L'acquisition saoudienne de Newcastle ne se limite pas aux seuls bénéfices

Les fans réagissant à l'extérieur du stade après que Newcastle United a annoncé le rachat par le PIF. (Reuters)
Les fans réagissant à l'extérieur du stade après que Newcastle United a annoncé le rachat par le PIF. (Reuters)
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Publié le Samedi 09 octobre 2021

L'acquisition saoudienne de Newcastle ne se limite pas aux seuls bénéfices

  • Les clubs de Premier League n'ont enregistré de bénéfices collectifs avant impôts que quatre fois depuis son lancement en 1992
  • Les opportunités commerciales et marketing pour l'Arabie saoudite sont immenses

LONDRES: Le rachat de Newcastle United FC par l'Arabie saoudite pour 305 millions de livres sterling (1 livre sterling = 1,18 euro) est un bon investissement financier pour le Royaume, mais devrait être jugé dans les années à venir au-delà des comptes de pertes et profits annuels du club.

Le football de Premier League n'est pas une activité particulièrement rentable. Même avant que la pandémie ne frappe, les clubs de la ligue ont enregistré une perte collective avant impôts de 165 millions de livres sterling au cours de la saison 2018/2019, alors même que les chiffres d’affaires dépassaient les 5 milliards de livres sterling pour la première fois, selon le cabinet de services professionnels Deloitte.

Comme on pouvait s’y attendre, la pandémie a eu un impact majeur sur les chiffres, qui ont chuté à 4,5 milliards de livres sterling l'année suivante, laissant aux clubs des pertes d'un peu moins de 1 milliard de livres sterling.

Les clubs de Premier League n'ont enregistré de bénéfices avant impôts que quatre fois depuis son lancement en 1992, et toutes depuis 2013.

Il existe également une fracture croissante dans le football anglais. Bon nombre des plus grands clubs sont en mesure de réaliser des bénéfices tandis que les plus petites équipes luttent dans ce sens. Manchester City, propriété de Cheikh Mansour d'Abu Dhabi, a enregistré un cinquième bénéfice annuel consécutif en 2018/2019 de 10,1 millions de livres sterling, tandis que son concurrent Manchester United a gagné 18,88 millions de livres sterling. Les deux clubs ont affiché des pertes en 2019/2020.

Cependant, les bénéfices de Manchester City sont une goutte dans l'océan par rapport au montant de plus d'un milliard de livres sterling investi dans le club depuis son acquisition en 2008.

Alors si ce ne sont pas les profits qui animent les États du Golfe à investir de l'argent dans le football anglais, quelle en est la motivation?

L'une des réponses les plus évidentes est l'image de marque. L'Arabie saoudite est en train de créer un certain nombre d'entreprises mondiales, notamment une nouvelle compagnie aérienne, et un nom jouissant d’une renommée mondiale comme Newcastle FC serait potentiellement un excellent véhicule pour les ambitions touristiques du Royaume.

Il y a eu des rumeurs selon lesquelles le Fonds public d'investissement d'Arabie saoudite (PIF) cherchait à constituer un portefeuille de clubs, l'Inter Milan et Marseille étant deux cibles possibles. Les relations que de tels investissements apportent et les opportunités de construire davantage de partenariats grâce à l'accueil d'entreprises sont vastes.

Mais il y a plus que le marketing dans cet accord. L'accord offre à l'Arabie saoudite la possibilité d'investir dans d'autres secteurs apparentés à Newcastle et au-delà, qui correspondent à sa stratégie économique de la Vision 2030.

L'immobilier (s’il y avait un nouveau complexe sportif), la logistique et les énergies renouvelables viennent à l'esprit comme des domaines potentiels de synergie. Les éoliennes en mer représentent un secteur en pleine croissance, au large de la côte nord-est du Royaume-Uni, et le fleuve Tyne est en train de devenir rapidement une plaque tournante pour l'industrie éolienne du pays.

Il n'est pas exagéré d'imaginer que le port de la ville soit appelé à faire partie du réseau logistique international en croissance du Royaume, centré sur le port islamique de Djeddah.

Cependant, le PIF tire parti de son investissement dans Newcastle, et cela représente une opportunité passionnante pour l'Arabie saoudite alors qu'elle remodèle son économie pour un monde postpétrolier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.