les deux parties trouvent un compromis.

"Le gouvernement va tenter de convaincre le FMI que pour des raisons de stabilité politique, il est important de garder au moins certaines de ces subventions", a jugé l'économiste Shahrukh Wani. 

"Le FMI dira probablement, et avec raison, qu'elles ne sont pas soutenables et qu'elles devraient être supprimées pour alléger le déficit budgétaire et commercial", a-t-il ajouté.

Une aide du FMI de six milliards de dollars, signée par l'ancien Premier ministre Imran Khan en 2019 n'a jamais été totalement mise en œuvre, le gouvernement d'Islamabad ayant renoncé à sa promesse de réduire certaines de ces subventions et d'augmenter les recettes fiscales.

Islamabad a reçu jusqu'à présent la moitié de ce programme d'aide, le reste étant normalement dû plus tard cette année.

Les responsables pakistanais souhaitent une prolongation de ce programme jusqu'en juin 2023, ainsi que le versement d'une prochaine tranche d'un montant d'un milliard de dollars.


Sony avance de dix ans son objectif de neutralité carbone, à 2040

Sur cette photo prise le 9 mai 2022, le logo Sony est affiché au siège de la société à Tokyo. (AFP).
Sur cette photo prise le 9 mai 2022, le logo Sony est affiché au siège de la société à Tokyo. (AFP).
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  • Le groupe, qui voulait jusque-là parvenir à zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050, a expliqué dans un communiqué vouloir «accélérer la réduction de son impact sur l'environnement»
  • Sony dit vouloir dans un premier temps viser la neutralité carbone d'ici 2030 pour les émissions directement liées à son activité et celles dues à l'énergie qu'elles consomment

TOKYO : Le géant japonais Sony a annoncé mercredi avoir avancé de dix ans ses objectifs environnementaux, visant désormais la neutralité carbone pour l'ensemble de ses opérations à l'horizon 2040, et l'utilisation de 100% d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2030.

Le groupe, qui voulait jusque-là parvenir à zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050, a expliqué dans un communiqué vouloir "accélérer la réduction de son impact sur l'environnement" alors que les risques liés au changement climatique "deviennent plus évidents et graves" dans le monde.

Pilier des industries du jeu vidéo, de la musique et du cinéma, fabricant aussi de produits électroménagers et de composants électroniques, Sony dit vouloir dans un premier temps viser la neutralité carbone d'ici 2030 pour les émissions directement liées à son activité et celles dues à l'énergie qu'elles consomment ("scope 1" et "scope 2").

Il veut ensuite parvenir à la neutralité carbone avant 2040 y compris pour les émissions en lien avec le cycle de vie des produits fabriqués et les chaînes logistiques ("scope 3").

En ce qui concerne l'utilisation d'énergies renouvelables pour ses activités, afin d'atteindre les 100% à l'horizon 2030, Sony vise désormais 35% d'énergies renouvelables d'ici 2025, contre 15% jusqu'à présent.

Il compte pour atteindre cet objectif réduire progressivement l'impact environnemental de ses propres installations via des économies d'énergie et l'installation d'équipements de production d'énergie solaire, et encourager ses partenaires commerciaux à faire de même.

Ces engagements sont "un signal positif montrant que (Sony) prend au sérieux la lutte contre le changement climatique", selon Eri Watanabe, une responsable pour le Japon de l'ONG environnementale 350.org, qui se dit cependant plus sceptique sur les moyens d'y parvenir.

Le groupe dit vouloir contribuer à l'extraction et à la fixation de carbone, notamment par des moyens technologiques (en investissant dans des start-up dans ce domaine). Mais l'efficacité de "l'extraction technologique n'est pas prouvée et il n'est pas certain qu'elle puisse contribuer à la décarbonisation", note Mme Watanabe, interrogée par l'AFP.

"Sony peut être un vrai meneur en matière de climat" et influencer d'autres entreprises japonaises pour qu'elles relèvent leurs objectifs environnementaux, convient-elle, à condition "qu'il ne s'appuie pas trop sur des technologies à l'efficacité non prouvée" pour réduire ses émissions.

Début 2021, plus de 90 grandes entreprises privées japonaises, dont Sony, avaient exhorté le gouvernement nippon à doubler son objectif 2030 en matière d'énergies renouvelables par rapport à sa cible actuelle, jugée trop peu ambitieuse.

Le Japon s'est fixé en 2020 un objectif de neutralité carbone à horizon 2050 avant de porter sa cible 2030 de réduction d'émissions de CO2 à 46% par rapport à leurs niveaux de 2013, contre un objectif précédent de 26% à même échéance.

L'an dernier, le Japon a aussi relevé à 36-38% la part d'énergies renouvelables qu'il vise dans sa production d'électricité d'ici 2030, contre un précédent objectif de 22-24%.