Andrej Babis, cité dans l'enquête Pandora, favori du scrutin tchèque

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis à son arrivée au sommet UE-Balkans occidentaux au centre des congrès de Brdo, près de Ljubljana le 6 octobre 2021. (Ludovic Marin /AFP)
Le Premier ministre tchèque Andrej Babis à son arrivée au sommet UE-Balkans occidentaux au centre des congrès de Brdo, près de Ljubljana le 6 octobre 2021. (Ludovic Marin /AFP)
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

Andrej Babis, cité dans l'enquête Pandora, favori du scrutin tchèque

  • Le Premier ministre Tchèque Andrej Babis tentera de remporter une deuxième victoire consécutive pour son mouvement ANO, malgré une gestion mitigée de la pandémie et ses démêlés avec la justice
  • Le week-end dernier, l'enquête internationale "Pandora Papers" a révélé qu'il avait utilisé l'argent de ses sociétés offshore pour financer l'achat de propriétés dans le sud de la France en 2009, dont un château

PRAGUE, République Tchèque : Le Premier ministre et milliardaire populiste Andrej Babis, en litige avec l'Union européenne et visé par les "Pandora Papers", s'annonce comme le favori des élections législatives tchèques qui ont débuté vendredi et dont le résultat devrait être très serré.

Andrej Babis tentera de remporter une deuxième victoire consécutive pour son mouvement ANO, malgré une gestion mitigée de la pandémie et ses démêlés avec la justice.

Le magnat de l'agroalimentaire, de la chimie et des médias, âgé de 67 ans, est accusé de fraude présumée aux subventions européennes et l'UE lui reproche un conflit d'intérêts entre ses rôles d'homme d'affaires et d'homme politique.

Le week-end dernier, l'enquête internationale "Pandora Papers" a révélé qu'il avait utilisé l'argent de ses sociétés offshore pour financer l'achat de propriétés dans le sud de la France en 2009, dont un château.

M. Babis voit dans ces allégations une campagne de diffamation à son encontre, et les sondages d'opinion considèrent toujours cet ancien membre du Parti communiste comme le favori du scrutin, avec un soutien atteignant 30%.

"La question clé est de savoir si la politique populiste l'emportera sur les politiciens traditionnels et plus responsables", estime Tomas Lebeda, analyste à l'université Palacky à Olomouc (est).

Les bureaux de vote ont ouvert vendredi à 12h00 jusqu'à 20h00 GMT, et reprendront de 6h00 à 12h00 GMT samedi.

Il n'y aura pas de sondages de sortie des urnes et les résultats sont attendus samedi dans la soirée.

- "Populisme type" -

Andrej Babis, cinquième fortune tchèque selon Forbes, préside un gouvernement minoritaire avec les sociaux-démocrates, tacitement soutenu par le Parti communiste qui avait dirigé l'ancienne Tchécoslovaquie totalitaire de 1948 à 1989.

Face à M. Babis se trouvent principalement deux groupes dont la cote de popularité a grimpé en flèche depuis le début de l'année, pendant la pandémie de Covid-19, quand le pays s'est retrouvé en tête des statistiques mondiales de décès et d'infections par habitant.

Une alliance du Parti Pirate, anti-establishment, avec les Maires et Indépendants centristes, d'un côté, et, de l'autre côté, la coalition Ensemble, composée du Parti démocratique civique de droite, de TOP 09 (centre-droite) et de l'Union chrétienne démocrate (centre), ont temporairement remplacé ANO en tête des classements de popularité.

Mais le premier ministre est vite passé à l'attaque, menaçant la nation d'un avenir incertain en cas de victoire de ses rivaux, et a fait basculer les cotes en sa faveur.

"Je veux que Babis démissionne. Je veux une démocratie plus transparente, je veux me débarrasser de ses affaires pénales et je veux le respect international pour nous. C'est une honte jusqu'à présent", a déclaré à l'AFP Jakub Kratochvil, enseignant, après son vote à Prague vendredi.

- Plus de communistes? -

L'économie de la République tchèque, pays membre de l'UE de 10,7 millions d'habitants, est en voie de rétablissement post-pandémique.

Mais les récentes augmentations des retraites et des salaires des fonctionnaires ont fait exploser le déficit public.

Andrej Babis "a extrêmement grevé le budget de l'État pour distribuer ces avantages et il continue de dire qu'il n'augmentera pas les impôts", c'est du "populisme fiscal" souligne M. Lebeda.

Dans sa campagne, l'ANO s'est attaqué à l'immigration clandestine et s'est engagé à préserver les voitures à essence ainsi que le mix énergétique tchèque traditionnel, qui repose sur le nucléaire.

Parmi les autres partis qui comptent dans la course électorale se trouve notamment le mouvement d'extrême droite anti-musulman Liberté et démocratie directe (SPD), dirigé par l'entrepreneur Tomio Okamura, né à Tokyo.

Les sociaux-démocrates et les communistes restent en lice, mais ils risquent de ne pas franchir le seuil d'éligibilité de cinq pour cent, selon les sondages récents.

"Je veux un gouvernement qui ne s'endette pas et je veux que les communistes soient évincés", a déclaré à l'AFP Zdena Svobodova, retraitée, devant un bureau de vote à Prague.

Il appartiendra au président pro-russe Milos Zeman de désigner le nouveau Premier ministre, et M. Babis devrait pouvoir compter sur son ancien allié.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.