A six mois de la présidentielle, la France dans le brouillard

Cinq ans après la folle présidentielle de 2017, qui avait vu l'élection d'un quasi inconnu, Emmanuel Macron, et le dynamitage des partis politiques traditionnels, peu se risquent à prédire à quoi va ressembler l'élection d'avril 2022. (Photo, AFP)
Cinq ans après la folle présidentielle de 2017, qui avait vu l'élection d'un quasi inconnu, Emmanuel Macron, et le dynamitage des partis politiques traditionnels, peu se risquent à prédire à quoi va ressembler l'élection d'avril 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 11 octobre 2021

A six mois de la présidentielle, la France dans le brouillard

  • Emmanuel Macron, sauf coup de théâtre, devrait briguer un second mandat et à ce stade, les sondages donnent tous sa présence au second tour de la présidentielle
  • Sur le thème du pouvoir d'achat, principale préoccupation des Français, les candidats multiplient les promesses concernant des hausses de salaire

 PARIS: Une pléthore de candidats, des sondages qui s'affolent, des lignes qui se brouillent. A six mois de la présidentielle, la scène politique française peine à se mettre en place et à offrir des perspectives, au risque de lasser des électeurs déjà désenchantés ou de raviver le "dégagisme".

Cinq ans après la folle présidentielle de 2017, qui avait vu l'élection d'un quasi inconnu, Emmanuel Macron, et le dynamitage des partis politiques traditionnels, peu se risquent à prédire à quoi va ressembler l'élection d'avril 2022.

Sur le plan des candidats, d'abord. Ils sont déjà une trentaine à se bousculer sur la ligne de départ, dont une partie seulement obtiendra les 500 parrainages d'élus nécessaires pour concourir à l'élection. Et paradoxalement, ceux dont on parle le plus ne se sont pas encore déclarés.

Emmanuel Macron, sauf coup de théâtre, devrait briguer un second mandat et à ce stade, les sondages donnent tous sa présence au second tour de la présidentielle.

"Malgré un quinquennat pourri, marqué par la crise des Gilets jaunes et la crise sanitaire, il a regagné des couleurs", relève pour l'AFP la politologue Adelaïde Zulfikarpasic, de l'institut BVA, dont le dernier baromètre donnait 46% de bonnes opinions au chef de l'Etat, notamment pour sa gestion de la pandémie.

Mais le remake de son duel de 2017 avec la cheffe d'extrême-droite Marine Le Pen, annoncé depuis des mois, et sur lequel misait M. Macron pour assurer sa réélection, n'est désormais plus une certitude. Cette configuration a été bousculée par l'irruption dans le jeu d'un éditorialiste d'extrême-droite, Eric Zemmour, qui, bien que pas encore candidat, passe devant Mme Le Pen dans les derniers sondages.

La droite dite "gaulliste", traumatisée par l'échec retentissant de son candidat François Fillon en 2017, est elle empêtrée dans des querelles internes pour la désignation de son candidat, qui ne sera pas connu avant le 4 décembre au terme d'une primaire interne. Ils sont 5 à briguer l'investiture, dont le président de la région des Hauts-de-France (nord) Xavier Bertrand et l'ex "M. Brexit" de l'UE, Michel Barnier.

Nombreux candidats aussi à gauche, entre la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, l'écologiste Yannick Jadot, le radical Jean-Luc Mélenchon... qui se disputent le leadership d'un camp divisé pesant moins de 30% dans les sondages.

«Dégagisme»

Cette scène politique fragmentée, l'affaiblissement des partis politiques traditionnels et le brouillage idéologique peuvent raviver la flamme du "dégagisme" et la quête de "nouvelles figures" qui avait bénéficié en 2017 à M. Macron, selon Mme Zulfikarpasic. Mais celles-ci se portent désormais sur Eric Zemmour, dont les obsessions identitaires et les saillies radicales contre l'islam et l'immigration accaparent depuis des mois le débat public français.

Le polémiste, qui bénéficie d'une immense attention médiatique, mord chez les électeurs d'extrême-droite ayant des doutes sur Mme Le Pen, mais aussi sur une partie de la droite traditionnelle, et impose l'immigration et l'insécurité comme des thèmes principaux de la campagne électorale.

Sur le thème du pouvoir d'achat, principale préoccupation des Français, les candidats multiplient les promesses concernant des hausses de salaire, des baisses de taxes, voire un blocage des tarifs au moment où flambent les prix du gaz et de l'essence en France.

Mais ces propositions, la plupart du temps non chiffrées ou irréalisables, risquent également d'alimenter la méfiance vis à vis du personnel politique.

Concernant les questions environnementales, qui constituent une des préoccupations majeures des jeunes électeurs, le sujet est relativement peu abordé en dehors du camp écologiste.

Un des enjeux de l'élection sera de "voir s'il est encore possible de réconcilier la volonté de s'engager, qui est présente chez de nombreux citoyens, et le vote. Aujourd'hui, l'engagement ne passe plus par le politique", constate Mme Zulfikarpasic.

Un constat déjà dressé par l'ex-candidat socialiste à la présidentielle de 2017, Benoit Hamon, qui a signé une défaite historique de la gauche avec 6% des voix. Annonçant son retrait de la vie politique le mois dernier dans un entretien au Monde, il jugeait qu'en matière de féminisme ou d'écologie, le mouvement #Metoo ou la mobilisation citoyenne avaient eu plus d'impact que "vingt ans d'action institutionnelle classique" ou que "la totalité des ministre de l'Ecologie réunis". 


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.