Discussions russo-américaines «utiles» à Moscou mais sans avancées

Les deux puissances tentent de relancer leur dialogue sur des sujets jugés d'intérêt commun. Fin septembre, elles ont parlé à Genève de parité stratégique et de contrôle des armements. (Photo, AFP)
Les deux puissances tentent de relancer leur dialogue sur des sujets jugés d'intérêt commun. Fin septembre, elles ont parlé à Genève de parité stratégique et de contrôle des armements. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

Discussions russo-américaines «utiles» à Moscou mais sans avancées

  • L'un des principaux thèmes abordés mardi a été celui des visas et du travail consulaire, fortement perturbé par plusieurs vagues d'expulsions croisées de diplomates
  • Moscou a proposé de lever toutes les restrictions imposées par les deux parties ces dernières années, telles que les baisses d'effectifs des ambassades et consulats, qui tournent au ralenti

MOSCOU : La Russie et les Etats-Unis ont jugé "utiles" des pourparlers mardi à Moscou entre hauts responsables russe et américain, même s'ils n'ont abouti à aucune percée pour apaiser les fortes tensions entre les deux puissances. 

"Nos positions sont peu conciliables. Les Américains n'écoutent pas notre logique, nos exigences. Mais la conversation a été néanmoins utile", a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, cité par l'agence de presse Ria Novosti.

Il venait de s'entretenir avec la numéro trois de la diplomatie américaine Victoria Nuland, que la Russie a autorisé à venir pour trois jours d'entretiens avec des responsables russes bien qu'elle soit sur une liste de personnes bannies du pays.

En échange Washington a délivré un visa à un haut diplomate russe en charge des pourparlers sur le désarmement, Konstantin Vorontsov.

Le ministère russe des Affaires étrangères a lui indiqué que Mme Nuland avait été prévenue que "les actions hostiles anti-russes ne resteraient pas sans réponse", bien que Moscou "ne cherche pas une nouvelle escalade".

La diplomate américaine a été informée que si Washington ne changeait pas d'attitude envers la Russie, cela mènerait à une "nouvelle dégradation des relations", selon un communiqué.

Selon M. Riabkov, l'un des principaux thèmes abordés mardi a été celui des visas et du travail consulaire, fortement perturbé par plusieurs vagues d'expulsions croisées de diplomates.

Si la question a été évoquée "très franchement" avec Mme Nuland, la situation "ne s'est pas améliorée", a relevé Sergueï Riabkov.

Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé qu'une "attention particulière" avait été accordée lors de ces pourparlers au fonctionnement des missions diplomatiques respectives.

Moscou a proposé de "lever toutes les restrictions imposées par les deux parties ces dernières années", telles que les baisses d'effectifs des ambassades et consulats, qui tournent au ralenti.

"Il y a eu des discussions ouvertes, les entretiens ont été utiles", a réagi à Washington le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Il a assuré que la position américaine sur le personnel restait "ferme". "Nous voulons la parité en termes d'effectifs" dans les missions diplomatiques respectives, "et nous voulons la réciprocité en termes de visas", a-t-il insisté, réclamant davantage de "flexibilité" russe pour parvenir à un "accord équitable" sur cette question épineuse.

"Nous sommes convenus d'organiser une autre session de pourparlers", a-t-il ajouté.

Mme Nuland avait elle indiqué lundi que le thème principal des discussions serait l'instauration de relations "stables et prévisibles" entre les deux pays.

"Je suis heureuse d'être de nouveau en Russie pour m'occuper de nos relations bilatérales", a-t-elle indiqué mardi après sa rencontre avec M. Riabkov.

Moscou et Washington s'opposent sur un nombre toujours croissant de dossiers: crises internationales, affaires d'ingérence électorale, cyberattaques, espionnage, etc. 

Les deux puissances tentent néanmoins de relancer leur dialogue sur des sujets jugés d'intérêt commun. Fin septembre, elles ont parlé à Genève de parité stratégique et de contrôle des armements.


Trump signe la charte fondatrice de son «Conseil de paix» à Davos

 Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies. (AFP)
Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies. (AFP)
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  • "Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle", a déclaré Karoline Leavitt
  • Le "Conseil de paix" était initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza

DAVOS: Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies.

"Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle", a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, lors de cette cérémonie en présence d'un parterre d'une vingtaine de dirigeants ayant accepté l'invitation de Washington à rejoindre le "Conseil".

Le "Conseil de paix" était initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais sa "charte" prévoit un mandat bien plus vaste lui assigne une mission beaucoup plus vaste, censée l'impliquer dans la gestion d'autres conflits.

Gaza est l'endroit "où le Conseil de paix a vraiment débuté (...) Je pense que nous pourrons l'étendre à d'autres choses à mesure que nous réussirons à Gaza", a fait valoir Donald Trump.

“Une fois que le Conseil sera complètement formé, nous pourrons faire à peu près ce que nous voulons et nous le ferons en coordination avec les Nations unies", a-t-il ajouté, reprochant de nouveau à l'Onu de n'avoir "pas utilisé" le "formidable potentiel" dont elle dispose.

 


Etats-Unis et Danemark vont renégocier leur accord de défense de 1951 sur le Groenland 

La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions. (AFP)
La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland
  • "La position du Danemark et celle du Groenland sont identiques, et aucune négociation n'a eu lieu hier avec l'Otan au sujet de notre souveraineté", a déclaré la Première ministre, Mette Frederiksen, à la télévision danoise

DAVOS: Les Etats-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland, a indiqué jeudi à l'AFP une source proche des discussions ayant eu lieu la veille à Davos entre Donald Trump et le chef de l'Otan Mark Rutte.

La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions.

 

 


Après sa marche arrière sur le Groenland, Trump dévoile son «Conseil de paix» à Davos

Le président américain Donald Trump dévoile jeudi son nouveau "Conseil de paix" et rencontre son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky à Davos, après avoir désamorcé la veille le conflit sur le Groenland qu'il avait lui-même provoqué. (AFP)
Le président américain Donald Trump dévoile jeudi son nouveau "Conseil de paix" et rencontre son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky à Davos, après avoir désamorcé la veille le conflit sur le Groenland qu'il avait lui-même provoqué. (AFP)
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  • Donald Trump a prévu de rencontrer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, après le lancement de son "Conseil de paix"
  • A Davos mercredi, il a affirmé que la Russie et l'Ukraine seraient "stupides" de ne pas arriver à un accord pour mettre fin au conflit, qu'il avait promis de régler en une journée en prenant ses fonctions il y a un an

DAVOS: Le président américain Donald Trump dévoile jeudi son nouveau "Conseil de paix" et rencontre son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky à Davos, après avoir désamorcé la veille le conflit sur le Groenland qu'il avait lui-même provoqué.

Après des semaines de déclarations agressives, le président américain, invité au Forum économique mondial, a subitement annoncé mercredi soir "le cadre d'un futur accord" sur le Groenland. Il a levé ses menaces douanières autant que militaires.

Jeudi, M. Trump, qui s'autoproclame faiseur de paix, doit participer à 10H30 (09H30 GMT) dans la station huppée des Alpes suisses à une cérémonie de signature de la charte fondatrice d'un "Conseil de paix" à sa main, censé œuvrer à la résolution des conflits dans le monde, en concurrence avec les Nations unies.

Cette instance avait initialement été conçue pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais sa "charte" prévoit un mandat bien plus vaste que la seule question du territoire palestinien.

Ticket d'entrée à un milliard 

Le ticket d'entrée est d'un milliard de dollars pour un siège permanent.

Donald Trump a affirmé à Davos que Vladimir Poutine avait accepté l'invitation. Un peu plus tôt, le président russe avait seulement indiqué que son ministère des Affaires étrangères avait été "chargé d'étudier" la proposition américaine.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait savoir qu'il avait accepté de siéger.

La France a dit "non" tandis que d'autres alliés clés des Etats-Unis, notamment le Royaume-Uni, également membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, ont exprimé leur scepticisme face à ce "Conseil de paix". Mais de nombreux pays du Moyen-Orient sont partants, dont l'Arabie saoudite ou le Qatar.

Environ 35 dirigeants ont déjà accepté de s'y rallier, sur quelque 50 invitations envoyées, a indiqué mercredi un haut responsable de l'administration Trump aux journalistes.

"Je pense que c'est le meilleur conseil jamais formé", s'est vanté Donald Trump mercredi lors d'une rencontre avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, qui fait partie de ceux ayant accepté l'invitation.

Le président américain ne cache pas sa frustration de ne pas avoir eu le prix Nobel de la paix, alors qu'il affirme régulièrement avoir mis fin à huit guerres, un bilan contesté.

Rencontre avec Zelensky 

L'invitation de Vladimir Poutine inquiète particulièrement les alliés des Etats-Unis, notamment l'Ukraine qui cherche à mettre fin à presque quatre ans de guerre avec la Russie qui a envahi son pays en février 2022.

Donald Trump a prévu de rencontrer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, après le lancement de son "Conseil de paix".

A Davos mercredi, il a affirmé que la Russie et l'Ukraine seraient "stupides" de ne pas arriver à un accord pour mettre fin au conflit, qu'il avait promis de régler en une journée en prenant ses fonctions il y a un an.

Et il a répété que les présidents russe et ukrainien étaient proches d'un accord, une affirmation qu'il a souvent répétée même s'il a alternativement blâmé l'un ou l'autre pour l'absence de cessez-le-feu.

"Il ne reste qu'un point à régler" dans les négociations, a affirmé jeudi à Davos l'envoyé spécial américain Steve Witkoff, qui doit se rendre dans la journée à Moscou, avec le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, pour des discussions avec Vladimir Poutine.

Volodymyr Zelensky s'est dit "inquiet" mardi d'une perte d'attention internationale sur le conflit en Ukraine, le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, à cause du différend causé par les velléités du président américain de s'emparer du Groenland.

Donald Trump a assuré mercredi avoir conçu avec le chef de l'Otan Mark Rutte "le cadre d'un futur accord concernant le Groenland".

Il y a "encore beaucoup de travail à faire" pour trouver un accord sur le Groenland, a cependant déclaré à l'AFP M. Rutte.

La porte-parole de l'Otan, Allison Hart a précisé que "le secrétaire général n'avait proposé aucun compromis sur la souveraineté" du Danemark.

Le Danemark souhaite poursuivre "un dialogue constructif avec ses alliés" à propos du Groenland et de la sécurité dans l'Arctique mais dans le respect de son "intégrité territoriale", a affirmé de son côté la Première ministre danoise Mette Frederiksen.