Le face à face entre Tariq Ramadan et son accusatrice suisse devant les juges

Tariq Ramadan arrive au Palais de justice à Paris  le 16 septembre 2020. (Thomas COEX / AFP)
Tariq Ramadan arrive au Palais de justice à Paris le 16 septembre 2020. (Thomas COEX / AFP)
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Publié le Jeudi 17 septembre 2020

Le face à face entre Tariq Ramadan et son accusatrice suisse devant les juges

  • Le soir du rendez-vous, l'islamologue aurait trouvé un prétexte pour l'entraîner dans sa chambre où il l'aurait soumise à des actes sexuels brutaux, accompagnés de coups et d'insultes, ne la laissant repartir qu'à l'aube
  • Le prédicateur musulman, contraint d'admettre avoir pratiqué une sexualité dominatrice avec de nombreuses maîtresses, conteste ces accusations

PARIS : Déjà quatre fois mis en examen pour viols, Tariq Ramadan est revenu mercredi au tribunal de Paris pour une affaire dépassant les frontières françaises: l'islamologue suisse a été confronté à une femme qui l'accuse de l'avoir violée en 2008 à Genève.

La justice suisse demandait depuis deux ans d'organiser cette audition, mais la détention provisoire du prédicateur entre février et novembre 2018, son interdiction de quitter la France et enfin la crise sanitaire ont repoussé l'échéance.

Débutée à la mi-journée, l'audition a été interrompue dans la soirée à la demande de la plaignante et reprendra ultérieurement, selon les avocats.

Cette confrontation, menée par les juges français en présence du procureur de Genève, est une étape-clé dans l'enquête suisse ouverte après la plainte déposée en avril 2018 par cette femme, surnommée « Brigitte ».

A l'époque, cette mère de famille disait avoir surmonté sa crainte de saisir la justice en s'inspirant des femmes ayant dénoncé les viols et la double vie de Tariq Ramadan, alors incarcéré en France depuis deux mois.

Dans sa plainte consultée par l'AFP, « Brigitte », 54 ans aujourd'hui, racontait s'être rendue dans un hôtel de Genève au soir du 28 octobre 2008 pour prendre le thé avec le célèbre prédicateur.

Convertie à l'islam, elle avait fait sa connaissance quelques mois plus tôt pendant une séance de dédicace, puis lors d'une conférence en septembre. S'en était suivie une correspondance de plus en plus intime sur MSN et Facebook.

« Un homme merveilleux »

Le soir du rendez-vous, l'islamologue aurait trouvé un prétexte pour l'entraîner dans sa chambre où il l'aurait soumise à des actes sexuels brutaux, accompagnés de coups et d'insultes, ne la laissant repartir qu'à l'aube.

A l'appui de sa plainte, la Suissesse raconte s'être confiée peu après à son psychiatre, qui a décrit aux enquêteurs une « emprise perverse violente qui l'a pétrifiée et privée de ses moyens de défense ».

Interrogé pour la première fois le 16 juillet sur ces faits, Tariq Ramadan a reconnu ce rendez-vous mais expliqué avoir renoncé à la relation sexuelle après un échange de caresses, selon ses avocats.

Mais la défense met surtout en avant les messages envoyés par « Brigitte » avant et après la rencontre: « Les juges ont pris le temps de confronter la plaignante à ses messages » et cette dernière « a du mal à se reconnaître dans sa posture de femme séductrice », a déclaré à l'issue de la confrontation Me Yaël Hayat.

« On ne peut pas soutenir un seul instant avoir été violentée par cet homme et à peine une heure plus tard lui écrire +je rêve de t'embrasser+ puis à 8h51 +tu es un homme merveilleux+ », a-t-elle ajouté. « Elle n'est pas sous l'emprise: c'est une femme probablement éprise et il va falloir commencer à distinguer l'un de l'autre », a conclu l'avocate de l'islamologue en Suisse.

« C'est pour la victime quelque chose de très éprouvant de devoir revivre ce qu'elle a vécu dans sa chair », a déclaré Me François Zimeray, un des avocats de « Brigitte », invitant à « résister à la tentation de faire ce procès sur les réseaux sociaux (...) quelle que soit notre envie de crier la douleur de ce que notre cliente a vécu ».

Le récit de « Brigitte » rappelle celui de « Christelle », l'une des deux premières femmes à avoir porté plainte contre M. Ramadan, l'accusant d'un viol dans un hôtel à Lyon en octobre 2009. 

Pour les magistrats, ces similitudes témoignent d'un « mode opératoire » de Tariq Ramadan pour exercer son emprise sur ses victimes, thèse appuyée récemment par une expertise psychiatrique.

Pour la défense de M. Ramadan, qui conteste la validité de cette expertise, c'est au contraire le signe d'une collusion entre les plaignantes, des « maîtresses déçues » entrées en contact pour se venger bien avant de déposer plainte.

Tariq Ramadan a été mis en examen en France en février 2018 pour des soupçons de viols sur les deux premières plaignantes, Henda Ayari et « Christelle ». Deux nouvelles mises en examen pour le viol de deux autres femmes ont été prononcées en février dernier.

Le prédicateur musulman, contraint d'admettre avoir pratiqué une sexualité dominatrice avec de nombreuses maîtresses, conteste ces accusations.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.