Le «bureau à bonbons», arme secrète des sénateurs américains

Pat Toomey distribue les friandises du côté républicain «et moi du côté démocrate», insiste le sénateur du New Jersey qui, pendant les procès en destitution de Donald Trump, avait régalé son camp de M&Ms, fabriqués dans son Etat depuis les années 1940. (AFP)
Pat Toomey distribue les friandises du côté républicain «et moi du côté démocrate», insiste le sénateur du New Jersey qui, pendant les procès en destitution de Donald Trump, avait régalé son camp de M&Ms, fabriqués dans son Etat depuis les années 1940. (AFP)
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Publié le Dimanche 10 octobre 2021

Le «bureau à bonbons», arme secrète des sénateurs américains

  • Prêt à adoucir les longues séances de votes nocturnes et même les procès en destitution, le trésor se cache au dernier rang, du côté républicain, vers l'une des portes les plus passantes
  • «Je peux vous garantir que le bureau à bonbons est actuellement, et continuera à être, bien rempli», confie le sénateur de la Pennsylvanie Pat Toomey

WASHINGTON: C'est un simple pupitre en acajou, comme celui des 99 autres sénateurs, mais celui-ci renferme un pouvoir secret sucré, capable de rassembler démocrates et républicains dans un Congrès américain profondément divisé: le "bureau à bonbons" abrite depuis plus d'un demi-siècle chocolats et confiseries.

Prêt à adoucir les longues séances de votes nocturnes et même les procès en destitution, le trésor se cache au dernier rang, du côté républicain, vers l'une des portes les plus passantes.

La mission est cruciale: le sénateur qui l'occupe doit s'assurer que son tiroir est toujours plein. Surtout lors de semaines d'intenses négociations comme celles que vient de traverser le Congrès, sur les colossaux plans d'investissements de Joe Biden, la dette des Etats-Unis et le budget.

"Je peux vous garantir que le bureau à bonbons est actuellement, et continuera à être, bien rempli", confie à l'AFP son occupant, le sénateur de la Pennsylvanie Pat Toomey.

Coincés parfois pendant toute la nuit au Sénat en attendant un vote décisif, les parlementaires, dont près d'une trentaine ont plus de 70 ans, puisent un regain d'énergie dans ces douceurs.

Pendant le premier procès en destitution de Donald Trump, en 2020, l'équipe du républicain Toomey avait ainsi transporté des cartons entiers de sucreries à travers les couloirs du Sénat, pour que son pupitre reste approvisionné pendant les longues heures d'auditions.

Le sénateur s'occupe depuis 2015 de ce tiroir méconnu du grand public, dont peu d'images existent à cause des règles strictes interdisant les photos dans l'hémicycle.

Pour lui, il est "logique que le sénateur de la Pennsylvanie occupe le bureau à bonbons puisque nous sommes les premiers confiseurs d'Amérique et du monde".

Avec notamment la marque Hershey's, la Pennsylvanie abrite quelque 200 confiseurs qui emploient environ 10 000 personnes, d'après M. Toomey.

Une règle interdit aux sénateurs d'accepter les cadeaux mais il existe des exceptions, comme pour les produits peu coûteux venant de leurs Etats et voués à être distribués.

«Maintenir les sénateurs éveillés»
Cette tradition est née en 1968 lorsqu'un républicain de Californie, l'acteur et danseur George Murphy, était installé à ce bureau. Connu pour sa gourmandise, il avait alors invité ses collègues à partager ses réserves de bonbons, cachées dans le tiroir.

Depuis, la douce habitude a perduré avec les autres républicains assis à ce bureau, comme John McCain mais aussi Rick Santorum, qui y était installé pendant le procès en destitution de Bill Clinton, dans l'affaire Monica Lewinsky.

"Cela joue vraiment un rôle important pour maintenir les sénateurs éveillés pendant ces longues heures de témoignages", racontait-il à la radio NPR en janvier 2020.

Selon cet ex-sénateur de la Pennsylvanie, l'équipe d'avocats du président démocrate s'était plainte à l'époque d'être privée de bonbons.

M. Santorum avait reconnu l'injustice et s'était assuré qu'ils reçoivent assez de sucreries pendant le reste du procès, malgré les batailles politiques acharnées.

Alors, oubliées les divisions autour de ces bonbons?

Pas si vite.

"C'est moi qui gère le bureau à bonbons!", lance le démocrate Cory Booker à l'AFP.

Pat Toomey distribue les friandises du côté républicain "et moi du côté démocrate", insiste le sénateur du New Jersey qui, pendant les procès en destitution de Donald Trump, avait régalé son camp de M&Ms, fabriqués dans son Etat depuis les années 1940.

"Beaucoup de mes collègues, particulièrement le chef" de la majorité Chuck Schumer, "mangent mes M&Ms", insiste, plein d'entrain, cet ex-candidat aux primaires de la présidentielle américaine.

Alors en donne-t-il aussi aux républicains? 

"Maintenant que j'y pense, je me demande pourquoi je n'en ai jamais mis dans le bureau de Toomey", reconnaît-il en se disant désormais "motivé" à le faire au plus vite. "Les petits actes de bonté font avancer le monde".


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.