La diversité culturelle algérienne, «quelque part entre le silence et les parlers»

Oeuvre Walid Bouchouchi. (Fournie)
Oeuvre Walid Bouchouchi. (Fournie)
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Publié le Mardi 12 octobre 2021

La diversité culturelle algérienne, «quelque part entre le silence et les parlers»

  • Mounir Gouri présente des tableaux poignants de harraga (voyageurs clandestins). Il parvient à transformer leur périple en performance
  • «[L’Algérie est] un pays aussi familier que méconnu, et dont la complexité – sociale, politique, historique – est à la mesure de la diversité culturelle qui s'y exprime»

PARIS: Programmée du 26 juin au 28 novembre 2021 à la Maison des arts/centre d’art contemporain de Malakoff, dans le département des Hauts-de-Seine, «Quelque part entre le silence et les parlers» ravive les souvenirs d’un voyage en Algérie effectué par Florian Gaité, docteur en philosophie, critique d’art et commissaire de cette exposition.

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Pour Florian Gaité, l’Algérie est un pays marqué par de nombreux traumas et par une forme de rétention car, d’une génération à une autre, on ne raconte pas les mêmes blessures. (Fournie)

Cet événement «cherche à faire entendre les voix et le silence qui caractérisent si bien l’Algérie; c’est une oreille tendue par-delà la Méditerranée», précise à Arab News en français Florian Gaité lors de notre visite. «C’est un pays aussi familier que méconnu, et dont la complexité – sociale, politique, historique – est à la mesure de la diversité culturelle qui s'y exprime», affirme-t-il.

«J’ai monté ce projet avant que le Hirak ne prenne forme, au mois de février 2019, ce qui a bouleversé ma vision de la scène algérienne, un pays que je ne connaissais pas, au sujet duquel j’avais des préjugés, des idées préconçues, une grille de lecture exclusivement occidentale», nous raconte Florian Gaité, dont la grand-mère est née à Oran.

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«J’ai monté ce projet avant que le Hirak ne prenne forme, au mois de février 2019, ce qui a bouleversé ma vision de la scène algérienne». (Fournie)

«Expérience sensitive et sensorielle»

«Lorsque je suis arrivé, je me suis rendu compte que l’expérience sensitive et sensorielle que l’on éprouve en l’Algérie était constituée de deux pôles: d’un côté, c’est un pays extrêmement loquace, où l’on parle une multiplicité de langues, une sorte de bricolage langagier. D’une ville à l’autre, d’une génération à l’autre, on ne parle pas de la même façon. La génération des grands-mères parle amazigh, leurs enfants s’expriment en français et en arabe, et la jeune génération s’oriente davantage vers la langue arabe et l’anglais. Cette stratification des langues me paraissait folle car, par ailleurs, en Algérie, il y a aussi beaucoup de silence. C’est un pays où l’on chuchote, où il y a de la pudeur, car on ne dit pas tout», confie-t-il.

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«Quelque part entre le silence et les parlers» réunit des artistes qui sont nés, vivent ou travaillent en Algérie. (Fournie)

Pour lui, l’Algérie est un pays marqué par de nombreux traumas et par une forme de rétention car, d’une génération à une autre, on ne raconte pas les mêmes blessures. «Il y a deux écueils que je voulais éviter: le premier résidait dans le fait de me placer en critique occidental qui viendrait évoquer la scène artistique algérienne, sujet dont je ne suis pas un spécialiste. Le second consistait à choisir les artistes comme de simples intermédiaires pour témoigner de la scène artistique algérienne. En effet, ils connaissent leur pays mieux que moi et leurs témoignages sont, à mon sens, plus justes et plus authentiques», nous révèle-t-il.

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Oeuvres de Mounir Gouri sur les Harragas. (Fournie)

«Fonction testimoniale et documentaire»

Selon l’organisateur de l’exposition, la colonisation, l’islamisme, l’autoritarisme d’État constituent quelques-uns des multiples traumas de l’histoire contemporaine de l’Algérie. «Ce sont des successions de causes, d’interdits, de dénis, de refoulements qui inhibent la parole et empêchent souvent de la retranscrire sous forme de récit. L’apparition de la fonction testimoniale et documentaire dans l’art algérien contemporain répond ainsi à cette nécessité de témoigner du passé comme du présent – colonisation, guerre de libération, socialisme, décennie noire, ère Bouteflika, Hirak – et de proposer des réécritures, d’exhumer ce qui a été effacé ou falsifié, de donner une voix à tous les oubliés», souligne-t-il.  

«Quelque part entre le silence et les parlers» réunit des artistes qui sont nés, vivent ou travaillent en Algérie: Louisa Babari, Adel Bentounsi, Walid Bouchouchi, Fatima Chafaa, Dalila Dalléas Bouzar, Mounir Gouri, Fatima Idiri, Sabrina Idiri Chemloul, Amina Menia et Sadek Rahim. Ces créateurs algériens ou franco-algériens ont été sélectionnés par Florian Gaité, qui précise que certains d'eux sont encore peu représentés dans les lieux d'art en France. «Cette représentation, composée de plus de femmes que d’hommes, présente des œuvres réalisées avec des matériaux divers comme le papier, le charbon ou encore le tissu», indique le commissaire de l’exposition lors de notre rencontre.

Lors de son séjour à Oran, Florian Gaité a rencontré Sabrina Idiri Chemloul, une réalisatrice franco-algérienne, lors d’une manifestation du Hirak. Originaire, comme lui, de la ville de Pantin, dans la région parisienne, l’artiste lui a présenté sa maman, Fatima Idiri.

Née dans les Aurès, au nord-est de l’Algérie, Fatima Idiri a vécu à Nancy dans une famille qui fait partie des réseaux de résistants du Front de libération nationale (FLN). Rentrée au pays après l’indépendance, elle s'intéresse en autodidacte à l’art, du stylisme-modélisme à la peinture sur soie, de la mosaïque à la broderie berbère. Fortement influencée par l’impressionnisme et l’orientalisme, elle réalise des copies de tableaux. «La ferveur du Hirak a changé la donne: cela lui a donné l’envie de peindre ses propres tableaux. En choisissant le dessin figuratif comme identité artistique, elle cherche, à travers son œuvre, à perpétuer la mémoire de l’une des traditions de sa région natale, les Aurès», nous confie Florian Gaité.

«En réalisant ses œuvres avec du marc de café et de l’acrylique, l’artiste a souhaité rendre hommage à des poétesses et des chanteuses libres et émancipées qui sont les Azriat», indique-t-il, avant de préciser que l’artiste a longuement étudié des clichés de la photographie coloniale et qu’elle a cherché à les déconstruire afin de retrouver la spontanéité et la nature profonde de ces artistes avant-gardistes qui étaient mal vues, voire marginalisées, dans la société de la période coloniale.

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Fatima Idri, peintures représentants les Azriat. (Fournie)

Tableaux poignants de harraga

Dans les locaux de la Maison des arts de Malakoff, on trouve aussi des œuvres de Mounir Gouri. Cet artiste originaire d’Annaba a gagné le Prix des amis de l’IMA (Institut du monde arabe). Installé en France, Mounir Gouri présente des tableaux poignants de harraga (voyageurs clandestins). Il parvient à transformer leur périple en performance. Florian Gaité évoque le tableau en particulier, qui représente un ciel étoilé, peint avec du charbon. «Le message de l’artiste consiste à dire que, lorsque les harraga sont en pleine Mer méditerranée, dans la nuit noire, leurs seules lueurs sont les étoiles», nous explique-t-il.

Sont également présentes des créations de la plasticienne Amina Menia. Née en 1976, cette artiste vit et travaille à Alger. Son travail se présente sous la forme d’une archéologie urbaine aux croisements de l’histoire, de la mémoire des lieux et du langage architectural. Ses œuvres ont été exposées dans de nombreux musées, centres d’art et galeries, parmi lesquels le Centre Pompidou, à Paris, le New Museum of Contemporary Art de New York, le Museum of African Design de Johannesburg, le Musée d’art contemporain de Marseille ou encore le Royal Hibernian Academy de Dublin.

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Dans les locaux de la Maison des arts de Malakoff, on trouve aussi des œuvres de Mounir Gouri. Cet artiste originaire d’Annaba a gagné le Prix des amis de l’IMA (Institut du monde arabe). (Fournie)

Dessin, peinture, sculpture, installations, photographie, vidéo: Sadek Rahim est quant à lui un artiste pluridisciplinaire. Il a vécu en Syrie et en Jordanie et a été formé à l’École des beaux-arts de Beyrouth. Diplômé du prestigieux Central Saint Martins College of Arts and Design de Londres, il vit et travaille en Algérie depuis 2004 et poursuit sa carrière internationale. Il a notamment exposé aux Émirats arabes unis, en France, en Corée, en Espagne, en Argentine, en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Liban, en Slovaquie, en Tunisie, au Maroc, au Sénégal et aux États-Unis.

L’exposition «Quelque part entre le silence et les parlers» est programmée du 26 au 28 novembre 2021 à la Maison des arts de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, en région parisienne.  


L’artiste conceptuelle saoudienne Filwa Nazer revient sur les œuvres les plus marquantes de sa carrière

Preserving Shadows, de l’artiste conceptuelle saoudienne Filwa Nazer. (Photo fournie)
Preserving Shadows, de l’artiste conceptuelle saoudienne Filwa Nazer. (Photo fournie)
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  • Dans les années 1990, Filwa Nazer s’est installée à Milan, où elle a étudié le stylisme et a ensuite suivi une formation auprès du célèbre créateur de mode italien Gianfranco Ferré
  • Il y a quelque chose de sentimental dans les œuvres de Filwa Nazer, qui sont inspirées d’émotions, d’espaces, de transitions de vie et de souvenirs

DUBAÏ: D’aussi loin qu’elle se souvienne, l’artiste conceptuelle saoudienne Filwa Nazer – née à Swansea, au pays de Galles, dans les années 1970, mais ayant grandi dans le Royaume – a toujours aimé l’art. Elle raconte qu’elle passait son temps, lorsqu’elle était jeune, à dessiner, à peindre, à écrire des notes et à réfléchir à la vie dans une Arabie saoudite qui, à l’époque, ne disposait pas d’une éducation artistique. «En tant que jeune artiste, on ne se rend pas compte que tous les défis auxquels on est confronté finissent par influencer notre processus créatif», explique Mme Nazer à Arab News. 

Dans les années 1990, Filwa Nazer s’est installée à Milan, où elle a étudié le stylisme et a ensuite suivi une formation auprès du célèbre créateur de mode italien Gianfranco Ferré. 

«C’était un personnage assez intimidant. J’étais donc un peu en admiration devant lui, mais j’étais fascinée par le fait qu’il était architecte à l’origine. Ses chemises blanches étaient très structurées», se souvient Mme Nazer.  

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L’artiste saoudienne Filwa Nazer – née à Swansea, au pays de Galles, dans les années 1970, mais ayant grandi dans le Royaume – a toujours aimé l’art. (Photo fournie) 

Au sein de la maison de couture de Ferré, elle a été particulièrement attirée par le département des archives, où sont conservés toutes sortes de vêtements vintage. Elle s’est également initiée à la broderie. Ces expériences enrichissent son travail récent, qui met fortement l’accent sur les tissus, mais avec une touche d’émotion. 

Il y a quelque chose de sentimental dans les œuvres de Filwa Nazer, qui sont inspirées d’émotions, d’espaces, de transitions de vie et de souvenirs. «Pour moi, le travail vient toujours d’une expérience personnelle», souligne-t-elle. 

Dans ce qui suit, Filwa Nazer nous parle de six œuvres importantes, allant d’une installation à grande échelle dans le désert à une pièce de tissu intime se rapportant au corps des femmes.  

 

The Skin I Live In 

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Cette installation de 2019 est l’une des toutes premières œuvres textiles que j’ai réalisées. Elle est haute de deux mètres et elle ressemble à une grande jupe vue de face. À l’intérieur, il y a des couches de mousseline de coton brodée, découpée selon les plans de mon appartement à Londres. La mousseline est recouverte d’une couche de polyéthylène vert, un type de filet en plastique que l’on trouve sur les chantiers de construction. J’utilise ces matériaux de manière conceptuelle et symbolique. Je voulais voir si je pouvais utiliser la couture comme un langage et créer des paysages d’émotions par le biais de cette technique. Ce travail a été réalisé à un moment particulier où j’avais besoin de guérison et de protection, et cet espace m’a permis d’explorer tout cela. 

 

Preserving Shadows 

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Cette œuvre a été exposée à Desert X AlUla cette année. Je n’avais jamais réalisé quelque chose de cette envergure auparavant, surtout dans un environnement aussi difficile que le désert d’AlUla, ce qui m’a bloquée. J’aime cependant sortir de ma zone de confort et voir ce qui peut se passer si je travaille différemment. Au cours de mes recherches, je suis tombée sur un paragraphe concernant les plantes du désert et le surnaturel. Soudain, un déclic s’est produit dans ma tête et je me suis dit que mon blocage et mon inconfort dans cet environnement pourraient devenir mon concept. Je voulais créer un voyage qui soit un moment de transition; vous marchez à travers les ombres et, tout en marchant, vous vous élevez et les ombres reculent jusqu’à ce que vous atteigniez la fin. Il s’agit d’un voyage au cours duquel on surmonte métaphoriquement l’obscurité. 

 

The Hands Want to See, The Eyes Want to Caress 

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Cet ensemble d’œuvres a été présenté dans le cadre d’une exposition intitulée «Saudi Modern» en 2021. Un certain nombre d’artistes ont été chargés par Bricklab de créer des œuvres d’art inspirées d’un bâtiment particulier de l’architecture moderne de Djeddah. J’ai donc réalisé ces cinq œuvres en m’inspirant d’une résidence privée, la maison Bajnaid, dans le quartier d’Al-Kandarah. Cette maison incarnait la Djeddah moderniste et branchée des années 1950 et 1960, mais elle a complètement perdu ce statut aujourd’hui. Mes œuvres explorent en quelque sorte ce qu’il advient d’un espace ou d’une maison lorsqu’elle se dégrade, lorsqu’elle est abandonnée. Certaines d’entre elles témoignent de mon rapport à l’esthétique de la maison, tandis que d’autres, celles avec le bois et le tissu, évoquent ce que j’ai ressenti dans cette maison et la façon dont mon corps y a réagi. Devant cet ensemble d’œuvres, on peut se poser la question suivante: «Une maison abandonnée n’est-elle plus attrayante? Ou bien trouvez-vous de la beauté dans son état actuel?» 

 

Five Women 

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Il s’agit d’une série très spéciale. Elle a été commandée pour la 1re édition de la Biennale de Diriyah à Riyad en 2021. Elle raconte littéralement l’histoire de cinq Saoudiennes de ma génération, des femmes à qui j’ai parlé en privé et de manière anonyme. Chaque femme m’a raconté une histoire et m’a donné une robe correspondant à un événement particulier qui a changé la relation de cette femme avec son corps. Ces histoires évoquaient la douleur, le passage à l’âge adulte et la flamboyance de la beauté dans la société. Cette œuvre a également été exposée à la Biennale de Lyon en 2022. 

 

Missing A Rib (2019) 

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Cette œuvre réalisée en 2019 représente ma maison à Djeddah. Il s’agit d’une pièce sculpturale transparente à l’intérieur de laquelle est suspendue une structure qui ressemble à une cage thoracique brisée. Avant la conception de cette œuvre, je me suis blessée au niveau des côtes et je suis restée longtemps au lit. Outre l’allusion au mythe d’Adam et Ève, Ève ayant été créée à partir de la côte d’Adam, cette œuvre est également liée au thème de l’exploration des espaces sous l’influence du patriarcat. Les bandes blanches (une technique de décoration des ourlets des sous-vêtements des hommes en Arabie saoudite) sont une métaphore de l’énergie masculine contrôlant l’espace d’une femme. 

 

Topoanalysis 

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Il s’agit de l’une de mes dernières œuvres réalisées pour la galerie Selma Feriani en 2023. Elle fait partie d’une série de sept pièces qui explore les motifs des vêtements personnels en relation avec les espaces de vie personnels. On peut voir les grandes lignes d’un plan d’étage. Les carrés rouges sont constitués d’une superposition de motifs de couture. J’ai revisité ce type de couture abstraite que j’utilise symboliquement comme paysage d’émotions. Néanmoins, lorsqu’on les regarde, leur dualité leur donne l’aspect d’un corps ou d’une poitrine. Le vert que j’utilise toujours est symbolique de l’Arabie saoudite. Il représente donc la société et l’environnement. C’est une exploration assez philosophique de l’espace, mais aussi des émotions, des souvenirs et des influences sociopolitiques. 

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


L'horlogerie suisse s'oriente vers une année à deux vitesses

Cette photographie prise le 9 avril 2024 montre une vue générale à côté du fabricant suisse de montres et d'horloges de luxe Patek Philippe, lors de la journée d'ouverture du salon de l'horlogerie de luxe « Watches and Wonders Geneva », à Genève. (AFP)
Cette photographie prise le 9 avril 2024 montre une vue générale à côté du fabricant suisse de montres et d'horloges de luxe Patek Philippe, lors de la journée d'ouverture du salon de l'horlogerie de luxe « Watches and Wonders Geneva », à Genève. (AFP)
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  • Les exportations horlogères ont battu des records trois années de suite, culminant en 2023 à 26,7 milliards de francs suisses
  • Le climat très incertain - entre les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, les taux d'intérêts et l'inflation - est «moins propice à la dépense dans les produits de luxe»

GENEVE: L'année 2024 va être "plus compliquée" pour les fabricants de montres suisses, d'après les marques et professionnels de l'horlogerie réunis cette semaine au salon de Genève, qui s'attendent à une évolution à "deux, voire trois vitesses".

Jusqu'à lundi, 54 prestigieuses marques horlogères sont réunies au salon, appelé "Watches and Wonders", dans une ambiance un peu moins euphorique cette année après une phase d'expansion spectaculaire.

Les exportations horlogères ont battu des records trois années de suite, culminant en 2023 à 26,7 milliards de francs suisses (27,4 milliards d'euros à taux actuels). Mais en janvier, leur croissance a ralenti à 3,1%, avant de basculer en terrain négatif en février, reculant de 3,8%, selon les statistiques de la fédération horlogère suisse.

"Cela va être une année plus compliquée, il y a pas mal de facteurs conjoncturels qui ne sont pas au beau fixe", a déclaré à l'AFP Oliver Müller, fondateur de la société de conseils en horlogerie LuxeConsult.

Le climat très incertain - entre les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, les taux d'intérêts et l'inflation - est "moins propice à la dépense dans les produits de luxe", constate-t-il.

Plus inquiets, les consommateurs risquent de reporter leurs achats de montres, au détriment des marques de moyenne gamme, mais aussi de celles dont les prix peuvent grimper à "8.000, 9.000 voire 10.000 francs et plus", selon lui.

L'ultra-luxe, en revanche, "fonctionne toujours", précise M. Müller, les grands collectionneurs étant capables d'acheter au moins une montre à plus de 50 000 francs chaque année.

«Le temps se couvre un peu»

Ce climat plus incertain risque aussi d'accentuer un "mouvement de polarisation" déjà à l’œuvre dans ce secteur qui tourne de plus en plus "à deux vitesses, voire même à trois", explique-t-il.

Dans une étude publiée avec la banque américaine Morgan Stanley, LuxeConsult a mis en évidence que quatre marques - Rolex, Patek Philippe, Audemars Piguet et Richard Mille - ne cessent de gagner des parts de marchés. Une poignée de marques - dont Hermès, Vacheron Constantin (groupe Richemont) et H. Moser - affichent elles aussi une croissance impressionnante, creusant l'écart avec d'autres marques qui, au contraire, stagnent, voire perdent des parts de marchés.

"Le temps se couvre un peu pour l'industrie horlogère", a observé Guillaume de Seynes, directeur du pôle amont et participation d'Hermès, lors d'un entretien avec l'AFP, sans donner d'indication sur la marche des affaires depuis le début de l'année, dans la mesure où le groupe doit publier ses ventes trimestrielles fin avril.

Sa priorité reste d'agrandir le site de production d'Hermès en Suisse, au Noirmont, dans le canton du Jura, "pour redonner de la capacité à ce site à l'avenir, notamment pour les montres Hermès H08", ainsi que pour le nouveau modèle appelé Hermès Cut, qui a été dévoilé mardi à Genève, a-t-il précisé.

En 2023, la branche horlogère d'Hermès avait vu ses ventes bondir de 17,7%, à 611 millions d'euros, grâce au succès du modèle Hermès H08 que le groupe peine à produire en quantité suffisante pour répondre à la demande.

"Cela nous donne plutôt confiance dans l'année, même si nous sommes attentifs à ce que l'on entend à propos de l'évolution des exportations horlogères", a-t-il indiqué.

Le directeur de la marque H. Moser, Edouard Meylan, se dit lui aussi "confiant" pour 2024, même s'il estime qu'il faudra gérer cette année avec "beaucoup plus de prudence".

Le patron de cette petite marque en forte expansion - dont le prix moyen tourne autour de 40.000 francs suisses - considère qu'il faudra surveiller l'évolution des marchés de très près pour "traverser cette période un peu plus soft" et en ressortir en ayant "gagné des parts de marchés".

Les ventes de montres suisses ont été dopées depuis trois ans par les achats dits "de revanche" après la pandémie de Covid-19, une partie des ménages utilisant les économies accumulées pendant les confinements pour s'offrir des produits de luxe.

Mais pour 2024, Jon Cox, analyste chez Kepler, s'attend ce que la croissance des exportations horlogères suisses ralentisse aux environs de 4%, après une progression de 7,6% en 2023.


Évasions pour l'Aïd: Un guide des destinations de vacances relaxantes dans le Royaume

L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
L'Arabie saoudite offre un large éventail d'options pour une pause à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, depuis les stations balnéaires de luxe jusqu'aux escapades durables dans le désert. (Photo fournie)
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  • Les paysages variés de l'Arabie saoudite appellent les aventuriers à explorer ses merveilles naturelles
  • Le projet touristique renommé d'Arabie saoudite, «la Mer Rouge», accueille les visiteurs avec l'inauguration du complexe hôtelier The St. Regis Red Sea Resort

DJEDDAH : Après un mois de dévotion, nombreux sont ceux qui cherchent détente et divertissement pendant les vacances de l'Aïd al-Fitr. Pour ceux qui sont en quête d’une destination paisible et ressourçante, l'Arabie saoudite propose une variété d'options. Des complexes hôteliers de luxe aux retraites durables dans le désert, le Royaume offre une diversité de choix pour satisfaire toutes les préférences. 

Voici une liste sélectionnée de destinations pour une escapade de l'Aïd inoubliable. 

 

Le complexe hôtelier St. Regis Red Sea 

«La Mer Rouge», le célèbre projet touristique d'Arabie saoudite, ouvre ses portes aux visiteurs avec l'inauguration du complexe hôtelier St. Regis Red Sea. Situé sur les îles Ummahat dans le lagon d'Al-Wajh, ce luxueux complexe comprend 90 villas en bord de mer et sur l'eau, chacune dotée de piscines privées et de vues époustouflantes. Conçu par l'architecte Kengo Kuma, l'esthétique du complexe reflète la splendeur des récifs coralliens et des dunes environnantes. Les clients peuvent savourer des repas en plein air dans cinq restaurants en bord de mer et déguster une cuisine d'inspiration japonaise au Gishiki 45 et au Tilina. Le complexe dispose également d’un spa, d’une salle de sport et d’une piscine extérieure, tous alimentés par des énergies renouvelables. Les tarifs commencent à 1 866 dollars (1 dollar = 0,94 euro) par nuit. 

Six Senses Southern Dunes 

Niché au cœur des dunes ondoyantes et des montagnes du Hijaz, le Six Senses Southern Dunes offre une retraite unique. Avec ses chambres, ses suites et ses villas conçues sous des toits en forme de tente, le complexe marie le luxe moderne au charme traditionnel. Les clients peuvent profiter d'un hébergement spacieux doté de terrasses extérieures et de piscines privées. Le spa du complexe s'étend sur près de 372 mètres carrés et propose toute une gamme de soins relaxants. Les activités proposées incluent des cours de cuisine, des excursions de pêche, tandis que les options de restauration raviront tous les palais. Les tarifs débutent à partir de 4 380 riyals saoudiens (1 riyal = 0,25 euro) pour une chambre Wadi King, avec un engagement envers la durabilité. 

AlUla : Un havre d'histoire et de beauté naturelle 

Située dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, AlUla est réputée pour sa richesse historique, ses paysages époustouflants et ses trésors archéologiques. Abritant des sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco comme les tombes nabatéennes à Hegra et l'art rupestre ancien, AlUla offre aux visiteurs un véritable voyage dans le temps à la découverte des civilisations anciennes. La région connaît un développement soutenu pour améliorer son infrastructure touristique tout en préservant son patrimoine culturel et sa nature intacte. 

Voici quelques-unes des meilleures options d’hébergements à AlUla pour une expérience d'évasion d'Aïd inoubliable: 

Habitas AlUla : Un éco-resort en plein désert offrant des hébergements de luxe au cœur des canyons du désert de la vallée d'Ashar. Avec ses 96 villas intégrées harmonieusement dans le paysage environnant, Habitas AlUla offre à ses clients une expérience unique. Ils peuvent profiter d'une gamme d'installations comprenant des centres de bien-être, des options de restauration et une grande piscine à débordement. 

Caravan by Habitas AlUla : Caravan propose une expérience de camping de luxe unique au cœur de la pittoresque vallée d'Ashar. Avec ses remorques Airstream exclusives, offrant soit une vue sur une oasis soit une vue montagneuse, chaque unité de luxe propose une vue panoramique à couper le souffle. Les 22 remorques sont équipées de climatisation, de Wi-Fi, d’un lit queen-size (ou de deux lits simples), d’un salon intérieur, d’une kitchenette et d'une salle de bains privée (douche et baignoire). Les prix varient entre 1 500 et 2 500 riyals saoudiens la nuit. 

Ashar Tented Resort : Niché au cœur des vastes dunes désertiques et des formations rocheuses escarpées de la vallée d'Ashar, ce camping de luxe offre une immersion totale dans le paysage spectaculaire d'AlUla. Avec un accès aux installations cinq étoiles de l'hôtel voisin Banyan Tree, les clients peuvent profiter d'un séjour confortable et mémorable. 

Banyan Tree AlUla : Offrant des vues à couper le souffle sur la vallée d'Ashar, le Banyan Tree AlUla dispose de 47 villas tentes, élégantes et ornées de détails authentiquement inspirés de l'Arabie. Engagé envers la durabilité et le bien-être, le complexe encourage la conservation de l'environnement et la préservation culturelle. 

Que vous soyez à la recherche du luxe, de la tranquillité ou de l'immersion culturelle, AlUla propose une gamme d'expériences adaptées à chaque préférence de voyageur. 

Explorez la riche histoire de la région, ses paysages à couper le souffle et son hospitalité inégalée pour des vacances de l'Aïd inoubliables: www.experiencealula.com

Aventures et tourisme 

Nombreux sont ceux qui recherchent l’escapade parfaite pour se détendre et se connecter à la nature. En Arabie saoudite, les amateurs d'aventure ont l’embarras du choix grâce aux terrains variés qui s’étendent à travers le Royaume. Des déserts de sable aux montagnes escarpées et aux vallées luxuriantes, il y a une diversité de paysages à découvrir, adaptés à tous les goûts et préférences. 

Guider les aventuriers à travers le Royaume 

Saudi Trips, une agence de premier plan, spécialiste du voyage d'aventure, propose une gamme de voyages et de randonnées à travers le Royaume. Fondée par Ibrahim Saad, l'agence vise à offrir aux visiteurs la meilleure expérience de l'Aïd, adaptée à leurs préférences et à leur budget. 

Saad met en avant certains des meilleurs endroits pour camper et faire de la randonnée, notamment la région emblématique d'AlUla, la mystérieuse Dark Cave à Tabouk et le pittoresque Wadi al-Disah à Jazan. 

«À mon avis, les meilleures destinations pendant les vacances de l'Aïd sont les zones sablonneuses, les grottes et les vallées», a déclaré Saad à Arab News. «Les activités varient en fonction du terrain, y compris la marche sur le sable, l'escalade en montagne et la descente.» 

D'autres destinations notables mentionnées par Saad incluent la vallée de Lajab, le sentier des caravanes le long des montagnes de Tuwaiq, Thumama et le mont Qarah dans la province orientale.  

Une évasion enchantée 

Pour ceux qui sont en quête d’une expérience unique, Ahway, un projet touristique saoudien, propose des caravanes bien équipées dans des endroits pittoresques. Fondé par Saeed Azhar, Ahway a pour objectif de promouvoir le tourisme local tout en offrant aux visiteurs la possibilité de se déconnecter de la vie urbaine et de se plonger dans la nature. Partant de Taïf, le projet envisage de s'étendre à d'autres régions telles qu'AlUla et Tabouk, offrant ainsi aux voyageurs la possibilité d'explorer les paysages magnifiques de l'Arabie saoudite. 

Des paysages variés 

Les paysages variés de l'Arabie saoudite offrent un attrait particulier pendant l'Aïd, comme l'a partagé Khalid al-Rabiah, PDG de l'agence d'aventures Ghamra, avec Arab News. 

«Étant donné sa proximité avec une grande ville comme Riyad, les zones environnantes, telles que le parc national de Thadiq et les dunes ainsi que les vallées du village de Rughabah, sont des destinations prisées pour l'évasion de l'Aïd, en raison de leur nature unique et de la présence de sentiers de randonnée et de crêtes montagneuses s'étendant sur plus de 70 kilomètres», a-t-il expliqué. 

«Il existe également une tendance croissante au camping dans les environnements naturels uniques de Hail et Tabouk, connus pour leurs montagnes particulières aux formes étranges et aux sables dorés», a-t-il ajouté. 

Ali al-Abdali, guide touristique à Jazan, décrit la région comme un véritable paradis pour les amateurs de randonnée et de nature sauvage, non seulement pendant les vacances de l'Aïd mais tout au long de l'année. 

«De magnifiques plages le long de la mer Rouge aux montagnes escarpées comme Al-Ardah et Al-Rayth, Jazan offre des paysages variés pour les activités de plein air», a-t-il souligné. 

À l'approche de l'Aïd, les attractions naturelles de l'Arabie saoudite incitent les aventuriers, locaux ou internationaux, à explorer et à créer des souvenirs inoubliables au milieu de paysages imprenables.