Rachat Veolia: Suez contre-attaque

Le grand groupe spécialisé dans l’eau et le traitement de déchets pourrait être racheté par Veolia qui ambitionne de créer un « super-géant » du secteur (Photo, Eric PIERMONT/AFP).
Le grand groupe spécialisé dans l’eau et le traitement de déchets pourrait être racheté par Veolia qui ambitionne de créer un « super-géant » du secteur (Photo, Eric PIERMONT/AFP).
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Publié le Jeudi 17 septembre 2020

Rachat Veolia: Suez contre-attaque

  • Veolia, qui ambitionne de créer « un super champion » du secteur, a proposé fin août à Engie de racheter ses 29,9% dans Suez pour 2,9 milliards d'euros
  • La direction de Suez, vigoureusement opposée au projet, s'est donc lancée dans une course pour monter un projet alternatif avec des partenaires investisseurs

PARIS : Convoité par Veolia son concurrent, Suez a contre-attaqué en annonçant mercredi une accélération de son plan de développement qui vise, précisément, à détrôner son vieux rival de sa place de numéro un mondial de l'eau et des déchets.

Le temps presse. Veolia, qui ambitionne de créer « un super champion » du secteur, a proposé fin août à Engie de racheter ses 29,9% dans Suez pour 2,9 milliards d'euros, avant de s'attaquer au reste des actions. Le vendeur estime que le compte n'y est pas, mais il a jusqu'à fin septembre seulement pour répondre.

La direction de Suez, vigoureusement opposée au projet, s'est donc lancée dans une course pour monter un projet alternatif avec des partenaires investisseurs et pour gagner une âpre bataille d'influence.

En fin de journée, son président Philippe Varin et son directeur général Bertrand Camus ont été reçus par Bruno Le Maire, à la demande du ministre de l'Economie, pour la première fois depuis le début du bras de fer.

« Nous examinerons toutes les propositions avec impartialité et attention, en prenant le temps nécessaire. Aucun choix n'est arrêté », a déclaré Le Maire dans un entretien aux Echos. 

Rien n'avait filtré de la rencontre en milieu de soirée. Les deux dirigeants de Suez, qui dénoncent les risques d'une OPA « funeste » notamment en termes d'emploi, devaient aussi réexpliquer le projet industriel qu'ils portent depuis un an, selon une source proche du dossier.

Le groupe a ainsi annoncé mercredi être en négociations avec l'allemand Schwarz, pour lui céder des activités de recyclage (hors plastiques et déchets dangereux) pour 1,1 milliard d'euros, dans le cadre de sa stratégie de développement annoncée fin 2019.

La stratégie de Suez à horizon 2030 vise à concentrer son activité sur des domaines à haute valeur ajoutée. 

« Ce projet marque une étape majeure dans la réalisation de notre plan stratégique, qui prévoit de concentrer nos forces notamment en France et en Europe sur les activités et géographies où l'on peut déployer nos innovations les plus prometteuses pour être le leader des services à l'environnement », a commenté Bertrand Camus.

« L'annonce de ce (mercredi) matin démontre qu'on avance comme prévu », a déclaré le directeur financier Julian Waldron : « montrer son potentiel de création de valeur, cela me semble crucial tout le temps et oui, il est encore plus important, aujourd'hui, de démontrer qu'on avance ».

Plusieurs chevaliers blancs ?

Dans le même temps, un aréopage de juristes et banquiers (Goldman Sachs, Société Générale, Rothschild, JP Morgan...) entoure les préparatifs de contre-offre. De l'avis d'analystes financiers, trouver un seul chevalier blanc sur ce secteur n'est pas simple. Mais pourquoi pas plusieurs.

Plusieurs noms reviennent. Ainsi le fonds français d'investissement Antin, qui suit « de près » la situation, selon une source proche de cet acteur spécialisé dans l'eau et les infrastructures. « Antin a les moyens financiers pour être un acteur majeur de ce dossier », affirme cette source.

En revanche Axa, dont le nom est apparu dans la presse, ne fait pas partie du projet, selon une source proche.

L'Etat, actionnaire de référence d'Engie, a prévenu qu'il serait vigilant sur l'emploi, « l'empreinte industrielle française », et le prix. 

« Nous regardons avec un souci d'équité l'offre de Veolia ou les autres offres qui pourraient venir », a affirmé Le Maire, ajoutant qu' « il ne doit pas y avoir un vainqueur et un vaincu ».

Les syndicats de Suez appellent à une nouvelle journée d'action contre ce projet le 22 septembre. Le comité social et économique a voté mardi le lancement d'un droit d'alerte économique.

Le groupe compte 90.000 salariés dans le monde, dont 30.000 en France. Si son OPA aboutit, Veolia a prévu de revendre la branche eau de Suez en France au fonds Meridiam, assurant que l'emploi serait préservé.

L'affaire est sensible. Aux Echos, le patron de Méridiam, Thierry Déau, assure que le principal investisseur du projet sera français, « certainement » CNP Assurances. 

Dans un communiqué, CNP, qui « travaille avec Meridiam depuis de nombreuses années », assure en tout cas n'être « partie prenante d'aucune discussion pour ce qui concerne le projet de cession des parts d’Engie dans le capital de Suez ».

Les principaux protagonistes auront l'occasion de s'expliquer de nouveau, publiquement, le 23 septembre, à l'Assemblée nationale devant les députés de la Commission des Finances.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.