Washington fait planer la menace militaire contre l'Iran si la diplomatie échoue

Le secrétaire d'État Antony Blinken, (centre gauche), accompagné du ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid, (centre droite), lors de leur réunion bilatérale au département d'État à Washington, DC, le 13 octobre 2021. (Photo, AFP)
Le secrétaire d'État Antony Blinken, (centre gauche), accompagné du ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid, (centre droite), lors de leur réunion bilatérale au département d'État à Washington, DC, le 13 octobre 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 15 octobre 2021

Washington fait planer la menace militaire contre l'Iran si la diplomatie échoue

  • Au moment d'une visite cruciale du négociateur de l'UE à Téhéran, l'impatience monte côté américain et européen, et le changement de ton est manifeste
  • Dans un contexte où le pessimisme semble s'imposer, Yaïr Lapid s’est rendu à Washington pour réclamer au gouvernement Biden un «plan B alternatif»

WASHINGTON : Les Etats-Unis ont fait planer mercredi la menace d'un recours à l'option militaire contre l'Iran en cas d'échec de la diplomatie pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique, faisant pour la première fois clairement écho aux avertissements israéliens.

A la veille d'une visite cruciale du négociateur de l'Union européenne jeudi à Téhéran, l'impatience monte côté américain mais aussi européen, et le changement de ton est manifeste.

Washington pense "qu'une solution diplomatique est la meilleure manière" d'éviter que la République islamique devienne une puissance nucléaire, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d'une conférence de presse avec son homologue israélien Yaïr Lapid dans la capitale américaine.

Mais il a jugé peu "encourageants" les signaux émanant de Téhéran, qui n'a toujours pas fixé de date pour la reprise des négociations visant à sauver l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, à l'arrêt depuis juin.

"Il faut être deux pour dialoguer et nous n'avons pas constaté, à ce stade, de volonté d'en faire autant de la part de l'Iran", a déploré le secrétaire d'Etat, estimant une nouvelle fois que la "fenêtre de tir" se refermait à grand pas.

"Nous sommes prêts à nous tourner vers d'autres options si l'Iran ne change pas de direction", a-t-il prévenu alors qu'il était interrogé sur la possibilité du recours à la force. "Nous envisagerons toutes les options."

A ses côtés, le ministre israélien a enfoncé le clou, sans être contredit. "En disant d'autres options, je pense que tout le monde comprend", a-t-il lancé, dans une allusion claire à l'option militaire.

Yaïr Lapid a d'ailleurs été encore plus explicite au nom de l'Etat hébreu, opposé de longue date à l'accord de 2015 qu'il juge insuffisant.

"Le secrétaire d'Etat Blinken et moi sommes des enfants de survivants de l'Holocauste. Nous savons qu'il y a des moments où les nations doivent avoir recours à la force pour protéger le monde du Mal", a-t-il déclaré. "Israël se réserve le droit d'agir à tout moment, et quels que soient les moyens", a-t-il martelé.

L'ex-président américain Donald Trump a claqué la porte en 2018 de cet accord conclu entre l'Iran et les grandes puissances, et a rétabli les sanctions américaines qu'il avait permis de lever. En retour, Téhéran s'est de plus en plus affranchi des restrictions censées empêcher que son programme nucléaire aboutisse à la fabrication de la bombe.

Le président Biden s'est lui dit prêt à revenir dans l'accord à condition que l'Iran renoue parallèlement avec ses engagements.

Des négociations indirectes entre Washington et Téhéran, par l'intermédiaire des autres signataires, ont démarré en avril à Vienne pour sauver cette entente, mais sont suspendues depuis l'élection en juin d'un nouveau président iranien.

Le négociateur européen Enrique Mora, coordonnateur du texte de 2015, est attendu jeudi à Téhéran.

"Je vais insister sur l'urgence de reprendre les négociations", a-t-il tweeté mercredi.

Même frustration côté français, où l'on regrette l'absence de "clarté" iranienne, un "refus de négocier" et les "faits accomplis sur le terrain qui compliquent encore plus le retour" à l'accord.

Dans ce contexte où le pessimisme semble s'imposer, Yaïr Lapid était venu à Washington pour réclamer au gouvernement Biden un "plan B alternatif".

Et les Américains, longtemps réticents à évoquer autre chose qu'un retour à l'accord, ont changé de stratégie en évoquant eux-mêmes ouvertement l'hypothèse d'un échec.

"Nous sommes réalistes. Nous savons qu'il existe au moins une forte possibilité que l'Iran choisisse une autre voie" qu'un rétablissement de l'accord, a aussi déclaré mercredi l'émissaire américain pour l'Iran, Rob Malley.

Le négociateur américain a annoncé qu'il se rendrait dans les prochains jours en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar pour évoquer notamment les "options" pour "contrôler le programme nucléaire iranien" si les négociations n'aboutissent pas.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

Short Url
  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
Short Url
  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Short Url
  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.