2022: le PS investit jeudi Anne Hidalgo, avant «la mobilisation collective»

La maire de Paris et candidate du Parti socialiste (PS) à l'élection présidentielle française de 2022 Anne Hidalgo (G) et le président français Emmanuel Macron assistent à l'inauguration de l'Arc de Triomphe à Paris enveloppé dans un tissu bleu argenté tel qu'il a été conçu par Christo, à Paris, le 16 septembre 2021. Ludovic MARIN / POOL / AFP
La maire de Paris et candidate du Parti socialiste (PS) à l'élection présidentielle française de 2022 Anne Hidalgo (G) et le président français Emmanuel Macron assistent à l'inauguration de l'Arc de Triomphe à Paris enveloppé dans un tissu bleu argenté tel qu'il a été conçu par Christo, à Paris, le 16 septembre 2021. Ludovic MARIN / POOL / AFP
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

2022: le PS investit jeudi Anne Hidalgo, avant «la mobilisation collective»

  • C'est un vote sans surprise: le Parti socialiste choisit jeudi, par un scrutin interne des adhérents, son candidat pour la présidentielle 2022
  • Il devrait accorder son investiture à Anne Hidalgo, largement favorite face à son seul challenger, le maire du Mans Stéphane Le Foll

PARIS : C'est un vote sans surprise: le Parti socialiste choisit jeudi, par un scrutin interne des adhérents, son candidat pour la présidentielle 2022 et devrait accorder son investiture à Anne Hidalgo, largement favorite face à son seul challenger, le maire du Mans Stéphane Le Foll.

La maire de Paris, qui dispose du soutien d'une grande partie de l'appareil politique, à commencer par le premier secrétaire Olivier Faure, mais patine dans les sondages (entre 5 et 7% des voix), a passé son grand oral devant les militants lundi soir lors d'un "live" sur Facebook et Youtube, au cours duquel elle s'est dit persuadée de pouvoir "convaincre" les Français.

Augmentation des salaires du public et du privé, baisse de la taxe sur les carburants, négociations sur le temps de travail, application du droit de mourir dans la dignité, elle a rappelé plusieurs de ses propositions.

Stéphane Le Foll n'a pas souhaité participer à ce "live", car plutôt qu'une présentation séparée devant les militants, il réclamait un débat. 

Mais l'idée d'une confrontation publique a été très vite écartée par Anne Hidalgo et les instances du PS, car cela aurait conduit "à la surenchère et la division", selon Olivier Faure, échaudé par les dernières primaires socialistes de 2012 et 2017.

Stéphane Le Foll a néanmoins réalisé une vidéo sur les réseaux sociaux pour présenter son programme et a, comme Anne Hidalgo, envoyé une profession de foi diffusée aux militants.

Pour lui, le PS est "à la croisée des chemins, disparaître ou réapparaître, s'effacer ou porter un projet pour la France", écrit-il dans son texte, où il défend son projet d'une "France durable", combinant "l'économie, le social et l'écologie".

"Je n'ai pas de doute sur l'issue du vote (...) la messe est dite", a-t-il cependant reconnu auprès de l'AFP.

"Je prends acte, mais je dis aux militants socialistes: +réfléchissez bien+. Dans cette indéfinition, cette non affirmation et cette forme d'incohérence depuis le début de la campagne d'Anne Hidalgo, il y a un risque de passer à la trappe", prévient-il.

Les militants sont invités à voter jeudi dans les fédérations de 17h à 22h, et le résultat sera connu dans la soirée. 

«Ligue des champions»

Le président de la commission d'investiture du PS, Pierre Jouvet, pense "que le résultat sera net", espérant environ 25.000 votants. 

Même analyse pour Johanna Rolland, la maire de Nantes, directrice de campagne d'Anne Hidalgo, "au vu des parrainages" obtenus par chacun pour que leur candidature soit validée. Anne Hidalgo en a obtenu 208, Stéphane Le Foll 34.

Avant de se lancer dans la campagne, Anne Hidalgo dit d'ailleurs avoir "vérifié" qu'elle rassemblait déjà la "famille" socialiste. 

Dès le vote achevé, le parti se rangera en ordre de bataille derrière sa candidate. Une convention d'investiture est prévue le 23 octobre à Lille, l'occasion d'un premier meeting pour sonner "la mobilisation collective" autour d'elle, avec quelques poids lourds du PS.

A plus de six mois de la présidentielle, ses proches assurent qu'il n'y a "aucune espèce d'inquiétude ou de frilosité" autour de sa candidature, alors que côté écologiste, certains rêvent déjà de la voir rallier Yannick Jadot.

Après son lancement à Rouen le 12 septembre, il y a eu "trois semaines avec peu d'espace", entre la primaire des écologistes et la montée médiatique d'Eric Zemmour, et "le parti pris d'une campagne à bas bruit, sur le fond", explique-t-on au PS.   

La candidate, qui a multiplié les déplacements en France et à l'étranger (en Allemagne pour soutenir Olaf Scholz, le chef de file des sociaux-démocrates allemands, et en Espagne vendredi auprès du Parti socialiste espagnol), a récemment accéléré ses interventions dans les médias, pour regagner un peu de visibilité.

"Une campagne présidentielle, c'est comme un match de Ligue des champions. Sur le terrain de jeu, très exigeant, on n'a pas le droit à l'erreur", a affirmé dimanche Anne Hidalgo dans le journal régional La Montagne. 

Dès le week-end prochain, une opération baptisée "tous sur le pont" va mobiliser sur le terrain les militants qui tracteront sur les marchés et placarderont les affiches de leur championne. 


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".