Londres: un monument à la gare de Waterloo commémorera la «génération Windrush»

Photo datée du 14 octobre 2021 montrant la maquette du National Windrush Monument, conçue par l'artiste jamaïcain Basil Watson, qui se tiendra à la gare de Londres Waterloo. (Photo, Department for Levelling Up, Housing and Communities/AFP)
Photo datée du 14 octobre 2021 montrant la maquette du National Windrush Monument, conçue par l'artiste jamaïcain Basil Watson, qui se tiendra à la gare de Londres Waterloo. (Photo, Department for Levelling Up, Housing and Communities/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 15 octobre 2021

Londres: un monument à la gare de Waterloo commémorera la «génération Windrush»

  • La décision d'ériger ce monument, financé à auteur d'un million de livres (1,18 million d'euros), fait suite au scandale révélé en 2017
  • Des milliers de ces immigrés caribéens, arrivés légalement entre 1948 et 1971 pour participer à la reconstruction du pays, ont ensuite été privés de droits, voire renvoyés, faute de documents nécessaires

LONDRES : L'artiste jamaïcain Basil Watson a été choisi pour réaliser une sculpture commémorant la génération Windrush - ces immigrés caribéens arrivés au Royaume-Uni après la guerre - qui sera installée en juin 2022 dans la gare londonienne de Waterloo, a annoncé vendredi le gouvernement britannique.


Le projet du peintre et sculpteur noir, sélectionné parmi 15 autres artistes, "rendra hommage aux rêves, à l'ambition, au courage et à la résilience des migrants (de la génération) Windrush qui sont arrivés au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale", précise dans un communiqué le gouvernement.


La décision d'ériger ce monument, financé à auteur d'un million de livres (1,18 million d'euros), fait suite au scandale révélé en 2017: des milliers de ces immigrés caribéens, arrivés légalement entre 1948 et 1971 pour participer à la reconstruction du pays, ont ensuite été privés de droits, voire renvoyés, faute de documents nécessaires.


La statue de Basil Watson, dont les parents appartiennent à cette génération, mettra en scène trois personnages endimanchés - un homme, une femme et un enfant -, qui escaladent une montagne de valises main dans la main, "illustrant le lien inséparable entre les pionniers de Windrush, leurs descendants et les espoirs de leur génération".


Cette sculpture "permettra de célébrer et d'honorer la contribution de la génération Windrush, en plein cœur de la capitale de notre pays", a salué le secrétaire d'Etat en charge des communautés, Kemi Badenoch, pour qui "le monument deviendra un lieu permanent de réflexion et d'inspiration pour tous, nous rappelant notre histoire et notre patrimoine communs."


Le sculpteur Basil Watson s'est dit "vraiment honoré d'avoir été choisi". "Je me sens privilégié d'avoir l'occasion d'exprimer les aspirations, la vision et le courage de mes parents, qui ont fait le long voyage en mer vers l'Angleterre en 1952 en quête d'un avenir meilleur", a confié l'artiste de 63 ans.


Basil Watson a déjà conçu des sculptures et monuments dans le monde entier, notamment des statues de Martin Luther King, Usain Bolt et Merlene Ottey. Ce sera sa première œuvre d'art publique au Royaume-Uni, où il a vécu une partie de son enfance avec sa famille. 


La statue, qui fera 3,60m de haut, sera dévoilée le 22 juin 2022, jour commémorant la génération Windrush.


La ministre française de la Culture visite la ville historique de Djeddah

La ministre française de la Culture Roselyne Bachelot s'est rendue samedi à Djeddah lors de sa visite en Arabie saoudite. (Photo, SPA)
La ministre française de la Culture Roselyne Bachelot s'est rendue samedi à Djeddah lors de sa visite en Arabie saoudite. (Photo, SPA)
Short Url
  • Bachelot a visité plusieurs anciennes parties de Djeddah, connues localement sous le nom d'Al-Balad
  • La ministre a également visité Beit Nassif et la mosquée Al-Shafei

DJEDDAH : La ministre française de la Culture Roselyne Bachelot s'est rendue samedi à Djeddah lors de sa visite en Arabie saoudite.

Bachelot a visité différentes parties anciennes de la ville, connues localement sous le nom d'Al-Balad, découvrant ses maisons historiques et observant des modèles de construction authentiques qui reflètent l'identité et le patrimoine de la région.

La ministre a également visité Beit Nassif et la mosquée Al-Shafei, où elle a été informée des multiples installations, quartiers et monuments qui existent encore aujourd'hui, et a écouté une présentation concernant les fouilles d'antiquités menées à travers Djeddah.

Bachelot a visité différentes parties anciennes de la ville (Photo, SPA).

Al-Balad, le centre-ville de Djeddah et la porte de La Mecque, sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le mois dernier, le ministre saoudien de la Culture, le prince Badr ben Abdellah ben Farhane, a fait l'éloge des relations solides entre le Royaume et la France, notamment leurs héritages culturels respectifs, lors de sa rencontre avec Bachelot à Paris.

Le prince a discuté des moyens de renforcer la coopération culturelle entre les deux pays, particulièrement par le biais de programmes d'échange et du projet de renaissance historique de Djeddah, en plus de la recherche et du développement des capacités.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Grand Prix: le directeur d’Aston Martin parle de F1 avec des athlètes saoudiens

Otmar Szafnauer, directeur de l’équipe Aston Martin F1, offre une combinaison de course Aston Martin à Ali Alireza, PDG de Haji Husein Alireza & Co. (Photo AN/Huda Bashatah)
Otmar Szafnauer, directeur de l’équipe Aston Martin F1, offre une combinaison de course Aston Martin à Ali Alireza, PDG de Haji Husein Alireza & Co. (Photo AN/Huda Bashatah)
Ali Alireza, PDG de Haji Husein Alireza & Co, s’entretient avec Otmar Szafnauer, directeur de l’équipe Aston Martin F1, à Djeddah, en Arabie saoudite. (Photo AN/Huda Bashatah)
Ali Alireza, PDG de Haji Husein Alireza & Co, s’entretient avec Otmar Szafnauer, directeur de l’équipe Aston Martin F1, à Djeddah, en Arabie saoudite. (Photo AN/Huda Bashatah)
Short Url
  • La course qui se déroulera dimanche prochain à Djeddah est le premier Grand Prix de Formule 1 d’Arabie saoudite
  • Dania Akeel raconte à Arab News que malgré les trois fractures du bassin qu’elle a subies en participant à la Bahrain Rally Season, elle prévoit toujours de participer au Rallye Dakar 2022, qui aura lieu en Arabie saoudite en janvier prochain

DJEDDAH : Les amateurs de Formule 1 du monde entier attendent avec impatience le lancement du premier Grand Prix en Arabie saoudite, qui se déroulera ce dimanche et auquel participeront de célèbres athlètes saoudiens professionnels.

« C’est un événement marquant pour le pays », affirme le rameur professionnel saoudien, Husein Alireza. « Tout le monde est arrivé par avion, et il y a une véritable énergie dans l’air, vous savez ? Nous n’avons pas connu une telle énergie depuis très longtemps ».

« Je pense que nous avons l’habitude d’accueillir des touristes venant des quatre coins du monde. Djeddah est la capitale sociale depuis longtemps. C’est une destination touristique incontournable. Nous avons la mer Rouge, et les habitants de Djeddah sont très décontractés et accueillants ».

« Je pense que pour tout touriste, l’une des meilleures façons de découvrir un nouvel endroit pour la première fois est à travers le monde du sport », estime Dania Akeel, pilote de course saoudienne professionnelle. « Vous avez de l’action, vous avez l’aspect social, vous avez du divertissement et vous êtes témoin de l’excellence au plus haut niveau ».

aston martin
L’Aston Martin Vantage F1 Edition lancée pour la première fois à Djeddah, en Arabie Saoudite. (Photo AN/Huda Bashatah)

Lors du lancement de l’Aston Martin Vantage F1 Edition à Djeddah, Arab News a eu l’occasion de s’entretenir avec quelques athlètes professionnels saoudiens, ainsi qu’avec Otmar Szafnauer, directeur de l’équipe Aston Martin F1, au sujet de certaines de leurs prédictions avant la course tant attendue de Djeddah.

« Je pense que nous ferons un très bon travail à Djeddah. La piste a l’air incroyablement rapide et ne ressemble à rien d’autre. Cela devrait donc être très amusant », dit M. Szafnauer. « Lance (Stroll) progresse d’année en année. Il est dans la partie raide de la courbe d’apprentissage, et il a fait une excellente course à Doha ».

Otmar Szafnauer, ingénieur roumano-américain, a été reçu, lors du lancement de l’Aston Martin, par Ali Alireza qui lui a offert une épée spéciale. Le directeur de l’équipe l’a remercié en plaisantant : « Elle sera utile pour les futures négociations avec les pilotes ».

aston martin
Ali Alireza, PDG de Haji Husein Alireza & Co, offre une épée à Otmar Szafnauer, directeur de l’équipe Aston Martin F1. (Photo AN/Huda Bashatah)

« Sebastian (Vettel) a apporté de nombreuses expériences gagnantes à l’équipe et un savoir-faire de ce qu’il faut pour gagner non seulement des courses, mais aussi des championnats du monde. Il a considérablement amélioré notre jeu, mais à cause du changement des règles, nous avons vraiment fait un pas en arrière ».

En raison de la Covid-19, les voitures de course de F1 de 2020 ont été conservées pour cette saison avec très peu d’ajustements techniques. Cependant, les modifications des règles aérodynamiques fixées par la FIA ont réduit les performances de la voiture à faible freinage d’Aston Martin, ce qui a nui à ses performances cette année.

« Il était trop tard, et ce n’est pas une question de pilotage, c’est plutôt un problème de développement de la voiture », explique M. Szafnauer. « Une fois que ces changements de règles ont été imposés, nous ne pouvions pas vraiment faire grand-chose ».

En conséquence, Aston Martin a dû utiliser certaines de ses ressources pour 2022 sur la voiture de cette année pour essayer de remédier à ce qui reste de la saison, en vain.

« Mais l’année prochaine est une toute nouvelle année. Toutes les règles rendront le jeu équitable pour tout le monde », ajoute-t-il.

dania akeel
Dania Akeel, pilote de course saoudienne professionnelle, parle avec Arab News de la grande course de dimanche à Djeddah, en Arabie Saoudite. (Photo AN/Huda Bashatah)

Selon Mme Akeel, de nombreux facteurs actuellement en jeu détermineront le champion de cette saison, et peu importe les changements apportés au moteur pour le rendre plus performant, l’élément humain du pilote est toujours un facteur clé.

« Vous savez, pour vous dire la vérité, je n’ai pas de pilote préféré, mais je préfère les compétences de conduite incroyables. Chaque pilote fait preuve d’une certaine finesse, d’une certaine technique, d’un certain processus de prise de décision que vous ne pouvez pas comparer les uns aux autres », dit-elle.

« Un pilote vous impressionnera sous la pluie, un autre passera de la dernière position à la première, et un autre vous montrera sa résilience en défendant sa position. Chaque pilote se comporte différemment dans les virages, dans les dépassements, dans les lignes droites. Bien sûr, il va sans dire que l’équipe a également une influence énorme ».

Dania Akeel a marqué l’histoire en devenant la première femme arabe à avoir remporté le prix T3 lors de la Coupe du monde des bajas tout-terrain cette année. Elle a effectué un retour remarquable après une grave blessure subie au début de l’année.

Mme Akeel raconte à Arab News que malgré les trois fractures du bassin qu’elle a subies en participant à la Bahrain Rally Season, elle prévoit toujours de participer au Rallye Dakar 2022, qui aura lieu en Arabie saoudite en janvier prochain.

alireza
Husin Alireza, rameur professionnel saoudien, parle avec Arab News de la course de Formule 1 qui aura lieu dimanche à Djeddah, en Arabie Saoudite. (Photo AN/Huda Bashatah)

M. Alireza, qui a participé à l’épreuve d’aviron masculin aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020, a concouru avec un poumon endommagé. Au milieu de la compétition, son équipe a mis au point une nouvelle stratégie ad hoc qui lui a permis de gérer les courses en cas de blessure, le jeune homme de 28 ans étant incapable de réaliser des performances optimales.

En ce qui concerne la F1, M. Alireza a son propre avis sur l’identité du vainqueur de cette saison.

Je préfère toujours soutenir les personnes sous-estimées et vous savez, après sept ans d’Hamilton — j’adore ce gars, je l’ai soutenu au départ — j’aimerais bien voir Verstappen gagner la course. C’est un pilote tellement enthousiaste et dynamique. J’adore sa façon de conduire, extrêmement agressive. Ce serait bien de le voir gagner ici à Djeddah, ce serait cool.

« Nous verrons ce qui se passera mais je pense que je vais soutenir Verstappen cette fois-ci », conclut-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Depuis sa cave en Jordanie, un homme parcourt le monde dans son cockpit

Le coût total de ce simulateur-maison a atteint 6 000 dinars jordaniens (7 500 euros). (Photo, AFP)
Le coût total de ce simulateur-maison a atteint 6 000 dinars jordaniens (7 500 euros). (Photo, AFP)
Short Url
  • «Mon rêve était de devenir pilote (de ligne, ndlr), mais les circonstances m'en ont empêché», raconte-t-il
  • Pendant trois ans, avec des morceaux de ferraille et des pièces d'occasion, il a assemblé ce cockpit

AMMAN : Assis dans son cockpit construit dans sa cave, les yeux rivés sur les instruments de bord, la main sur le manche, Mohammed Malhas se prépare à décoller: à 76 ans, ce Jordanien réalise son rêve d'enfant, piloter un avion de ligne.

À la retraite après 35 ans passés à la tête d'un hôpital à Amman, M. Malhas peut enfin profiter de sa véritable passion, lors de ses nombreux voyages virtuels autour du monde, avec sa femme comme co-pilote.

1
(Photo, AFP)

"Mon rêve était de devenir pilote (de ligne, ndlr), mais les circonstances m'en ont empêché", raconte-t-il, près de sa cabine de pilotage, réplique d'un Boeing 737-800.

Pendant trois ans, avec des morceaux de ferraille et des pièces d'occasion, il a assemblé ce cockpit. Les sièges sont ceux d'un bus. Le coût total de ce simulateur-maison a atteint 6 000 dinars jordaniens (7 500 euros).

Son ami, Ahmad Fares, 25 ans, l'a aidé à installer l'électronique pour les systèmes embarqués de la cabine pour donner l'illusion d'un "vrai pilotage d'avion", explique M. Malhas. 

1
(Photo, AFP)

Sur ses écrans, il pénètre dans des mers de nuages et survole des rivières et des forêts. Il peut même choisir la température extérieure. 

"Depuis la nuit des temps, l'Homme regarde les oiseaux dans le ciel et rêve de voler", dit-il. 

Enfant, il faisait voler son cerf-volant et se demandait comment un objet si fragile pouvait aller si haut. 

1
(Photo, AFP)

"C'est à ce moment-là que l'envie de voler a commencé à m'obséder", a ajouté M. Malhas, qui a obtenu en 1969 un diplôme en gestion d'hôpitaux de l'université de Londres.

Pendant toute sa vie active, M. Malhas passait son temps libre à lire des livres sur l'aviation, sur l'ingénierie des avions et même des guides pour apprendre à piloter. En 1976, il s'est inscrit à l'Académie aérienne royale jordanienne.

Il y a suivi tous les matins, dès l'aube, des cours de pilotage à bord d'un petit avion piper et a obtenu deux ans plus tard sa licence de pilote.

1
(Photo, AFP)

C'est en 2006 qu'il s'est mis au pilotage virtuel, grâce à un logiciel téléchargé sur son ordinateur.

Et avec d'autres passionnés de simulateurs de vol, un "groupe de 30 à 40 amis, des enthousiastes de l'aviation de différents pays", il volait devant son ordinateur "jusqu'à Beyrouth, Damas, Bagdad... et même jusqu'au Royaume-Uni et aux Etats-Unis".